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Religions

Sara et Hagar

Posté le 10.06.2007 par feobus
Les traditions bibliques nous parlent d'Abraham. On pourrait situer les événements du récit dans la première partie du deuxième millénaire avant Jésus Christ. Lors de divers mouvements de populations, Abram, sa femme Saraï et tout son clan quittent le sud de la Mésopotamie pour marcher vers le nord, puis vers l'ouest. Une famine les oblige à descendre en Egypte.



Il y eut une famine dans le pays et Abram descendit en Egypte pour y séjourner car la famine sévissait sur le pays. Or, au moment d'atteindre l'Egypte, il dit à sa femme Saraï: " Vois, je sais bien que tu es une femme belle à voir. Alors, quand les Egyptiens te verront et diront: "C'est sa femme", ils me tueront et te laisseront en vie. Dis, je te prie, que tu es ma sur pour que l'on me traite bien à cause de toi et que je reste en vie grâce à toi. " De fait, quand Abram atteignit l'Egypte, les Egyptiens virent que cette femme était fort belle. Des officiers du Pharaon la regardèrent, chantèrent ses louanges au Pharaon, et cette femme fut prise pour sa maison . A cause d'elle, on traita bien Abram qui reçut petit et gros bétail, ânes, esclaves et servantes, ânesses et chameaux. Mais le Seigneur infligea de grands maux au Pharaon et à sa maison à cause de Saraï, la femme d'Abram. Le Pharaon convoqua Abram pour lui dire: " Que m'as-tu fait là ! Pourquoi ne m'as-tu pas déclaré qu'elle était ta femrne ? Pourquoi m'as-tu dit: "C'est ma sur" ? Et je me la suis attribuée pour femme. Maintenant, voici ta femme, reprends-la et va-t'en ! " Le Pharaon ordonna à ses gens de le renvoyer, lui, sa femme, et tout ce qu'il possédait et Abram monta d'Egypte au Néguev, lui, sa femme et tout ce qu'il possédait.

(Genèse 12,10-13,1)



Dans le droit mésopotamien, une femme stérile pouvait donner une servante à son mari pour avoir d'elle un enfant. Saraï, femme d'Abram, se trouve dans cette situation. Elle a une servante, Hagar.


Saraï, femme d'Abram, ne lui avait pas donné d'enfant. Elle avait une servante égyptienne du nom de Hagar, et Saraï dit à Abram : "Voici que le Seigneur m'a empêchée d'enfanter. Va donc vers ma servante, peut-être que par elle j'aurai un fils." Abram écouta la proposition de Saraï. Dix ans après qu'Abram se fut installé dans le pays de Canaan, Saraï sa femme prit Hagar, sa servante égyptienne, pour la donner comme femme à Abram son mari. Il alla vers Hagar qui devint enceinte. Quand elle se vit enceinte, sa maîtresse ne compta plus à ses yeux. Saraï dit à Abram : "Tu es responsable de l'injure qui m'est faite. C'est moi qui ai mis sur ton sein ma servante. Dès qu'elle s'est vue enceinte, je n'ai plus compté à ses yeux. Que le Seigneur décide entre toi et moi!" Abram répondit à Saraï : "Voici ta servante en ton pouvoir, fais-lui ce qui est bon à tes yeux." Saraï la maltraita et celle-ci prit la fuite.

(Genèse 16,1-6)



Dans le récit qui va suivre, une femme, Hagar, donne un nom à Dieu, fait unique dans l'Ancien Testament.

L'ange du Seigneur la trouva près d'une source dans le désert, et il dit : "Hagar, servante de Saraï, d'où viens-tu et où vas-tu ?" Elle répondit : "Je fuis devant Saraï ma maîtresse." L'ange du Seigneur lui dit : "Retourne chez ta maîtresse et plie-toi à ses ordres." L'ange du Seigneur lui dit : "Je multiplierai tellement ta descendance qu'on ne pourra la compter." L'ange du Seigneur lui dit : "Voici que tu es enceinte et que tu vas enfanter un fils, tu lui donneras le nom d'Ismaël car le Seigneur a perçu ta détresse..." Hagar invoqua le nom du Seigneur qui lui avait parlé : "Tu es Dieu qui me voit."...Hagar enfanta un fils à Abram; il appela Ismaël le fils que Hagar lui avait donné.

(Genèse 16,7-11,13,15)

Après cela, Dieu annonce à Abram qu'il va devenir le père d'une multitude de nations par Saraï.

On ne t'appelera plus du nom d'Abram, mais ton nom sera Abraham car je te donnerai de devenir le père d'une multitude de nations...Tu n'appeleras plus ta femme Saraï du nom de Saraï, car elle aura pour nom Sara (Princesse). Je la bénirai et même je te donnerai par elle un fils. Je la bénirai, elle donnera naissance à des nations; des rois de peuple sortiront d'elle.

(Genèse 17,5,15-16)

Un jour qu'il reçoit trois visiteurs, Dieu annonce à Abraham que Sara aura un fils. Cette dernière n'en revient pas.

Sara se mit à rire en elle-même et dit : "Tout usée comme je suis, pourrais-je encore jouir ? Et mon maître est si vieux!" Le Seigneur dit à Abraham : "Pourquoi ce rire de Sara ? Et cette question : "Pourrais-je vraiment enfanter, moi qui suis si vieille ?" Y a-t-il un chose trop prodigieuse pour le Seigneur ? A la date où je reviendrai vers toi, au temps du renouveau, Sara aura un fils." Sara nia en disant :"Je n'ai pas ri", car elle avait peur. "Si! Reprit-il, tu as bel et bien ri."

(Genèse 18,12-15)



Abraham part avec sa femme vers le sud. Il la fait passer pour sa sur. Le roi du pays enlève cette dernière, mais il apprend que c'est la femme d'Abraham. Alors, il vient la rendre à Abraham et donne à ce dernier le droit d'habiter dans le pays. (20,1-18) Cet épisode est à rapprocher de Genèse 12,10-20. (Voir plus haut)



La promesse du visiteur se réalise pour Sara.

Sara devint enceinte et donna un fils à Abraham en sa vieillesse...Abraham appela Isaac le fils qui lui était né, celui que Sara lui avait enfanté...Sara s'écria : "Dieu m'a donné sujet de rire! Quiconque l'apprendra rira à mon sujet." Elle reprit : "Qui aurait dit à Abraham que Sara allaiterait des fils ? Et j'ai donné un fils à sa vieillesse!"

(Genèse 21,2-3,6-7)



Ismaël et Isaac grandissent ensemble et deviennent camarades de jeu, ce qui déplaît à Sara.

Sara dit à Abraham : "Chasse la servante et son fils, car le fils de cette servante ne doit pas hériter avec mon fils Isaac." Cette parole fâcha beaucoup Abraham parce que c'était son fils. Mais Dieu lui dit : "Ne te fâche pas à cause du garçon et de ta servante. Ecoute tout ce que te dit Sara, car c'est par Isaac qu'une descendance portera ton nom. Mais du fils de la servante, je ferai aussi un nation, car il est de ta descendance." Abraham se leva de bon matin, prit du pain et une outre d'eau qu'il donna à Hagar. Il mit l'enfant sur son épaule et la renvoya. Elle s'en alla errer dans le désert de Béer-Shéva. Quand l'eau de l'outre fut épuisée, elle jeta l'enfant sous l'un des arbustes.



Puis elle alla s'asseoir à l'écart, à la distance d'une portée d'arc. Elle disait en effet : "Que je n'assiste pas à la mort de l'enfant!" Assise à l'écart, elle éleva la voix et pleura. Dieu entendit la voix du garçon et, du ciel, l'ange de Dieu appela Hagar. Il lui dit : "Qu'as-tu, Hagar? Ne crains pas, car Dieu a entendu la voix du garçon, là où il est. Lève-toi! Relève l'enfant et tiens-le par la main, car de lui je ferai une grande nation." Dieu lui ouvrit les yeux et elle aperçut un puits avec de l'eau. Elle alla remplir l'outre et elle fit boire le garçon. Dieu fut avec le garçon qui grandit et habita au désert. C'était un tireur d'arc; il habita dans le désert de Parân, et sa mère lui fit épouser une femme du pays d'Egypte.

(Genèse 21,10-21)

Textes de la TOB, éditions du Cerf



* La stérilité vaincue par Dieu est un signe fréquent, dès l'Ancien Testament, de l'initiative de Dieu dans l'avenir de son peuple.



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Saint Paul interprète ces épisodes avec sa foi chrétienne.

Il est écrit qu'Abraham eut deux fils, un de la servante, un de la femme libre; mais le fils de la servante était né selon la chair, tandis que le fils de la femme libre l'était par l'effet de la promesse. Il y a là une allégorie : ces femmes sont, en effet, les deux alliances.L'une, celle qui vient du mont Sinaï, engendre pour la servitude : c'est Agar - car le mont Sinaï est en Arabie. Et Agar correspond à la Jérusalem actuelle puisqu'elle est esclave avec ses enfants. Mais la Jérusalem d'en haut est libre, et c'est elle notre mère...

(Galates 4,22-26)

(Lire également Romains 9,9)



Interprétation de l'auteur de la lettre aux Hébreux :

Par la foi, Sara, elle aussi, malgré son âge avancé, fut rendue capable d'avoir une postérité, parce qu'elle tint pour fidèle l'auteur de la promesse. C'est pourquoi aussi, d'un seul homme, marqué déjà par la mort, naquit une multitude comparable à celle des astres du ciel, innombrable, comme le sable du bord de la mer.




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Lévi

Posté le 10.06.2007 par feobus
Lévi (en hébreu: לוי) est le troisième des douze fils de Jacob (aussi connu sous le nom d'Israël), qui était lui même fils d'Isaac et petit-fils d'Abraham. Sa mère est Léa.

Le personnage de Lévi est connu au chapitre 34 de la Genèse pour avoir tué, avec son frère Siméon, tous les hommes de la ville de Sichem après le viol de leur sœur Dinah par le prince de la ville.

Lévi est le chef de la famille sacerdotale et, pour ce motif, ses descendants, la tribu des Lévites, n'eurent point de territoire après l'établissement des Hébreux sur la Terre promise. Lorsqu'ils entrèrent dans le pays de Canaan, les membres de la tribu des Lévites n'eurent pas de terres mais reçurent la charge de prêtres et vivaient sous la protection des autres tribus auxquelles ils enseignaient la Torah.

Lévi est le père de Yokébed et l'oncle d'Amram, les parents de Myriam, Aaron et Moïse. Il appartient à la tribu de Lévi.

Le Lévite le plus connu est Moïse ; son frère Aaron devint le premier grand-prêtre d'Israël sous le nom de Cohen Gadol.

La tribu de Lévi est une des douze tribus d'Israël. Elle avait la particularité de n'avoir aucun territoire, étant dédiée au service du Temple de Jérusalem.

Les Tribus de Lévi

Tribu de Ruben

La tribu de Ruben (en hébreu : שבט ראובן) est l'une des douze tribus d'Israël. Ruben est le premier-né de Jacob et de Léa, la sœur de Rachel.

La tribu participe à la conquête du pays de Canaan mais s'installe sur les territoires conquis du temps de Moïse sur la rive orientale du Jourdain. C'est de cette tribu que provient l'apôtre Pierre.


Tribu de Siméon

La tribu de Siméon est une des douze tribus d'Israël. Dans le livre des Juges, cette tribu se lie à la tribu de Juda pour mener ensemble la conquête du sud du pays de Canaan.

Tribu de Dan

La tribu de Dan est une des douze tribus d'Israël.

Dan, fils de Jacob et Bilha, donna son nom à cette tribu d'Israël, dont le territoire, une fois installé en Terre d'Israël, sera borné à l'Est par ceux des tribus de Benjamin et de Juda, au Sud par celui de Juda, dont elle était séparée par le torrent de Sorek, au Nord, par le territoire de celle d'Éphraïm; et à l'Ouest, par la mer.

Dan épousa Dinah, une de ses demi-sœurs.

partir du Xe siècle avant Jésus-Christ, la tribu de Dan se trouve incorporée dans le royaume de Samarie, un des deux royaume israélite (avec le royaume de Juda), avec 9 autres tribus. Le royaume de Samarie est détruit par l'empire Assyrien en plusieurs étapes, la dernière en -722.

Les archéologues ont exhumé une bonne partie des archives de l'empire assyrien. Les chroniques assyriennes de Sargon II, le roi qui a vaincu le royaume de Samarie, indiquent :

« Les habitants de Samarie, qui tombèrent d'accord et qui complotèrent avec un roi ennemi parce qu'ils ne voulaient plus supporter le joug de la servitude et verser le tribut à Assur et qui me livrèrent bataille, je les ai combattus avec le pouvoir des grands dieux, mes seigneurs. Comme butin, j'ai dénombré 27 280 personnes, ensemble avec leurs chars et leurs dieux, dans lesquels ils avaient placé leur confiance. Avec 200 de leurs chars, j'ai formé un bataillon pour mon armée royale. J'ai déporté les autres au milieu de l'Assyrie. J'ai repeuplé Samarie davantage qu'auparavant. J'y ai installé des populations de pays conquis par mes soins. »


On note que le texte ne précise pas si Sargon II parle de la ville de Samarie ou du royaume de Samarie.

De son coté, le Deuxième livre des Rois, écrit sans doute deux à trois siècle après les déportations, indique dans son chapitre 15 que quasiment tous les israélites du Nord ont été déportés.

Il y a des points communs avec les Livres des Rois : la déportation des Israélites a bien eu lieu, ainsi que l'implantation de colons étrangers. Mais il y a aussi une différence importante : le nombre des déportés. Pour le Second Livre des Rois, c'est toute la population ou presque qui a été déportée. Pour Sargon II, c'est une minorité. Les archéologues estiment en effet la population du royaume de Samarie à 200 000 personnes, d'après les villes et villages retrouvés. Il y avait bien eu une première déportation 10 ans plus tôt, quand le roi assyrien Téglat-Phalassar III avait conquis la Galilée. Mais elle aussi a été chiffrée par les textes assyriens. Le total des deux déportations atteint environs 40 000 personnes, soit 20% seulement du total des habitants. Sans doute essentiellement l’élite.

Tribu de Nephthali
La tribu de Nephthali est une des douze tribus d'Israël.


Tribu de Gad
La tribu de Gad est l'une des douze tribus d'Israël. Elle descend de Gad, fils de Jacob.

Lors de la conquête du pays de Canaan, la tribu de Gad s'installe à l'est du Jourdain.

Gad fait partie des dix tribus du royaume d'Israël au nord du royaume de Juda après le schisme. Ces tribus sont déportées par les Assyriens et disparaissent du récit biblique.

La Tribu d'Aser
La tribu d'Aser est une des douze tribus d'Israël.

Tribu d'Issacar
La tribu d'Issacar est une des douze tribus d'Israël.

C'était la tribu de l'apôtre Thomas.

D'après la tradition juive, les tribus de Zabulon et Issacar semblent avoir développé une relation de symbiose, dans le sens où les descendants d'Issacar dédiaient leur temps à l'étude et à l'enseignement de la Torah, tandis que les membres de la tribu de Zabulon travaillaient pour les deux tribus. Ainsi, les uns partageaient le mérite de l'étude tandis que les autres partageaient les fruits de leur travail. Cette image de Issacar et Zabulon continue d'être utilisée dans les temps modernes, notamment dans la société israélienne où les Haredi dédient leur vie à l'étude en recevant des aides financières de l'État

Tribu de Zabulon
La tribu de Zabulon ou Bnei Zvulun (en hébreu : זְבוּלֻן / זְבוּלֹן ) est l'une des douze tribus d'Israël. Elle descend de Zabulon, fils de Jacob et de Léa.

Le territoire de la tribu de Zabulon s'étendait au nord de la Palestine et comprenait la région où, d'après le Nouveau Testament, grandit Jésus-Christ.

D'après la tradition juive, les tribus de Zabulon et Issacar semblent avoir développé une relation de symbiose, dans le sens où les membres de la tribu d'Issacar dédiaient leur temps à l'étude et à l'enseignement de la Torah, tandis que les descendants de Zabulon travaillaient pour les deux tribus. Ainsi, les uns partageaient le mérite de l'étude tandis que les autres partageaient les fruits de leur travail. Cette image d’« Issacar et Zabulon » continue d'être utilisée dans les temps modernes, notamment dans la société israélienne où les Haredi dédient leur vie à l'étude en recevant des aides financières de l'État.


Tribu de Joseph
D'après le récit de la Bible, les descendants de Joseph par ses deux fils ont donné 2 tribus d'Israël: les tribu d'Éphraïm et tribu de Manassé.


Tribu de Manassé
La tribu de Manassé est une des douze tribus d'Israël.

Manassé était un des fils de Joseph. On compte généralement la tribu de Manassé dans la liste des douze tribus à la place de celle de Joseph. C'est aussi le cas pour la tribu d'Éphraïm, autre fils de Joseph. La Bible parle parfois d'une demi-tribu de Manassé avec les tribus de Ruben et de Gad, car ces deux tribus et demi ont pris part à la conquête du Pays de Canaan mais sont restées installées du côté oriental du Jourdain tandis que les autres tribus d'Israël dont la seconde demi-tribu de Manassé ont été installées par Josué sur la Terre d'Israël.

Les fils de Ruben, les Gadites et la demi-tribu de Manassé avaient de vaillants hommes, portant le bouclier et l'épée, tirant de l'arc, et exercés à la guerre. (1 Ch, 5:18)

Tribu d'Éphraïm
La tribu d'Éphraïm est une des douze tribus d'Israël.

Éphraïm était un des fils de Joseph. On compte généralement la tribu d'Éphraïm dans la liste des douze tribus d'Israël à la place de celle de Joseph. C'est aussi le cas pour Manassé, autre fils de Joseph.

Tribu de Benjamin

La tribu de Benjamin est une des douze tribus d'Israël. Son nom vient de Benjamin. C'est notamment de cette tribu qu'est issu Saül, premier roi d'Israël, auquel succèdera le roi David.

Le territoire de cette tribu est situé entre la Tribu d'Éphraïm au Nord, la Tribu de Juda au Sud, la Tribu de Dan à l'Ouest, et le Jourdain à l'Est. Ses villes principales étaient Jérusalem, Jéricho, Béthel et Gabaon.

Aussi, la tribu de Benjamin fait partie des tribus qui constituent le royaume de Juda après le schisme avec les tribus du nord.





Moïse

Posté le 10.06.2007 par feobus
Pour les religions monothéistes, Moïse est à la fois l'auteur et le principal personnage de la Bible. C'est lui, qui, sous la dictée divine, aurait écrit le Pentateuque (les cinq premiers livres de la Bible : la Genèse, l'Exode, le Lévitique, le livre des Nombres et le Deutéronome) et y aurait raconté sa propre histoire, celle des Patriarches ses ancêtres, et celle du peuple d'Israël. Il est le prophète et le guide qui conduit les Enfants d'Israël hors d'Égypte où ils étaient réduits en esclavage et c'est par sa main que les « prodiges divins » (les Dix plaies d'Égypte) se seraient réalisés pour permettre la libération du peuple et le conduire vers le pays de Canaan. Il reçoit de Dieu les Dix commandements et tout un ensemble de lois religieuses, sociales et alimentaires (Torah écrite et Torah orale).

Moïse, fils d'Amram, est également cité dans le Coran sous le nom de Moussa comme prophète et messager d'Allah. La sourate 3 du Coran est intitulée La famille d'Amram.


La vie de Moïse racontée dans la Bible se découpe en trois parties d'environ 40 ans chacune :

D'abord considéré comme étant de la noblesse, puisqu'il fut adopté par la fille de Pharaon, il découvre la misère de son peuple d'origine et tue un contremaître égyptien qui battait un Hébreu. Il n'a rapidement d'autre choix que de s'exiler dans le désert.
Dans la seconde période, Moïse prête main forte aux filles du prêtre de Madian, Jéthro (ou Yitro). Il se marie avec l'une d'elles, Tsippora (Séphora), et mène une vie de berger reclus, « faisant paître ses moutons loin dans le désert ».
C'est à l'âge de 80 ans que Dieu se révèle à lui et lui dévoile sa mission. « L'ange de l'Éternel lui apparut au milieu d'un buisson alors qu'il faisait paître les moutons de son beau père. » Il conduit alors les "Enfants d'Israël" hors d'Égypte, jusqu'à la "Terre Promise", le pays de Canaan, sur le seuil duquel il meurt, à 120 ans.


Les parents de Moïse, Amram et Yokébed, sont tous deux issus de la maison de Lévi (qui sera consacrée plus tard au service de Dieu après l'épisode du veau d'or).

"Quand l'enfant eut grandi, elle le ramena à la fille de Pharaon qui le traita comme un fils et lui donna le nom de Moïse (MSH, Moshé), car, disait-elle, "des eaux je l'ai tiré " (MSYTHW, Mechitihou) (Exode, 2.10). Au-delà de cette étymologie traditionnelle, on fait remarquer que le hiéroglyphe ms signifie « engendré », « issu de », « né de » à comparer avec Ramsès (« Rê l'a engendré ») et Thoutmôsis (« né de Thot ») ou encore Hermès « issu de la lumière ». Ainsi on pourrait traduire tout aussi bien Moïse par « Celui qui est né » ce qui constitue une élégante métaphore pour désigner « l’initié » dont on sait qu’il doit mourir pour renaître, du moins si on est initié soi même, alors que pour le profane le nom de Moïse revêt une autre signification plus ordinaire. Après sa naissance, sa mère cache l'enfant durant trois mois puis l'abandonne dans une corbeille sur le Nil, près de la rive. La fille du pharaon, qui se baignait avec des courtisanes, trouve l'enfant et décide de l'adopter (inspirée dans ce geste par l'ange Gabriel, selon le midrash), bien que soupçonnant immédiatement l'enfant d'être hébreu.

Elle demande alors à une petite fille qui se trouvait là de lui trouver une nourrice parmi les Hébreux pour l'élever. Cette petite fille, Myriam, qui n'était autre que la sœur de Moïse, lui présente sa mère.

Un célèbre midrash raconte qu'un jour Moïse jouant sur les genoux du Pharaon lui dérobe sa couronne. Y voyant un mauvais présage, les mages du monarque suggèrent à celui-ci la mise à mort immédiate de l'enfant. Cependant, Jéthro, prêtre de Madian, propose de mettre à l'épreuve ce qui n'était peut-être que jeu d'enfant, et fait placer Moïse devant un plateau de diamants et de braises ardentes. Moïse se précipite vers le plateau de diamants, mais trébuche (suite à l'intervention de Gabriel ?) vers les braises ardentes. Dans sa frayeur, il porte ses doigts à la bouche et se brûle la langue et les lèvres. C'est de là que vient le bégaiement de Moïse.

Devenu adulte, Moïse se rend compte des difficiles conditions de vie de ses frères de sang. Voyant un homme égyptien frappant un homme hébreu, il vérifie qu'il est seul puis tue l'Égyptien et l'enterre. Les termes ont leur importance : Moïse voit un homme frappant un homme. Son geste est donc loin d'être empreint de parti pris. Comme le dira plus tard le Talmud, si tu vois un de tes frères frapper un infidèle, sauve l'infidèle.


L'anti Judaisme dans l'islam

Posté le 10.06.2007 par feobus
Les Frères Ennemis
Dans ce qu'on appelle communément "la trilogie de l'héritage d'Abraham ", il est utile de rappeler les liens entre les deux plus grandes religions par l'importance numérique de leurs fidèles - le christianisme et l'islam -, et celle qui, insignifiante par le nombre de ses adeptes - le judaïsme - en est la source.
Le christianisme reconnaît au peuple juif, pour les besoins de sa cause et à la base de sa doctrine, le rôle de la transmission du premier message du Dieu unique par Abraham, Isaac et Jacob, quitte à frapper les Juifs d'indignité dans la poursuite de cette mission pour n'avoir pas reconnu en Jésus le Messie tant attendu et annoncé par les écritures hébraïques. Là, la position est claire.

A l'opposé, l'islam renie aux Juifs la primauté de ce rôle éminent, en revendiquant pour lui le droit, en ligne primogénitale, à l'héritage d'Abraham qui (je cite le Coran) "n'était ni Juif ni Chrétien, ... ; il était orthodoxe et adorateur d'un seul Dieu ". Qu'avancent les doctrinaires de l'islam pour étayer cette revendication ? Leur raisonnement est des plus simples ; après avoir reçu la révélation du Dieu unique, Abraham, issu du paganisme, devait transmettre le flambeau par sa progéniture. Or, sa première épouse en titre - Sara - étant stérile, ce fut de sa servante égyptienne Agar qu'il eut son premier fils - Ismaël -, alors que Sara n'accouchera d'Isaac que treize ans après. La tradition islamique traite de forgerie tous passages du Pentateuque qui ne sont pas conforme à ses propres versions, et accuse les Juifs d'avoir falsifié, à dessein, les écritures mosaïques, jusqu'à supprimer, notamment, des passages annonçant la venue de Mahomet. Ainsi donc, l'islam ne fait aucune distinction entre Agar et Sara. La polygamie étant coutume courante dans les moeurs de l'époque - et encore aujourd'hui chez les musulmans - Ismaël étant le premier-né d'Abraham, c'est lui qui en a l'héritage, et les Juifs ne sont que des grossiers usurpateurs.

A la rigueur, cette argumentation pourrait être défendue si la prétention islamique n'achoppait sur une vérité historique incontestable. Alors que les descendants d'Abraham par Isaac et Jacob ont transmis le message sans interruption à travers quarante siècles jusqu'à nos jours, ceux d'Ismaël s'en sont purement et simplement détachés dès que ce dernier commença à errer dans les déserts d'Arabie pour se perdre dans les méandres d'idolâtries disparates et confuses, et ne refaire surface que bien longtemps après grâce à Mahomet et à ce qu'il apprit sur ses origines propres au cours de sa coexistence avec ses concitoyens juifs à Médine.

Environ 2600 ans séparent Ismaël de Mahomet. Pendant ces vingt-six siècles, l'histoire de l'Arabie, d'après les chroniqueurs les plus accrédités, notamment des Arabes eux-mêmes, est émaillée d'attaches mythologiques à caractère polythéiste, dénuées de la moindre trace de l'héritage d'Abraham. le Coran même en donne témoignage ; au chapitre 62, verset 2 , il et dit : " Avant lui (Mahomet), les Arabes étaient ensevelis dans de profondes ténèbres ". Le paradoxe est tellement flagrant, qu'il n'est guère besoin d'autres arguments pour y faire échec.

A la différence du judaïsme et du christianisme, toute la spiritualité de l'islam émane du Coran tout seul. Suivant la tradition, ce livre recueille l'ensemble des révélations divines à Mahomet au cours de vingt ans. Pendant ses méditations, il tombait en extase ou en transes, et recevait la visite de l'ange Gabriel (Djibril) en Arabe), qui lui transmettait les messages d'Allah. Mahomet demeura toujours analphabète et ne laissa aucun écrit. Il propageait les messages divins verbalement ; ses disciples devaient les retenir de mémoire, et les transmettre à leur tour, toujours oralement.

Cependant, après la mort du prophète en 632, et surtout au lendemain de la bataille de Yamamah en 633, où tombèrent la plupart de ses disciples connaissant les sentences par coeur, craignant qu'elles disparaissent à jamais, il fut décidé de les recueillir d'après toutes les sources encore disponibles. Comme il surgissait un conflit entre versions discordantes, le calife Othman chargea un parmi les disciples les plus dévoués - Sayd ibn Thabit - secondé de quelques autres sages, de rédiger un recueil de toutes les sentences connues. Ainsi est né le Coran en 652, vingt ans après la mort de Mahomet.

En parcourant ce livre, on est d'abord frappé par le désordre dans la disposition des sentences. Les prescriptions et les semonces se suivent pèle mêle de manière incohérente, ce qui peut relever de l'humeur changeante du prophète ou de l'amalgame désordonné des nombreux compilateurs. Le trait le plus caractéristique concernant les Juifs est une versatilité apparente, et même des contradictions flagrantes ; en voici quelques échantillons.

? Chapitre 2, verset 59 - les musulmans, les Juifs, les Chrétiens et les Sabéens, qui croient en Dieu et au jour
dernier, et qui feront le bien, en recevront les récompenses de ses mains ; ils seront exempts de la crainte et
des supplices.
? 2/99 - les idolâtres, les Chrétiens et les Juifs incrédules voudraient que Dieu ne répande sur vous (les
musulmans) aucune de ses grâces...
? 2/169 - Ceux qui, pour un vil intérêt, cachent ce que Dieu à prédit dans les livres sacrés, n'auront pour
nourriture qu'un feu dévorant. (Mahomet prétend que sa mission avait été prédite dans le Pentateuque, mais
que les Juifs ont supprimé ce passage).
? 3/78 - Celui qui professera un autre culte que l'islamisme n'en retirera aucun fruit et sera au nombre des
réprouvés.
? 3/106 - Les Juifs ne sauraient vous causer que de faibles dommages. S'ils combattent contre vous, ils
tourneront le dos et n'auront point de secours à attendre.
? 3/107 - L'opprobre entassé sur leur tête les suivra partout... Dieu a imprimé sur leur front le sceau de sa
colère. La pauvreté s'est appesantie sur eux...
? 3/184 - Dieu reçut l'alliance des Juifs à condition qu'ils manifestent le Pentateuque et qu'ils ne cachent
point sa doctrine.
? 5/23 - Lorsque Moïse dit aux Israélites : Souvenez-vous des grâces que vous avez reçues de Dieu ; il vous a
envoyé ses prophètes ; il vous a donné des rois... (passage manifestement absurde : avant Moïse, les
Hébreux n'eurent guère ni prophètes ni rois).
? 5/56 - Ne formez point de liaisons avec les Juifs et les chrétiens...Celui qui les prendra pour amis deviendra
semblable à eux.
? 5/73 - ...les Juifs, les Sabéens et les Chrétiens qui croient en Dieu... seront exempts de la crainte et des
tourments.
? 5/85 - ... les Juifs et les idolâtres sont les plus violents ennemis des fidèles, et parmi les Chrétiens vous
trouverez des hommes humains et attachés au croyants...42/13-14 - ... Les Juifs et les Chrétiens doutent de
la vérité... Nous adorons le même Dieu. Nous avons nos oeuvres et vous les vôtres. Que la paix règne parmi
nous.
? 47/4 - Si vous rencontrez les infidèles, combattez-les jusqu'à ce que vous en ayez fait un grand carnage ;
chargez de chaînes les captifs.
? Nous connaissons les discours des infidèles. N'usez point de violence pour leur faire embrasser l'islamisme.
? 59/7 - Les dépouilles enlevées sur les Juifs chassés de leur forteresse appartiennent à Dieu et à son envoyé
(Mahomet).
? 62/2 - C'est Lui (Dieu) qui a usité, au milieu d'un peuple aveugle, un apôtre pour lui expliquer la foi...
avant lui, les Arabes étaient ensevelis dans de profondes ténèbres.
? 62/5 - Ceux qui ont reçu le Pentateuque (les Juifs) et qui ne l'ont pas observé sont semblables à l'âne qui
porte des livres.
? 62/6 - O Juifs ! Si vous croyez être plus chers à Dieu que le reste des mortels, désirez la mort et montrez que
vous dites la vérité.
? 98/5 - Certainement, les Chrétiens, les Juifs incrédules et les idolâtres seront jetés dans les brasiers de
l'enfer. Ils y demeureront éternellement. Ils sont les plus pervers des hommes.

Ces sentiments, souvent diamétralement opposés, comportent au moins un avantage pour les adeptes de l'islam ; celui de modeler leur attitude envers les Juifs au gré des situations. Les grandes analogies doctrinales entre judaïsme et islam incitent les musulmans à la modération. Nombreuses sont les pratiques religieuses fondamentales com-munes : circoncision, monothéisme très strict, même restrictions alimentaires et un accord à rejeter toute idée de divinité au Jésus des chrétiens.

Il y donc dans le Coran des arguments justifiant n'importe quelle attitude envers les Juifs, depuis une tolérance frisant parfois l'amitié, jusqu'à l'hostilité la plus farouche, surtout lorsque, dans des moments de fanatisme exacerbé, sont évoquées les péripéties de la mort du prophète.

Au cours de sa campagne de ralliement dans la ville de Khaïbar, qui comptait beaucoup de Juifs, ses disciples donnaient un banquet en l'honneur de Mahomet. Un des mets qu'on lui servit, lui causa des douleurs violentes. On trouva que le met était empoisonné, et rien ne pouvait arrêter son oeuvre. Au paroxysme des douleurs il prononça des imprécations contre les Juifs, à la perfidie desquels il dit devoir sa mort ; il s'écria : " Que les Juifs soient maudits de Dieu ". Cette seule phrase constituera la base première de l'hostilité islamique envers le peuple juif tout entier ; elle deviendra le pendant islamique de l'accusation chrétienne de crime de déicide. Sans atteindre l'acuité de haine déchaînée du côté chrétien, certains passages du Coran, développés avec emphase et éloquence par un imam dans sa mosquée, devant une foule à l'affût du moindre signe, peuvent l'enflammer et la pousser jusqu'au massacre.

D'une manière générale, si les rapports avec les Juifs ne sont pas troublés par des facteurs d'exception, la position dictée par le Coran est caractérisée par un mépris tempéré de tolérance. Sauf motivation d'hostilité ponctuelle, il faut traiter les Juifs avec équité, ce qui se traduit, dans le droit musulman, par un statut de "protégé contre l'animosité des fidèles ", pour lequel l'islam a consacré le mot bien spécifique de "dhimmi ". Ce statut garantit le libre exercice du culte et de tous métiers ou autres activités, contre paiement d'un impôt spécial de capitation (en arabe " jizya "), d'un autre pour l'entretien de l'armée (censée assurer cette protection), et souvent de taxes locales arbitraires au gré de l'humeur versatile et de la gourmandise de dirigeants ambitieux.

Pour des motifs différents, l'islam reprend au christianisme l'idée d'une responsabilité collective de tout un peuple pour les torts attribués à une poignée de Juifs de Médine, qui rejetèrent par un refus les avances de Mahomet d'adhérer à son mouvement. A l'instar du christianisme et par des procédés analogues, quoique moins cruels, l'islam a contribué à mettre les Juifs au ban de la société jusqu'à accentuer leur particularisme de peuple déchu.

Comme au fil des temps, et au fur et mesure que s'étendait l'empire arabe, il fallait se faire à l'idée d'une coexistence avec minorité tolérée, que les conquérants arabes rencontraient dans tous les pays envahis - surtout au Proche-Orient et en Afrique du Nord -, sous les normes dictées par le Coran, le deuxième calife Omar (634- 644 s'attacha à faire codifier les règles devant guider le traitement des dhimmis. S'agissant d'une tâche inattendue pour des peuplades issues de la barbarie, il fallut chercher inspiration dans de situations semblables dans les territoires limitrophes.

C'est ainsi que le Code d'Omar comporte beaucoup d'analogie avec les lois anti-juives édictées par les empereurs byzantins dans les régions envahies par le déferlement des ordres arabes fanatisées. Parmi les normes intervenant le plus couramment dans la vie quotidienne :

? Interdiction : de construire de nouvelles synagogues, d'employer des Musulmans d'empêcher la conversion
d'un Juif à l'islam ; d'adopter toute appellation ou nom musulman ; de porter des armes ; de monter à cheval
ou à mulet, seul l'âne sans selle était permis) ; De construire des habitations et des sépultures plus hautes
que celles des Musulmans ; d'exercer toutes fonctions d'intérêt public ; d'occuper toutes positions mettant
des Juifs en état d'autorité sur des Musulmans ; de transférer toute propriété de Juifs décédés autrement
qu'en conformité avec le droit islamique.
? Obligations : de se tenir debout devant un Musulman ; d'héberger et de nourrir des voyageurs musulmans au
moins pendant trois jours ; de porter des vêtements. Des chaussures et des coiffures distinguant les Juifs des
Musulmans, couleur jaune imposée aux Juifs (comme chez les Chrétiens) ; de porter un signe spécial pour
entrer au bain public.

En fait, bien que le Code d'Omar soit conçu indistinctement pour les minorités juives et chrétiennes, il ne s'applique en réalité qu'aux Juifs seuls, qui ne peuvent se prévaloir de la protection d'une patrie propre, alors que les Etats chrétiens, par leur présence au milieu ou autour de l'empire arabe, peuvent, par la simple menace de représailles, commander quelque modération à l'égard de leurs sujets.

Cependant, cela n'empêcha guère, au cours de sept siècles de conflits armés entre Chrétiens et Arabes -depuis la naissance de l'empire islamique jusqu'à la fin des croisades - une succession ininterrompue de conversations forcées dans les deux sens, dont subsistent, encore aujourd'hui, des traces importantes parmi les populations du Proche-Orient.

Malgré les foudres du Coran et le Code d'Omar, les relations entre Arabes et Juifs furent assez bonnes à l'origine. C'est que, partout où déferlait leur invasion, les Arabes étaient reçus en libérateurs par les communautés juives, fort importantes à l'époque dans tout le Proche-Orient. Persécutés par le christianisme et les empereurs byzantins, successeurs de Rome, les Juifs connaissaient avec soulagement chez les Arabes une domination plus clémente, qui se bornait à les mépriser et à les taxer, mais leur laissait le libre exercice du culte et de toutes activités, n'usant à leur égard d'aucune violence, et surtout ne cherchant point à les convertir.

Aussi, lorsque Omar - le deuxième calife - prit Jérusalem en démolissant l'hégémonie byzantine, les Juifs manifestèrent leur joie et furent récompensés par une très large tolérance. Il en fut ainsi, et même mieux, en Espagne en 711, où les Juifs, victimes de persécutions et de baptêmes forcés par les Wisigoths christianisés, se jetèrent au devant des envahisseurs maures.

Depuis le triomphe d'Omar, dans la plupart des pays sous hégémonie arabe, une étroite collaboration - économique et culturelle - n'allait pas tarder s'établir entre Musulmans et Juifs. L'exemple le plus significatif de cette coexistence pacifique nous le trouvons en Espagne sous occupation arabe pendant huit siècles, depuis le débarquement à Gibraltar en 711, à travers une longue progression atteignant son apogée en 1037, et périclitant jusqu'à la chute du dernier bastion arabe à Grenade en 1492.

C'est en Espagne, à la faveur d'une large prospérité économique, encore inconnue ailleurs en Europe, qu'une symbiose judéo-arabe opéra une véritable révolution culturelle dans le monde. Les califes de Cordoue, de Tolède et de Grenade sont partout entourés de l'élite intellectuelle juive, qu'ils encouragent d'une généreuse munificence. Dans cette atmosphère faste, la culture judéo-arabe se répandra, aussi bien en péninsule ibérique que dans tout le Sud de la France et surtout de l'Italie. Maïmonide, Shlomo ibn Gabirol, Yehouda Halevy, Hasdaï Grescas, Abraham ibn Doud et tant d'autres - philosophes, astronomes, mathématiciens, médecins - y trouveront un terrain fertile, non seulement pour propager la culture juive - biblique et talmudique -, mais aussi pour inspirer et susciter par leur savoir un renouveau culturel sur tout le sud de l'Europe, et surtout favoriser l'éclosion de ce vaste mouvement que fut la Renaissance italienne.

C'est aussi à partir de l'Espagne sous hégémonie arabe, que se diffusera le grand courant mystique de la Cabale, interprétation secrète et transcendante des livres sacrés par une élite avec initiation, qui a donné lieu à une abondante littérature. Son oeuvre essentielle - le Zohar - semble avoir été rédigée en Espagne eu 13ème siècle, en grande partie par le cabaliste Moïse de Léon, d'après l'oeuvre attribuée au célèbre rabbi Simeon bar Yohaï (2ème siècle).

L'euphorie de la symbiose judéo-arabe, sans pareille dans l'histoire, fut assombrie par les hordes des Almohades, secte fanatique issue de tribus berbères des plateaux de l'Atlas au Maroc au début du 12ème siècle. Sous la conduite d'un intégriste puritain nommé Ibn Tumart, ils furent soutenus par les masses populaires misérables, exacerbées par les famines fréquentes qui ravageaient la région. En bien peu de temps, ce fut un raz- de-marée sur tout le Maghreb, et ensuite sur l'Espagne musulmane.

Poussés par une ambition de ce qu'ils appelaient "la purification de l'islam, les Almohades mirent les Juifs d'Espagne et du Maroc devant l'alternative de se convertir ou de quitter ces pays. Ce fut le désarroi dans toutes les communautés ; la plupart préférèrent partir, dont Maïmonide qui se réfugia au Caire ; d'autres firent un simulacre de conversion (comme les marranes en Espagne plus tard), en attendant des temps meilleurs.

A la faveur de rivalités internes, et sous le harcèlement des souverains chrétiens de Castille, de Navarre et d'Aragon, à la tête de leurs armées, les Almohades furent contraints de quitter l'Espagne après la débâcle subie à la bataille de Las Navas de Tolosa en 1212.

Cette date marque le début du déclin de l'empire arabe. Chassés d'Espagne et d'Italie, ils se trouvaient, en même temps, submergés dans leurs propres bastions par de nouveaux conquérants : les Turcs seldjoukides. Venant de l'Asie Centrale, ils déferlaient sur l'Anatolie, chassant progressivement les Byzantins, et, en peu de temps, poussaient leur invasion sur tout le Proche-Orient, pour implanter ce qui devait devenir le puissant Empire ottoman.



L'Emancipation du Dhimmi
Ce bref survol de la vie juive dans les pays de la diaspora orientale permet une constatation importante. Alors que dans le monde chrétien l'anti-judaïsme relève d'une doctrine fondée sur des bases dogmatiques ayant des racines inamovibles dans les textes du Nouveau Testament et solidement consolidée et enrichie au cours de nombreux siècles, la contrepartie islamique puise ses motivations dans quelques sentences du Coran, dont on retient principalement les attitudes versatiles de Mahomet dans ses relations avec son entourage juif.
On peut relever que, entre la naissance de l'islam en 622 EC et le début du 20ème siècle, les prescriptions du Code d'Omar qui en dérivent, bien que servant de base pour réglementer la vie des Juifs sous son hégémonie, furent plus ou moins appliquées, souvent dans un esprit de large tolérance, parfois même totalement oubliées, dans la mesure où les relations entre les deux ethnies - très liées par des affinités religieuses, ne subissaient pas de graves perturbations.

Jusqu'au début du 20ème siècle, un modus vivendi, supportable et durable, s'était consolidé entre Musulmans et Juifs, et rares étaient les incidents qui venaient l'altérer. Un événement capital pour les Juifs a mis fins à cette situation, radicalement dans les pays de langue arabe, et à de degrés décroissants d'animosité dans d'autres pays de l'islam. Le développement du sionisme et la création de l'Etat d'Israël, qui en fut l'aboutissement, ont amené, en un premier temps, les pays limitrophes non seulement à déterrer la hache de guerre, mais aussi à développer, parallèlement, une campagne d'anti-judaïsme farouche de portée universelle, sans précédent dans l'histoire, touchant tous les Juifs indistinctement.

Dans le courant d'hostilité que cet événement déclenchait, il allait de soi que les mesures graves prises contre les ressortissants Juifs des pays entraînés dans le conflit, provoquassent leur exode massif ou carrément leur expulsion. C'est ainsi que, de 1948 à 1951, environ sept cent mille Juifs quittaient les pays de langue arabe : Aden, Egypte, Iran, Irak, Liban, Libye, Maroc, Syrie, Tunisie, Yémen. Ils étaient, pour la plupart, dépossédés entièrement de leurs biens. Faute de moyens de subsistance, plus de la moitié d'ente eux cherchaient refuge en Israël, tandis que les autres se transféraient principalement en France, au Canada et au Brésil.

Ce grand chambardement ne suffisait pas à calmer la colère des populations autochtones concernées. Sous l'égide des autorités religieuses, une vaste campagne était orchestrée pour étendre l'hostilité par le couplage d'anti-sionisme et d'anti-judaïsme généralisé, le mouvement étant renforcé par deux facteurs politiques :

? La fanatisation des masses populaires dans des pays profondément sous-développés contre un ennemi déjà
entaché par les préjugés dérivant du Coran, pour leur faire oublier ou banaliser leurs conditions de vie
misérables ;
? L'emploi de cette arme par des souverains ou des dictateurs dans le but d'affermir leur pouvoir absolu,
autrement fragile et chancelant sous des régimes arbitraires et corrompus soutenus par la classe religieuse.

A cette atmosphère déjà lourde de conséquence s'ajoute une blessure émotionnelle profonde. Les défaites infligées aux Etats arabes limitrophes par Israël constituent la source d'humiliation la plus profonde que l'islam n'ait jamais subi depuis sa naissance, surtout venant de ce qui n'était naguère qu'une minorité sans défense, aussi bien parmi les Chrétiens que les Musulmans.

Pour mobiliser l'opinion publique dans tous les pays islamiques, et accentuer l'animosité non seulement contre Israël, mais surtout contre tous les Juifs sans distinction partout dans le monde (en suivant l'exemple consacré par le christianisme sur le principe de la culpabilité solidaire), les dirigeants de l'Université Al-Azhar au Caire convoquaient la 4ème Conférence de l'Académie de recherches islamiques en septembre 1968, un an après la cuisante défaite subie par l'Egypte et ses alliés limitrophes à la Guerre de six jours.

A travers la masse des textes des comptes-rendus, recueillis dans un volume d'un millier de pages, les délégations venues de tous les pays de l'islam, conduites par 77 ulémas, déballent un flot gigantesque d'injures, ponctuées de menaces de punition divine éternelle, dirigées non pas contre l'Etat d'Israël, mais sans distinction contre tous les Juifs dans tous les pays.

Bien que le Coran domine comme source d'inspiration, ces sages ne dédaignent point de puiser des arguments et des slogans à l'anti-judaïsme doctrinal des pères de l'Eglise, d'Edouard Drumont, à des légendes classiques - comme celles de meurtre rituel - à des calomnies rappelant les Protocoles des Sages de Sion, au vocabulaire raciste de Rosenberg, Goebbels et Hitler, et plus récemment à celui de la propagande soviétique. Pour ne ressortir que l'accent des propos de ces éminents personnages, voici en résumé un échantillonnage de quelques- uns uns parmi les plus pittoresques, groupés en trois volets :



1er volet
- Déformation ou distorsion de l'histoire du judaïsme - depuis Abraham et à travers quatre millénaires - par une analyse tendancieuse des textes sacrés Juifs : l'Ancien Testament et le Talmud.
- Au premier abord, la cause du comportement malfaisant des Juifs est qu'il leur a été transmis par leurs
ancêtres. En fait, c'est leur livre sacré (l'Ancien Testament) qui leur enseigne les pires choses. On
n'imagine jamais que ce livre inculque dans leur esprit des règles de conduite que seul le diable pourrait
approuver.
- Dans le passé, des catastrophes survirent aux Juifs si fréquemment, que seuls échappèrent à la destruction
les prisonniers et les vagabonds.
- Abraham était un Arabe, qui émigra avec sa tribu de l'Arabie vers l'Irak, puis au sud en Palestine. Il amena
son fils Ismaël en Hedjaz, où il posa les fondations de la maison sacrée de la Mecque. Abraham n'était ni
Israélite, puisque Israël était son petit-fils, ni Juif, puisque les Juifs descendent de Juda, fils d'Israël, et ne
pouvait pas être Chrétien, puisque Jésus apparut bien longtemps après. Donc, Abraham ne fut ni Juif ni
Chrétien, il fut muslim.
- Les Israélites, comme il est dit dans le 13ème volume de la Michnà ( ?), sanctionnent le meurtre de l'homme
ignorant. Les commentateurs sont d'avis que les ignorants doivent être éventrés comme on éventre les
poissons.
- Leur livre sacré, aussi bien que le Talmud, sont remplis de forfaits, de crimes et d'agissements horribles, qui
font penser qu'ils ont pleinement mérité tous les désastres et les afflictions qu'ils ont encourues.
- Il n'y a qu'un nombre insignifiant de Juifs qui quittèrent les pays arabes (depuis le conflit avec Israël),
surtout à destination du Brésil, de l'Argentine, du Canada et d'autres pays occidentaux. Cette migration fut
encouragée par Israël, qui préfère des Juifs européens à ceux des pays arabes, considérés comme Juifs de
deuxième catégorie, qui doivent s'établir dans des pays occidentaux, acquérir des coutumes modernes, avant
d'être dignes d'être admis en Israël.




2ème volet
- Partant de distorsions des textes bibliques et de l'histoire, composition d'un tableau faisant apparaître les Juifs comme les êtres les plus abjects de l'humanité. c'est le cheikh Abdallah-el-Mechad qui, s'inspirant des vitupérations de Mahomet dans le Coran (et apparemment, par leur affinité, de celles de l'évêque Jean- Chrisostome d'Antioche au 4ème siècle) dresse l'inventaire suivant des iniquités des Juifs : - Désobéissance à Dieu - manque de foi en ses prophètes, propension à l'assassinat - parjure, dureté de coeur - ergotage et double -face - lutte contre la vérité et tromperie - hypocrisie - égoïsme - propension à corrompre autrui - absence de conscience - désir de nuire - ressentiment contre les bienfaits accordés à autrui- morgue et suffisance - opportunisme et exploitation - tendance à transgresser la loi - lâcheté indécence dans la parole - avarice - prétention la plus excessive - crainte de la mort - mutilation des livres sacrés.



De tous cela on déduit facilement que les persécutions auxquelles les Juifs ont été exposés dans certains pays
d'Europe, et en particulier en Allemagne (Holocauste), étaient dues aux agissements secrets menés par des
magnats Juifs contre les gouvernements établis, ainsi qu'à leur domination grâce à leur influence financière et à
leurs méthodes sournoises, sur les classes sociales des pays où ils vivaient, et enfin à leur adhésion au racisme
religieux.

Toutes ces accusations servent à démontrer l'impossibilité de la moindre entente avec les Juifs et justifient
l'attitude prévalant dans les pays musulmans de les traiter en peuple " dhimmi ", toléré et protégé contre la
colère des fidèles (Musulmans). Mais les dirigeants se demandent comment peuvent-ils maintenir leur
engagement de les protéger, lorsqu'ils ne cessent de violer les devoirs et les obligations les plus élémentaires
envers leurs protecteurs.




3ème volet

- Ainsi marqué comme une tare dangereuse pour toute l'humanité (le cheikh Hassan Khald les traitant de
"chiens de l'humanité "), méconnaissance aux Juifs d'un statut de citoyens à part entière dans toutes les nations
et rejet de toute idée quelconque d'un Etat juif, au besoin par le "djihad " (guerre saine).

Les tares des Juifs leur font mériter la haine que leur vouent et les persécutions que leur infligent tous les peuples
parmi lesquels ils ont vécu. C'est pourquoi, les Juifs sont condamnés à errer pour l'éternité, comme des
vagabonds sans but, tantôt tolérés, tantôt pourchassés. (En cela, sous une version 20ème siècle, l'islam prend la
relève de la malédiction du Juif errant que la chrétienté semble vouloir abandonner).

Il va de soi que, en vertu de cette condamnation, la solution consistant à accueillir les Juifs dans un Etat à eux
doit être rejetée, puisqu'elle irait à l'encontre de la condamnation elle-même. Le sionisme est la même chose que
le judaïsme, puisqu'il cherche à atteindre les même buts de domination mondiale par l'action politique.

Après l'énorme déballage de haine anti-juive par la Conférence d'Al-Azhar, il est intéressant de rappeler un
principe consolidé dans l'islam, énoncé par le philosophe arabe Al-Tabarani dans son ouvrage ""Al-Aousat " :
Le mensonge est un péché, sauf quand il sert pour le bien-être d'un Musulman ou pour le sauver d'un désastre ".

Voilà qui est bien clair et édifiant, et qui explique un trait dominant de la mentalité arabe, surtout en cas de
conflit extérieur. On est alors amené à se poser cette simple question : où est la vérité et ou commence le
mensonge ? En remontant le cours de l'histoire de l'islam, depuis Mahomet à nos jours, ce qui émerge tout le
long c'est la versatilité des peuples arabes, l'opportunisme les faisant évoluer brusquement d'une inimitié
farouche à une amitié débordante. De tels changements ont toujours été fréquents, non seulement envers le
monde extérieur, mais également et aussi fréquemment au sein de l'islam, aujourd'hui entre "frères ", pouvant
devenir demain des ennemis mortels. Ce trait de leur caractère se trouve dans l'esprit même du Coran, où un
Janus omniprésent affiche tantôt le visage de la paix, tantôt celui de la guerre, face au même interlocuteur, en
l'occurrence le peuple juif.

Alors que jusqu'au début du siècle l'anti-judaïsme islamique semblait s'estomper, grâce à l'évolution sociale et
économique des masses dans plusieurs pays, un événement majeur - la restauration d'Israël - est venue le
raviver, en lui donnant une ampleur internationale jamais connue auparavant, surtout par sa mise à la remorque
du conflit arabo-israélien. En effet, depuis 1948 on assiste à des manifestations d'hostilité, voire même à des
attentats de plu en plus meurtriers contre des organisations juives, allant jusqu'à incendier de synagogues, dans
les conditions les plus lâches.

La publication et une large diffusion de protocoles de la 4ème Conférence islamique marque le démarrage
d'une vaste campagne de propagande dirigée contre le judaïsme dans le monde sans discrimination, comme base
incontournable de tout le conflit, ne laissant apparaître le problème israélien que comme un corollaire et une
exemplarité démonstrative d'une haine qui couve depuis le temps de Mahomet.

Sur cette plate forme s'organise un immense réseau d'information alimenté par des contributions financières
plantureuses provenant principalement des pays arabes producteurs de pétrole - Arabie Saoudite en tête -, et
encadré de personnel chevronné formé à bonne école en Egypte et au Liban.

Il va de soi que c'est aux Etats Unis que se concentre la première étape de cette gigantesque entreprise dans deux
directions : l'ONU, où le clan arabe jouit d'une majorité permanente qui pèse sur la politique mondiale dans le
conflit ; la communauté juive américaine, voie la plus appropriée pour accentuer la pression sur les dirigeants
israéliens.

Parallèlement, une propagande insidieuse se développe par la presse à sensation, soutenue par des journalistes
d'envergure internationale et par des personnalités politiques que les sympathies financières des potentats du
pétrole ne laissent guère indifférents.

On voit bien les résultats de cette action dans l'opinion un peu partout, particulièrement en Europe et surtout en
France. Les messages de haine anti-juive diffusés par les capitales arabes reçoivent un accueil largement
favorable, non seulement parmi les masses populaires, facilement versatiles, mais aussi dans les milieux
intelectuels, où on n'hésite pas à diaboliser Israël, en montrant du doigt ses dirigeants comme des bourreaux, et
automatiquement le judaïsme mondial avec son soutien inconditionnel.

Cependant, tout cet échafaudage ne peut servir, à lui seul qu'à entretenir la polémique dans les chancelleries et à
enliser dans les méandres sans issue les motions élaborées par le lobby arabe à l'ONU, sans que cela entame en
rien la détermination des Israéliens à consolider leurs positions.

L'exaspération que suscite cet enlisement renforce le clan des extrémistes de tous bords et les encourage à
poursuivre la lutte armée. Mais par les échecs humiliants subis par les armées arabes sur les champs de bataille,
les organisations terroristes ont acquis la conviction de leur impuissance face à la forteresse israélienne. Cela les
amène à organiser la lutte clandestine contre des organisations communautaires juives hors d'Israël, dans des
pays de leur plus importante implantation, par les moyens les plus lâches.

C'est une transposition d'un précédent historique. Comme naguère encore, et depuis deux millénaires, la
chrétienté faisait peser la culpabilité du "crime de déicide " solidairement sur tous les Juifs partout dans le
monde, l'islam fait de même en transposant son anti-sionisme sur un anti-judaïsme généralisé, en s'appuyant sur
le Coran et le Code d'Omar.

Cette situation peut durer encore de nombreuses années. Elle pourrait s'atténuer et même disparaître en deux
temps. D'abord, dans un avenir rapproché, par une solution du conflit israélo-palestinien ; ensuite, à long terme,
à la faveur d'une coexistence pacifique intime des ennemis réconciliés, par une évolution économique, sociale et
intellectuelle de la population palestinienne.

Moïse Rahmani

La couleur de Dieu...

Posté le 10.06.2007 par feobus
Le Dieu des blancs ? Le Dieu des noirs ? ou le Dieu de Jésus-Christ?

Par Jean-Pierre Besse

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A la rédaction du Lien, nous avons reçu de la Rép. Dém. du Congo le courrier suivant qui a suscité une réflexion que nous partageons avec vous. Voici le message qui nous est parvenu (nous avons supprimé les noms des personnes et raccourci le début)

«Je suis un lecteur du Lien depuis plusieurs années… Je travaille dans la fonction publique… J’ai participé au séminaire de formation CONFOR 2004 (auquel 2 membres de la rédaction du Lien participaient, voir encadré p 8) qui s’est tenu à Kinshasa et Kikwit dans la première quinzaine de juillet. J’ai un jeune frère qui s’est converti au Seigneur en 1996. Il a servi le Seigneur Jésus- Christ dans une assemblée. Malheureusement, au début de l’année, il a renié la foi car il est entré dans une secte […] qui se veut « église des Noirs » et qui prétend que Jésus est le Sauveur de la race Blanche, que le christianisme est à la base de la misère des Noirs ; que les Noirs doivent adorer le dieu des Noirs […] et qu’un prophète congolais […] est le sauveur des Noirs. Veuillez me soutenir dans l’intercession pour sa conversion, faites part de cette information à toutes les cellules de prière qui collaborent avec le LIEN. Salutations fraternelles en Christ ».

Cher ami, nous espérons que beaucoup de lecteurs vont prier pour que Dieu ouvre les yeux spirituels de votre frère qui, heureusement, vous tient à coeur. Votre frère a dû se laisser entraîner par des adeptes de la secte dont vous parlez et dont nous avons aussi entendu parler lors de notre séjour en RDC. Les esprits de séduction sont une des armes favorites de Satan pour essayer d’égarer ceux et celles qui ne demeurent pas constamment dans l’amour de la vérité et du Dieu Véritable (1 Jean 5 : 20-21 et 2 Thess. 2 : 9-11 ; 2 Chroniques 18 : 22). Nous développons ce qui suit pour l’utilité de l’ensemble des lecteurs du Lien.

Remonter l’Histoire, considérer la géographie!


Que penser de l’affirmation de cette secte disant que Jésus est « le Sauveur de la race Blanche » et pas des Noirs… Elle ne repose sur aucune base réelle. En effet, Jésus n’était pas « un Blanc » européen (et à plus forte raison pas américain) et la foi chrétienne n’est pas née dans le monde « occidental », c’est-àdire blanc. (Ni non plus chez les « Jaunes » d’Extrême Orient, par exemple). Jésus est issu d’Israël, un peuple du Proche Orient que Dieu avait délivré de l’esclavage subi un temps dans l’Egypte antique, pour l’établir en Canaan. Cette « terre promise » se trouve assez exactement à la charnière entre l’Asie, l’Afrique et l’Europe.

Jésus est né d’une mère juive et sémite. Il était probablement, comme la majorité des gens de cette région à l’époque, avec un teint basané, des cheveux foncés et des yeux bruns. Notez que la Bible ne nous donne aucune description de Jésus afin que personne n’adore ni ne privilégie un type humain plutôt que le Dieu dont Jésus est issu ; il n’empêche que son peuple avait des traits et le caractère des ethnies sémitiques du Moyen Orient.

Si Jésus n’a donc pas été un Blanc (au sens occidental) ni un Noir, il est vrai, ni un «Jaune », ni un Amérindien, c’est que Dieu a choisi d’incarner sa Parole dans le peuple d’Israël ! C’est le choix de Dieu, préparé depuis les 1 800 ou 2 000 ans qui ont précédé Jésus et cela, dans le milieu d’origine de ce petit peuple.

Qui sommes-nous pour discuter le choix de Dieu ?…

Et le christianisme — ou plutôt le Règne de Dieu — a débuté à Jérusalem et dans les « pays bibliques » du Proche Orient.. Il est vrai que beaucoup de Blancs ont reçu l’Evangile pendant plusieurs siècles et ont apporté cette Bonne Nouvelle en Afrique dans les temps modernes. Mais les Blancs ont d’abord été des païens et des animistes (beaucoup le sont encore). Et eux-mêmes ont reçu l’Evangile des anciens missionnaires venus d’Orient et plus anciennement encore de Judée et de Galilée ! Autre élément important : la foi biblique s’est implantée en Afrique dès les premiers siècles chrétiens, probablement à la suite du témoignage d’un ministre de la reine d’Ethiopie, lui-même un Noir. Vous trouvez cela dans le chapitre 8 du livre des Actes des Apôtres (v. 26-39). Les chrétiens Ethiopiens et Egyptiens (Coptes) font remonter l’Eglise dans leur pays à cette origine-là. Et à cette époque, l’Evangile de Jésus-Christ s’est fait connaître à la moitié de l’Asie, un monde non occidental donc. Vouloir un type d’Eglise spécifiquement «Black », c’est du racisme spirituel, tout comme certains courants Blancs du passé l’ont aussi pratiqué en sens inverse (voyez le Ku-Klux-Klan en Amérique actuellement, associé à certains mouvements Skin Head).

Jésus est venu pour tous les hommes, même si pendant ses jours terrestres, il a limité son champ d’action à Israël et ses environs. Maintenant, « élevé à la droite de Dieu le Père », il assiste par le Saint-Esprit ses témoins qui oeuvrent pour tous les hommes «de tout peuple, de toute race, de toute langue et de toute tribu », comme le dit l’Apocalypse (7 : 9). En Christ il n’y a plus ni Juifs ni Grecs, ni esclaves ni hommes libres, ni Barbares ni Scythes… l’apôtre aurait pu ajouter « ni Noirs ni Blancs » (Galates 3 : 28- 29 ; Colossiens 3 : 11) !

Connaître Jésus dans sa réalité cachée !


Que serait Dieu s’il était morcelé en plusieurs dieux : celui des Blancs, celui des Noirs, celui des Indiens, celui des Chinois, etc.. Ils se feraient la guerre parce qu’ils seraient à l’image des hommes. Non, Dieu n’est pas ce dieu-là, auquel la lettre cidessus fait allusion (M… W…). Le Dieu d’Israël, le Dieu de la Bible, le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob est le Dieu UN, le seul Dieu ! Jésus-Christ est son premier-né, engendré comme Fils de toute éternité. « Il est l’aîné d’une multitude de frères » et de soeurs (Rom.8.29). Il est « le dernier Adam » (1 Cor.15 : 22 et 45), et tous ceux qui sont nés de cet Adam-là sont frères et soeurs réconciliés dans l’amour parce qu’il s’est livré lui-même pour eux ! Prétendre exalter un autre dieu, c’est revenir en arrière et retomber dans la confusion et la mort ! De même se réclamer d’un serviteur de Dieu (même remarquable), et en faire un «sauveur — médiateur », c’est surtout rendre vaine la venue du « Fils de l’Homme », mais c’est aussi déshonorer le prophète lui-même ! Qui parmi les hommes : — a vécu la vie sainte de Dieu ? — a donné sa vie pour le salut des pécheurs que nous sommes tous ? — lequel est ressuscité des morts sans l’intervention d’aucun autre homme et pour ne plus mourir une seconde fois ?… Personne sinon Jésus ! Ces faits font de Jésus l’unique Médiateur du seul vrai Dieu, l’unique Sauveur de tous ! Et seul il dispense le Saint-Esprit. Tout le reste est du nationalisme et de l’idolâtrie !

Une bénédiction pour les nations, à condition que…


Enfin, prétendre que « le christianisme est à la base de la misère des Noirs », c’est un contresens. Les malheurs de l’Afrique,comme des autres parties du monde, proviennent de tout ce que les humains ont choisi comme voie pour se passer de Dieu ou pour le manipuler ou encore pour essayer de devenir comme Lui. Toutes ces tentatives pour acquérir des pouvoirs magiques, pour se hausser soi-même contre les autres, pour vivre aux dépens de ceux qui travaillent ou pour chercher à tout prix le profit immédiat plutôt que la justice et la sagesse, voilà quelques-unes des sources du malheur d’une nation !… Le diable reçoit son autorité de telles attitudes ! Que certains chrétiens et certaines églises glissent dans les mêmes penchants, discréditant du même coup le « christianisme » parce qu’ils ne mettent pas la Parole de Dieu en pratique et ne prennent pas leurs responsabilités, c’est vrai, mais le Christ, lui, ne sera jamais discrédité. Il est vrai qu’à l’époque coloniale, par exemple, les «Missions» — contrairement aux missionnaires pionniers — ont parfois cherché un appui dans ce nouveau pouvoir en jouant trop souvent le jeu des gouvernements colonisateurs. Il n’en est plus guère ainsi actuellement. Les églises où règne l’amour et où les disciples fidèles de Jésus ne vous trompent pas mais viennent en aide aux pauvres, sont au contraire le canal irremplaçable des bénédictions de Dieu pour leur nation. Leurs actions le montrent et les effets du Saint- Esprit chez ses membres en sont la preuve ! Et les pays marqués par ce message et cette obéissance au Christ en ont été bénis dans leurs institutions.

Que le Seigneur ouvre les yeux de ceux qui s’égarent dans les sentiers du Menteur et du Séducteur.

La bible selon Alain MABANKOU

Posté le 10.06.2007 par feobus
BIBLE :

Ces hommes, et d'après quelque étude, étaient noir ou métis, SEM, CHAM, JAPHET.

Les FELACHA étaient les premiers juifs et tous étaient et sont toujours noirs. Alors de quelle couleur est la bible ?

Il avait les cheveux de laine et les pieds de bronze; cette définition vous fait penser a qui: JÉSUS ! (de son vrai nom Yoshiyaou Josué)

La fameuse vierge noire n'est autre que la déesse noire égyptienne ISIS vénérée en Europe de l'est à CUBA, en FRANCE on y pratiquait son culte à NOTRE-DAME de SOUS-TERRE ou vierge noire de CHARTRES )

La fameuse "malediction" de CHAM est une supercherie biblique:

Quatre siecles d'esclavage et plus de 20 millions de déportés n'ont pas suffit à laver l'affront fait à Noé car CHAM, son fils cadet.

La bible raconte que ce dernier, devant la nudité de son père ivre, n'a pas detourné le regard comme l'ont fait ses frères, SEM et JAPHET.

Depuis cette époque, et suivant le voeu de Noé Cham et sa descendance - le peuple noir - sont condamnés à l'esclavage. C'est certainement au nom de cette "malediction" que le Pape décida, en 1455, d'attribuer aux nations européennes le devoir "saint" de convertir ou de réduire en esclavage les infidèles. Sans s'inquiété de savoir si les valeurs pronées par leur religion étaient d'origine divine, absolues et eternelles.

En tout cas, par cette mesure impérialiste, l'église a condamné et damné une bonne partie de la race humaine. Ainsi, ivres de puissance et de conviction que leur dieu leur a remis la Terre en garde, les chrétiens occidentaux ont fait subir aux noirs, une longue et sanglante commotion. S'enrichissant du commerce de la chair humaine, ils ont utilisé la religion pour rationaliser leurs actes.

Seulement cette supercherie n'a pas résisté longtemps à l'analyse :

les Européens qui prétendaient venir en Afrique pour sauver des âmes se tenaient à distance des peaux noires. Et pourtant, les âmes qu'ils disaient tellement aimer, au point de vouloir les sauver à tout prix, habitaient dans ces corps à la couleur d'ébène.

Loué soit le dieu de l'homme blanc pour ce trait de stupidité raciale !!!

VIRUS du SIDA:

1ére hypothèse:

En 1983, une campagne de désinformation a été lancée par des journaux soviétiques et un professeur allemand de l'est: le virus aurait été intentionnellement synthétisé au USA pour anéantir la race noire d'Afrique du sud. Mais un accident se serait produit au zaïre et le système contaminant réservé aux noirs se serait trouvé modifié. Le pt de l'Académie soviétique de médecine a démenti cette thèse au nom des scientifiques russes.

(QUID 2000 )

2ème hypothèse:

Un journaliste britannique, Edward Hooper, a enquêté sur l'origine du virus du SIDA. Ainsi,entre 1957 et 1960 une campagne de vaccination a été expérimenté sur la population Africaine contre la poliomyélite. Ce vaccin était peut être contaminé par le virus du SIDA.

Pour être plus explicite, dans les années 50 la poliomyélite a tué 22000 pers. par an aux États-Unis dont le président Franklin D.Roosvelt. Alors une course folle au vaccin s'engage entre deux chercheurs virologues Américains: A.Sabin et H.Koprowski. Les suites ne se firent pas attendre H.K. mena le premier des tests du vaccin sur des handicapes mentaux. Ensuite le test se fit sur des millions de personnes Africaines, a défaut de mettre en péril sa propre nation. Ce qu'il faut savoir, c'est que ce vaccin est fabriqué à partir du rein de singe qui est lui même porteur du virus VIS qui se développe uniquement sur les corps étrangers d'où le développement du SIDA sur l'homme, Africain en l'occurrence. Cette affaire dérange actuellement au plus haute instance et un débat entre scientifique aura lieu le 11 et 12 Sept. 2000 en Angleterre.

A suivre....


3ème et derniere hypothèse:

Un avion Américain détenant les produits commander par l'Afrique du sud, aurait fait escale au ZAÏRE et les autorités ont crus que ces médicaments étaient pour eux !

Qui détient la vérité ? toujours est-il que l'on peut faire le rapprochement entre toutes ces hypothèses afin de réfléchir sur notre avenir !!!!!!



VIRUS EBOLA :

Petit frère du précédent mais plus efficace et plus radical, même principe, même but ! Virus versé dans une rivière d'où le proverbe : 1 verre ça va, 2 verres bonjour les dégâts !!!



Inventions :

ils ont crée les feux de signalisations, la forme de l'ampoule électrique, la table a repasser, la première tondeuse manuelle... qui ??? les noirs esclaves et petit fils d'esclave Américains.

Alain MABANKOU

Histoires des Juifs et Noirs

Posté le 10.06.2007 par feobus
On ne peut pas taxer cet historien d’antisémitisme, dans la mesure où les propres documents juifs confirment cette haine et cette discrimination à l’égard des non-juifs.

En effet, au 4e siècle av. J.C, l’auteur de la Bible juive en l’occurrence le scribe et sacrificateur Esdras (Esdras 9 : 12) donnait cette recommandation aux juifs à l’encontre des non-juifs : « Ne donnez donc point vos filles à leurs fils et ne prenez point leurs filles pour vos fils, et n’ayez jamais souci ni de leur prospérité ni de leur bien-être ; ainsi vous deviendrez forts, vous mangerez les meilleures productions du pays, et vous le laisserez pour toujours en héritage à vos fils ».

Selon le chercheur David Icke (Le plus grand secret, tome 1, éd. Louise Courteau) le Talmud dont la rédaction remonte au 2e siècle, et faisant autorité chez les juifs en matière de juridiction est sans aucun doute le document le plus raciste sur terre, comme le prouvent ces quelques exemples tirés de ce dernier :

- Seuls les juifs sont humains, les non-juifs ne sont pas humains mais du bétail (Kerithut 6b, page 78, Jebhammoth 61)

- Les non-juifs ont été créés pour servir les juifs en tant qu’esclaves (Midrasch Talpioth 225)

- La relation sexuelle avec des non-juifs est comme la relation sexuelle avec des animaux (Kethuboth 3b)

- Les non-juifs doivent être évités encore plus que les cochons malades (Orach Chaiim 57, 6a)

- Le taux de natalité des non-juifs doit être réprimé massivement (Zohar 11, 4b)

- Tout comme vous remplacez les vaches et les ânes, vous remplacerez les non-juifs (Lore Dea 377, 1)

Tout ceci nous explique mieux le comportement des juifs dans les pays suivants : l’Egypte, l’Allemagne ou la Palestine.

Nous savons que les juifs alias les hébreux dans l’antiquité (habirou pour les égyptiens, hyksos pour les grecs), après quelques infiltrations en Afrique, plus précisément en Egypte vers 2000 av. J.C, envahirent par la suite ce pays. De 1720 à 1580 av. J.C, ils dépossédèrent les Noirs égyptiens de leur terre, mais heureusement ces derniers les chassèrent sous le règne du pharaon Ahmès. C’est le souvenir refoulé de cet épisode que relatent les propres documents juifs « Genèse 12 : 10 à 20, Genèse 47 : 13 à 27 et Exode 12 : 33 à 39 ».

Dans les années 1930, les Blancs allemands connurent la même mésaventure avec les juifs, ce qui incita malheureusement Adolphe Hitler à trouver sa fameuse « solution finale » au problème juif.

Depuis 1948 date de la création de l’Etat d’Israël à la place de la Palestine qui était pourtant un Etat officiel, c’est au tour des Arabes palestiniens de se voir déposséder de la terre des Cananéens.

Si la haine des juifs à l’égard des non-juifs est une réalité palpable et non une vue de l’esprit, cependant elle n’est rien au regard de leur haine et de leur discrimination envers la race Noire.

En effet tout le malheur du peuple Noir résulte de l’image négative que les leucodermes en ont, mais le plus grave c’est que beaucoup de Noirs accréditent volontairement ou involontairement par leur comportement ces clichés dégradants d’eux-mêmes. Ce qui suit vous démontrera textes à l’appui qu’en rédigeant la Torah les juifs sont à l’origine, et donc les responsables directs de l’image négative du Noir dans l’imaginaire humain. En effet, avant la rédaction de la Torah en 398 av. J.C, sous la direction du scribe et sacrificateur Esdras, c’est en vain que l’on chercherait un seul texte dénigrant le peuple Noir, le monde leucoderme en avait une toute autre image.

Au 8e siècle av. J.C, Homère (Iliade I, 423 à 425) le père de la littérature grecque nous dit ceci : « Zeus est parti hier du côté de l’Océan prendre part à un banquet chez les Noirs sans reproche, et tous les dieux l’ont suivi. Dans douze jours, il retournera dans l’Olympe ». Toujours selon Homère (Odyssée XI, 522), Ulysse pleurant Triptolème fait allusion à la beauté divine du peuple Noir, notamment de leur roi Memnon en disant : « Je n’ai vu de plus beau que le divin Memnon ».

Au 5e siècle av. J.C, Hérodote (Histoire III, 20) confirme la beauté du peuple Noir en disant : « Les Noirs qu’ils allaient trouver sont, dit-on, les hommes les plus grands et les plus beaux du monde ». Donc, avant la rédaction de la Torah les leucodermes avaient pour slogan : « Black is beautiful ! ».

Mais au 4e siècle av. J.C, avec la rédaction de la Torah les choses changent radicalement la couleur Noire qui est pourtant la couleur naturelle des premiers hommes, et considérée jusque-là comme une bénédiction (précisons que jusqu’à maintenant en Chine et en Afrique le blanc est la couleur du deuil, de la mort) devient subitement la couleur de la malédiction.

En effet, la Bible (Genèse 9 : 20 à 27) nous apprend que Cham, père de Canaan, vit la nudité de son père. Or, pour les juifs « voir la nudité de quelqu’un, découvrir la nudité de quelqu’un, ou connaître quelqu’un » est une tournure de phrase hébraïque signifiant tout simplement avoir une relation sexuelle avec cette personne « Genèse 4 : 1, Genèse 9 : 22 et Lévitique 18 ».

Explicitement, les juifs enseignent que Cham dont le nom est un emprunt aux langues africaines Kama signifiant Noir, et en hébreu brûler, est devenu noir en hébreu koush, après avoir sodomisé son père Noé qui était en état d’ivresse dans l’arche. Dès lors, le Noir est devenu synonyme de tout ce qui est mauvais.

- Ainsi, le premier souverain rebelle envers Dieu est forcément un Noir Nimrod fils de Koush « Genèse 10 : 8 à 12 ».

- Marie et Aaron parlèrent en mal de Moïse, car sa femme était une Noire, une koushite en hébreu « Nombres 12 : 1 ».

- Jérémie compare ou identifie la peau Noire et les taches noires du léopard au mal « Jérémie 13 : 23 ».

- Le Cantique des Cantiques (chapitre 1, verset 5 et 6) fait dire ceci à une femme Noire : « Je suis Noire, mais je suis belle… Ne me regardez pas avec dédain… » comme si la beauté était incompatible avec la noirceur !

Dans le Talmud (Sanhedrin) il est dit ceci : « Le corbeau, le chien et le Noir (le koushi) seront noirs à cause de leurs méfaits ». Le rabbin Maïmonide dans un ouvrage considéré par les juifs comme le plus grand en matière de philosophie religieuse juive (Le Guide des égarés, livre III, chapitre 51) nous dit ceci du peuple Noir : « Leur nature est semblable à celle des animaux muets, et selon mon opinion, il n’atteignent pas au rang d’êtres humains ; parmi les choses existantes, ils sont inférieurs à l’homme mais supérieurs au singe car ils possèdent dans une plus grande mesure que le singe l’image et la ressemblance de l’homme ».

Avec la destruction du temple de Jérusalem par les romains sous la direction du général Titus en 70, les juifs dispersés passèrent leur haine du Noir à leurs frères arabes.

Au 6e siècle, Antar poète et guerrier éthiopien est victime en Arabie de la couleur de sa peau et nous dit ceci : « Les ennemis m’injuriaient à cause de ma peau mais la blancheur immaculée de mon caractère efface toute noirceur ».

Lors de la conquête arabe de l’Egypte nègre, un chef arabe prononça ces paroles : « Ecartez cet homme noir et trouvez quelqu’un d’autre pour me parler… Comment pouvez-vous admettre qu’un Noir soit le plus éminent d’entre vous ? Il conviendrait qu’il vous fût inférieur ».

Ibn Khaldun (1332 à 1406) grand penseur arabe disait ceci : « Les seuls hommes qui acceptent l’esclavage sont les nègres, et ce du fait de leur faible degré d’humanité et de leur proximité de l’état animal ».

Comme nous pouvons le constater, pour les arabes le Noir était, et est toujours un sous homme, et c’est cette vision des choses héritées du judaïsme qu’ils passeront aux européens lors de la conquête arabe au 8e siècle.

Ainsi le grand Voltaire (1694 à 1778) pensait ceci : « L’intervalle qui sépare le singe du nègre est difficile à saisir ».

Julien-Joseph Virey (1775 à 1846) pensait la même chose en disant : « Leur vie, toute animale, les dispose aux voluptés sensuelles comme la gloutonnerie, l’ivrognerie, le sommeil, l’amour… Ils grimpent, sautent sur la corde, voltigent avec une facilité merveilleuse et qui, est égalée que par les singes, leurs compatriotes, et peut-être leurs anciens frères selon l’ordre de la nature ». La liste de toute cette propagande littéraire anti-Noir serait trop longue à énumérer nous vous conseillons le magazine suivant (Regards Africains n° 47/48, été-automne 2002). Nous sommes biens loin des Noirs sans reproche que connaissait le monde avant la rédaction de la Bible juive !

Nous sommes biens loin des Noirs les plus beaux des hommes que connaissait le monde avant la rédaction de la Bible juive !

Depuis la rédaction de la Bible juive qui est un manifeste anti-Noir, nous sommes passé du statut d’homme à celui de singe, et lorsque les scientifiques affirment que toute l’Humanité descend du singe, l’homme de la rue entend : « Les Noirs descendent du singe ». Pour cet homme ignare un Noir n’est rien d’autre qu’un singe costumé !

Mais pourquoi toute cette haine des juifs à l’encontre du peuple Noir ? La réponse est simple, les Noirs de l’époque pharaonique sont à l’origine de la religion juive, en la personne d’Akhenaton alias Moïse (La véritable Bible de Moïse de Pierre NILLON en 2003)

Pendant des siècles les juifs ont sciemment dissimulé l’origine négro-africaine de leur spiritualité et pour ce faire, il fallait jeter l’anathème sur la race Noire ; le voilà le véritable secret des juifs tel qu’il transparaît dans leurs propres écrits (Les secrets de l’exode de Messod et Roger Sabbah, édition Jean Cyrille Godefroy en 2000, et Le secret des juifs, de Roger Sabbah, édition Carnot en 2003). Il leur fallait aussi cette haine du Noir afin de cacher au monde entier que le Messie attendu est en réalité un Noir né le 29 janvier 1962. Nous affirmons avec force que la Torah des juifs n’est pas l’œuvre de Moïse et profitons pour lancer un défit non seulement aux juifs, mais aussi aux chercheurs du monde entier en disant : « Donnez-nous rien qu’un fragment de manuscrit hébreu d’époque attribuable à Moïse ! ». Cela leur est impossible et ils le savent pertinemment. Aujourd’hui, non seulement la science est du côté des Noirs, mais Dieu aussi. Et si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? « Romains 8 : 31 ».

TEXTE REVU LE 13.05.06

MOISE, PRINCE D'EGYPTE

Posté le 10.06.2007 par feobus
Introduction
Moïse est né en Egypte vers 1200 avant J-C.

Sa vie de prophète et de rassembleur du peuple juif est relatée dans l’Exode et le Deutéronome (Ancien Testament). Ci-contre sculpture de Michel-Ange.

Moïse a transmis à son peuple les dix commandements.


Les cinq premiers livres de l’Ancien Testament (Genèse, Exode, Lévitique, Nombre et Deutéronome) appelés Pentateuque, et qui forment la Torah ("la Loi") lui ont également été attribués, mais les nombreuses exégèses effectuées permettent de penser que ces textes n'ont pas été écrits par un seul homme.

Moïse est mentionné dans le judaïsme, le christianisme et l’islam
La jeunesse

L'Exode indique que Moïse est né à Goshen, en Egypte, fils d’Amran et Yokèbed, tous deux issus de la tribu de Lévi, et aurait pour frère et soeur, Aaron et Myriam.
Le pharaon d'Egypte ayant ordonné la mise à mort de tous les jeunes garçons nouveau-nés des Hébreux soumis à l’esclavage, la mère de Moïse place son fils dans une corbeille et le dépose sur les rives du Nil. L’enfant est recueilli par la fille du pharaon, qui l'élève comme son fils. Elle lui donne le nom de Moïse, car elle l’a "tiré des eaux".


La révélation au Buisson Ardent
Devenu adulte et informé de ses origines, Moïse visite l’un des chantiers où travaillent les Hébreux ; il tue un Egyptien qui persécute l’un d’eux. Il quitte l'Egypte pour aller dans le pays de Madian.
Il reçoit alors la révélation de sa mission au Buisson ardent: libérer le peuple hébreu de l’esclavage et le guider vers la Terre promise, le pays de Canaan,
conclure l’Alliance, enseigner la loi qui porte son nom.


Dieu lui dit :"Je suis celui qui est".

Moïse reçoit ensuite le don de faire des miracles, pour qu’il soit reconnu par les Hébreux comme l’élu de leur Dieu, et pour convaincre le pharaon. Moïse se rend donc en Egypte. Il obtient la libération des Hébreux, avec l’aide de son frère Aaron.

La traversée dans le désert et le passage de la Mer Rouge


Le peuple hébreu marche alors dans le désert et franchit la Mer Rouge grâce à un miracle de Moïse, ouvrant les flots en deux pour le passage de son peuple, et les refermant sur ses poursuivants qui sont noyés.



Les dix commandements
Au Sinaï, Moïse reçoit les dix commandements et engage Israël à suivre la Loi de l’Alliance, qui préconise la crainte et l’amour d’un Dieu unique invisible, omniscient et tout-puissant. Les dix commandements :

Je suis l'Eternel ton Dieu qui t'ai fait sortir du pays d'Egypte.
Tu n'auras pas d'autres dieux que moi. Tu ne te feras point d'idole.
Tu n'invoqueras point le nom de l'Eternel en vain.
Pendant six jours tu travailleras, mais le septième jour tu te reposeras.
Honore ton père et ta mère.
Tu ne tueras point.
Tu ne commettras pas d'adultère.
Tu ne voleras point.
Tu ne porteras point de faux témoignage contre ton prochain.
Tu ne convoiteras point ce qui appartient à ton prochain.
Moïse reçoit les Tables de la Loi (ci-dessus à droite).

La mort de Moïse
Moïse meurt à proximité de la Terre promise, le pays de Canaan, après l'avoir aperçue au sommet du mont Nébo, en face de Jéricho, et après avoir désigné Josué comme successeur et remis les tables de la Loi aux anciens pour les enseigner au peuple, avec une lecture tous les sept ans pendant la fête des Huttes.

Moïse dans le christianisme

Moïse est souvent mentionné dans le Nouveau Testament. Il apparaît pendant la Transfiguration du Christ en tant que représentant de la Loi (Evangile selon saint Matthieu) et son rôle dans l’Ancien Testament est mentionné dans l'Epître aux Hébreux par comparaison à celui du Christ. Il est également cité dans l'Evangile selon saint Jean.
Compléments ésotériques
Le Maître de Benjamin Creme (voir "La mission de Maitreya", tome I ou III ci-dessous) a indiqué que Moïse était un avatar humain, initié de 2ème degré, ce qui pour cette époque, était une initiation de haut niveau. Ame de 6ème rayon, il avait une personnalité de 6ème rayon, son corps mental était sur le 1er rayon et son corps astral sur le 4ème rayon.
L'Ancien Testament est écrit en langage symbolique, comme tous les textes sacrés: Moïse n'a pas séparé les eaux de la Mer Rouge, ne parlait pas avec Dieu mais avec son Maître, et n'a pas reçu de Dieu une tablette de pierre sur le Mont Sinaï, mais a formulé ce qu'il a entendu intérieurement.
Moïse est maintenant un Maître, non attaché à la Terre (sur Sirius).



Moïse et Pharaon
Les Hébreux en Egypte : réalités et fantasmes

Devant la vacuité des sources historiques, il est tentant de bâtir des hypothèses sur le personnage de Moïse et sur le séjour des Israélites au bord du Nil. Au-delà des interprétations, il s'agit d'une période clé pour la fixation de leurs traditions.

Par Alain Zivie


Le chercheur scrupuleux ne peut qu'hésiter à écrire un bref article destiné à un large public sur la question des relations entre Hébreux et Egyptiens, Moïse, l'Exode, Akhenaton, le monothéisme, etc. La raison en est simple : aborder ces questions, c'est se lancer dans une entreprise presque impossible, voire périlleuse, tant les écueils sont nombreux - plus en tout cas que dans beaucoup d'autres entreprises historiques, du fait de toutes les implications de ces sujets et surtout du fait de la forte part de fantasmes, ou au moins d'imaginaire qui les accompagne.

En fait, on pourrait résumer la situation très brièvement, en donnant une présentation simple, voire « brute » des choses. Deux rouleaux de la Torah (ou Pentateuque) hébraïque (faisant partie de ce qui deviendra l'Ancien Testament dans la tradition christiano-occidentale), à savoir le livre de la Genèse et celui de l'Exode, narrent un certain nombre d'événements qui semblent constituer la trame de l'histoire archaïque d'un peuple nomade ou semi-nomade en formation et en voie de sédentarisation, avec ses migrations et ses déplacements. Naturellement, il ne s'agit pas là d'Histoire à proprement parler, mais de la manière dont, très longtemps après certains événements, ce peuple se souvient de son histoire, la formule et la présente à la lumière d'une certaine vision qu'il se fait du monde et de lui-même.





Roman Egypte Ancienne
Men-Néfert, Roman Egypte Ancienne par l'auteur de ce site


Ce peuple est celui des Beneï Israël , Enfants (Fils) d'Israël, ou Israélites, mais il utilise également pour se désigner la dénomination plus large utilisée par les autres cultures qu'il côtoie, celle d'Hébreux - peut-être les Habirou ou Apirou des sources proche et moyen-orientales ou égyptiennes.

Parmi les déplacements individuels, familiaux, claniques et plus tard tribaux, narrés dans ces textes, figurent en bonne place des va-et-vient entre la terre de Canaan - plus tard dénommée Eretz ou pays d'Israël et, plus tard encore, Palestine - et la vallée du Nil. L'Egypte va du reste jouer un rôle central dans cette histoire, dans la mesure où elle est présentée comme le creuset dans lequel des individus, des clans, des tribus, qui ont en commun de se rattacher à une lignée et à une divinité communes, vont se constituer en peuple à la suite d'événements capitaux qui se déroulèrent dans ce pays.

Réduits en servitude par l'Etat pharaonique qui voit en eux une menace après avoir mis au sommet l'un des leurs (Joseph), ils finissent par quitter le pays, départ présenté tantôt comme une expulsion, tantôt comme une fuite. Leur chef est un Israélite fortement égyptianisé, élevé dans l'ombre du pouvoir pharaonique, qui se nomme Mosché (Moïse), présenté comme un nom égyptien. Cette sortie d'Egypte, connue depuis sous le nom d'Exode, constitue une péripétie essentielle du récit (Exode 13,14). Elle est suivie d'une longue pérégrination à travers le désert, aboutissant enfin à l'installation mouvementée des Hébreux en terre de Canaan.

Tel est, grossièrement résumé, et en oubliant ses obscurités et ses apparentes contradictions, le récit biblique qui nous intéresse ici, et qui a suscité et suscite encore tant d'études, de commentaires, de gloses, de romans, d'opéras, de films, que l'on en vient presque à oublier un fait fondamental : rien dans l'état actuel de la documentation égyptienne plus ou moins contemporaine de ces événements, ne vient confirmer ce récit, ni même faire allusion, ne serait-ce que fugitivement, à l'un des épisodes ou des personnages mentionnés. Rien ! Au demeurant, on peut légitimement penser que cela n'est pas dû seulement à l'état de la documentation et à l'absence de traces archéologiques ou épigraphiques, et qu'on ne trouvera jamais de « confirmation » égyptienne directe du récit biblique, du moins du récit tel qu'il a été amplifié et réinterprété à la lumière des événements qui ont suivi au cours de plusieurs siècles.

La présentation des choses pourrait se terminer là, marquant ainsi, dans sa sécheresse, les étroites limites de nos connaissances. Pour beaucoup, peu ou mal informés, ou trop pressés, cet état de choses, ce vide, cette absence de documents et de sources susceptibles de confirmer le récit, tout cela semble pratiquement insupportable. Diverses réactions visant à nier cette réalité ou à la contourner sont alors possibles. Deux attitudes sont particulièrement fréquentes. La première, radicale et simpliste, consiste à dire que dans ces conditions, tout est fiction dans ce récit et qu'il faut cesser d'en tenir compte d'un point de vue historique. La seconde réaction, fort prisée de nos jours, conduit à penser que puisqu'on a affaire à un grand trou noir, à une terra incognita qu'il faut tenter de conquérir vaille que vaille, on peut toujours bâtir des hypothèses fragiles pour tenter de combler cette part d'inconnu, quitte à faire de cette « terre inconnue » le triste déversoir de reconstructions hasardeuses et de fantasmes en vogue, et cela sans limite, jusqu'au point de produire parfois des discours aberrants, comme on l'a vu avec des succès de librairie récents. Naturellement, il ne s'agit plus là de travaux et de publications émanant de spécialistes, mais de chercheurs autoproclamés.

La première des réactions susmentionnées est fondée sur une approche fermée, voire hostile à toutes ces questions faisant, au fond, son miel de l'absence de confirmation documentaire (et donc, en déduit-on, historique) de tout ce récit, jetant le bébé avec l'eau du bain si l'on peut dire. La seconde tendrait à vouloir utiliser, voire prolonger le vaste corpus de traditions, de mythes, de fictions suscités par le texte biblique, tout en adoptant une démarche prétendument scientifique. Mais ces approches relèvent trop souvent d'une histoire fantasmée, associée à un bien pauvre imaginaire. Pourtant cette approche trouve en quelque sorte son public, un très large public, curieux d'en savoir plus sur ces questions qui forment une part importante du substrat de chacun ; public malheureusement très ignorant de ces choses, comme parfois certains auteurs eux-mêmes qui, dans le meilleur des cas, n'ont qu'un accès indirect aux sources.

Compte tenu de tout cela, il est important de souligner la fragilité et même souvent l'inanité des rapprochements, datations, filiations, etc., que l'on trouve fréquemment mentionnés et développés dans maintes publications, souvent même sous la plume d'égyptologues polyvalents ou généralistes qui ne font que reprendre les opinions qui traînent et finissent par prendre un semblant de consistance avec le temps.

Ainsi en va-t-il de la datation du séjour des Hébreux en Egypte. Il est par exemple très fréquent de dater l'Exode du règne de Ramsès II (1279-1213 av. J.-C.). A l'origine de cette idée, il y a simplement le fait qu'il est fait mention dans le texte biblique de la cité de Ramsès, qui évoque la Pi-Ramsès édifiée par les pharaons de la XIXe dynastie à l'est du delta du Nil. Mais les choses sont beaucoup plus compliquées et il y a d'autres approches et explications possibles, très techniques au demeurant. Bien entendu, l'avantage de dater l'Exode de Ramsès II permet du même coup de faire de Moïse un contemporain de ce pharaon, et par conséquent de faire s'affronter deux « icônes » de notre imaginaire, à la manière de Charlton Heston et Yul Bryner.

Autre datation plus ou moins en vogue de l'Exode, celle qui le situe durant le règne du successeur de Ramsès II, Merenptah ou Mineptah (1213-1203 av. J.-C.). Pour ce faire, on utilise un texte exceptionnel datant de ce pharaon, que l'on nomme justement la Stèle d'Israël (lire p. 65) . En fait, il s'agit de l'un de ces textes emphatiques de triomphe autoproclamé. L'ordre égyptien règne désormais, paraît-il, tout autour de l'Egypte et entre autres au Proche-Orient, du côté du pays de Canaan. Parmi les contrées écrasées est mentionné un peuple, non une terre (les hiéroglyphes permettent de faire passer ce genre de nuances) : Israël. C'est la plus ancienne mention de ce nom dans un document écrit, quel qu'il soit. Elle a fait couler des déluges (ou des crues, vu le contexte) d'encre. Mais même s'il est probable que cet Israël-là a à voir, directement ou non, avec le sujet, cette mention reste problématique et suscitera encore bien des discussions.

Cela dit, il n'est pas exclu pour l'historien de tenter de retrouver dans les méandres et les obscurités du récit biblique une certaine réalité historique. Mais pour cela, il lui faudra au préalable élaborer une méthode et une démarche. Il lui faudra aussi tenir compte de ce que ce récit a été conçu et rédigé longtemps après les événements qu'il relate ; que d'autre part, la longue histoire des relations entre l'Egypte et les Hébreux ou Israélites, devenus les Judéens ou Juifs, ne s'arrête pas avec l'Exode. Au contraire, elle ne fait que commencer avec cet événement fondateur, quelle qu'en ait été sa dimension réelle.

Peu à peu, on entre dans l'Histoire et de nouvelles migrations, de nouvelles installations des Israélites en Egypte se produisent, qui ne seront pas sans conséquence sur l'écriture ou la réécriture du récit fondateur. Interprétations et réinterprétations s'affinent et se multiplient, conférant à ce récit des échos multiples. Ce sont aussi à travers elles que nous appréhendons toute cette histoire, à travers ce prisme qui empêche trop souvent de comprendre quelles ont été les réalités, événements, personnages, idées, etc., qui furent à l'origine de tout cela et qui constituèrent le noyau initial.

Mais il faut également avoir présent à l'esprit que ce que l'on pourra découvrir ou entrevoir n'aura souvent que peu de rapports avec les images d'opéra ou de films à grand spectacle qui traînent dans nos souvenirs et notre inconscient. Aussi, face à l'humilité de cette démarche, face aux résultats apparemment modestes d'une recherche digne de ce nom, les « généralistes » ou, pire, les marchands de vent, les bricoleurs de sources qu'ils ne connaissent que de quatrième ou de cinquième main, pourront malheureusement continuer à faire rêver les lecteurs curieux, mais mal informés.

Si une confusion, ou plutôt une question mal posée, s'inscrit dans ce genre de démarche, c'est bien celle de l'« invention » du monothéisme, voire de son « inventeur ». Comme le séjour des Hébreux pourrait avoir en partie coïncidé avec la période dite « amarnienne » (lire p. 65) durant laquelle le pharaon Amenhotep (Aménophis) IV, devenu Akhenaton (1353-1337 av. J.-C.), a régné en rompant avec certaines formes traditionnelles de la religion égyptienne au profit d'un dieu exclusif, le soleil Aton, on ne cesse depuis plus d'un siècle de faire des rapprochements entre ce roi et sa réforme religieuse, et le personnage de Moïse et la religion mosaïque. Rapprochements périlleux ou bricolés à la diable, qui plus est accompagnés de tentatives touchantes, mais plutôt vaines, d'établir une filiation dans l'un ou l'autre sens.

Le grand exemple à cet égard est bien sûr Sigmund Freud avec son Moïse et le monothéisme , même s'il s'agit là d'une tout autre histoire. Rappelons donc, encore et toujours, deux points essentiels. D'une part, le monothéisme des Hébreux n'est pas apparu d'un coup sous la forme qu'on lui connaît, mais il est le fruit d'une longue évolution, depuis l'époque patriarcale jusqu'aux prophètes, en passant par l'enseignement mosaïque, justement. D'autre part, l'atonisme d'Akhenaton, s'il est un exclusivisme, n'est pas un monothéisme au sens biblique du terme (c'est-à-dire celui du temps des prophètes), loin s'en faut.

Dans ces conditions, il faut se garder d'établir des filiations simplistes et purement imaginaires, voire des transmissions qui se seraient faites presque d'homme à homme. Cela ne signifie pas pour autant que la science historique n'ait rien à dire là-dessus. Peut-être même la poursuite des recherches, tant sur le terrain que sur les sources et les textes, amènera-t-elle du nouveau, à défaut de confirmation directe, fort improbable comme on l'a dit plus haut. Seulement, il faut pour cela savoir formuler et poser les bonnes questions. Mais saura-t-on reconnaître les réponses qu'elles pourront apporter à la question toujours ouverte de l'histoire des Hébreux et des Egyptiens aux époques anciennes, c'est-à-dire au second millénaire avant notre ère ?


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* Alain Zivie, directeur de recherche au CNRS (UMR 8567), est le fondateur et le chef de la Mission archéologique française du Bubasteion à Saqqara. Il est également vice-président de la Société française d'égyptologie.
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Exode 13

17 Quand le Pharaon laissa partir le peuple, Dieu ne le conduisit pas par la route du pays des Philistins, bien qu'elle fût la plus directe. [...] 18 Dieu détourna le peuple vers le désert de la mer des Joncs. C'est en ordre de bataille que les fils d'Israël étaient montés du pays d'Egypte. [...] 20 Ils partirent de Sukkôth et campèrent à Etham en bordure du désert. 21 Le Seigneur lui-même marchait à leur tête : colonne de nuée le jour, pour leur ouvrir la route - colonne de feu la nuit, pour les éclairer ; ils pouvaient ainsi marcher jour et nuit.


Moïse sauvé des eaux



Séphora

Posté le 10.06.2007 par feobus
Séphora ou Tsippora (hébreu Sippôra(h) : petit oiseau), en arabe Safûra, est l'épouse de Moïse et fille de Jéthro, le prêtre des Madianites.

D'après la tradition juive, elle est enterrée dans le Tombeau des Matriarches, à Tibériade.

Dans le Livre de l'Exode, Moïse quitte l'Égypte en fugitif, après avoir tué un contremaître égyptien. Arrivant à un puits près de Madian, il prête main forte à un groupe de bergères menant leur troupeau, face à des bergers hostiles. Celles-ci l'invitent, en guise de remerciement, à conduire les troupeaux de leur père, Jéthro, prêtre du El Elyon (Dieu Suprême) de Midian.

Il se lie avec l'une d'elles, Séphora, qu'il épouse et qui lui donne deux garçons, Guershom, et Eliezer.

Il se passe alors un épisode curieux, ardemment débattu (Exode 4, 24-26) : alors que Moïse et Séphora arrivent à un abri, Dieu essaie de tuer Moïse, jusqu'à ce que Séphora, inspirée, pratique la circoncision sur ses enfants, à l'aide d'une pierre plate.

La troisième occurrence de Séphora a lieu lors de la reclusion de Miryam devenue lépreuse pour avoir mené une révolte contre Moïse, et l'avoir critiqué d'avoir épousé une Koushite (terme habituellement compris comme signifiant Ethiopienne) (Nombres 12:1).
Dans ce passage, Séphora n'est donc pas nommément citée, mais évoquée en sa qualité de Koushite.
Séphora étant Midianite, des sources anciennes, comme Flavius Josèphe (Antiquités Juives 2.10-11), et le Targoum Pseudo-Jonathan, et modernes (critique biblique) estiment qu'il ne s'agissait pas d'elle, la bigamie n'étant ni illégale, ni réprouvée à l'époque, d'autant plus qu'un précédent majeur avait été trouvé en la personne de Jacob, qui avait pour épouses Rachel et Léa.
Cependant, la majorité des sources traditionnelles, tant Juives que chrétiennes, estiment qu'il s'agit de la même personne, Coushite étant à prendre comme une métaphore de la beauté des femmes Koushites


Séphora dans le Coran
Séphora n'est pas nommée dans le Coran, mais elle y apparaît comme la famille du prophète et Prêtre suprême des Madians, ainsi que l'épouse de Moïse.

Tsippora. La Bible au féminin

Posté le 10.06.2007 par feobus
Vers 1450 avant J.-C., une enfant noire est recueillie au bord de la mer Rouge. On l'appelle Tsippora, « l'Oiseau ». Hélas, la couleur de sa peau résume déjà tout son destin : nul ne la voudra pour épouse. Elle est de la chair dont on fait les servantes et les esclaves... Afin qu'après sa mort Tsippora échappe à l'humiliation promise à toute femme sans homme, le sage Jéthro, son père adoptif, décide d'éduquer sa fille pour en faire « Tsippora la sage », celle qui lui succédera dans le respect des puissants.


Un homme fait tout basculer : Moïse en fuite devant Pharaon. Accueilli par Jéthro, il ignore encore qu'il sera le libérateur des Hébreux d'Égypte. C'est Tsippora, l'étrangère, la non-juive, qui fait de Moïse celui qui sera capable de recevoir les Lois dictées par Dieu, ces lois qui protègent le faible contre le fort. Amante puis épouse de Moïse, Tsippora n'en demeure pas moins une « Kouchite », une noire, une étrangère. Alors qu'ils doivent affronter la férocité de Pharaon puis l'enfer du désert, la lutte pour le pouvoir sur le peuple de l'Exode est intense. Aaron et Miryam, frère et soeur de Moïse, n'auront de cesse d'éloigner Tsippora de Moïse et de briser leur union.

Dans ce moment qui est l'une des plus fabuleuses épopées de l'Histoire, Tsippora la Noire, au côté de Moïse, est l'incarnation de la passion et de l'intelligence humaines. La première, elle comprend le plein sens des mots qui demeurent aujourd'hui encore nos guide : « Tu accueilleras l'étranger dans ta maison comme l'un des tiens parce que tu as été étranger dans le pays d'Égypte... » Une lucidité qui fera d'elle une grande héroïne de la Bible, trop méconnue et pourtant, tout comme Sarah, d'une modernité surprenante.

Sarah, premier volume de « La Bible au féminin », a déjà conquis le public et la critique. Tsippora viendra donc poursuivre le succès de ce grand roman populaire inspiré de la Bible. Jacques Duquesne l'écrivait dans L'Express dès sa parution : « Pas de doute : le nouveau roman de Marek Halter sera un succès. Il a tout pour réussir. » La trilogie, dont Tsippora est le deuxième volet, avant Lilah, a déjà été vendue dans six pays dont l'Angleterre et les États-Unis.

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