Politique
Posté le 07.11.2007 par feobus
L'administrateur du portail Internet sénégalais Rewmi.com, le journaliste El Malick Seck a été arrêté mercredi à Thiès (70 km de la capitale) par des éléments de la Division des investigations criminelles (DIC) puis conduit dans les locaux de la Police judiciaire à Dakar, a t-on appris de sources concordantes.
Les radios locales sénégalaises, qui rapportent la nouvelle de l'arrestation de M. Seck, n'ont pas précisé les motifs de cette interpellation. Toutefois, des responsables de presse pensent que cette arrestation est liée aux réactions des internautes très critiques vis-à-vis du président Wade, suite à la mise en ligne d'un article du quotidien privé sénégalais, "L'Observateur" du mardi 06 novembre 2007, intitulé "La nouvelle Limousine de Wade est arrivée".
Le journal "L'Observateur", édité par le groupe Futurs Médias appartenant à l'artiste sénégalais Youssou Ndour, a indiqué que "(le président) Wade a acquis une nouvelle Limousine dans un contexte de crise économique" marquée par des propositions de ponction des salaires des fonctionnaires, des députés, sénateurs et des ministres.
Rewmi.com se définit comme "le premier portail d'actualités du Sénégal". M. Seck est le quatrième journaliste arrêté au Sénégal en moins de deux mois.
Le directeur de publication du journal "Le Courrier" paraissant à Dakar, Pape Amadou Gaye a été arrêté le 1er novembre dernier dans la foulée de l'arrestation en octobre de Moussa Guèye et Moussa Doucar, respectivement directeur de publication et rédacteur de l'hebdomadaire "L'Exclusif" basé à Rufisque (environ 15 km de Dakar).
grioo
Posté le 01.11.2007 par feobus
La Princesse Esther Kamatari sera candidate aux élections présidentielles prévues au Burundi en 2005. Des élections qui permettront de tourner a priori la page sur près de onze ans de guerre civile. Esther Kamatari y compte bien en rétablissant une monarchie constitutionnelle qui, selon elle, garantira la paix dans son pays.
Reine des podiums et princesse des rugos (habitat traditionnel burundais). Esther Kamatari est née en 1951 au Burundi. Son père n’est autre que le frère du roi burundais Mwambutsa IV. L’assassinat de son père en 1964 et la fin, sur fond de violence, de la monarchie la poussent à s’exiler en France. Elle y poursuivra des études de droit, après l’Ecole nationale, et y deviendra le premier mannequin noir africain à participer à des défilés Haute couture. Au début des années 90, le Burundi vit des heures difficiles et est bientôt ravagé par une guerre civile. Les enfants et les femmes sont évidemment les premières victimes. C’est le début de l’engagement humanitaire de la Princesse, qui se rend régulièrement dans son pays. En 1995, elle lance l’association « Un enfant par Rugo ». Son objectif : trouver une famille d’accueil pour les orphelins burundais. Près de 500 orphelins ont ainsi retrouvé un cadre familial grâce à une association qui compte près de 20 000 femmes. La Princesse Esther Kamatari est également la présidente de l’Association des Burundais en France. C’est donc cette élégante quinquagénaire dynamique, toujours vêtue de blanc, signe de sagesse, qui va se présenter pour le compte du tout jeune parti monarchique Abahuza (rassembler an kiswahili), dont elle est le porte-parole, aux présidentielles de 2005 au Burundi. Esther Kamatari est mariée et mère de trois enfants.
Afrik.com : Qu’est-ce qui vous pousse à vous présenter aux prochaines élections présidentielles au Burundi ?
Princesse Esther Kamatari : L’envie de vouloir participer à la construction de mon pays en tant que citoyenne. On ne peut pas continuer à voir un pays partir en lambeaux sans réagir, c’est un devoir de citoyen !
Afrik.com : Qu’est-ce qui fait, selon vous, votre légitimité ?
Princesse Esther Kamatari : Le fait d’avoir été désignée par le parti (Abahuza, ndlr). C’est aussi simple que cela.
Afrik.com : Pensez-vous que le Burundais moyen se reconnaît en vous, la princesse qu’on pourrait prendre pour une tutsie, alors que la majorité de la population est hutue...
Princesse Esther Kamatari : Je suis ganwa (clan royal, ndlr), membre de la famille royale. Je ne suis ni hutue, ni tutsie, mais Burundaise. Je voudrais qu’on arrête de dire les hutus et les tustis comme s’il y avait des bons et des mauvais. Il n’y a pas que des Burundais à part entière et des Burundais entièrement à part. Il y a tout simplement des Burundais.
Afrik.com : Votre candidature fait couler beaucoup d’encre et de salive, surtout en référence à votre passé de mannequin...
Princesse Esther Kamatari : Les gens oublient que la mode est une industrie dont ils sont également consommateurs. Et si l’on pouvait amener cette industrie chez nous, elle contribuerait à réduire la pauvreté. Je suis très fière de mon passé de mannequin, surtout d’avoir été la première mannequin noire en France. Les gens qui s’attardent sur ma carrière dans la mode s’intéressent très peu en définitive sur le sens de mon engagement politique.
Afrik.com : Ils parlent aussi de votre inexpérience en politique...
Princesse Esther Kamatari : La politique, c’est la gestion des choses de la cité. Personne n’a la science infuse pour s’occuper de la cité. Il y a un proverbe burundais qui dit que tous les coqs qui chantent étaient avant des oeufs. Tout s’apprend, la politique s’apprend aussi.
Afrik.com : Quelles sont les grandes lignes de votre programme politique ?
Princesse Esther Kamatari : Pour l’instant, devant une population qui meurt tous les jours de la faim, de la pauvreté, je crois qu’il y a des choses pragmatiques, essentielles à faire. En ce sens, le tissu social, la santé et l’éducation sont des domaines prioritaires.
Afrik.com : Votre programme est donc avant tout social ?
Princesse Esther Kamatari : Cest franchement un programme social. Après, on verra. Il n’est pas envisageable de construire un pays avec des gens qui meurent de faim. Ventre creux n’a pas d’oreille. Vous imaginez un instituteur qui est payé environ 50 euros par mois. Comment voulez-vous qu’il fasse des choses, qu’il ne veuille pas arrondir ses fins de mois d’une manière ou d’une autre. Bien évidemment, il faut relever l’économie : 90% de la population burundaise est une population rurale. Il y aurait peut-être moyen de diversifier notre agriculture et de pouvoir exporter certains produits à destination des pays voisins. Cependant, il y a avant tout un tissu social qu’il va d’abord falloir reconstruire. Et bien entendu, on ne pourra rien faire si on n’a pas la paix.
Afrik.com : Vous souhaitez également rétablir la monarchie ?
Princesse Esther Kamatari : Absolument. Mais c’est une monarchie constitutionnelle comme l’était le Burundi après l’indépendance (Le Burundi fut un Etat monarchique entre 1962 et 1966, ndlr). Et à ce moment, personne ne se levait pour couper ses voisins en rondelles. Le roi était le père de la nation, il n’avait pas de préférence pour l’un ou l’autre. Il était le garant de la stabilité du pays. Et de certaines valeurs comme l’humanisme - « Ubuntu , le respect - « Ubupfasoni », la sagesse - « Ubushingantahe », l’éducation...
Afrik.com : Si vous accédiez au pouvoir, vous organiseriez donc un référendum dans ce sens ?
Princesse Esther Kamatari : Dans la nouvelle constitution burundaise, il est prévu que l’on puisse rétablir la monarchie par voie référendaire. Le Burundi est devenu une République après l’assassinat du Roi en 1966. On n’a pas demandé au peuple ce qu’il voulait. Ne fut-ce que par respect, on pourrait leur demander le mode de gouvernance qu’il souhaite aujourd’hui ?! Par ailleurs, quand on regarde les pays où il y a des monarchies constitutionnelles, ce sont quand même les pays où il y a le plus de liberté. Regardez des pays comme la Hollande, le Danemark, le Luxembourg... Ce sont des pays où il y a la paix.
Afrik.com : Pour reconstruire le pays, vous comptez beaucoup sur les femmes. Pourquoi ?
Princesse Esther Kamatari : S’il n’y avait pas les femmes, il y aurait pas de pays. Ce sont toujours les femmes qui, dans tous les pays en conflit, et même dans tous les autres, préservent la vie. Ce sont ces mêmes femmes qui doivent fuir, courir... Ce sont les mêmes qui souffrent, d’autant qu’elles connaissent la valeur de la vie. Justement parce qu’elles la donnent. Et puis ce sont toujours les femmes qui paient toujours le prix de la folie des hommes... Les femmes et les enfants.
Afrik.com : Féministe... ?
Princesse Esther Kamatari : Pragmatique, terre à terre même (rires).
Afrik.com : A cinquante ans et des poussières, sentez-vous les ressources nécessaires pour vous lancer ce défi que sont les présidentielles ?
Princesse Esther Kamatari : Je me livre à un calcul tout particulier. Si l’on enlève les années d’exil, celles pendant lesquelles mon pays était en guerre, je suis encore très jeune et pleine d’énergie à revendre.
Afrik.com : En d’autres termes, vous êtes prête pour le combat, car il s’agit bien d’un combat ?
Princesse Esther Kamatari : Un énorme combat. Mais vous savez, il y a plein de Goliath et de David. Mais je crois que ce qui dérange le plus, en dehors du look, des cheveux, de la carrière, c’est le fait que je sois une femme. Alors ils (les hommes, ndlr) se comportent tous comme si le pouvoir était un domaine réservé. Le leur en l’occurrence. Et les femmes sont toujours reléguées aux casseroles. Je suis persuadée que l’Afrique sera sauvée par les femmes. Wangari Maathai (première femme africaine à recevoir le prix Nobel, en 2004, de la Paix) nous a ouvert la voie.
Afrik.com : On vient de reporter encore une fois le référendum qui doit conduire aux fameuses élections de 2005. Cela vous décourage-t-il ?
Princesse Esther Kamatari : En aucune manière. Ces élections devront dans tous les cas avoir lieu. La communauté internationale s’y est engagée. Autrement, ce serait une honte pour elle.
Afrik.com : Sincèrement pensez-vous que vous avez quelque chance de remporter, le scrutin présidentiel de 2005 au Burundi ?
Princesse Esther Kamatari : J’ai la foi !
Posté le 26.08.2007 par feobus
Le président zimbabwéen, Robert Mugabe, a survécu à deux tentatives de coup d'Etat cette année alors que des Zimbabwéens désespérés et en colère tentaient de le faire partir par le biais de l'Armée, a révélé un universitaire zimbabwéen spécialiste en Sciences politiques, John Makumbe. L'universitaire, qui donne une série de conférences publiques en Namibie, a déclaré mercredi soir que ces coups d'Etat manqués avaient abouti à la mort, dans des circonstances mystérieuses, de trois officiers supérieurs de l'Armée.
M. Makumbe, qui est également maître de conférences en Sciences politiques à l'Université du Zimbabwe (UZ), s'exprimait lors d'une conférence publique organisée par l'Institut namibien de la démocratie (NID). Il a qualifié M. Mugabe de "tyran", ajoutant que son histoire était celle d'un "libérateur" devenu par la suite un dictateur.
Il a également accusé M. Mugabe de tenter de faire du Zimbabwe une Corée du Nord, en affamant le peuple et en dirigeant le pays d'une main de fer. "Le peuple du Zimbabwe veut tant faire partir M. Mugabe qu'il y a eu deux tentatives de coup d'Etat et trois généraux de Brigade soupçonnés d'être impliqués ont été tués clandestinement", a soutenu M. Makumbe.
Les tribunaux de Harare seraient en train de juger certains des présumés responsables de ces tentatives de putsch, même si les audiences ont lieu à huis-clos. Le général de Brigade Armstrong Gunda et le général Taurai Lifa seraient décédés suite à des injections mortelles, tandis que le général Fakazi Mleya est mort dans un mystérieux accident de train.
"Le dictateur que nous avons au Zimbabwe est un ancien libérateur. C'est triste quand un libérateur se transforme et devient un tyran", a souligné M. Makumbe. Le président zimbabwéen, 83 ans, se bat pour survivre politiquement dans son pays frappé de plein fouet par la crise.
Accablé par les sanctions occidentales, un environnement économique qui se dégrade et une popularité en déclin dans son pays, M. Mugabe reste arrogant et accuse les pays occidentaux, particulièrement l'ancienne puissance coloniale britannique, de saboter l'économie de son pays pour procéder à un changement de régime. M. Makumbe a également averti que la Namibie suivait de près les pas du Zimbabwe.
En dressant un sombre tableau de la faillite de l'économie zimbabwéenne, M. Makumbe a estimé qu'il revenait au peuple du Zimbabwe d'effectuer un changement de régime. Il a expliqué que de nombreux Zimbabwéens vivaient dans la crainte de M. Mugabe et choisissaient de fuir le pays plutôt que d'affronter le tyran.
"Les Zimbabwéens ont si peur de M. Mugabe qu'ils croient que les crocodiles du fleuve Limpopo sont plus humains que lui", a soutenu M. Makumbe, suscitant un énorme éclat de rire. Des milliers de Zimbabwéens traversent le fleuve infesté de crocodiles pour se rendre en Afrique du Sud voisine. M. Makumbe a estimé vains les efforts des leaders de la région pour trouver une solution durable aux problèmes socio-économiques du Zimbabwe.
Il y a une semaine, le chef de l'Etat zimbabwéen avait été accueilli par un tonnerre d'applaudissements lors du sommet des chefs d'Etat de la SADC, à Lusaka. "Les dirigeants africains resserrent les rangs. Ils ont tous une peur bleue de leurs propres peuples et commencent à penser que cela pourrait être leur tour demain. Ils se serrent les coudes et se soutiennent mutuellement", a indiqué M. Makumbe.
grioo
Posté le 26.06.2007 par feobus
Alassane Dramane Ouattara, surnommé ADO, est un homme politique de Côte d'Ivoire, né le 1er janvier 1942 à Dimbokro[réf. nécessaire], près de la capitale Yamoussoukro ou à Kong[1] (nord du pays).
Après un doctorat en économie aux États-Unis, au Draxel Institut of Technology et à l'université de Pennsylvanie, il devient économiste au FMI puis occupe différents postes à la Banque centrale des États d'Afrique de l'Ouest (BCEAO) dont celui de gouverneur. En 1990, il est appelé pour résoudre la crise économique qui frappe la Côte d'Ivoire en tant que président du comité interministériel, puis en tant que premier ministre l'année suivante.
En tant que premier ministre, il mène une politique de rigueur budgétaire qui est durement ressentie par la population ; mais il finit par assainir les finances publiques et redonner confiance aux bailleurs de fonds. Il crée également la carte de séjour pour les travailleurs étrangers. Pendant cette période, l'opposant et désormais depuis 2000 président Laurent Gbagbo, arrêté à la suite d’une manifestation antigouvernementale, est condamné le 6 mars à deux ans de prison. Gbagbo et les autres condamnés ont fini par être amnistiés fin juillet 1992. À la mort de Félix Houphouët-Boigny en décembre 1993, il accepte un poste de directeur général adjoint au FMI.
ADO est soutenu par les pays occidentaux et jouit d'une bonne réputation auprès des organisations financières internationales. Il est très populaire auprès des musulmans du Nord du pays, et des ouvriers (souvent étrangers) du cacao et du café.
Ses partisans, désormais très nombreux dans le pays, le désignent comme président du Rassemblement des républicains (RDR) en 1995, parti fondé par le député Djény Kobina un an auparavant (septembre 1994).
En 1995 Laurent Gbagbo conduit un boycott actif des élections contre une constitution jugée taillée pour empêcher la candidature de Ouattara aux élections. À l'époque, le parti de Ouattara et celui de Gbagbo forment un même bloc : le Front Républicain. Absent de la Côte d'Ivoire pendant toute la période pré et post électorale, ce sont ses militants qui feront les frais de la répression du boycott actif. Plusieurs membres du RDR sont emprisonnés par le régime d'Henry Konan Bedié président à cette époque.
Après le coup d'état de 2000 qui porte le général Robert Guei à la tête du pays, les peuples originaires du nord de la Côte d'Ivoire continuent à subir beaucoup d'injustices. Accusés d'être des partisants de Ouattara, meurtres et enlévements seront le quotidien de cette population.
Sa candidature aux élections présidentielles est à nouveau écartée par la Cour suprême en 2000. L'opposant Laurent Gbagbo est le seul candidat autorisé. Certains y veront le fruit d'un arrangement politique entre Gbagbo et le général Robert Guéi pour écarter les autres "Grands" dont l'ex-président Henri Konan Bédié. Cette situation contribue à provoquer des troubles qui feront des milliers de victimes dans le pays, dont le tristement célèbre «charnier de Yopougon» au lendemain des élections qui portent Laurent Gbagbo à la tête du pays. 54 personnes supposées par l'opposition d'être toutes originaires du Nord et supposées être des partisants de Ouattara sont trouvées assassinées.Thèse que le pouvoir nouvellement installé réfute. Les contours de cette affaire restent encore flous.
Quelques mois plus tard, pendant le mandat de Laurent Gbagbo, sa candidature est encore rejetée par la cour suprême pour les élections législatives alors qu'il était candidat dans la ville de Kong.
Suite aux différents troubles qui suivront, un Forum pour la réconciliation nationale (9 octobre-18 décembre 2001), réunissant les principaux responsables politiques du pays.
Depuis le 19 septembre 2002, une rébellion partie du nord occupe la moitié nord du pays (voir guerre civile de Côte d'Ivoire).
Après avoir signé les accords de paix de Linas-Marcoussis, d'Accra II puis III, Alassane Ouattara, les rebelles des Forces nouvelles, Henry konan Bedié et le président Gbagbo sont engagés dans un nouveau processus de médiation sous l'égide de l'Union africaine. À terme ce processus doit permettre d'avancer vers l'application des accords de Marcoussis et d'Accra III ainsi que l'organisation d'élections présidentielles transparentes et ouvertes à tous en octobre 2005.
Menacé à Abidjan, Ouattara prend en 2002 le chemin de l'exil vers la France.
Le 15 janvier 2005, la direction du Rassemblement des républicains a annoncé qu'Alassane Ouattara serait son candidat pour l’élection présidentielle prévue en octobre 2005. Devant les questions sur la légitimité de cette candidature, le secrétaire général adjoint du parti indique que la candidature devra être confirmée par un vote des militants dans les mois à venir. L'élection présidentielle est repoussée à plusieurs reprises.
Le 26 janvier 2006, Ouattara revient[2] de son exil en France pour mener campagne en vue de la probable future élection présidentielle.
ADO dispose d’amitiés en France, parmi lesquelles Nicolas Sarkozy et Laurent Fabius
Posté le 26.06.2007 par feobus
Robert Guéï ( 6 mars 1941, Kabakouma-19 septembre 2002) a été le dirigeant militaire de la Côte d'Ivoire du 24 décembre 1999 au 26 octobre 2000.
Guéï est né à Kabakouma, un village dans la région occidentale de Man. Il est membre de la tribu Yakouba. Il est militaire de carrière : enfant de troupe, il est formé à l'école militaire préparatoire de Ouagadougou sous administration française puis à Saint-Cyr et à l'École supérieure de guerre de Paris. Soutien de Félix Houphouët-Boigny, il fait son entrée sur la scène politique en 1982 en mettant à la disposition de sa femme, candidate aux municipales des véhicules des sapeurs-pompiers militaires dont il est commandant en chef. Sanctionné, il est muté à Korhogo au nord du pays.
En 1989, il aurait participé à la préparation de l'attaque du chef de guerre Charles Taylor contre le Libéria.
Rappelé sur le devant de la scène pour mater une mutinerie de jeunes recrues, qui protestaient contre les retards de salaires, il devient, tout en restant colonel, chef d'État-major des FANCI, Forces armées nationales de Côte d'Ivoire en 1990. Il crée alors la FIRPAC, Force d'Intervention Rapide Para-Commando, qui réprime les révoltes d'étudiants de 1991 et organise notamment, le 17 juin, une expédition punitive à la cité universitaire de Yopougon. Mis en cause par une commission d'enquête sur ces exactions, Gueï est alors élevé au grade de général « pour services éminents rendus à la nation ».
À l'issue d'une manifestation violente à Abidjan en 1992 , il arrête Laurent Gbagbo qui est emprisonné à la Maison d'Arrêt et de Correction d'ABIDJAN MACAYopougon.
Après le décès d'Houphouët-Boigny en 1993, Guéï est limogé par son successeur Henri Konan Bédié en octobre 1995, pour avoir refusé de faire intervenir ses troupes pour réprimer les incidents qui impliquaient les partisans des partis de l'opposition RDR d'Alassane Ouattara et FPI de GBAGBO Laurent écartés du scrutin et qui appellent au boycott actif. Il est nommé ministre mais encore renvoyé en août 1996 et mis à la retraite l'armée en janvier 1997 ; il a été soupçonné de fomenter un coup d'État.
Bédié est renversé par un coup d'État le 24 décembre 1999. Se défendant d'en être à l'origine, le général Guéï prend cependant la tête d'un Conseil national de Salut public avant de former, dans l'attente d'un gouvernement avec les principaux partis d'opposition (FPI, RDR, PIT). En est exclu le PDCI, l'ancien parti unique jusque-là au pouvoir.
Surnommé « le Père Noël en treillis », catholique fervent, le général Gueï déclare : « Nous sommes venus balayer la maison ». Il met en place une politique musclée contre la délinquance qui s'est développée à Abidjan à la suite la crise économique, mais ne parvient pas à surmonter les divisions politiques ivoiriennes et à rétablir la paix et la confiance.
Battu aux élections d'octobre 2000 par Laurent Gbagbo du Front populaire ivoirien, Gueï refuse de reconnaître le résultat. Aussitôt, des manifestations spontanées s'opposent à lui, et malgré la répression qui fait environ 300 morts, il doit quitter le pouvoir. Guéï se réfugie à Gouessesso, près de la frontière du Liberia, mais reste une personnalité de la scène politique. Il est invité au forum de réconciliation en 2001 et accepte de s'abstenir de méthodes anti-démocratiques.
Guéï a dénoncé l'accord en septembre 2002, mais est retrouvé tué dans le quartier de Cocody à Abidjan pendant la tentative de coup d'État des rebelles du nord. Son épouse et le ministre de l'intérieur, Émile Boga Doudou, ont été également tués.
Robert Gueï, à l'instar de nombreux dirigeants africains, était membre de la Grande Loge nationale française.
Posté le 26.06.2007 par feobus
Aimé Henri Konan Bédié (né le 5 mai 1934 à Daoukro, centre est du pays) est un ancien président de la Côte d'Ivoire de 1993 à 1999.
Né en pays Baoulé, il fait des études à l'École normale de Dabou, puis à l'université de Poitiers. Il est ensuite nommé ambassadeur aux États-Unis (1961-1966), ministre des Finances (1966-1977), et enfin président de l'Assemblée nationale (1980-1993). Ce poste lui vaut d'assurer l'intérim jusqu'en 1995 à la mort de Félix Houphouët-Boigny. Il encourage la stabilité nationale mais est accusé de répression politique et de corruption (voir Guillaume Soro). Il met en place le concept d'ivoirité, selon lequel une personne est ivoirienne seulement si ses quatre grand-parents sont nés en Côte d'Ivoire, ce qui permet d’écarter son opposant Alassane Ouattara.Il fut planteur d'igname.
En 1995, il est élu avec 96,44 % des suffrages, tous les autres candidats sauf Francis Wodié (Parti ivoirien des Travailleurs, PIT) ayant boycotté l'élection à cause de la réforme du code électoral
Il est renversé par Robert Guéï.
Après deux ans d'exil, il rentre en Côte d'Ivoire en 2001 pour participer au Forum de réconciliation nationale.
Début 2006, il est investi par le PDCI-RDA pour etre candidat à l'élection présidentielle. Cette élection est reportée à plusieurs reprises. Henri Konan Bédié a annoncé le 20 mai 2007 au cours d’un entretien à l’Afp qu’il serait candidat à l’élection présidentielle prévue début 2008[1].
Posté le 26.06.2007 par feobus
La guerre civile de Côte d'Ivoire a commencé le 19 septembre 2002, et a repris en novembre 2004.
Il existe trois grandes forces armées :
Les forces gouvernementales :
les Forces armées nationales de Côte d'Ivoire (FANCI), qui sont les forces gouvernementales officielles, également appelés loyalistes, constituées et équipées pour l'essentiel depuis 2003 ;
elles sont renforcées par des mercenaires, de diverses nationalités, recrutés par le président Gbagbo ;
Les « rebelles » :
les Forces nouvelles (FN), ex-rebelles du nord, qui tiennent 60% du pays, avec environ 7 000 hommes armés (chiffre variable, en fonction des va-et-vient d'une partie de ces hommes avec le Liberia) ;
Les forces d'interposition :
les forces françaises : le 43e BIMa et les troupes envoyées dans le cadre de l'opération Licorne et sous mandat de l'ONU (Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire), soit 3 000 hommes en février 2003 et 4 600 en novembre 2004 ;
les soldats de la CEDEAO, les Casques blancs, eux aussi sous mandat de l'ONU.
Le gouvernement a l'appui des Jeunes patriotes, groupe nationaliste, ayant exercé des violences contre des ressortissants français, issu de la Fédération des étudiants et scolaires de Côte d'Ivoire (FESCI), et acquis à la politique du président Laurent Gbagbo.
Sous le règne de Félix Houphouët-Boigny (de 1960, jusqu'à sa mort en 1993), la Côte d'Ivoire est un pays très bien intégré dans le commerce mondial. Les principales recettes de l'État viennent de l'exportation des matières premières, comme le cacao (dont la Côte d'Ivoire est le premier producteur mondial), le café, le coton, mais également le gaz naturel.
Ce commerce extérieur a permis au pays de se développer et aux citoyens d'avoir un bon niveau de vie. Ce paradis économique et social, dans une Afrique pauvre, attire de nombreux immigrants des pays voisins. C'est ainsi que, notamment, les Burkinabè et Guinéens furent nombreux à s'établir dans le nord du pays pour travailler dans les plantations.
À la mort de Houphouët-Boigny, le pays entra dans une crise multiforme. Ses successeurs n'avaient pas son aura, et ne surent pas faire face aux difficultés économiques dues pour une grande part à la dégradation des termes de l'échange entre pays du tiers monde et pays développés.
Dès 1993, Laurent Gbagbo, demande une révision du Code électoral pour ne permettre qu'aux Ivoiriens de souche de pouvoir voter et surtout, se présenter. La loi électorale ivoirienne, en particulier appliquée lors de la dernière réelection de Félix Houphouët-Boigny en 1990, faisait des Africains non ivoiriens installés en Côte d'Ivoire des électeurs qui, malgré intimidations et menaces, s'étaient rendus aux urnes en 1990 et étaient ainsi accusés par l'opposition d'avoir faussé le résultat.
Le 8 décembre 1994, une révision du Code électoral impose aux candidats à la présidence de prouver leur ascendance ivoirienne, garante de leur citoyenneté, alors que pendant l’ère Houphouët-Boigny, les cartes d’identité leur avaient été largement distribués[1].
Le 26 août 1995, Henri Konan Bédié, alors président depuis la mort d'Houphouët-Boigny, réintroduit le concept d'ivoirité. Selon lui, ce concept permet à la Côte d'Ivoire de mieux préserver son identité. Cela lui permet également d'évincer son principal rival, Alassane Ouattara originaire du nord dont les parents sont considérés comme burkinabés.
Ce rejet d'Alassane Ouattara s'appuyait sur le rejet ancien du dioula, l'homme du nord pour les Ivoiriens de la côte et du centre. À une différence ethnique, s'ajoute en effet une différence de religion : les Ivoiriens du nord, musulmans, sont soupçonnés de ne pas être Ivoiriens et sont donc rejetés par les Ivoiriens du sud, chrétiens. Les populations du nord et du centre, notamment les Malinkés, ont des patronymes identiques à ceux des immigrés de même ethnie provenant des pays voisins. Ceux qui sont dans cette situation subissent toutes sortes d'injustices. Certains voient leurs pièces d'identité détruites par les forces de l'ordre. Ils n'obtiennent plus de carte d'identité, de passeport et ne peuvent avoir de certificat de nationalité ni voter. Malgré le fait que certains Ivoiriens du sud (notamment les Akans) possèdent aussi des patronymes identiques à certains peuples immigrés (Ghana, Togo et Libéria), ils ne subissent pas le même sort.
L'apparition du concept d'ivoirité s'explique essentiellement par la crise économique que connaît la Côte d'Ivoire depuis le milieu des années 1980. En effet, cette réaction xénophobe est apparu lorsque l'économie de ce pays a cessé de créer massivement des emplois. Cette situation n'a pas sensiblement réduit les flux migratoires provenant des pays musulmans pauvres et surpeuplés du Sahel. Le but de l'ivoirité semble être avant tout d'empécher les populations étrangéres, qui peuvent rentrer dans ce pays sans visa, de participer à la compétition pour le pouvoir politique et d'accéder aux emplois de la fonction publique. En effet, les étrangers représentaient 26 % de la population en 1998.
Le 22 octobre 1995, contre un seul candidat (les autres candidats sont refusés par la Cour suprême ou ont boycotté l'élection), Henri Konan Bédié est élu président de la Côte d'Ivoire avec 96,44 % des voix. Fort de ce succès, il effectue en 1998, une réforme de la propriété foncière avec l'appui de tous les partis politiques, y compris celui d'Allassane Ouattara. Avec cette réforme, seuls les Ivoiriens de souche peuvent détenir des terres.
Le 24 décembre 1999, Henri Konan Bédié est renversé par l'armée, non pas à cause du concept d'ivoirité, mais pour une réforme de la Constitution, qui lui aurait permis de se présenter jusqu'à l'âge de 75 ans. Le concept d'ivoirité disparaît mais la tentation xénophobe persiste.
Le général Robert Guéï est placé au pouvoir jusqu'à la tenue de nouvelles élections, l'ivoirité reste utilisée dans la politique du pays pour limiter la vie sociale des « Ivoiriens d'origine douteuse ». C'est dans ces conditions que le 23 juillet 2000, une nouvelle Constitution est adoptée par référendum, tous les partis politiques ayant appelé à voter pour. Elle stipule que seul les Ivoiriens nés de parents ivoiriens peuvent se présenter à une élection présidentielle. Une vaste « campagne d'identification », destinée à définir la véritable citoyenneté des Ivoiriens, est entamée. Cette nouvelle Constitution n'empêche pas Alassane Ouattara de se déclarer candidat à l'élection présidentielle.
Depuis son élection, Laurent Gbagbo insiste sur la dimension religieuse de ce concept, l’Ivoirien du Sud étant supposé chrétien, alors que le rebelle ou l’étranger du nord (le Dioula) est musulman. Cette réorientation du discours, qui devient aussi potentiellement plus dangereux (avec une exigence de purification) se fait sous l’influence de son épouse et des évangéliques[2].
Après quatre décennies de dictature, le coup d'État du général Robert Guéï est légitimé par la reconnaissance du Front populaire ivoirien (FPI) de Laurent Gbagbo et le Rassemblement des républicains de Côte d'Ivoire (RDR) d'Alassane Ouattara. L'échec de plusieurs tentatives de coup d’État oblige les partisans d'Allassane Ouattara au sein de l'armée à fuir au Burkina Faso.
Les sept candidatures présentées successivement par le Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI), dont Henri Konan Bédié à la présidence en 2000 sont éliminées par la Cour suprême. Il en est de même pour le candidat du RDR, Alassane Ouattara, jugé non-ivoirien. Au total, 14 des vingt candidatures à l'élection présidentielle présentées par des partis sont rejetées par la Cour suprême. Le décompte des bulletins de vote place Robert Gueï en seconde position derriére Laurent Gbagbo, le 22 octobre; il s'auto-proclame néanmoins président de la république, ce qui déclenche d'importantes manifestations de la population, bientôt suivie par la gendarmerie. Les affrontements opposent la garde prétorienne du général Gueï à la population. Les premiers sont rapidement vaincus, mais les affrontements se prolongent entre partisans de Ouattara, et partisans de Laurent Gbagbo. Finalement, le 26 octobre, c'est Laurent Gbagbo qui est proclamé président, sur décision de la Commission électorale.
L'approche des élections législatives est source de nouvelles tensions, c'est dans ces conditions que Laurent Gbagbo décrète l'état d'urgence le 4 décembre. Le 10 décembre, aux élections législatives, le FPI remporte 96 sièges sur 223, le PDCI de son côté en remporte 98. Le RDR, malgré sa décision de boycotter ces elections, compte 04 représentants au parlement, élus sous la bannière " Indépendants".
Les élections municipales se traduisent par une victoire relative pour le RDR et une victoire incontestable de la démocratie ; pour la première fois de son histoire, la Côte d'Ivoire assiste à une défaite électorale du parti au pouvoir.
Une tentative de coup d'État a lieu le 19 septembre 2002, simultanément à Abidjan (principale ville du pays et siège du gouvernement), Bouaké (centre) et Korhogo. Pendant ce putsch, diverses tentatives d'assassinat ont lieu contre des personnalités politiques : Alassane Ouattara, Moïse Lida Kouassi, ministre de la Défense. Le ministre de l'Intérieur Émile Boga Doudou, Robert Guéï,ex- Chef de l'État (1999 - 2000), et leurs gardes du corps sont assassinés. La responsabilité de cet assassinat et tentatives seraient dues au gouvernement, selon le rapport Leliel (rapport de l'ONU, voir lien en fin d'article). Les putschistes sont repoussés et se replient à Bouaké. Des combats ont lieu entre rebelles et forces gouvernementales, et Bouaké notamment passe de mains en mains ; des exécutions sommaires se multiplient, de chaque côté. Lors de ce coup d'État, Laurent Gbagbo était en voyage diplomatique en Italie.
Durant les jours qui suivent et jusqu'au mois de novembre, de nombreux syndicalistes, étudiants, opposants politiques du RDR ou des partis proches du RDR, soupçonnés d'être à l'origine de la rébellion, ou militants d'organisations communistes, sont exécutés par les forces de l'ordre ou par des miliciens. Trois cent personnes au total ont ainsi été assassinées à l'automne 2002. Des centaines d'étrangers ou de personnes suspectes sont également massacrées par les FANCI ou les mercenaires libériens. Des massacres similaires ont lieu dans la zone rebelle entrainant la fuite vers le sud d'un million d'Ivoiriens, appelés déplacés.
Des bombardements des hélicoptères de l'armée loyaliste font plusieurs morts dans les populations civiles en novembre et décembre 2002.
Ce coup d'État avorté à Abidjan n'est pas le signe d'une crise tribale (avec sécession), mais celui d'une crise de transition de la dictature de la période Houphouët-Boigny vers la démocratie, avec les heurts inhérents à la définition de la citoyenneté. Les rebelles sont des soldats qui ont été exclus de l'armée ivoirienne à l'époque de Gueï et qui se sont entrainés au camp de Pô au Burkina Faso, et au Mali[3]. Equipés d'armes neuves , appuyés par des combattants provenant de plusieurs pays de la région et disposant d'une importante manne financière d'origine inconnue, ils se replient sur Bouaké et tentent dans un premier temps de se faire passer pour des soldats mutinés. Devant le succès de leur opération, les populations du nord soutiennent leur rébellion. Leur principale revendication est le départ de Laurent Gbagbo, l'obtention de la nationalité ivoirienne à tous les habitants du pays, le droit de vote et leur représentation à Abidjan. Le concept d'ivoirité et tout ce qui en découle est directement mis en cause par les rebelles. Ils s'allieront néanmoins avec les partisans de l'ivoirité : Bédié et les héritiers de Gueï.
Un cessez-le-feu est signé en octobre 2002 mais il est aussitôt violé. L'ouest de la Côte d'Ivoire est envahi début décembre 2002 à partir du Libéria par deux nouveaux mouvements rebelles qui exterminent plusieurs milliers d'Ivoiriens. Ces nouveaux rebelles sont constitués principalement de troupes libériennes commandées par le sinistre rebelle sierraléonais Sam Bockarie mais également par des éléments de la rébellion du MPCI (Kass, Adam's) et des militaires partisans de Gueï.
Parmi les principaux dirigeants des rebelles, Guillaume Soro, leader du Mouvement patriotique de Côte d'Ivoire (MPCI), parti principal des rebelles, est issu du syndicat étudiant proche du FPI de Gbagbo, mais a aussi été collistier d'une candidate RDR aux élections législatives de 2000. Louis Dacoury Tabley a également été un des dirigeants du FPI.
La France intervient le 22 septembre, mais uniquement pour protéger ses ressortissants et les occidentaux (quelques agents américains protégeant leurs propres ressortissants) : elle refuse d’appliquer les accords bilatéraux, qui devaient jouer en cas de tentative de déstabilisation[4]. De plus, la France empêche dans un premier temps tout secours d’arriver en Côte d’Ivoire : le Nigeria avait proposé son aide, l’Angola avait proposé un appui aérien[5]. Paris envoie 2500 militaires et demande à la CEDEAO d'envoyer des casques blancs, de manière à internationaliser la gestion de la crise.
Le 17 octobre, un cessez-le-feu est signé.
Le 28 novembre, le Mouvement populaire ivoirien du Grand Ouest (MPIGO) et le Mouvement pour la justice et la paix (MJP), deux nouveaux mouvements rebelles, prennent le contrôle des villes de Man et Danané, dans l'ouest. La France pousse à la négociation, alors que rebelles et Gbagbo ne pensaient qu'à en découdre.
Plusieurs raisons ont poussé la France à intervenir :
respect de l'accord de protection militaire en cas d'attaque étrangère ou de tentative de déstabilisation de la Côte d'Ivoire. Or, les rebelles sont considérés par le gouvernement de Côte d'Ivoire comme des étrangers ;
protection des ressortissants français et occidentaux ;
protection des biens des ressortissants français. La moitié des PME sont détenues par des Français ;
éviter une tragédie comme celle du Rwanda (voir l'article : Génocide au Rwanda), où la France a été mise à l'index, étant intervenue tardivement pour enrayer le génocide.
Toutes ces raisons ont poussé la France à intervenir, mais elle fut très vite accusée de vouloir uniquement protéger ses intérêts et d'avoir des visées néo-colonialistes.
La France considère que les rebelles s'insurgent contre une humiliation. Cette humiliation serait liée au fait que le nord est désertique, alors que le sud est plus riche, car fertile et côtier. La discrimination ethnique et religieuse est également un facteur de rébellion. La notion d'ivoirité cristallise le problème. Pour Laurent Gbagbo, il s'agit d'anciens militaires, soutenus par une ingérence du Burkina Faso, qui souhaite déstabiliser la région, même s’il explique désormais la crise aussi par la différence de religion[6].
La principale différence d'interprétation porte sur la reconnaissance d'une cause juste à défendre. La conséquence en est que Paris souhaite la réconciliation, quand le gouvernement Côte d'Ivoire souhaite une répression militaire.
Pour tenter un rapprochement, les parties en conflit sont invitées par la France, à Linas-Marcoussis, à trouver un compromis pour sortir de la crise. Le 26 janvier 2003, les accords Kléber (dits de Marcoussis), sont signés et prévoient que :
le président Gbagbo est maintenu au pouvoir jusqu'à de nouvelles élections ;
les opposants sont invités dans un gouvernement de réconciliation et obtiennent les ministères de la Défense et de l'Intérieur ;
des soldats de la CEDEAO et 4 000 soldats français de l'Opération Licorne sont placés entre les belligérants pour éviter une reprise du conflit.
Dès le 4 février, des manifestations anti-françaises ont lieu à Abidjan, en soutien à Laurent Gbagbo, qui déclare avoir eu la main forcée, après s'être engagé solennellement à Paris à faire appliquer ces accords, unique solution à la crise. La fin de la guerre civile est proclamée le 4 juillet. Une tentative de putsch, organisée depuis la France par Ibrahim Coulibaly, est déjouée le 25 août par les services secrets français.
Le 27 février 2004, dans sa résolution 1528, le Conseil de sécurité des Nations unies autorise la formation de l'Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire (ONUCI), qui regroupe les forces françaises et celle de la CEDEAO (l'ECOMOG), pour une durée initiale de 12 mois à compter du 4 avril 2004.
Le 4 mars, le PDCI suspend sa participation au gouvernement, étant en désaccord avec le FPI (parti de Laurent Gbagbo) sur des nominations au sein d'administrations et d'entreprises publiques.
Le 25 mars, une marche pacifique organisée pour protester contre le blocage des accords de Marcoussis, alors que les manifestations sont interdites par décret depuis le 18, est réprimée par les forces armées, épaulée par la police et les Jeunes patriotes : il y a 37 morts selon le gouvernement, entre 300 et 500 selon le PDCI d'Henri Konan Bédié. Cette répression provoque le retrait de plusieurs partis d'opposition du gouvernement. Le rapport de l'ONU du 3 mai révèle l'implication des hautes autorités de l'État ivoirien et estime le bilan à au moins 120 morts.
En avril, les forces loyalistes effectuent plusieurs bombardements dans l'ouest du pays, qui tuent des civils. Le gouvernement de réconciliation nationale, composé de 44 membres à l'origine, est réduit à 15 après le limogeage de 3 ministres, dont Guillaume Soro, chef politique des rebelles, le 6 mai. Cela entraîne la suspension de la participation au gouvernement d'union nationale de la plupart des mouvements politiques.
La France est dès lors dans une situation de plus en plus inconfortable, accusée par les deux camps de favoriser l'autre :
les loyalistes, parce qu'elle protège les rebelles, et n'applique pas les accords de défense passés avec la Côte d'Ivoire ;
les rebelles, parce qu'elle empêche la prise d'Abidjan.
Le 25 juin, un militaire français est tué dans son véhicule par un soldat gouvernemental près de Yamoussoukro.
En juillet, un sommet à Accra au Ghana rassemblé par l'ONU relance le processus de paix en donnant un nouveau calendrier.
Bien que le nord de la Côte d'Ivoire soit considéré par les rebelles comme libéré, de nombreuses exactions ont été commises un peu partout. Plusieurs charniers et fosses communes ont été trouvés par l'ONU et des organisations non gouvernementales comme Amnesty International.
Parallèlement à cela, les rebelles mettent à sac les banques de la Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO) à Bouaké et à Korhogo. Bien que le butin ne soit pas connu avec précision, il est estimé à plusieurs milliards de francs CFA (un milliard de francs CFA = un million et demi d'euros). Plusieurs militaires français de l'Opération Licorne sont arrêtés pour avoir ramassé des sacs remplis de billets abandonnés par les pillards.
Dans la zone contrôlée par le gouvernement, de nombreux massacres d'étrangers ont eu lieu. Les disparitions signalées aux forces de l'ordre ne donnent généralement pas lieu à des enquêtes. Tous les partis politiques d'opposition et les syndicats déplorent la disparition de plusieurs de leurs militants, disparition attribuée aux Escadrons de la mort, composés de militaires, policiers et miliciens. D'un autre côté, les détentions arbitraires et sans jugement se multiplient.
Les viols sur les femmes adultes ou sur les enfants sont extrêmement nombreux, souvent accompagnés d'actes de barbarie, sur tout le territoire de la Côte d'Ivoire. Les forces de police se sont rendues responsables de torture. Plusieurs communautés religieuses (notamment les musulmans) sont victimes d'exactions dans le sud du pays.
Posté le 23.06.2007 par feobus
Le départ, le 17 avril 2007 du successeur de Idrissa Seck, précisément Macky Sall, a été empreint d'une courtoisie presque similaire à travers le contenu d'un discours d'un Premier ministre sortant qui a voulu adopter une posture républicaine. L'homme s'est félicité d'avoir participé à «rendre visible la vision» du président de la République.
Avant que Idrissa Seck ne quittât le promontoire primatoral, il avait eu droit auparavant à un déluge d'éloges de la part du Président Wade dont il a été le second au Parti démocratique sénégalais, tout comme d'ailleurs Macky Sall, après son départ. Les éloges de Wade à Idrissa Seck, à l'occasion d'une visite à Matam, quelques temps avant son limogeage retentissent encore dans nos oreilles et peuplent nos mémoires.
Macky Sall, dans ses habits de Premier ministre, de directeur de campagne de Wade puis du Pds, a eu, lui aussi sa part de pluie d'éloges venant du Président Wade qui l'a publiquement et bien médiatiquement félicité pour le travail remarquable qu'il a abattu et pour sa fidélité et sa loyauté. Moins d'un mois après, les élections législatives que Macky Sall avaient conduites et gagnées et dont l'apothéose a été le meeting de clôture de la Coalition Sopi dans la grouillante banlieue dakaroise de Guédiawaye.
On sait comment la «séparation à l'amiable» entre Wade et Idrissa Seck s'est terminée : en une inimité féroce, une rude et longue confrontation, sur fond de règlements de compte politico-judiciaires avec une mobilisation sans précédent de tous les appareils répressifs de l'Etat, contre l'ancien chef du gouvernement. Aujourd'hui, ce n'est pas encore une inimité ouverte entre Wade, ses dévots et Macky Sall et ses fidèles. Tout semble désormais s'inscrire dans une voie conflictuelle entre les deux hommes ou du moins entre leurs clans, si on décrypte les frêles esquifs de confrontations, de contestations, de rebuffades par seconds couteaux interposés.
En attendant, l'inévitable duel différé entre Wadistes pur jus et ceux que Macky Sall a réussi à fidéliser au cours de sa longue présence au sommet de l'Etat. Bien sûr que cette confrontation programmée ne prendra pas, comme pour Idrissa Seck, les contours d'un feuilleton politico-judiciaire- il n'y a pas de quoi de chercher noise dans les chantiers des Berges du Sine-, mais elle pourrait très bien prendre la forme d'une résistance contre l'agenda de Me Wade qui, quoiqu'on dise, semble faire dans les grandes manœuvres pour mettre son fils Karim Wade sur son trône. Il faut certainement décrypter les marges de silence dans le discours de Abdou Fall, hier, sur les ondes de la radio Rfm, sur la reprise en main du Pds, pour en faire un grand parti, ouvert même aux mouvements de la «Génération du concret».
Cela pourrait déboucher concrètement sur une irruption des souteneurs de Karim Wade pour détenir tous les leviers essentiels du Pds, une structure décisive dans la guerre de succession. Cela, après l'entrée de ministres estampillés Génération du concret dans le nouveau gouvernement du Premier ministre Hadjibou Soumaré. Mais, la résistance du clan de Macky Sall pourrait, elle aussi, se dessiner au sein de l'Assemblée nationale, si on sait que le toujours actuel n°2 du Pds, pour avoir participé à la confection de la liste des députés de la coalition Sopi 2007, détient une «garde parlementaire rapprochée» au sein de l'Hémicycle. Une arme susceptible de déstabiliser l'exécutif. Mais, attention, le pouvoir de l'argent demeure une arme redoutable entre les mains de Wade et de son fils ! Leçon de cette histoire : avec Wade et ses Pm, c'est «vérité au-delà des Pyrénées, erreur en deçà».
Posté le 23.06.2007 par feobus
Le très fringuant Sénateur noir de l’Illinois Barack Obama, fait monter la pression aux Etats-Unis dans la perspective de la prochaine élection présidentielle de 2008. Récemment le «Time Magazine» titrait en grande page sur cette nouvelle «star» de la politique états-unienne : «Pourquoi Barack Obama pourrait être le prochain président». Seulement, jusqu’ici le premier sénateur noir de son parti avait exclu cette hypothèse.
Mais la cote de Barack Obama n’a cessé de grimper chez les Démocrates, depuis son fameux discours fondateur à la Convention Nationale de son parti en 2004, et la nouvelle coqueluche de la politique américaine dévoile désormais des intentions différentes.
Dimanche 22 octobre [source AP], Barack Obama, qui a effectué une tournée africaine en Août 2006, foulant la terre kenyane de son père, déclarait qu’il pourrait s’aligner pour la plus haute compétition politique nationale, la présidentielle de 2008. Les spéculations et ébullitions ne vont plus tarder d’autant plus qu’un gros calibre pressenti à l’investiture démocrate, l’ancien gouverneur de Virginie Mark Warner a annoncé son désistement, ce qui a mécaniquement accru le capital de Obama.
Considéré comme «centriste», quelques fois critiqué pour son manque d’expérience au niveau national, l’Africain Américain balaie généralement cette critique d’un revers de la main, affirmant que la fonction présidentielle était sérieuse et éminente, qu’elle ne devait pas être affaire d’ambition personnelle et de vanité. Cependant, a-t-il ajouté, à l’émission «Meet the press » de NBC’s, « je ne pense que l’on soit jamais prêt pour être président avant de l’avoir été». Pour le reste, en s’en remettant au jugement du peuple, Barack Obama a dit être d’abord concentré sur les élections parlementaires de mi-mandat présidentiel, considérée comme un test pour la future grande élection de 2008. Après quoi il rendra public sa décision.
Tout démocrate et jeune premier qu’il est, et l’Amérique ne déteste pas ces profils au contraire, Obama devra sérieusement travailler son électorat africain américain où la crise de leadership politique est ouverte. Dans un sondage AP/AOL Black voices paru en février 2006, relaté par Afrikara.com, il était devancé en notoriété par Jesse Jackson, Condoleezza Rice et Colin Powell -plus visibles dans les médias nationaux pour les républicains au pouvoir. Un signe plus ou moins encourageant pour Obama, plus d’un tiers des sondés africains américains ne se reconnaissaient dans aucun leader actuel, ce qui donne une importante marge de progression.
Le fait que Obama soit pressenti à l’investiture démocrate, comme hier Collin Powell le fut pour les Républicains, est en soi un progrès. Au pays du Ku Klux Klan, de l’idéologie haineuse du «Choc des civilisations», le seul fait d’envisager une telle éventualité est une balise de sécurité civique et citoyenne appréciable. Mais les Africains Américains ne pourront pas, depuis Jesse Jackson, rester bloqués au statut permanent de potentiel, probable, futur candidat à l’échelon national, il faudra désormais avoir le courage et l’intelligence politiques d’affronter la plus haute marche de l’échiquier politique. Y arriver sera déjà un pallier crucial de franchi, débroussaillant le terrain pour la suite.
Bien sûr toute ressemblance avec la situation française ne sera qu’en apparence fortuite, dans le processus d’entrée en république des diasporas africaines dans les sociétés occidentales, la phase actuelle est déterminante et conditionnera beaucoup de possibles configurations politiques et à terme géopolitiques. Il est par conséquent impérieux de remporter les batailles internes des investitures nationales et de parvenir enfin à la confrontation directe au suffrage universel pour l’élection présidentielle.
Posté le 22.06.2007 par feobus
Une intervention intéressante du Président de la Côte d’Ivoire à propos de l’avenir de l’Afrique dans LE COURRIER D’ABIDJAN
Gbagbo : "Ma vision pour l’Afrique" C’est une interview du président Laurent Gbagbo qui est presque passée inaperçue dans la sphère francophone. Et pour cause : elle a été publiée début avril dans un (très pertinent) mensuel panafricain basé à Londres, New African . Pourtant, le numéro un ivoirien a dit des choses intéressantes face au dictaphone de la journaliste Ruth Tete. S’il a martelé ses positions à propos des origines de la crise « un coup d’Etat qui a échoué et non un problème identitaire de fond », à propos des concepteurs de Marcoussis, dont l’objectif était de « dépouiller Gbagbo de tous les pouvoirs nécessaires pour gouverner effectivement », à propos de son plan de sortie de crise (qui n’était pas encore bouclé au moment de l’entretien), il a aussi évoqué des questions de fond liées au destin de l’Afrique et à ses relations avec le monde extérieur.
Abandonner les accords de défense avec la France pour créer des formules de sécurité collective africaine
Interrogé par Ruth Tete à propos de la France, dont certains disent qu’elle est le problème en Côte d’Ivoire et non la solution, Gbagbo répond diplomatiquement mais clairement : « Nous sommes une ancienne colonie française. A l’aube des indépendances, la France a signé des accords de défense avec ses anciennes colonies, mais aussi des accords de coopération militaire. J’étais dans la droite ligne de ces accords quand j’ai demandé à Paris, en tant que chef d’Etat ivoirien, de nous aider à repousser les rebelles en 2002. Mais la France n’a jamais accepté notre requête. Mais l’année dernière, comme nous l’avons vu au Tchad et en République centrafricaine, la France a accepté d’intervenir en faveur de certains gouvernements dans la ligne de ces mêmes accords de défense et de coopération militaire. A vous de juger. Cela ne nécessite aucun commentaire. »
Mais Gbagbo ne s’arrête pas à la dénonciation de ce « deux poids deux mesures ». Le chemin initiatique qu’a été la crise ivoirienne lui a visiblement permis de faire des constats et d’imaginer des solutions.
« Je pense que les Africains ont trop peur d’être libres. Ils ont la capacité d’être libres mais ils ignorent leur potentiel. Chaque pays africain francophone, par exemple, a des accords de défense avec la métropole (France), alors que nous pouvons signer les mêmes accords entre nous-mêmes, nous pouvons mettre en place des mécanismes de résolution de conflit nous-mêmes. (...) La crise ivoirienne m’a révélé que les Africains se sous-estiment et n’ont pas confiance en eux. Le temps est venu pour les Africains d’avoir confiance en eux, de prendre leur destinée en main. Le temps est venu pour l’Afrique d’avoir des partenaires et non des maîtres. Et cela est possible ! »
Économie : comment l’Afrique peut se développer par elle-même Comment l’Afrique peut-elle sortir du piège qui fait d’elle uniquement une pourvoyeuse de matières premières pour les autres ? Gbagbo évoque des pistes de solution fondées sur la solidarité continentale .
« La Côte d’Ivoire est, par exemple, le premier producteur de cacao, mais nous contrôlons pas le marché du cacao. Ce n’est pas normal. Si l’Afrique introduisait une taxe sur la production de pétrole et de gaz pour créer un fonds de solidarité, nous pouvons réaliser beaucoup de grands projets. Mais les Africains préfèrent aller chercher de l’argent à la Banque mondiale et au FMI. Sur chaque baril de pétrole, nous pouvons mettre de côté 5 ou 10 dollars. Sur chaque tonne de cacao, café, sur le diamant, l’or, nous pouvons déduire des taxes pour créer une banque dédiée au développement de l’Afrique. Nous ne l’avons pas encore fait parce que nous n’avons pas confiance en nous, alors que dans les grandes institutions de financement dans le monde, ce sont les jeunes Africains qui sont à des postes de responsabilités. Ils sont bons pour gérer les fonds des autres mais quand vous leur demandez de mettre sur pied et de gérer un tel fonds pour les Africains, pour nous-mêmes, ils ne seront pas assez en confiance pour le faire. C’est la raison pour laquelle j’appelle les Africains à se réveiller . »
Le réveil de l’Afrique ? Dans dix ou quinze ans
Malgré ces constats, Gbagbo est visiblement assez optimiste pour le continent. Un continent qu’il voit en transition.
« Nous, Africains, souffrons aujourd’hui parce que nous sommes à la croisée des chemins. La première génération de leaders africains est sur la route de sortie. Ce sont les pères fondateurs des indépendances et leurs successeurs immédiats. Mais la nouvelle génération de leaders n’est pas encore totalement arrivée au pouvoir, et donc nous sommes à un carrefour. Cela explique pourquoi nous avons souvent des frictions entre nous. Mais donnez à l’Afrique dix ou quinze ans, et vous verrez qu’avec le temps, l’Afrique parle d’une seule voix harmonieuse. »
Gbagbo imagine même l’Afrique, dans un futur plus ou moins proche, dans un rôle de stabilisatrice d’un monde fragmenté par des conflits de tout genre. « Quand je regarde devant, je vois des dangereuses confrontations entre les Etats-Unis et la Chine. Pour le moment, il s’agit de problèmes commerciaux et j’espère que ces antagonismes resteront commerciaux. Mais j’ai peur que demain ils se transforment en quelque chose d’autre. Je crois que les Africains pourraient jouer un rôle stabilisateur dans le monde au lieu d’être relégués dans un rôle de colonies. Les Africains ne sont pas suffisamment conscients de l’importance de leur rôle dans le monde . »