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Ce blog regroupe des articles sur les Afro Antillais, qui font l'actualités dans le monde.
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28.03.2007
Dernière mise à jour :
11.10.2008
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Politique Francaise

Alain Zabulon

Posté le 24.06.2007 par feobus
Alain Zabulon : Martiniquais nommé préfet délégué pour l’égalité des chances auprès du préfet de l’Essonne.

Né le 17 juin 1955 en Martinique. Enarque



--

Richard Samuel

Posté le 24.06.2007 par feobus
Monsieur Richard Samuel : Guadeloupéen nommé par décret du 20 juillet 2006 préfet. Directeur de Cabinet du Ministre de l’Outre-Mer..

Né le 20 janvier 1952 à Pointe-à-Pitre en Guadeloupe. Officier de l’Ordre National du Mérite. Institut d’Etudes Politiques de Paris. Administrateur de la Ville de Paris.

Nicolas Sarkozy, qui propose de promouvoir des formules « d’école de la deuxième chance » adaptées aux contextes locaux, a mis en place en 2004 « l’Ecole des cadets de la République » avec le ministère de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.

Il s’agit de donner toutes les chances à des jeunes de milieu défavorisé de réussir les concours de la police en développant chez les jeunes une meilleure connaissance de l’institution policière et en diversifiant la composition des effectifs des gardiens de la paix. Ainsi les jeunes qui ont un BEP peuvent suivre cette formation qui mêle enseignement et stage. Cette formation qualifiante illustre parfaitement le projet d’école de la deuxième chance

Marie-Dominique Aeschlimann

Posté le 24.06.2007 par feobus

Pour la première fois, un parti politique s'intéresse aux ultramarins de l'hexagone, jusque-là très peu visibles dans le débat public, et met en place une structure chargée d'élaborer des propositions. Avec une antillaise talentueuse à sa tête, les intérêts des ultramarins de métropole sont non seulement pris en compte mais aussi bien défendus


Née le 17 avril 1974 à Basse-Terre (Guadeloupe), d’un père corse et d’une mère d’origine martiniquaise, dans une famille de 3 enfants dont elle est l’aînée de deux jumeaux.
Etudes : scolarité primaire et secondaire au pensionnat Saint-Joseph de Cluny communément appelée pensionnat de Versailles (Basse-Terre)
Baccalauréat lettres –mathématiques en 1991 avec mention très bien et les félicitations du jury ; major de sa promotion pour sa série dans le département, elle obtient le prix du Conseil régional assorti d’une bourse annuelle pour financer ses études supérieures.
Elle effectue sa première année d’études (1ère année de DEUG de Droit) dans le campus de Fouillole à Pointe-à-Pitre.
Souhaitant intégrer l’Institut d’Etudes Politiques de paris, elle présente un dossier d’admission à l’Université Paris II-Assas où elle est admise en 2ème année de deug de Droit.
En juin 1993, elle obtient son deug de Droit à paris-II avec mention Bien.En juin 1994, elle obtient sa Licence de Droit Public Interne avec mention Bien.En juin 1994, elle est reçue au diplôme de Maîtrise de Sciences-Politiques, avec mention Très-Bien à 20 ans.
Elle réussit le concours d’entrée à Sciences-po Paris la même année, et est admise à s’inscrire dans la prestigieuse section service Public.
En 1997, elle est diplômée de l’I.E.P de Paris section Service Public (Institut d’Etudes Politiques de Paris). Elle poursuit sa scolarité à Sciences-Po en suivant une Prep’ENA en 1997-98.
En novembre 1998, elle est reçue en 6ème position au concours d’attaché d’administration de la Ville de Paris. Forte de ce bon classement, elle peut choisir son affection au sein de l’administration de proximité : elle sera Directeur Général adjoint de la mairie du 18ème arrondissement de 1998 à 2002.
Assistante parlementaire à l’Assemblée nationale depuis 2002, elle est la collaboratrice directe de son époux, Manuel Aeschlimann, Conseiller du Président de l’UMP, chargé de l’opinion publique et Député des Hauts-de-Seine et Maire d’Asnières depuis 1999.

Depuis 2001, elle est élue Maire-adjoint dans sa ville, Asnières-sur-Seine, où elle est en charge des questions d’emploi, d’insertion, des commerces et de l’artisanat, de la médiation de proximité. Elle suit de très près les questions liées à la condition des femmes dans sa ville, et s’occupe des relations avec les communautés religieuses et étrangères.

En 2004, elle est élue Conseillère régionale d’Ile-de-France, sur la liste de Jean-François Copé. Elle siège à la Commission des Lycées et des politiques Educatives et à la Commission des affaires Sociales.

Depuis décembre 2005, Nicolas SARKOZY lui a confié des responsabilités au sein de l’Equipe Nationale de l’U M P, en tant que Secrétaire Nationale Chargée de la Présence Outre Mer en Métropole. Elle a notamment organisé le 12 juillet 2006 la Convention sur « la France d’Après » consacrée à l’Outre Mer qui s’est tenue à l’Espace Gaveau Paris 8ème.

Jeune femme dynamique, volontaire et engagée, elle poursuit de front une carrière politique et professionnelle avec Manuel, son époux, tout en assumant avec bonheur les joies de la maternité : elle est la maman de deux petits garçons, Lohengrïn (4 ans et demi) et Haräld (2 ans et demi).

Intervention à l'Unesco du 4 décembre 2004

Posté le 22.06.2007 par feobus
Il me paraît vraiment difficile d’aborder les questions du savoir, de l’ignorance et du silence sur l’esclavage sans parler au préalable des relations entre esclavage et racisme.
Il semble bien, en effet, que si le silence sur l’esclavage est imposé ou subi dans les pays occidentaux qui l’ont utilisé comme système de production ou dans les pays qui en ont été les victimes -tandis que d’autres tragédies sont plus volontiers évoquées- le racisme ambiant en soit la cause.
Sans m’étendre au-delà de mon propos, je voudrais tout de même préciser que le racisme commence non pas à partir du moment où l’on soutient la prééminence d’un groupe humain par rapport à un autre, mais lorsqu’on pose la notion de race comme une manière pertinente d’isoler un groupe humain. Nous savons depuis au moins trente ans que cette idée de race ne peut prétendre à aucune validation scientifique. Et pourtant, elle continue à hanter jusqu’au discours antiraciste.


L’esclavage est l’une des transgressions les plus radicales du respect que l’homme doit à son semblable, un principe qui se trouve à la base de toute civilisation et constitue le propre de l’humanité. Pour reprendre Rousseau, qui affirmait que renoncer à sa liberté c’est renoncer à sa qualité d’homme, je dirai qu’attenter, par l’esclavage, à la liberté de l’autre, c’est, pour l’esclavagiste, renoncer absolument à son humanité.
L’une des questions incontournables qui se posent lorsqu’on rapproche le problème du racisme de celui de la mémoire de l’esclavage est de savoir si c’est la racisme qui a produit l’esclavage ou si le racisme ne serait pas plutôt l’effet de cette criminelle institution.

Si c’est le racisme qui a produit l’esclavage, il y a de quoi s’abandonner au désespoir le plus profond. Le racisme serait alors un «mal radical» inhérent à la nature humaine et les négationnistes auraient beau jeu de disculper ceux qui ont utilisé systématiquement l’esclavage en invoquant la part maudite qui se terrerait au fond de chacun de nous.


Si, au contraire, le racisme n’est qu’un sous produit de l’institution esclavagiste, l’espoir demeure, car le racisme, présenté souvent comme une fatalité, non seulement par ceux qui le propagent, mais aussi par ceux qui le combattent, peut être éradiqué. Ainsi, la lutte que nous menons pour briser le silence et l’ignorance pesant sur la mémoire de l‘esclavage serait légitimée par un enjeu fondamental.
En rétablissant la vérité sur l’esclavage, nous voilà donc peut-être amenés à mettre en évidence que le racisme n’est que le produit obligé du crime, un produit particulier qui a l’avantage non seulement de protéger le crime, mais encore, pour que cette protection soit vraiment efficace, de lui survivre, même quand le crime semble avoir disparu, du moins dans sa version officielle.
Mon hypothèse est que le racisme exacerbé visant les Africains, qui a servi de creuset à toutes les formes de racisme, résulte de l’esclavage aux Amériques qui n’aurait pas seulement produit du capital, mais également de l’idéologie. Et c’est bien en cela que l’esclavage transatlantique se distingue radicalement de toutes les formes d’asservissement antérieures qui, à ma connaissance, ne se sont jamais appuyées sur une tentative de légitimation rationnelle telle qu’a pu l’être le discours raciste des Lumières et l’idéologie raciste à visage scientifique qui a empoisonné la pensée du XIXe siècle, largement hypothéqué celle du XXe et qui tente encore de contaminer le XXIe siècle naissant. C’est cet héritage-là que nous avons à gérer.


Si donc, comme je le crois, le racisme n’est qu’un effet de l’esclavage et de la traite, faut-il s’étonner du silence et de l’ignorance de nos contemporains ?
Si c’était la fonction du racisme de légitimer la traite et l’esclavage lorsqu’ils étaient reconnus en Europe comme des institutions utiles et acceptables, son rôle est peut-être aujourd’hui d’empêcher toute interrogation sur le caractère criminel et imprescriptible de l’esclavage et d’éluder les questions fondamentales qui ne peuvent manquer de se poser, tant sur les moyens de réparer le crime que sur la désignation des coupables.
A mon avis, la question de la mémoire de l’esclavage est donc la meilleure manière de traquer le racisme, comme le racisme est la meilleure façon d’expliquer l’amnésie des négriers.


En rappelant solennellement, en 2002, à l’invitation du président du sénat français, que l’écrivain Alexandre Dumas était le fils d’un esclave d’Haïti, devenu général français grâce à la Révolution, puis persécuté par Bonaparte, à cause de sa couleur de peau, je voulais montrer que Napoléon ne pouvait accéder au trône sans rétablir au préalable l’esclavage, ni ne pouvait rétablir l’esclavage sans instaurer en France, comme il l’a fait, un racisme d’Etat.
En démontrant que le chevalier de Saint-George était né esclave à la Guadeloupe, et que sa carrière s’est arrêtée au moment où le racisme s’est développé en France, parce que l’esclavage commençait à y être sévèrement attaqué, j’ai voulu rappeler que l’on ne saurait étudier l’histoire de l’esclavage sans s’occuper aussi de celle du racisme, qui en est l’épiphénomène.
Si mon hypothèse est justifiée, on ne s’étonnera donc pas qu’on puisse honorer la mémoire de Napoléon sans jamais faire référence au fait qu’il tombe moralement sous le coup de la loi de mai 1981 reconnaissant en France la traite et l’esclavage comme crimes contre l’Humanité, sans rappeler qu’il a fait utiliser les gaz et les noyades pour exterminer la population africaine d’Haïti et qu’il a inauguré contre les résistants antillais le système des camps de triage et de concentration. On ne s’étonnera pas non plus que paraissent encore en France des livres à prétention scientifique tendant à expliquer d’une manière franchement révisionniste l’histoire de la traite et de l’esclavage qui deviennent de simples « points de détail ».


Est-ce le racisme qui a permis l’esclavage ou bien l’esclavage, comme je le pense, qui a fait le lit du racisme ? Cette question est le préalable obligé pour échapper à ce que Césaire, paraphrasant sans doute Nietzsche, appelait le ressentiment, ressentiment qui, en effet, ne doit pas nous empoisonner ni nous enfermer dans le ghetto du communautarisme.

Sorcier Blanc et Magie Noir

Posté le 20.06.2007 par feobus
Morte la Françafrique ? « Peut être, mais le cadavre bouge encore » Vincent Hugeux aime les bons mots. Son livre [1] en regorge d’ailleurs. Comme de portraits au vitirol de tout ce que Paris compte de sorciers blancs , ces communiquants, journalistes et politiques profiteurs de l’Afrique. Pourtant, Hugeux est confiant. « Je n’ai pas encore reçu de menaces de procès ». Tout au plus, des réactions « singulières » dont il s’amuse.

Un Jean-François Probst un peu amer n’a pas apprecié son humour. « Il adore l’humour mais uniquement dirigé contre les autres ». Patricia Balme, qui n’a pourtant pas droit à un traitement de faveur, a téléphoné au journaliste sur le thème « merci de m’avoir épargnée »… En revanche, c’est silence radio de la part de Jeune Afrique, grand éreinté de cet ouvrage. Les personnalités et pratiques de Béchir Ben Yahmed et François Soudan y sont disséquées. L’ironie d’Hugeux est ravageuse pour les messieurs de la rue d’Auteuil.

Sur la presse panafricaine en général, son constat est amer : « les pratiques institutionnalisées par Jeune Afrique sont trop ancrées maintenant. » Concernant les journalistes, notre franc-tireur, est un brin cynique : « Trop de journalistes cèdent au bakchich. Plus par lassitude que pour l’argent… Mais il faut être droit dans ses bottes. Bongo classe les journalistes en deux camps : les corruptibles et les autres. Je suis en tête de la seconde liste, m’ a-t-on rapporté. »

Le journaliste s’en prend aux Attali, Dumas et autres Séguéla, toujours prompts à flairer la bonne affaire. « Chez Fayard, à une journée dédicace, Dumas était près de moi. Il a regardé le livre et m’a lancé : « si ça se trouve, tout cela nous concerne un peu. » Je lui ai répondu que ça le concernait beaucoup plus qu’il ne le croyait. Ceci dit, Fayard est un vrai espace d’audace éditoriale… j’égratigne trois auteurs importants de la maison : Péan, Attali, Dumas. » Hugeux a sa théorie. L’Afrique rendrait fou. « Prenons quelqu’un comme Attali. D’une intelligence supérieure. Mais avec ça il a cédé à l’envoûtement africain, à ses sirènes. » Études, conseils… Pourvu que le contrat soit juteux et les interlocuteurs prestigieux et le chef d’orchestre accomplit sa « mission ».

« Et omnias vanitas »
Hugeux nous raconte que sur 90 personnes approchées, seules deux ont refusé de lui accorder un entretien : Jacques Vergès et Francis Szpiner, tous deux avocats. « Je crois que la notion clé du livre est la vanité. Sans ce travers, il n’y aurait pas eu de livre. La vanité est un gisement inépuisable. » Le journaliste explique l’engouement africain par ce péché. « Même dans la jeune garde politique, il y a encore cet envoûtement qu’exerce l’Afrique, continent où l’on soigne les égos endoloris. Cet engouement affole la boussole morale des politiques. » Certes, l’Afrique regonfle les égos. Mais aussi les comptes bancaires de toute la cohorte parisienne qui se presse dans les palais présidentiels de Libreville ou de … Dakar.

Dakar voit rouge
Au Sénégal, le livre de Hugeux n’est pas passé inaperçu. On y trouve une pépite : Thierry Oberlé, journaliste au Figaro, s’est vu proposer une enveloppe de 10 000 euros (refusée) par le président Wade. En période électorale, cette affaire a défrayé la chronique et a fait la une des quotidiens sénégalais pendant plusieurs jours. De Karim Wade, qui a envoyé un droit de réponse à l’Express, Hugeux a cette réflexion : « Ce qui frappe chez les élites africaines, formées en Occident, c’est qu’elles sont passées maîtresses pour instrumentaliser la culpabilité coloniale et invoquent tout le catéchisme de la bonne gouvernance et de la démocratie pour en conjurer les effets. Plus frappant encore, elles semblent considérer que toute expression critique est l’aveu d’un complot. »

Françafrique
Comme une excuse, Hugeux nous explique qu’il s’attaque aussi à la France. Son livre a, en effet, le mérite de s’attaquer à un sujet hypersensible sans tomber dans la polémique passionnelle. Alors, morte, à l’agonie, toujours vivace ? À la lecture de Sorciers Blancs, le diagnostic est formel : la Françafrique a encore de beaux jours devant elle. Dans l’excellent chapitre « Les chasseurs du Meurice », Hugeux décrit un rituel curieux, « la meilleure parabole de la perpétuation de ce lien archaique entre la France et l’Afrique ». À chacun de ses séjours parisiens, Omar Bongo tient audience et reçoit le tout Paris dans sa suite du Meurice. Politiques, patrons, journalistes. Le dessein est le même : le profit. Parfois sonnant et trébuchant, il peut être plus subtil. Sarkozy a rencontré Bongo, sur les conseils de Jean-Noel Tassez, pour échanger des bruits de couloirs sur… Chirac : « c’est moi qui ai emmené Nicolas chez Bongo la première fois, affirme son ami Jean-Noel Tassez. Même si tu te fous de l’Afrique, lui ai-je conseillé, il faut y aller. Au moins, tu sauras ce que Chirac dit de toi. » Cette attitude, prédatrice et condescendante, est monnaie courante. Et Hugeux de s’énerver. Contre l’aquoibonisme ambiant, le mépris passif à l’égard de l’Afrique, les jeunes loups français à la recherche de fortune et de gloire. « C’est une scène de théatre, ce n’est pas un lieu de construction politique. »

En définitive, la France plombe l’Afrique qui se laisse elle même plomber par ses dirigeants. « Les pratiques formatées de l’âge d’or de la Françafrique perdurent. » Peut on espérer un tournant avec 2007 ? Nouveau président, nouvelles pratiques ? Là aussi, Vincent Hugeux est pessimiste. Lui qui n’a pas foi dans les envoûteurs et autres sorciers, refuse « cette sorte de foi dans la magie du changement … »


L'espion qui les aimait

Posté le 20.06.2007 par feobus
Alain Chouet a appris à se taire. Espion professionnel, cet expert en langues orientales a longtemps écumé les pays arabes, avant de devenir un spécialiste réputé du terrorisme islamiste, puis d’accéder au poste convoité de chef du service de renseignement de sécurité à la DGSE, de 2000 à 2002. Des jobs surexposés où l’on doit être muet comme une carpe. Aujourd’hui libre de ses mouvements, le brave Chouet ne se prive pas de balancer quelques-unes de ses vérités, sur son site perso ou lors de conférences. Le 26 mars 2007, l’ex-super-agent français était convié à participer à un débat sur « le renseignement en France et aux États-Unis : quelles solutions pour améliorer la lutte anti-terroriste ? » à la French-American Foundation, honorable association de VIP transatlantiques.


Ses propos, très instructifs, ne font pas dans la langue de bois. S’étonne-t-on que les services secrets, comme la CIA, s’activent aux frontières de la légalité dans leur lutte contre le terrorisme ? Après avoir distingué l’action judiciaire de celle des services spéciaux, Chouet explique : « C’est ne rien comprendre que d’accuser les services secrets de faire dans l’illégalité. Bien sûr qu’ils font dans l’illégalité. Ils ne font même que cela. C’est leur vocation et leur raison d’être ». L’important est « de ne pas se faire prendre la main dans le sac, ce qui nécessite une certaine technicité ».

L’ex-patron du renseignement à la DGSE démolit également les idées reçues selon lesquelles la coopération franco-américaine fonctionnerait mal, ou que la CIA ferait preuve « d’arrogance », utilisant les services européens comme des « harkis », sans renvoyer l’ascenseur. « C’est une légende sans fondement autre que la frustration de quelques crétins. Car il y a bien sûr des crétins dans les services secrets, comme d’ailleurs dans toutes les autres entreprises publiques ou privées ». Chouet affirme qu’il n’y a proportionnellement pas plus de « crétins » à la CIA qu’à la DGSE. Doit-on être rassurés ?

Mais cela ne signifie pas que Chouet bénisse tout ce qui vient d’Amérique. Au contraire. Selon lui, les services américains n’ont cessé, depuis les années Reagan, de jouer « du Maghreb aux Philippines, de façon directe ou indirecte, la carte des mouvements islamistes fondamentalistes sunnites » pour contrer les influences soviétiques ou iraniennes et pour protéger l’Arabie saoudite. « Nous étions en profond désaccord avec cette stratégie », confesse l’ex-cadre de la DGSE, selon lequel la présence en France de 5 millions de musulmans justifierait en partie la circonspection française. La Maison-Blanche n’aurait pas vraiment changé sa stratégie en dépit des attentats du 11 septembre 2001 revendiqués par des extrêmistes sunnites. Chouet s’étonne ainsi de l’absence de pression américaine sur les donateurs privés saoudiens qui financent la mouvance islamiste. Il se dit aussi effaré que certains Américains prônent aujourd’hui un dialogue avec les Frères Musulmans, pour que ces derniers encadrent les communautés musulmanes. « Cela revient très exactement à faire garder son poulailler par des renards. Et les renards adorent cela… » Il est chouette, ce Chouet, non ?



le bal des traîtres

Posté le 20.06.2007 par feobus
Dépositaire du poste si envié de ministre des Affaires Étrangères, Bernard Kouchner présente le profil rêvé du poste, si, si. Un passé d’humanitaire respectable, tout fondateur de Médecins sans frontières qu’il est. Une gueule de beau mec à même de faire rayonner l’esprit français à travers le monde, droit dans la ligne d’un Roland Dumas ou d’un Dominique de Villepin. Une aura d’homme de gauche (on ne rit pas) à faire pâlir Bernard Tapie et propre à incarner l’ouverture dans la rupture chère au nouveau président Sarkozy.

Bref, le candidat idéal. « Il est très populaire, il est déjà tricard à gauche et, vu son âge, il n’a rien à perdre », lâche même un élu de droite dans le Monde (14/05).

D’autant que les états de service à l’international du sieur Bernard parlent pour lui. Outre son mandat de représentant spécial de l’ONU au Kosovo, l’ardent défenseur de « l’ingérence humanitaire » a pas mal crapahuté. Sans trop user son concept.

En Birmanie par exemple, le « French doctor » sut défendre l’entreprise Total contre les accusations de travail forcé que d’affreuses mauvaises langues colportaient. Et l’homme sait travailler pour peu. Contre 25 petits milliers d’euros et quelques jours aux frais du géant pétrolier du côté de Rangoon, Bernard a pondu un rapport au poil en 2003. Non, non, le travail forcé « une coutume ancienne, qui fut légalisée par les Anglais en 1907 » n’a pas été utilisé par l’entreprise française sur ses chantiers de Yandana. Mieux, les Birmans rencontrés à l’occasion étaient « absolument heureux de la présence de Total ». Tant pis pour la plainte déposée en 2002 contre Total...

Et son expertise ne s’arrête pas aux confins de l’Orient lointain. L’Afrique, bien après l’épisode du sac de riz les pieds dans l’eau en Somalie – photo spontanée qui a nécessité trois poses rappellent les mesquins – a eu droit aux augustes conseils de l’une des personnalités politiques préférées des français.

L’émir d’Afrique centrale, l’éminent président du Gabon Omar Bongo, a fait depuis longtemps appel à ses services. Histoire de mettre du beurre dans les épinards, l’ancien ministre de la Santé a accepté une petite mission à Libreville : une étude pour y créer une sécurité sociale à la Française.

Dans l’Afrique pétrolière et démocrate, où Total est tout à son aise, un autre fan a fait appel à son auguste personne, Denis Sassou Nguesso. Lors d’une des innombrables visites à Paris du Président congolais, Kouchner a eu l’inestimable chance d’être reçu en audience, fin février 2006. À la clé, une demande présidentielle de « réflexion sur les problèmes de Santé au Congo ». En gros, une réforme de la sécurité sociale congolaise, et, en passant, songer à prémunir l’Afrique contre la grippe aviaire. Bernard a eu l’air ravi de son entretien avec un chef d’État dont la générosité n’est pas la moindre des qualités... « Quand on s’adresse à M. Sassou Nguesso, on s’adresse à la fois au président du Congo et au Président de l’Union africaine (NDLR, poste qu’occupait Sassou à l’époque) », a-t-il alors déclaré.

Ménagère des leaders françafricains, blanchisseuse des méthodes des grandes entreprises françaises, ségoliste assez tiède, Kouchner ne dépareillerait pas dans la galaxie Sarkozy. Sa place aux côtés d’un Juppé, numéro 2 annoncé et déjà condamné, d’un Eric Besson ou d’un Hervé Morin, « Judas » de talent, d’une Rachida Dati si justement ambitieuse, n’a rien d’usurpé. Même l’Identité nationale ne devrait pas gêner« l’homme qui cherchait les Blancs » en équipe de France de football.

Se passer d’un tel talent au gouvernement aurait, même, été presque indécent

Les amis Africains de Sarkozy

Posté le 20.06.2007 par feobus
L’Afrique pétrolière dans la poche. Sarkozy compte des amis en Afrique. Si, si, promis. Au premier rang desquels le toujours vert El Hadj Omar Bongo Ondimba, président du Gabon depuis 40 ans. Entre les deux grands hommes, le courant est finalement bien passé. A coups de lettre de congratulations réciproques, et d’une chaleureuse missive de félicitations lancée par Nicolas à Omar, après la triomphale réélection du gabonais à l’automne 2005, un couple s’est formé. Leurs rencontres, au choix dans le discret hôtel particulier d’Omar, dans le XVIe arrondissement parisien, ou à l’hôtel Meurice, se sont multipliées, et leur compte tenu avec précision par la Lettre du Continent.

Mieux, comme l’a raconté Bakchich, les services du ministère de l’Intérieur et des Contraventions ont laissé miroiter un étrange mirage à leur homologue gabonais. Dans une lettre adressée à l’Intérieur français, le ministre gabonais rappelle « proposition visant la suppression des visas d’entrée pour les citoyens des deux États, principe pour lequel vous vous êtes déclaré favorable lors de notre rencontre du 09 juin 2006 à Paris ». L’heureux élu prié de cornaquer le dossier n’est autre que « Monsieur Godin, Directeur général de la Police nationale française, […] chargé de préparer un projet de Convention d’exemption de visas entre les deux États ».

Plus de visa entre France et Gabon, un grand flic chargé d’amadouer les affidés de Bongo, Sarko a mis le paquet pour draguer un vieil ami de la chiraquie, accessoirement patron d’un pays riche en pétrole.. Et en a remis une louche, tout juste élu. Bongo a été le seul président africain auquel Nicolas a téléphoné.

Autre bon soutien du nouveau chef de l’État français, le Béninois Yayi Boni. L’étape de la tournée de Sarko en avril, à l’été 2006, a même été l’une des « plus agréables », a confié l’un des membres de la délégation. Et pour cause. Peu de manifestants, hostiles à l’immigration choisie, et surtout un éminent VRP sur place. Le ministre de la Sécurité intérieure local n’est autre qu’Edgar Alia, un ancien encarté RPR qui a longtemps milité en Seine-Saint-Denis avec Eric Raoult, député fort sarkozyste s’il en est.

Enfin, petit dernier de ce groupe d’amis africains de « Nicolas », le sympathique Denis Sassou Nguesso. Copain comme cochon avec Chirac, le père Denis a pris le temps de rencontrer Sarko, au cours d’une de ses innombrables virées à Paris. Et à Brazzaville, le nouveau président dispose d’un relais de choix, Jean-Yves Ollivier (Cf. Le pétrole, c’est la branche de l’Ollivier). Ex-missi dominici du RPR en Afrique australe reconverti dans la pétrofinance chez Sassou, JYO a de très bonnes entrées à l’UMP. Et a même pris le temps de briefé l’équipe Sarko sur le Congo.

Le converti d’Abidjan. C’était pas gagné mais il l’a fait. L’ancien maire de Neuilly est entré, du moins en grâce, sinon dans les papiers de Laurent Gbagbo. Ennemis intimes de Chirac ça rapproche. Pourtant il a fallu lever la méfiance du « boulanger d’Abidjan » envers Sarkozy, ami intime de l’opposant Alassane Dramane Ouattara. Heureusement, le bon vieux Robert Bourgi a joué les bons offices. Homme de l’ombre de moins en moins discret, formé à la politique africaine par Jacques Foccart, missi dominici de Villepin en Côte d’Ivoire depuis les débuts de la crise ivoirienne, a troqué son costume de vomisseur en chef de Nicolas Sarkozy il y a quelques mois. Et a laissé tout son charme agir pour convaincre le « cauchemar africain » de Chirac que Sarko n’était pas si mauvais bougre. Avec succès apparemment. D’autant que des passerelles de footeux ont été établies. Fidèles soutiens du candidat de la rupture, Basile Boli et Bernard Tapie ont désormais leurs entrées au palais de la lagune d’Ebrié.
L’indécis dakarois. Assez colérique, le président sénégalais n’aime rien moins que provoquer des polémiques et passer dans les médias internationaux. Le concept « d’immigration choisie » de Sarkozy a été accueilli au palais de l’avenue Roume comme il se doit : du pain béni. « Gorgui » a virevolté de France 2 à RFI l’été dernier pour s’offusquer « du pillage en règle » de l’Afrique. Et après quelques passes d’armes et rendez-vous orageux tenus à la résidence de l’ambassadeur du Sénégal à Paris avec Sarkozy (cf. Wade-Sarkozy, des échanges très Seck sur notre site), le climat s’est pacifié.

« Le Vieux et Sarko pensent toujours avoir raison et adorent donner des leçons. Ça ne peut pas coller du premier coup », glisse un proche du pouvoir sénégalais. « Mais Wade ne respecte que ceux qui s’opposent frontalement à lui ». En même temps, le Sénégal ne recelle ni pétrole ni matières premières, seulement une base militaire française. Rien de capital

Pas d’inquiétude donc, « frères africains », le nouveau président français ne rompra pas avec le continent noir, ni avec ses richesses.

Sarkozy: il y aura deux femmes noires sur la scène

Posté le 20.06.2007 par feobus
A la suite du remaniement ministériel intervenu ce mardi (19 juin) Nicolas Sarkozy s'est confié au journal "Le Parisien" (20 juin 2007).

Il s'est dit satisfait des résultats des législatives ("vous ne pensez pas qu'Angela Merkel serait contente d'avoir la majorité que j'ai ? On écrit que je suis fragilisé. Qu'est ce que cela sera quand je serai vraiment en difficulté ?")

Concernant le remaniement, il avoue avoir songé à Henri de Castries, successeur de Claude Bebear à la tête d'Axa pour occuper le ministère des finances, mais y a renoncé : "C'est un des meilleurs patrons de France, mais ça faisait trop CAC 40". Pour Xavier Bertrand, il estime que cela aurait été trop tôt. Finalement il a choisi Christine Lagarde (la première femme nommée à Bercy) pour laquelle il a une grande estime : "si elle m'écoute, si elle suit mes conseils, elle va exploser" a t-il dit.

De fait, trois femmes occupent des ministères importants (finance, justice, Intérieur), et qui plus est, Nicolas Sarkozy est également fier d'avoir nommé trois femmes issues des minorités dans son gouvernement : Rachida Dati, Rama Yade et Fadela Amara. "Quand j'ai vu Rachida au Conseil supérieur de la magistrature, assise dans son fauteuil rouge, seule femme au milieu de tous ces hommes, j'ai été ému".

Très enthousiaste quant aux capacités de sa nouvelle secrétaire d'Etat aux affaires étrangères, Nicolas Sarkozy affirme : "Il y aura deux femmes noires sur la scène internationale : Condi Rice et Rama Yade".

Il estime Fadela Amara, plutôt proche de la gauche et fondatrice de l'association "Ni putes, ni soumises", courageuse d'avoir accepté de rejoindre son gouvernement. Enfin, concernant les réformes, Nicolas Sarkozy estime que ça va aller "plus vite, plus loin et tout de suite". Il va présenter des mesures ce mercredi soir sur TF1.

la politique de la France ? La Chine n'attends pas

Posté le 19.06.2007 par feobus
la France recevra ses amis africains pour une nouvelle rencontre au sommet, le 24ème Sommet Afrique-France, entre les chefs d'Etat de tout un continent et celui de la France. Le thème retenu - "l'Afrique et l'équilibre du monde" - me donne l'occasion de le décliner à loisir : quel rôle peut jouer et joue l'Afrique dans l'équilibre du monde ? Comment devrait-elle gérer les énormes richesses dont la Nature et la providence l'ont dotée (et qui semble appartenir à l'humanité toute entière, sauf à ses propres enfants) ? Doit-elle s'ouvrir si largement et si rapidement à la Chine, le nouvel ogre mondial à la recherche de matières premières énergétiques et minières pour assouvir les gigantesques besoins de son industrialisation à pas forcés ? Que veut la France en Afrique sous couvert d'amitié et d'histoire partagée ? A quelles conditions et pour quels intérêts l'Afrique peut-elle la convier à sa table ?

Pour ce qui semble être le dernier sommet France-Afrique de Jacques CHIRAC en tant que Président de la République française (il pourraît toutefois être l'invité d'honneur d'un 25ème sommet organisé sur le continent en tant que "ami des Africains"), je saisis l'occasion des débats de la campagne présidentielle en France pour interpeller les principaux candidats - à commencer mais pas uniquement - par celui que j'ai décidé de soutenir : Nicolas SARKOZY, un patriote amoureux de la France et souhaitant redonner à ce vieux pays le lustre qu'il a perdu, et sa place en Europe et dans le monde.

Le prochain Président de la République française devra rompre avec les pratiques du passé et de la Françafrique, notamment le soutien accordé sans réserve à certains dirigeants locaux, incompétents, illégitimes et corrompus : même si l'Afrique ne pèse que 2% du commerce mondial (pour ce continent et son avenir, c'est une chance que ses réserves de richesses ne soient en rien entamées), la France doit préserver ses positions en acceptant la diversité de partenariat et d'approvisionnement. Elle doit aussi s'obliger à un "mieux disant" basé sur les avantages pour les populations et les économies africaines. Même dans sa recherche de solutions pour stopper l'immigration clandestine, la France a tout intérêt à miser sur un réel développement de l'Afrique, et à participer à l'accroissement du niveau de vie des populations locales.

Aujourd'hui, l'heure est venue pour les Africains du continent et de la diaspora (dispersée en Europe, aux Amériques et en Asie du Sud-Est) de relever le défi de l'ingérence politique et économique, afin de contribuer à l'indépendance véritable du continent noir. On dit parfois que l'Afrique meurt à cause de ses richesses. C'est surtout à cause de son potentiel énergétique, minier et humain que des intérêts extérieurs à ce continent (avec des complicités intérieures) se partagent les richesses de son sol, de son sous-sol et de ses forces vives, et ainsi de notre avenir. Mystérieusement, là où il y a conflits armés et guerres civiles, il y a volonté de quelques puissances politiques et économiques étrangères de faire main basse sur des richesses : Congo, Tchad, Soudan, Côte d'Ivoire, Sierra Leone, Libéria, Centrafrique, Guinée ... Autant de troubles, de conflis et de guerres qui freinent l'émergence d'états organisés et structurés, et pénalisent de nombreuses populations condamnées à émigrer ou à régler des dettes abyssales contractées par leurs dirigeants. Des dettes pour lesquelles elles n'ont pas eu à donner leur accord et qui ne profitent pas toujours à la santé, à l'éducation, aux transports, à la gestion de l'administration ou encore à l'alimentation de ceux qui seront appelés à les rembourser sur plusieurs générations.


Je crois et j'ai toujours cru à l'avènement de l'Afrique, berceau de l'humanité et détenteur de la destinée du monde entier. Il semble que l'heure soit venue pour ce "continent mère" d'occuper sa véritable position stratégique de vigie du Monde, entre les camps occidentaux et asiatiques. Le pétrole, le gaz, l'énergie hydraulique, les métaux précieux et autres ressources minières et agricoles que nous ont laissés nos ancêtres - et que nous devons léguer aux générations africaines futures - sont autant d'armes de dissuasion à la disposition de l'Afrique. Face à l'accélération de la rareté des ressources énergétiques et minières, l'Afrique possède le coffre-fort du monde et la clé de l'équilibre.

Dans ce contexte et face aux superpuissances militaires et/ou nucléaires du monde, l'Afrique ne peut opposer que ses richesses aux différentes tables de négociation. Ainsi que l'exigence de contrats publics transparents de coopération "gagnant - gagnant", comportant des avantages pour elle-même et pour ses partenaires :
- la suppression de l'aide publique d'Etat au développement
- l'annulation de la dette bilatérale de chacun des "pays pauvres très endettés" (PPTE)
- un transfert de connaissances et de technologies par une réelle formation professionnelle
- le développement de filières locales de transformation des produits
- la préférence accordée aux projets transnationaux dans le cadre de l'intégration régionale
- la création d'une classe moyenne ouverte à la consommation et à la mondialisation

A quand l'avènement d'une nouvelle politique française en Afrique ? Un continent dont un large territoires est historiquement lié à la France mais qui aujourd'hui réclame sa véritable indépendance économique (avant l'autonomie financière ?). Face à la concurrence des Etats-Unis, de la Chine, du Brésil, de la Malaisie, de l'Inde ou du Japon, l'intérêt de la France - au sein de l'Union Européenne - est de sauvegarder les intérêts des populations de ce partenaire privilégié. Le développement économique, industriel, commercial, technologique et scientifique de l'Afrique sera pour la France le gage d'un marché de proximité (géographique, culturelle et souvent linguistique) pour ses produits et services. A une seule condition : le respect de l'indépendance, de l'intégrité territoriale, des intérêts et du bien-être des populations des pays de ce continent partenaire.

Après la chute du mur de Berlin et face aux prévisions alarmistes de raréfaction des approvisionnements, les grandes puissances se sont à nouveau lancées dans une compétition mondiale à la recherche des ressources énergétiques, minières et bientôt humaines (la bataille des délocalisations). L'Afrique peut tirer son épingle de ce jeu d'influence en défendant ses intérêts face au mieux disant des propositions de ses partenaires et "amis". Fin connaisseur des relations internationales et grand adepte de l'indépendance et de l'exception culturelle françaises, le Général de GAULLE disait : "un pays n'a pas d'ami, il n'a que des intérêts". Les intérêts de la France en Afrique et sa place en Europe et dans le monde passent par des liens privilégiés avec les pays francophones d'Afrique, soutiens potentiels au sein des Nations Unies et espace de rayonnement via la Francophonie. A condition de les appuyer sur le respect mutuel et le partage équitable d'intérêts entre états et au bénéfice des populations.


La diaspora africaine en France, vigie et passerelle des relations entre la France et l'Afrique

Qu'ils soient nés ou non sur le continent, les Africains de la diaspora conservent dans leurs entrailles une empreinte séculaire de leurs racines africaines. Militant depuis 1999 à travers Africagora pour que les entrepreneurs, cadres et décideurs de la diaspora africaine s'engagent dans l'intégration économique, sociale et civique des "talents de la diversité" en Europe, je voulais ici livrer mon analyse et mes réflexions sur la politique menée par la France en Afrique. Le cas de la situation en Côte d'Ivoire et de ses rapports avec la France m'interpellent à double titre : d'abord, parce que je suis né ivoirien de parents ivoiriens sur cette terre bénite, avant d'émigrer en France en 1981, puis d'y adopté la nationalité française en 1992. Ensuite, comme nouveau responsable politique français, engagé aux côtés d'un candidat dont j'espère l'avènement en tant que futur Président de la République. Voici deux bonnes raisons pour travailler au rapprochement de mes deux pays - deux états partenaires de très longue date - et également à la refondation de la politique française en Afrique. Pays porteur des droits de l'homme et du citoyen, la France doit être exemplaire dans ses rapports avec les autres états souverains, surtout s'il s'agit de ses anciennes colonies. Le futur Président de la République française devra rompre avec les pratiques actuelles et adopter une nouvelle approche de la coopération bilatérale, basée sur le respect de souveraineté et le partage d'intérêts. Il y va de sa place dans toute l'Afrique francophone.

En tant que citoyen français, Ministre d'Etat et (potentiel) futur Président de la République, Nicolas SARKOZY est un patriote qui défend les intérêts de son pays. Nul ne peut lui reprocher ce rôle et cette responsabilité. Les Africains doivent comprendre que seule la France peut déterminer qui a le droit d'accès et de séjour sur son territoire. Au même titre que tous les pays du monde. "Une immigration choisie et concertée" avec les pays d'Afrique doit permettre de sauvegarder les intérêts des économies africaines. De même, Mamadou COULIBALY, Président de l'Assemblée nationale de Côte d'Ivoire, est aussi un patriote ivoirien, également dans son rôle et dans ses responsabilités quand il défend les intérêts économiques et l'indépendance politique de la Côte d'Ivoire. Ce pays a tout aussi le droit de choisir ses partenaires économiques en fonction des intérêts du peuple ivoirien. Comment peut-on renouer le dialogue entre les dirigeants de ces deux états partenaires, très longtemps amis et aux intérêts imbriqués ? En s'efforçant de convaincre les hommes de sauvegarder les intérêts de leurs peuples, d'investir sur les moyen et long termes. La diaspora africaine peut y jouer un rôle de facilitateur.

Pour sauvegarder sa place géostratégique, les intérêts de ses entreprises, et protéger ses approvisionnements énergétiques, miniers et même agricoles, la France doit se refaire une image en Afrique. J'exhorte donc mon candidat Nicolas SARKOZY à réexpliquer son projet d'une nouvelle coopération entre la France et les pays africains, appuyée sur un partenariat "gagnant - gagnant" qui jettera les bases d'un respect des intérêts réciproques. Aux états africains de défendre fermement leurs propres priorités en faveur d'un véritable développement économique et social de leur pays. La diaspora africaine en Europe, en Asie et dans les Amériques doit y jouer un rôle. A ce sujet, je rappelle qu'il n'y a pas un dollar américain investi en Chine, au Japon ou en Corée du Sud, sans l'implication des diasporas chinoise, japonaise ou coréenne résidant aux Etats-Unis. La France devrait s'appuyer sur le relais des compétences de la diaspora africaine présente sur son territoire pour améliorer son image et ses rapports avec les peuples et les acteurs économiques et sociaux d'Afrique. Le développement de l'Afrique se fera par l'Afrique, même si la France peut y apporter son appui si appel lui est fait.

Rappelons-nous toujours cette maxime de Nelson MANDELA : "faire pour nous, sans nous, c'est faire contre nous".


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