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Ce blog regroupe des articles sur les Afro Antillais, qui font l'actualités dans le monde.
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28.03.2007
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Les ditecteurs Europeens

Adolf Hitler

Posté le 18.05.2007 par feobus
Adolf Hitler, né le 20 avril 1889 à Braunau am Inn (Autriche), décédé le 30 avril 1945 dans le bunker de sa chancellerie à Berlin (Allemagne), est le septième membre à partir de 1919 du parti des travailleurs allemands qu'il renomme parti national socialiste des travailleurs allemands dont il devient le chef en 1921 puis devient dictateur de l'Allemagne de 1933 à 1945.

Convaincu d'être désigné par le destin, il se révèle un brillant orateur et un propagandiste hors pair qui mobilise de nombreux partisans. Il est nommé Reichskanzler (Chancelier) le 30 janvier 1933, et assume la double fonction de Führer et Reichskanzler (Guide et Chancelier) après la mort du président Hindenburg le 2 août 1934. Sous sa direction, l'Allemagne entame une politique de réarmement, d'occupations territoriales et d'annexions qui contriburont à déclencher la Seconde Guerre mondiale. Il ordonne l'extermination des handicapés, des Tsiganes, des homosexuels et met en œuvre ce qu'il avait annoncé dans son ouvrage Mein Kampf : l'extermination systématique des Juifs -1941 Nuit et brouillard. Sous l'euphémisme solution finale, il organise le génocide qui fit périr plusieurs millions de personnes.

Adolf Hitler naquit le 20 avril 1889 à 6h30 dans l'auberge Gasthof zum Pommer à Braunau am Inn, une petite ville de Haute-Autriche près de la frontière austro-allemande. Il était le quatrième de six enfants d'Alois Hitler et de Klara Pölzl. La plupart des enfants moururent en bas âge ; seule sa sœur cadette Paula († 1960) lui survécut.

Alois Hitler, le père d'Adolf, était douanier. Né hors mariage en 1837, Alois porta d'abord le nom de famille de sa mère, Maria Anna Schicklgruber, mais en 1876, il fut légitimé et obtint le droit de porter le nom Hitler. Adolf n'utilisa jamais d'autre patronyme, et Schicklgruber ne ressurgit que plus tard chez ses opposants politiques.

En tout état de cause, l'arbre généalogique d'Adolf Hitler laisse planer de fortes suspicions de consanguinité. L'incertitude liée à ses origines ne fut probablement pas sans conséquence sur la politique raciste qu'il mènera. Ainsi dès l'Anschluss en 1938, il détruisit Döllersheim, le village natal de son père en le transformant en place de tir.

En 1892, Alois fut nommé à Passau, puis en 1895 à Linz ; la famille l'y suivit un peu plus tard.

L'enfance d'Adolf se passa sous la stricte discipline de son père, fonctionnaire retraité. Il semble que le père avait un penchant pour l'alcool et s'opposait parfois violemment à son fils. Le 3 janvier 1903, son père mourut, suivi le 21 décembre 1907 par sa mère qui succomba à un cancer.

Élève médiocre, Hitler refusa de suivre la voie de son père. Il échoua par deux fois à l'examen d'entrée de l'Académie des Beaux-Arts de Vienne en 1907 et 1908. Autodidacte, il était un grand lecteur et un grand admirateur de la musique de Richard Wagner. Il développa un intérêt marqué pour l'architecture, intérêt qu'il cultivera sa vie durant. (Voir Albert Speer). À la dérive, il mena alors une vie de Bohème, exerçant différents emplois, mais jamais assez longtemps pour échapper à la pauvreté. Il vécut dans la rue, travaillant comme peintre de rue et mangeant dans les soupes populaires.

Il passa un certain temps dans la galerie du public au Parlement autrichien. Il écrivit plus tard que ce qu'il y avait observé, développa son mépris pour la démocratie et pour ce qu'il voyait comme une domination contaminatrice par les Juifs au Parlement et dans la société. Il découvrit le pangermanisme, et observa la manière dont les activités politiques influençaient les masses.

Au printemps 1913, afin d'éviter l'enrôlement dans l'armée autrichienne (État qu'il détestait), il s'enfuit à Munich et vécut en vendant des peintures de paysages. Sa tentative d'échapper à la conscription fut remarquée, mais, après avoir été refusé lors d'un examen médical à son retour en Autriche (pour faiblesse de constitution), il retourna à Munich

En 1914, exalté par l'entrée en guerre de l'Allemagne, Hitler s'engagea comme volontaire. Il se battit sur le front Ouest dans le 16e régiment d'infanterie bavarois. Soldat enthousiaste, tranchant à cet égard sur beaucoup de ses compatriotes, il était apprécié de ses pairs et supérieurs, malgré son manque de sens de l'humour. Plus tard, beaucoup de ses camarades devinrent des Nazis. Il fut blessé une première fois à la cuisse, puis aveuglé temporairement par une attaque au gaz moutarde près de Ypres Belgique à la fin de la guerre. Le caporal Hitler se vit décerner la Croix de fer, Première Classe (distinction rarement accordée à un soldat engagé) pour avoir accompli le dangereux transport d'une dépêche en 1918.

La guerre prit fin alors qu'Hitler était à l'hôpital de Pasewalk, se remettant de blessures dues au gaz. Anéanti à l'annonce de la capitulation allemande, il pleura. À sa sortie de l'hôpital, il retourna dans son régiment de Munich. La Bavière était entre les mains d'un gouvernement révolutionnaire, la Räterepublik ; sa caserne était dirigée par un Soviet ("conseil"), auquel il accéda.


3. Le combat politique

Adolf Hitler salue ses troupes à Nuremberg en 1935
Après la chute du gouvernement révolutionnaire, Hitler resta dans l'armée jusqu'au 31 mars 1921 et fut chargé de surveiller un groupuscule politique, le Parti Allemand des Travailleurs (Deutsche Arbeiterpartei, DAP). Il y fut très vite remarqué lors d'une de ses interventions et son adhésion fut sollicitée. Il accepta en fin de compte et en fera le NSDAP Nationalsozialistische Deutsche Arbeiterpartei (« Parti National Socialiste des Travailleurs Allemands »).

En avril 1921, il devint le chef de ce parti. Du fait de ses talents d'organisateur et d'orateur, le parti gagna rapidement en popularité.

Les 8 et 9 novembre 1923, il fut directement impliqué dans le coup d'État avorté connu comme le Putsch de la brasserie. Accusé de conspiration contre l'État, il fut condamné le 1er avril 1924 à cinq ans de prison, peine qu'il purgea à Landsberg am Lech. Pendant sa détention, il écrivit Mein Kampf (Mon combat), son manifeste politique. Dès 13 mois de prison et malgré l'opposition déterminée du procureur Stenglein, il bénéficia d'une libération conditionnelle le 20 décembre 1924.

Cependant, craignant toujours l'expulsion du territoire et son renvoi en Autriche, Hitler renonça à la nationalité autrichienne le 30 avril 1925. Devenu apatride, et bien qu'il fût interdit de parole en public jusqu'en 1927, il reconstruisit son parti et retrouva une certaine popularité. C'est de cette époque que date l'entrée en scène de Joseph Goebbels qui l'adula jusqu'à la fin. En 1928, le NSDAP semble pourtant marquer le pas et peine à remonter la pente : seuls 2,6% des votants lui accordèrent leur confiance aux élections législatives du 20 mai. Hitler semblait alors passé de mode.

Mais l'instabilité politique (décès de Gustav Stresemann, chute du chancelier Hermann Müller, remplacé par le gouvernement droitiste et autoritaire de Brüning du Zentrum) et surtout les conséquences catastrophiques de la crise de 1929 sur l'économie allemande très dépendante des États-Unis allaient valoir au NSDAP un succès foudroyant et imprévu aux élections du 14 septembre 1930. Avec 18,3% des voix acquises au parti nazi et 107 sièges au Reichstag (ce qui en faisait le 2e parti du parlement), Hitler devenait incontournable.

Le septennat du président Hindenburg se terminait le 5 mai 1932. Afin d'éviter de nouvelles élections, la droite et le Zentrum avaient proposé de renouveler tacitement le mandat présidentiel. L'accord des Nazis était nécessaire. Sollicité, Hitler chercha, en contrepartie, à obtenir la démission du chancelier Brüning et de nouvelles élections parlementaires où il espérait améliorer encore les résultats du parti nazi. Hindenburg refusa. Le 22 février 1932, Goebbels put annoncer la candidature du Führer. Le 26 février, Hitler fut opportunément nommé Regierungsrat, fonctionnaire d'état, ce qui lui conférait automatiquement la nationalité allemande.

Après une campagne électorale sans précédent sur le plan de la propagande, Hitler obtint 30% des voix au premier tour (13 mars 1932), mais 37,3% au second tour (deuxième, loin devant les communistes) en avril. Suivirent une série de scrutins régionaux, partout le NSDAP renforça ses positions.

En 1932, la situation se dégrade sur les plans économique et social (plus de 6 millions de chômeurs à la fin de l'année). L'agitation et l'insécurité politique étaient à leur comble. On est proche de la guerre civile. Le gouvernement de la République est incapable de réunir une majorité et il vit d'expédients. Engagé dans un bras de fer avec Hitler, le président Hindenburg refuse toujours de le nommer chancelier. Toutes les tentatives de conciliations échouent. Même la baisse de popularité du NSDAP aux élections de novembre n'entame en rien la détermination du Führer : ou Chancelier, ou rien.

. L'accession au pouvoir

Adolf Hitler
Voir aussi la Chronologie du Troisième Reich.

Dans une grande fébrilité politique, Hitler fut finalement nommé Chancelier de la République de Weimar le 30 janvier 1933, aidé par les rivalités à droite déchirant l'entourage du président Hindenburg, en particulier l'ancien Chancelier Franz von Papen et le Parti Populaire National Allemand (DNVP), dirigé par le magnat nationaliste de la presse Alfred Hugenberg. Papen et Hugenberg avaient espéré utiliser sa popularité à leur profit et pensaient être en mesure de le contrôler.

Une fois en place, Hitler s'acquit le soutien de l'armée, déborda ses partenaires, puis mit en route ce que l'on appela la Gleichschaltung (la « Mise au pas »). L'incendie du Reichstag du 27 février fut exploité afin de limiter drastiquement les libertés civiles et d'éliminer les opposants politiques.

Hindenburg ayant accepté de nouvelles élections, le NSDAP les remporta en mars 1933 avec 43.9% des suffrages. Le 23 mars, le Reichstag vota la Loi d'habilitation (Ermächtigungsgesetz) qui donnait à Hitler des pouvoirs dictatoriaux. Hitler utilisa ces pleins pouvoirs pour interdire tous les syndicats, ainsi que les autres partis politiques.

Voir aussi la chronologie de l'année 1933.

Le 30 juin 1934, durant la nuit des longs couteaux, fort du soutien bienveillant de l'armée, il fit tuer plusieurs de ses partisans et de ses anciens ennemis politiques. Parmi eux : Gregor Strasser et Ernst Röhm ; ce dernier, chef de la SA, était détesté par les militaires et avait des projets politiques plus radicaux que Hitler.


Hitler et Chamberlain en 1938
La fin de la République de Weimar coïncida avec la mort de Hindenburg, car par une mesure malheureuse la constitution précisait qu'en cas de décès du Président, cette dignité (et ses pouvoirs considérables) devait être assurée temporairement par le Chancelier. Hitler obtint ainsi un accès parfaitement légal et constitutionnel aux pouvoirs présidentiels, y compris le commandement suprême des forces armées. Trois heures avant la disparition de Hindenburg le 2 août 1934, le Reichstag avait passé une loi confondant les deux fonctions en une seule, appelée Führer und Reichskanzler, qui devait prendre effet à la mort du Président. En quelques mois, il avait réussi à établir un pouvoir dictatorial par la voie parlementaire.

Sa popularité précoce provenait de sa ferme opposition au Diktat de Versailles, de sa politique de réarmement et surtout de ses succès économiques initiaux. Cependant, la répression de toute opposition fut impitoyable : les Juifs, les opposants communistes, socialistes, catholiques ou démocrates eurent le choix entre l'exil ou l'enfermement dans des camps de concentration.

Sous la direction d'Hitler, imprégnée d'antisémitisme et par l'idéologie pangermaniste, convaincue d'appartenir à une race supérieure, l'Allemagne commença par annexer les régions germanophones voisines, comme l'Autriche et les Sudètes, et même la Tchécoslovaquie.

Mais l'invasion de la Pologne fut le casus belli de la Seconde Guerre mondiale.

La Seconde Guerre mondiale

Hitler, Keitel, Bormann et Goëring
La politique antisémite et raciste du Troisième Reich entraîna d'abord l'élimination, puis l'extermination systématique des Juifs - (solution finale ou Holocauste ou encore Shoah), dans laquelle 6 millions de personnes furent tuées. Les autres catégories abhorrées étaient les Tziganes, les malades mentaux, les communistes et les Slaves, considérés comme une race inférieure destinée à être partiellement exterminés et partiellement réduits en esclavage. D'autres groupes furent également persécutés : Les témoins de Jéhovah, homosexuels, prostituées, délinquants, etc.

Bien qu'ayant eu des intuitions brillantes, lors de la bataille de Stalingrad en 1942-1943, il s'avéra être un commandant des forces armées erratique et imprévisible, souvent dédaigneux de l'opinion de généraux et maréchaux expérimentés.

Le 20 juillet 1944, à la Wolfsschanze, il ne fut que blessé dans un attentat lors d'une tentative de coup d'Etat d'officiers qu'il réprima durement.

Convaincu que si l'Allemagne ne pouvait pas gagner la guerre, elle ne devait plus exister, Hitler ordonna le 19 mars 1945 que toutes les industries, installations militaires, magasins, moyens de transport et de communications allemands soient détruits. Ces ordres furent amortis par ses subalternes.

Après que l'Armée rouge soviétique fut parvenue à Berlin, Adolf Hitler se suicida avec Eva Braun (qu'il venait d'épouser) le 30 avril 1945, dans le Führerbunker.

Dans le testament qu'il laissa, il écarta Goering et Himmler et désigna l'amiral Karl Dönitz comme successeur.


6. Hitler était-il socialiste ?
Hitler rejetait dans un même mépris capitalisme et marxisme. Son nationalisme raciste transcendait le clivage traditionnel capital/social : il rêvait d'un peuple uni (Volk) par le (même) sang. La propagande hitlérienne est essentiellement guidée par des considérations d'opportunité politique, mais comporte deux invariants : l'antisémitisme, puis l'anti-marxisme (compris dans un sens assez large).

Pendant les années 1920, il doit louvoyer entre les tendances "droitistes" (de l'armée et de la droite traditionnelle, du patronat) et "gauchistes" (de certains de ses partisans, comme Ernst Röhm ou Gregor Strasser). Son problème consiste, comme la plupart des partis d'extrême droite aujourd'hui, à capter et conserver un maximum de voix en vue de conquérir électoralement le pouvoir.

Une étatisation des moyens de production débuta dès 1933 avec des usines automobiles et aéronautiques puis se poursuivit avec l'économie de guerre mise en place par Albert Speer dès 1943. À compter de 1943 cette étatisation de fait suivait un schéma d'emprise totalitaire des moyens de production pour l'effort de guerre plutôt qu'une inspiration socialiste qui dominait dans le courant des années 1930.

Il est cependant utile de rappeler que les socialistes étaient pourchassés sous le Troisième Reich et que beaucoup sont rentrés en résistance. Il a certes étatisé certaines entreprises mais cela ne suffit pas pour définir le socialisme, de plus cette étatisation était à but militaire et non social.


7. Interprétation psychanalytique

Adolf Hitler et une petite fille nommée Inge Terboven
Responsable d'une guerre ayant fait dans les cinquante millions de morts, le personnage d'Hitler a cristallisé une telle animosité qu'il est prudent de considérer les interprétations de son comportement avec beaucoup de recul.

Dans son livre de 1983 Am Anfang war Erziehung (C'est pour ton bien), Alice Miller avance une explication des comportements violents de Hitler par ses traumatismes infantiles.

Sa mère avait épousé un homme plus vieux qu'elle de 23 ans qu'elle appelait « oncle Aloïs » ; ses trois enfants moururent en quelques années autour de la naissance d'Adolf, amenant ce dernier à être surprotégé. Il était régulièrement battu et ridiculisé par son père ; après une tentative de fugue, il fut presque battu à mort. Adolf haït son père durant toute sa vie et on a rapporté qu'il faisait des cauchemars à son sujet à la fin de son existence. Lorsque l'Allemagne nazie occupa l'Autriche, Hitler fit détruire le village où son père avait grandi.

Durant la vie d'Hitler, des rumeurs circulèrent sur le possible judaïsme de son père (sa grand-mère ayant été servante dans une famille juive, qui paya plus tard une pension pour son fils) ; cela aurait été une grande honte dans le climat d'antisémitisme de cette époque. Cette insécurité peut être corrélée par l'ordre d'Hitler, selon lequel chaque Allemand était censé prouver la non-existence d'ancêtres juifs jusqu'à la troisième génération.

8. Aspects énigmatiques du personnage
Il est établi qu'Hitler donna des ordres spécifiques pour que Johann Georg Elser, l'auteur de l'attentat de Munich qui aurait pu le tuer ne fût ni exécuté, ni même mis dans une situation où ses jours seraient en danger. Pourquoi ? Aucun historien n'a avancé d'hypothèse.
Il donna également des ordres pour qu'un certain nombre d'Allemands juifs s'étant distingués pendant la Première Guerre mondiale ne soient pas inquiétés. Ce point était à l'origine une demande de Hindenburg. Comme disait Göring, "C'est moi qui décide qui est Juif et qui ne l'est pas !"
Il est communément admis qu'Hitler se serait inspiré des théories de Hans Horbiger (Atlantide), John Cleves Symnes (théorie dite de la « Terre creuse »). C'est également lui qui fit inverser le sens du svastika (croix gammée) indien, signe de vie, comme pour en retourner aussi la signification (le « Viva la muerte » des phalanges espagnoles n'était pas loin) ; on remarquera aussi que le salut qu'Hitler demandait de ses troupes était exactement celui des gladiateurs de l'empire romain saluant leur général avant de mourir (le fameux rite du "Ave Caesar, morituri te salutant").
Point que certains jugent négligé par la plupart des historiens : les doctrines mystiques dans lesquelles Hitler et d'autres responsables du nazisme auraient puisé leur inspiration pour l'élaboration de la politique national-socialiste, et les rapports que le Führer aurait entrenu avec l'univers des sciences occultes.
source : Louis Pauwels et Jacques Bergier, Le matin des magiciens, introduction au réalisme fantastique, Folio, 1960.


9. Regards des contemporains
Erwin Rommel en octobre 1938 après avoir accompagné et assuré la sécurité du Führer durant l'annexion des Sudètes:
Hitler possède un pouvoir magnétique sur les foules; qui découle de la foi en une mission qui lui aurait été confiée par Dieu. Il se met à parler sur le ton de la prophétie. Il agit sur l'impulsion et rarement sous l'empire de la raison. Il a l'étonnante faculté de rassembler les points essentiels d'une discussion et de lui donner une solution. Une forte intuition lui permet de deviner la pensée des autres. Il sait manier avec habileté la flatterie. Sa mémoire infaillible m'a beaucoup frappé. Il connait par cour des livres qu'il a lus. Des pages entières et des chapitres sont photographiés dans son esprit. Son goût des statistiques est étonnamment développé : il peut aligner des chiffres très précis sur les troupes de l'ennemi, les diverses réserves de munitions, avec une réelle maestria qui impressionne l'état-major de l'Armée.
Norman Spinrad, après le succès de son livre Rêve de fer : « Hitler avait compris ce qui motivait les foules. Il passait certainement beaucoup plus de temps à s'occuper finement des symboles, couleurs et uniformes qu'à lire des livres d'économie. Ses rêves étaient bien plus proches de ceux d'une rock-star que d'un homme politique à proprement parler ».
H. P. Lovecraft qui voyait Hitler comme une force élémentaire appelée à régénérer la culture européenne, le considère par la suite comme un honnête clown pour ensuite reconnaitre que bien que ses objectifs soient fondamentalement sains, l'extrémisme absurde de sa politique actuelle risque de conduire à des résultats désastreux et en contradiction avec les principes de départ.
Dominique Aubier rappelle dans son livre Réponse à Hitler que le nazisme avait l'ambition de détruire le peuple juif, que c'était l'objectif principal d'Hitler : une tentative d'anéantir le Verbe incarné, détruire ainsi toute possibilité de survie humaine au jour du retour cyclique. La solution finale était une tentative d'anéantissement totale de l'humanité, une négation du Verbe, de la parole. L'auteur explique la Shoa et rappelle que le sens d'Israël est de lutter pour la vérité de la Création.

10. Anecdotes

Hitler et son berger allemand Blondie
Adolf Hitler serait aux origines de Volkswagen et notamment de la Coccinelle. Adolf Hitler aurait rencontré Ferdinand Porsche à ce propos et lui aurait parlé d'une voiture populaire pouvant transporter 5 personnes, atteindre une vitesse de croisière de 100 km/h, consommer environ 7 litres pour 100 km et ne coûtant pas plus de 1 000 Reich Marks. Le prototype fut appelé KdF-Wagen (Kraft durch Freude).

La propagande alliée répandit l'assertion qu'Hitler n'aurait eu qu'un seul testicule. À ce propos, les Alliés chantaient "Hitler has only one ball" (Hitler n'a qu'une boule), sur l'air du "Le pont de la rivière Kwai", chanson sans doute inventée par les services secrets anglais à des fins de dénigrement.

Une rumeur récurrente prétend qu'Hitler était seulement un peintre en bâtiment ; une caricature féroce de Sennep a peut-être contribué à ancrer la légende. Il a en fait laissé des aquarelles, certes sans génie particulier, mais qui témoignent, au moins, du fait qu'il était capable d'en peindre et qu'il possédait en tout cas de très bonnes bases dans cette technique. En revanche, il se peut que pendant ses années de galère, il ait été obligé d'accepter quelques petits boulots pour survivre. Dans son roman La part de l'autre, l'écrivain Éric-Emmanuel Schmitt lui fait par exemple peindre une enseigne de magasin pour un commerçant.

Cinquante faux Carnets d'Hitler furent publiés en Allemagne par le magazine Stern en 1983, alors qu'ils avaient été réalisés par un faussaire nommé Konrad Kujau.





Benito MUSSOLINI

Posté le 18.05.2007 par feobus
Benito Mussolini (29 juillet 1883 - 28 avril 1945) est le dirigeant de l'Italie de 1922 à 1943. Il est né à Dovia di Predappio (Romagne) et mort à Giulino di Mezzegra (à 10 km de Côme).

1. Des origines modestes
Benito Mussolini est issu d'une famille modeste : son père, Alessandro Mussolini est forgeron, militant socialiste et a ouvert un petit débit de boissons tandis que sa mère, Rosa Maltoni, est institutrice. Il baigne dans la double culture anarchiste qui lui vient de son père (son prénom, Benito lui a été donné en hommage au révolutionnaire mexicain Benito Juarez), et catholique traditionnelle : il va à l'école chez les Salésiens de Faenza. C'est un élève turbulent, voire violent : il manque de peu le renvoi en 1893 lorsqu'il blesse un de ses camarades avec un couteau. En 1895, il entre à l'école normale de Forlimpopoli et devient instituteur.

En 1900, il adhère au Parti socialiste italien et en préside la section locale. Fuyant le service militaire, il s'expatrie en Suisse en 1902 où il perfectionne ses connaissances idéologiques syndicaliste révolutionnaire. En 1904, il en est expulsé à la suite de certaines de ses menées d'extrême gauche.



Benito Mussolini
2. De l'activisme révolutionnaire à l'alliance nationaliste
De retour en Italie, il doit effectuer son service militaire parmi les bersagliers avant de se retrouver quasi vagabond, vivant de petits métiers (maçon, etc.), puis obtient un poste de professeur de français à Forli. C'est alors que son audience grandit au sein du Parti socialiste, tendance « dure ». Violemment opposé à la guerre de colonisation de la Libye (1911-1912), il mène la destruction des voies de la gare de Forli contre le départ des troupes pour l'Afrique. Cela lui vaut six mois d'emprisonnement. À sa sortie, il prend la tête du journal du Parti socialiste italien Avanti ! en 1913. D'abord fermement pacifiste, il s'oppose à l'entrée en guerre de l'Italie avant de changer radicalement de position dans un article de l'Avanti ! : il préconise une politique militariste en 1914 et est favorable à l'entrée en guerre de l'Italie en 1915 aux côtés de l'Entente. Il crée les Faisceaux de combat, noyau de son Parti national fasciste, le 23 mars 1919. À partir de cet instant sa vie devient liée à l'évolution de son parti. Les faisceaux de combat sont un amalgame d'anarcho-syndicalistes d'où est issu Benito Mussolini lui-même et de nationalistes déçus par la non satisfaction de certaines revendications territoriales à la fin de la guerre, notamment de Fiume où D'Annunzio s'est illustré en vain.


3. La prise du pouvoir et la mise en place de la dictature de Mussolini

De 1919 à 1922, l'Italie est secouée par une grave crise sociale, économique voire politique. Mussolini l'exploite en brisant les grèves et les syndicats par la violence : il se fait ainsi connaître et bien voir par les milieux d'affaires et le patronat (Confindustria et Confagricoltura). Il utilise pour cela des squadre (escouades), sortes de milices, issues en grande partie des rangs des arditi (venant troupes d'élite démobilisées en 1918) nationalistes, dont l'uniforme est la chemise noire - qui deviendra un des symboles du fascisme. Après la marche sur Rome en octobre1922, le roi d'Italie Victor-Emmanuel III lui confie le gouvernement. Jouant habilement de mansuétude et de menaces, Mussolini installe progressivement l'appareil fasciste sur le pays et ce malgré l'assassinat du député socialiste Giacomo Matteotti, qui l'accusait, preuves à l'appui, de violences et de malversations, et qui eut un profond retentissement. En effet, d'abord dictateur « légal », allié dans un premier temps aux forces politiques traditionnelles (des libéraux de Giolitti et de Nitti aux nationalistes en passant par les « populaires » catholiques de Don Sturzo), Mussolini élimine toute opposition en étant à l'origine et en laissant se développer une violence généralisée qu'il se fait fort ensuite de contenir : ses adversaires sont dûment battus à coups de gourdins (quand on ne les force pas à boire de l'huile de ricin). Par une loi électorale anti-démocratique, il obtient aux élections de 1924 la majorité absolue au Parlement. Il en profitera, une fois passés les remous de l'affaire Matteotti, pour faire voter les « lois fascistissimes » élaborées par son ministre de la Justice Rocco (1925-1926), fondant un régime totalitaire.


4. Une politique totalitaire
La politique de Mussolini dénote une « volonté de fascisation des esprits, de transformation globale de la société et de création d'un homme nouveau. » (P. Milza, S. Berstein). Il s'agit donc d'une politique totalitaire. Son instrument essentiel est le Parti National Fasciste (PNF) fondé en 1921, devenu parti unique. Son instance suprême, le Grand conseil du fascisme, s'est substitué à la direction de l'État, le Parlement devenant une simple chambre d'enregistrement et le gouvernement un exécutant des décisions prises par le Grand conseil et Mussolini. Cette prépondérance du parti fasciste se double du culte voué à la personnalité de Mussolini dont témoignent les slogans du régime (« Mussolini ha sempre ragione », « Mussolini a toujours raison »). Le Duce (chef) utilise les media (radio, cinéma d'actualités, journaux...) pour se mettre en scène : discours spectaculaires, films le montrant en train de moissonner... Dans le même temps, la société toute entière est fascisée : les programmes scolaires sont révisés, les loisirs sont encadrés (les vacances, les voyages des ouvriers sont pris en charges par des organisations parallèles du parti fasciste), la jeunesse est enrégimentée dans l'ONB (Opera Nazionale Balilla) : fils de la louve dès 4 ans, Balilla à 8 ans, avanguardisti à 14 ans. On y apprend la vie en collectivité mais aussi le maniement des armes et la discipline militaire, à côté cours théoriques sur le fascisme. Afin de pouvoir s'appuyer sur les masses catholiques et, surtout, la hiérarchie ecclésiastique du pays, Benito Mussolini signe les accords du Latran en 1929, mettant fin à la question romaine, accordant au pape un État, le Vatican, et un statut de chef d'État.

Une politique étrangère d'abord hésitante puis belliqueuse
Dans les années 20, Mussolini joue un jeu d'alliances assez classiques notamment avec le Royaume-Uni dont certains des dirigeants ne cachent pas leurs sympathies pour le Duce (comme le représentant du foreign office Austen Chamberlain). Parallèlement, il cherche à accroître l'influence de son pays dans les Balkans et en Europe danubienne : il revendique et finit par obtenir le rattachement de Fiume à l'Italie, au détriment de la jeune Yougoslavie (traité de Rome, 1924) ; il fait de l'Albanie un protectorat de fait (traité « d'amitié et de sécurité » signé à Tirana en 1926) ; il noue des liens avec l'Autriche, la Hongrie, la Roumanie. Mais un autre de ses objectifs est de faire admettre l'Italie dans le cercle des grandes puissances coloniales : implantation en Libye qu'il « pacifie » après une répression violente et des déplacements de population, rapprochement avec l'Éthiopie à partir des possessions de Somalie et d'Érythrée et dont il essaie de faire un protectorat. Devant les résistances du roi d'Éthiopie (le Négus, Haïlé Sélassié) et suite à un incident de frontière, il attaque l'Éthiopie en 1935. Mais la victoire est longue à se dessiner malgré l'écrasante supériorité militaire des Italiens. Le 3 mai 1936, les troupes italiennes entrent cependant à Addis Abeba, effaçant ainsi la défaite d'Adoua. C'est alors l'apogée du fascisme italien. Ailleurs d'autres partis fascisants voient le jour, notamment le Parti populaire français de Jacques Doriot en 1936.

Une des conséquences de la guerre d'Éthiopie est d'éloigner les grandes démocraties occidentales de l'Italie et de forcer Mussolini à se rapprocher de l'Allemagne nazie. En effet, Mussolini, d'abord plus que méfiant vis à vis d'Hitler, se heurte à l'opposition de la France et de l'Angleterre. Il change sa diplomatie européenne, abandonne ses vues sur l'Europe danubienne qui devient une « chasse gardée » d'Hitler, l'Italie se voulant héritière de l'Empire romain et donc orientant sa politique vers le bassin méditerranéen. L'« Axe Rome-Berlin » se dessine en 1936. C'est ainsi que Mussolini laisse Hitler annexer l'Autriche (Anschluss, mars 1938) qui fait pourtant de l'Allemagne un voisin inquiétant pour l'Italie. De même, il soutiendra Hitler lors de la conférence de Munich où il feint d'être neutre : Hitler peut ainsi s'emparer de la Tchécoslovaquie. Afin de ne pas être en reste dans une sorte de belliqueuse compétition avec le IIIème Reich, Mussolini annexe l'Albanie (avril 1939). Mais il renâcle à s'engager plus avant aux côtés de l'État nazi : son pays n'est pas prêt à la guerre qu'Hitler a déjà programmée. Aussi n'entre-t-il dans le second conflit mondial que le 10 juin 1940, alors que la bataille contre la France est déjà gagnée par l'Allemagne. Son engagement dans la guerre est un fiasco : il envahit la Grèce 1940 depuis l'Albanie mais son armée est repoussée par les Grecs : Mussolini doit demander de l'aide à l'Allemagne. De même, en Libye, son armée est défaite par les Anglais, précipitant l'Allemagne dans une guerre africaine où elle laissera beaucoup de forces. Peu à peu, l'Italie devient vassale de l'Allemagne nazie.


6. La fin du régime et de Mussolini
En 1943, les Alliés attaquent la Sicile puis le sud de l'Italie, Mussolini est renversé puis emprisonné, mais il est libéré par un commando SS. Il installe la République sociale italienne dite République de Salò dans le nord de l'Italie où il organise une sanglante répression. Alors qu'il tente de fuir en Suisse après la défaite allemande, il est reconnu par des partisans italiens et fusillé avec sa maîtresse Clara Petacci et d'autres hiérarques du régime le 28 avril 1945. Leurs cadavres furent pendus par les pieds, traînés sur la place de Milan et ensuite décapités.


7. Famille
Adepte de l'union libre il exalte la famille traditionnelle n'hésitant pas à sacrifier ses proches.
Mussolini rencontre Ida Dalser au milieu des années 1910 alors qu'il est marié à Rachele avec laquelle il a déjà une fille, Edda. En 1915, elle lui donne un fils, Albino, qu'il accepte de reconnaître. Mais assez rapidement, Mussolini tente de soustraire l'enfant à sa mère. Pour y parvenir il cherche, en pleine guerre contre Vienne, à faire emprisonner Ida Dalser en raison de sa nationalité. En vain. Mais arrivé au pouvoir en 1922, plus rien ne lui résiste. Ida est internée dans un asile d'aliénés dès 1926 où elle meurt onze ans plus tard. À ce moment c'est Albino devenu entre-temps télégraphiste sur des navires au long cours, qui est à son tour interné et y décède en 1942.

Une de ses petites-filles, Alessandra Mussolini, est député européen.




Engelbert Dollfuss

Posté le 18.05.2007 par feobus
Engelbert Dollfuss est Chancelier fédéral de l'Autriche du 20 mai 1932 au 25 juillet 1934, ainsi que dictateur à partir du 4 mars 1933


Né à Texing (Basse-Autriche), le 4 octobre 1892, Engelbert Dollfuss est le fils naturel de Josepha Dollfuss. Issu d'une famille de paysans catholiques très croyants, il envisagea de devenir prêtre. Mais il abandonne ce projet lorsqu'il entre en 1913, à l'université de Vienne où il étudie le droit.

Un courageux combattant
L'année suivante, la Première Guerre mondiale éclate. Dollfuss s'engage dans l'armée mais est réformé à cause de sa petite taille de 1m51 qui lui valut plus tard le surnom de « Millimeternich ». Profondément vexé, il s'engage comme volontaire et, cette fois-ci, est mobilisé. C'est ainsi que Dollfuss part combattre glorieusement les Italiens, gagnant ses galons d'aspirant, puis de lieutenant. En 1918, il est fait prisonnier, mais est rapidement libéré.
La guerre finie, il rentre dans un pays détruit et ruiné.

Un conservateur « agricole »En août 1919, Dollfuss alors doté d'un doctorat en droit, devient secrétaire d'une coopérative agricole.
Une des premières missions qui lui est confiée, est d'inciter à la création de syndicats agricoles. Il voyage ainsi en Allemagne où il fait la rencontre d'une riche paysanne protestante, Alwine Glienke, sa future femme.
Promu en 1922, président de la Caisse d'assurances agricoles, il se lance dans la politique en tant que membre du parti conservateur « social-chrétien ». Ses idées, conservatrices et nationalistes, préconisent un État autoritaire « corporatif et chrétien » où l'indépendance de l'Autriche ne serait pas remise en cause.
Travailleur efficace, Dollfuss est élu en 1927, président de la Chambre d'agriculture de la Basse-Autriche et est nommé en 1931, Ministre de l'agriculture. A la même époque, il fut désigné comme successeur « spirituel » de Mgr Seipel, le chef du parti.

Le nouveau chancelier
Le 20 mai 1932, le Président autrichien Miklas, appelle Dollfuss au poste de chancelier. Cette nomination surgit à un moment critique pour la jeune république autrichienne. Celle-ci, touchée de plein fouet par la crise de 1929, doit aussi faire face aux querelles politiques qui opposent marxistes et chrétiens. Mais Dollfuss est bien décidé à suivre la politique de son prédécesseur Ignaz Seipel. Bien que son parti ne dispose que d'une voix de majorité au parlement, Dollfuss refuse toute coalition avec les sociaux-démocrates.
Décidé à redresser la situation du pays, il se lance, non sans difficulté, au rétablissement de l'équilibre financier, à la stabilisation du Schilling et à la réorganisation du Creditanstalt, une des principales banques autrichiennes.

Un antinazi
Le 30 janvier 1933, Hitler est nommé chancelier. Cet événement marque le début du combat que vont se mener le parti nazi autrichien et Dollfuss ; l'un voulant l'Anschluss, l'autre le combattant fermement. Conscient de la puissance de son adversaire, Dollfuss essaie de trouver rapidement des alliés : à l'extérieur, Mussolini se révèle être un protecteur. Mais à l'intérieur, le chancelier tente vainement de créer un gouvernement de coalition avec les sociaux-démocrates. C'est l'échec. Ces derniers refusent tout compromis et exigent de nouvelles élections. Dollfuss refuse à son tour.
Le parlement lui offre alors l'ultime solution, l'auto-dissolution.

La dictature
Le 4 mars 1933, le président et les deux vice-présidents du parlement démissionnent. Le rêve d'Engelbert Dollfuss se réalise enfin : l'Autriche devient un État autoritaire, corporatif et catholique. Il ne gouverne désormais que par décret ; ce pouvoir dictatorial lui permet de supprimer le droit de grève et de réunion ainsi que les cours d'assises, et d'interdire la presse prolétarienne. Commence alors ce que les historiens ont par la suite appelé l'austrofascisme.
Le 30 mai 1933, le parti communiste est dissout et le 20 juin 1933, le parti nazi interdit. Ses nombreux membres actifs sont arrêtés et placés dans des camps de concentration. La riposte de Berlin ne tarda pas : la radio allemande le discrédita, se servant de son père inconnu pour l'accuser d'être un « demi-juif ».
Il devient la cible à abattre pour les nazis autrichiens.

Une répression sanglante
Dollfuss bien qu'antinazi, n'en est pas moins fasciste. Il fonde une ligue d'extrême droite, le Front Patriotique, futur parti unique.
Les tensions politiques en Autriche s'accentuent de plus en plus. Le 3 octobre 1933, le chancelier Dollfuss échappe de peu à un attentat perpétré par les nazis. Et le 19 janvier 1934, les socialistes, dernier parti légal de l'opposition, appellent à une grève générale et pacifique. Dollfuss réplique en arrêtant plus de 200 sociaux-démocrates, dont la plupart détenaient des postes-clés dans l'administration. Ces derniers restent néanmoins, toujours sur leur position pacifique et essaient de négocier. Mais les ouvriers, exaspérés, déclenchent une guerre civile le 12 février. Les affrontements entre civils armés et forces de police sont un carnage : on décompte environ 1500 à 2000 morts et près de 5000 blessés. Le 16 février l'insurrection est matée et le chancelier interdit le parti socialiste.

Seul au pouvoir
Dollfuss se retrouve seul maître au pouvoir. Mais à quel prix ? Le pays est en partie détruit ; et désormais vu comme un dictateur sanguinaire, il perd petit à petit ses soutiens internationaux. De plus, les socialistes, un des derniers remparts contre le nazisme, sont évincés.


L'échec du coup d'État

Dollfuss essaie un dernier rapprochement avec les sociaux-démocrates le 11 juillet 1934, se débarrassant de son très impopulaire Ministre de l'Intérieur, Emile Fey. Mais rien n'y fait, la situation continue à se dégrader. Son dernier soutien est alors Mussolini, qui au grand regret d'Hitler, ne partage pas les mêmes idées sur l'Autriche.
Le 25 juillet 1934, des nazis autrichiens, déguisés en uniforme militaire, prévoient de prendre en otage le conseil des ministres, le président Miklas, ainsi que les principaux médias du pays. Mais le complot échoue grâce à l'intervention de Fey qui prévient à temps Dollfuss. Celui-ci tente alors de s'enfuir de la chancellerie, mais surpris par les nazis, il est grièvement blessé et meurt dans la journée de ses blessures. Profondément choquée par cet assassinat, l'opinion publique le voit depuis cet événement, comme un héros ayant combattu fermement le nazisme.
Schuschnigg, lui succède à la chancellerie et poursuit son ouvre jusqu'à ce que l'Anschluss mette un terme à cette politique.



Kurt Alois Josef Johann von Schuschnigg

Posté le 18.05.2007 par feobus
Kurt Alois Josef Johann von Schuschnigg (14 décembre 1897 - 18 novembre 1977), Dictateur et Chancelier fédéral d'Autriche du 25 juillet 1934 au 11 mars 1938.


Un aristocrate
Né dans l'ancien empire Austro-Hongrois, le 14 décembre 1897 à Riva del Garda (maintenant en Italie), Kurt von Schuschnigg est issu d'une ancienne famille d'aristocrate catholique autrichienne.

Ce n'est qu'en 1915, après avoir passé son baccalauréat, qu'il s'engage comme volontaire dans l'armée où il devient lieutenant. Il fut fait prisonnier par les Italiens.

Un jeune avocat et politicien
Après la Guerre, il commence des études d'avocat à Innsbruck où il obtient en 1922 un diplôme et ouvre son propre cabinet. En 1926, alors qu'il entre au parti social-chrétien, il rencontre Herma Masera avec laquelle il se marie et eut un fils. L'année suivante, il est élu député à l'âge de trente ans devenant ainsi le plus jeune élu du parlement. En 1930, il fonde le « Ostmärkische Sturmscharen », un groupe politique paramilitaire et catholique.

Un chancelier dictatorial
En 1932, Schuschnigg est nommé Ministre de la Justice puis en 1933, Ministre de l'Instruction publique. Lors de l'auto-dissolution du parlement le 4 mars 1933, il participe activement à l'organisation de la nouvelle dictature. Et le 25 juillet 1934, à la suite de l'assassinat du chancelier Engelbert Dollfuss par les nazis autrichiens, Schuschnigg est appelé à lui succéder. Il garde en même temps, son poste de Ministre de l'Instruction et prend celui des Affaires Etrangères.

Bien décidé à continuer la politique de son prédécesseur, il poursuit les répressions des partis politiques et essaie de stabiliser l'économie du pays. Mais à la différence de Dollfuss, il tente un rapprochement avec l'Allemagne nazi.
En 1935, sa femme décède.

Le traité avec l'Allemagne
En 1936, la situation économique est au plus mal, le chômage augmente de 20%. Cette situation désastreuse rendait ainsi indispensable, aux yeux de Schuschnigg, un traité avec l'Allemagne. Et le 11 juillet 1936, Schuschnigg signe un accord avec Hitler. Ce rapprochement du à l'ambassadeur allemand Von Papen, stipule qu'en échange de la levée de l'embargo et la reconnaissance du statut quo par l'Allemagne, l'Autriche arrêtait toutes persécutions contre les nazis et appelait deux ministres pro-nazi dans son gouvernement.

Un isolement politique
Assuré de l'indépendance de l'Autriche, et manipulé par Von Papen, Schuschnigg laisse s'installer le nazisme dans le pays. Il envisage en 1937, de restaurer la monarchie en faisant revenir l'archiduc Otto de Habsbourg mais doit y renoncer devant les réticences d'Hitler et de Mussolini. D'ailleurs Mussolini, le « grand ami » de l'Autriche, à suite de la création de l'Axe Rome-Berlin, abandonne toute protection qu'il aurait pu accorder précédemment à l'Autriche. Et après la perte de ses soutiens français et anglais, l'Autriche se retrouve totalement isolée.

L'Anschluss
Début 1938, Schuschnigg apprend qu'un attentat pro-nazi se prépare contre lui. Il comprend alors qu'Hitler n'avait jamais eu l'intention de respecter ses engagements, et cherche à tout prix un rapprochement avec les sociaux-démocrates. Trop tard, il est convoqué sans ménagements par le Führer à Berchtesgaden. Ce dernier l'oblige à céder les ministères de l'Intérieur et de la Guerre à des sympathisants nazis, et de libérer tous les prisonniers nazis.

Schuschnigg cherche désespérément une solution, et dans un dernier espoir, annonce le 9 mars un plébiscite sur la question de l'indépendance de l'Autriche. Profondément outré, Hitler exige le 11 mars sa démission, et la nomination à son poste, du ministre de l'Intérieur, Arthur Seyss-Inquart. Le lendemain, le 12 mars 1938, c'est l'Anschluss, l'annexion pure et simple de l'Autriche.

Sept ans en prison
Cet événement lui vaut d'être incarcéré à la prison de Vienne où il est logé comme un invité de marque. Ainsi, il s'installe avec sa nouvelle femme Vera Fugger, comtesse de Czernin, qu'il épouse en prison, en juin 1938. De cet amour naît en prison une fille en 1941.

La même année, lui et toute sa famille sont transférés, avec un traitement spécial, au camp de concentration de Sachsenhausen, puis en 1944 à celui de Dachau. Le 4 mai 1945, aux derniers jours du Reich, un ordre d'exécution est lancé contre lui. Mais il est sauvé in extremis par les Américains, lors de la libération du camp.

Un américain modèle
A sa libération, l'Autriche refuse son rapatriement. Il s'installe alors en Italie où il se met à écrire des articles ainsi que son autobiographie Requiem, publiée en 1946. Il donne de nombreuses conférences aux États-Unis où finalement il s'installe en 1947, dans le Mississippi. Il devient professeur de sciences politiques et de droit international à l'université catholique de St Louis. En 1956, il obtient la nationalité américaine et reçoit par la suite de nombreuses récompenses de petites universités.

Les années 1950 sont aussi pour Schuschnigg, la réconciliation avec son pays. Il peut ainsi de nouveau rentrer en Autriche où il y passe désormais toutes ses vacances. En 1959, sa femme décède.

Et en 1967, après avoir pris sa retraite, il s'installe en Autriche à Innsbruck. Il écrit de nouveau, de nombreux articles et fait un voyage en 1972 en Amérique du Sud. Le 18 novembre 1977, il décède à Mutters, près d'Innsbruck.




Nicolae CEAUSESCU

Posté le 18.05.2007 par feobus
Nicolae Andruta Ceauşescu était un homme d'État roumain, né le 26 janvier 1918 à Scorniceşti, mort le 25 décembre 1989 à Târgovişte.

Il déménagea à Bucarest en 1929 pour y apprendre le métier de cordonnier. La légende veut qu'il ait adhéré au Parti communiste de Roumanie dès 1932 et ait été arrêté l'année suivante pour activités séditieuses au cours d'une grève. Il fut de nouveau arrêté en 1934, après avoir collecté des signatures pour une pétition s'insurgeant contre un procès fait à des cheminots. La fiche de police qui le concerne contiendrait les appréciations suivantes : « dangereux agitateur communiste » et « activiste de la propagande communiste et anti-fasciste ». Après sa libération, il entra dans la clandestinité, avant d'être arrêté une troisième fois en 1936 et condamné à deux ans de prison pour ses activités anti-fascistes, peine qu'il purgea à la prison de Doftana.


En 1939, il fit la connaissance d'Elena Petrescu, qui devait devenir son épouse en 1946 et connaîtrait la même ascension et la même chute finale. Son influence et son rôle grandirent avec les années.

En 1940, nouvelle arrestation et nouvel emprisonnement. En 1943, il fut transféré au camp de concentration de Târgu Jiu, où il fit la connaissance de Gheorghe Gheorghiu-Dej, dont il devint le protégé.

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, alors que pointait la chute de la Roumanie dans l'aire d'influence soviétique, il devint secrétaire de l'Union des jeunesses communistes (1944-1945).

En 1947, après la prise du pouvoir par les communistes et l'abolition de la monarchie, il devint successivement ministre de l'Agriculture puis ministre délégué aux Forces armées sous la férule du dirigeant stalinien Gheorghiu-Dej.

En 1952, quelques mois après que le Parti eût été purgé de sa « faction moscovite », dirigée par Ana Pauker, il fut nommé au Comité central.

En 1954, il fut promu au Bureau politique, et son influence s'accrut jusqu'à faire de lui le « numéro deux » du Parti.

En mars 1965, trois jours après la mort de Gheorghiu-Dej, il fut coopté comme Premier secrétaire du Parti des travailleurs de Roumanie. L'une de ses premières décisions fut de rebaptiser le parti en Parti communiste roumain et de déclarer que son pays, plutôt qu'une « république populaire », serait désormais la « République socialiste de Roumanie ».

En 1967, il consolida sa position en se faisant élire, en supplément, président du Conseil d'État.

Sa popularité dans les milieux de gauche européens était alors assez importante, en raison de sa politique indépendante, qui rejetait le suivisme jusque-là observé à l'égard des dirigeants soviétiques. Tout en restant formellement membre du Pacte de Varsovie, la Roumanie cessa de participer à toutes les opérations militaires de l'alliance, et Ceauşescu alla jusqu'à condamner l'invasion de la Tchécoslovaquie en 1968 par les troupes du Pacte, invasion consécutive au printemps de Prague.

En 1974, Ceauşescu ajouta à sa moisson de titres officiels celui de Président de la République. Il continua à jouer sur la scène internationale un rôle farouchement indépendant de celui du « grand frère » soviétique, donnant par exemple son aval à la participation de la Roumanie aux jeux Olympiques d'été de 1984, qui se déroulèrent à Los Angeles, qui furent boycottés par l'immense majorité des pays du bloc soviétique.

Par ailleurs, la Roumanie fut le premier des pays de l'Est à entretenir des relations officielles avec la Communauté économique européenne : un accord incluant la Roumanie dans le système de préférences généralisées de la Communauté fut signé en 1974 et un autre, sur les produits industriels, en 1980. Cependant, Ceauşescu se refusa à mettre en ouvre la moindre réforme d'inspiration libérale. Suivant en cela la position de son mentor Gheorghiu-Dej, il se tint obstinément à une vision « stalinienne », ce qui explique la politique de distanciation prise avec les dirigeants soviétiques, à mesure qu'avançait la déstalinisation chez le « grand frère » soviétique et nombre de ses « satellites ». Ceauşescu maintint voire accrut la mainmise de la Securitate sur la « liberté de parole » dans les médias, et ne toléra aucune opposition interne, même la plus minime.

En 1971, Ceauşescu se rendit en visite d'État en République populaire de Chine puis en Corée du Nord. Il manifesta un grand intérêt pour l'idée de la « transformation nationale totale » telle que développée dans le programme politique du parti des ouvriers coréens ou telle que l'avait mise en ouvre la Chine durant la Révolution culturelle. Peu après son retour en Roumanie, il commença à imiter la dictature nord-coréenne, influencé par la « philosophie du Juche » du président Kim-Il-sung, faisant traduire en roumain, et largement distribuer dans le pays, divers ouvrages consacrés au Juche.

En 1972, Ceauşescu institua un programme de « systématisation ». Conçu comme une manière de construire une « société socialiste multilatéralement développée », cette ambitieuse politique se traduisit par de nombreux bouleversements dans toute la Roumanie : démolition systématique de nombreux villages, avec déplacement de la population dans des petites structures urbaines, souvent sans même attendre l'achèvement des programmes de construction. La « systématisation » fut la plus visible à Bucarest même, où un bon cinquième de la vieille ville fut rasé pour être reconstruit selon les vues de l'autocrate. De nombreux trésors historiques et bâtiments classés ont ainsi disparu au cours de ces années, par la volonté de Ceauşescu. Personnellement choisi, un Palais du peuple, deuxième bâtiment du monde par sa superficie après le Pentagone, fut ainsi édifié en lieu et place d'un quartier ancien de Bucarest.

Comme Kim-Il-sung, Ceauşescu institua en sa faveur un culte de la personnalité omniprésent, se faisant désigner sous les titres de « Conducator » (chef) et même de « Geniul din Carpati » (Génie des Carpates), ou encore en se faisant fabriquer un sceptre comme s'il était lui-même une personne royale. Ces excès conduisirent le peintre Salvador Dalí à envoyer un télégramme de félicitations au « Conducator ». Le quotidien du parti communiste Scînteia, sans percevoir l'ironie de la démarche du peintre surréaliste, publia le texte du message dans ses colonnes, croyant y voir un témoignage de la gloire universelle du leader roumain. Le népotisme, habituel dans de nombreux régimes autocratiques, fut également une caractéristique du « règne » de Ceauşescu, son épouse Elena étant ainsi promue à des fonctions ministérielles, tandis que d'autres membres de leurs familles respectives se voyaient octroyer de multiples avantages matériels et honorifiques.

Malgré le régime totalitaire, la politique d'indépendance vis-à-vis de l'Union soviétique confortait les intérêts des puissances occidentales. Ceauşescu obtint de nombreux prêts des institutions financières occidentales, prêts censés financer des programmes de développement économique, mais qui ont gravement déséquilibré les finances du pays. Dans les années 1980, Ceauşescu ordonna l'exportation d'une grande partie de la production industrielle et agricole du pays, afin de rembourser ses dettes. Ce qui n'était jusque-là que des pénuries domestiques courantes dans les régimes des pays de l'Est se transforma pour de nombreux Roumains en un combat quotidien pour la survie.

La politique sociale mise en ouvre par Ceauşescu contribua à aggraver une situation relativement précaire. Obnubilé par une volonté d'augmenter l'effectif de la population roumaine, Ceauşescu se lança dans une politique nataliste contraignante, interdisant en 1966 par le décret 770, aussi bien l'avortement que la contraception et imposant de sévères restrictions aux modalités du divorce. La population augmenta en effet, mais au prix de l'abandon de milliers d'enfants par leurs familles incapables de subvenir à leurs besoins et placés dans des orphelinats d'État, mal gérés et où sévissait une mortalité infantile surélévée due aux manque chronique de soins et de médicaments. Ceauşescu se « distingua » également en refusant de reconnaître l'existence de malades du SIDA au sein de la population roumaine, en interdisant les tests de dépistage avant les collectes de sang, et en laissant utiliser, lors de transfusions sanguines faites sur des orphelins, des aiguilles non stérilisées, causant ainsi une forte contamination des enfants orphelins par le virus.

En 1978, le lieutenant général Ion Mihai Pacepa, vétéran de la Securitate (les services secrets roumains), fit défection et se réfugia aux États-Unis, portant un coup sévère au régime, contraignant Ceauşescu à revoir toute l'« architecture » de la Securitate. En 1986, Pacepa devait révéler, dans son livre Red Horizons: Chronicles of a Communist Spy Chief (1), divers détails sur le régime de Ceauşescu, tels sa collaboration avec des terroristes arabes, ses entreprises d'espionnage industriel aux États-Unis et ses efforts constants et élaborés pour obtenir le soutien des pays occidentaux.

(1) publié en France en 1988, sous le titre Horizons rouges (Paris : Presses de la Cité. 323 p.)
Le régime de Ceauşescu s'effondra après avoir ordonné aux forces armées et à la Securitate d'ouvrir le feu sur les manifestants anti-communistes dans la ville de Timişoara le 17 décembre 1989. Les manifestations faisaient suite à la tentative d'expulsion, par le régime, de la rébellion qui se propagea à Bucarest, probablement aiguillonnée par la décision peu opportune de Ceauşescu d'y organiser un rassemblement de masse, censé confirmer le soutien populaire au régime. La manifestation se transforma en démonstration massive de protestation contre le régime. Le 22 décembre, les forces armées fraternisèrent « spontanément » avec les manifestants.

Peu après, selon la version officielle ultérieure, Nicolae et Elena Ceauşescu prirent la fuite du palais présidentiel en hélicoptère, prétendument en prenant en otage son pilote, menacé à l'aide d'une arme à feu. Prétextant que l'appareil aurait été ciblé par les radars anti-aériens, le pilote aurait alors posé son hélicoptère dans la campagne, à proximité des bâtiments d'une ferme. Ce serait ensuivie une fuite erratique du couple présidentiel, au cours de laquelle il aurait notamment été pris en chasse par des citoyens insurgés tentant de les arrêter, avant de parvenir à trouver un répit de courte durée dans une école. Ils auraient finalement été retenus prisonniers pendant plusieurs heures dans une voiture de police, les policiers restant dans l'expectative et écoutant la radio pour deviner dans quel sens le « vent » allait tourner, avant d'être livrés aux forces armées.

Le 25 décembre 1989, à la suite d'un « procès » expéditif rendu par un « tribunal » auto-proclamé (une cour martiale de complaisance), réunie à Târgovişte, Nicolae Ceauşescu et Elena Petrescu, coupables de « génocide », étaient condamnés à mort et aussitôt fusillés dans la cour intérieure du « tribunal ».

De tous les « Pays de l'Est » ayant renversé le régime communiste après la chute du mur de Berlin au cours de l'automne et l'hiver 1989-1990, la Roumanie fut le seul où cette métamorphose se fit dans le sang.

En 1990, Ion Iliescu, dignitaire du régime communiste reconverti dans la démocratie « à l'occidentale », remporta la première élection présidentielle de l'ère post-communiste.

Nicolae Ceauşescu et Elena Petrescu avaient eu deux enfants : une fille, Zoia (née en 1950), et un fils, Nicu (né en 1951). Ils étaient par ailleurs parents adoptifs d'un troisième enfant, Valentin, recueilli avant la naissance des deux autres.



Ion Antonescu

Posté le 18.05.2007 par feobus
Ion Victor Antonescu, né en 1882 et mort en 1946, était un militaire et homme politique de Roumanie.

Il a été successivement chef de la section Opérations du Grand Quartier Général pendant la Première Guerre mondiale, attaché militaire à Londres et Paris, commandant de l'École supérieure de Guerre, chef du Grand état-major et ministre de la Guerre.

Entre septembre 1940 et août 1944, il est premier ministre et conducator (dictateur) de la Roumanie. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il fait le choix de l'alliance avec Hitler et l'Allemagne nazie, ayant envoyé des troupes en Bessarabie, puis en URSS jusqu'à Stalingrad. Il fut arrêté par un coup d'état lorsque la Roumanie, menacée par l'Armée rouge, passa du coté des Alliés.

Le 17 mai 1946, jugé responsable par le Tribunal du Peuple de la mort de plus de 300 000 juifs, il fut exécuté dans sa prison. Antonescu est souvent le centre d'opinions divergentes quand à ses responsabilités dans les cercles militaires roumains, malgré l'image très négative propagée pendant des décennies par le régime communiste d'après-guerre.

Antonescu avait fait carrière dans l'armée. Il se distingua en participant en tant qu'officier à la Deuxième guerre des Balkans puis à la Première Guerre mondiale, et obtint ensuite le grade de général. Il fut attaché militaire en France et en Grande-Bretagne dans les années 1920.

Il fut nommé Premier ministre en septembre 1940 par le roi Carol II, après l'annexion du nord de la Transylvanie par la Hongrie (soutenue par l'Allemagne), et l'annexion de la Bessarabie et de la Bukovine par l'URSS.

Alliance avec Hitler
Il opta pour une alliance avec l'Allemagne avec l'idée de récupérer les territoires cédés aux Soviétiques. Dans un premier temps, il donna une place prépondérante dans le pouvoir à la Garde de Fer, parti fasciste roumain, et promulgua des lois anti-juives. Il exclut toutefois la Garde de fer en janvier 1941, en raison du comportement insurrectionnel de ses membres. La Roumanie devint un vassal du Troisième Reich, préservant ses intérêts stratégiques (approvisionnement en pétrole de la région de Ploiesti et utilisation du territoire comme base d'invasion).

Les troupes roumaines participèrent à l'opération Barbarossa en juin 1941, occupant la région d'Odessa où elles commirent des massacres avec l'aval d'Antonescu. La popularité d'Antonescu s'effondra lorsque les deux armées roumaines engagées sur les flancs des forces allemandes, subirent d'importantes pertes lors de la bataille de Stalingrad. Devant l'avancée de l'Armée rouge, Antonescu fut renvoyé par le roi Michel Ier en août 1944, et arrêté lors d'un coup d'État, alors que les troupes soviétiques menacent d'envahir la Roumanie. L'armistice et le retournement d'alliance sont signés peu après.

Après la Seconde Guerre mondiale, il fut traduit devant un "Tribunal du peuple" par le gouvernement dominé par les communistes, pour avoir soutenu l'invasion nazie de l'URSS et la déportation ou l'exécution de près de 300 000 juifs roumains ou ukrainiens. Il fut fusillé en juin 1946. Avant le tir, il lève son chapeau, ses derniers mots après le tir était selon le rapport officiel de la Securitate de l'époque: "Vous ne m'avez pas tué, messieurs, tirez!".

En 2004, le gouvernement roumain admit la conclusion d'une commission d'enquête menée par Elie Wiesel, faisant état de la responsabilité d'Antonescu dans la mort d'entre 280 000 et 380 000 juifs de Roumanie ou des territoires occupés par son armée, déportés ou assassinés.

On dit souvent qu'Antonescu était un "dictateur fasciste". Même si sur la première partie dela qualification. il n'y a pas de doute, en ce qui concerne son orientation politiqus, bien qu'ayant rangé la Roumanie aux cotés des vassaux du Troisième Reich, son alignement sur le nazisme n'était pas total.

Il a toujours eu une attitude discutable pour les milieux nazis :

Antonescu dit à Hitler qu'il "ne s'intéressait pas aux idéologies, mais seulement aux intérêt de sa patrie, qui sont supérieurs [aux idéologies]".
Sa belle mère, Frida Cuperman, était juive. De même que sa maîtresse Raşela Mendel, avec qui on suppose qu'il voulait se marier.
En Roumanie, il n'y a pas eu de "solution finale" d'extermination des juifs, les juifs qui se trouvait sur le territoire de la Roumanie n'ont pas été massivement envoyés vers des camps de concentration, et de nombreux juifs étrangers ont sauvé leur vie en passant par la Roumanie. D'un autre coté, le sentiment anti-juif dans le gouvernement ne peut pas être nié, avec des expropriations, déportations et exécutions dans les territoires occupées (Bessarabie et Transnistrie)

Joseph Goebbels lui-même rapporte dans son journal personnel: "Antonescu est au gouvernement avec l'aide des maçons et des ennemis de l'Allemagne. Nos minoritées [allemandes en Transylvanie] ont la vie dure. Le Reich a fait un tel effort pour rien." (19 février 1941).
Jusqu'à 1942, Antonescu avait permis et même encouragé l'émigration des juifs vers la Palestine mandataire, avec l'argument que de cette façon le "problème juif" pouvait se résoudre. Cette politique cessa ensuite à cause du refus britannique d'accepter de l'immigration en Palestine de Juifs roumains, et de l'insistance de plus en plus importante de l'Allemagne.

Tito (Josip Broz)

Posté le 18.05.2007 par feobus
Josip Broz, plus connu sous le nom de Tito (Pseudonyme qu'il prit en 1934, alors qu'il était membre du Komintern à Moscou), parfois précédé de la mention de la dignité de maréchal (maréchal Tito), était un homme d'État yougoslave de père croate et de mère slovène, né le 7 mai 1892 à Kumrovec (nord-ouest de la Croatie), mort le 4 mai 1980. Il est parfois nommé, en français, Joseph Tito.

Tito était le septième enfant de Franjo et Marija Broz.

D'abord apprenti, puis ouvrier d'usine, il est mobilisé en 1914 au sein de l'armée austro-Hongroise. Il est fait prisonnier par les russes en 1915, puis lorsque la révolution d'Octobre éclate, il s'engage dans l'armée rouge, avant d'adhérer au parti communiste en 1919. Il devient agent clandestin du parti dans son pays natal (entre 1923 et 1928), activités qui lui valurent d'être emprisonné pendant 5 ans (1928-1934). Après avoir combattu pendant la guerre civile espagnole, au côté des brigades internationales, il revient en Yougoslavie, où il devient le secrétaire général en 1937 du parti communiste de Yougoslavie qu'il a contribué a fonder quelques années plus tôt. Il est notamment le principal artisan de la libération de son pays lors de la Seconde Guerre mondiale, qu'il dirigera jusqu'à sa mort en 1980



Le maréchal Tito.
C'est l'un des principaux représentants du mouvement des pays non-alignés. Suite à la conférence de Bandung en 1955, il participe avec Nehru et Nasser à celle de Brioni en 1956.

Ante Pavelic

Posté le 18.05.2007 par feobus
Ante Pavelic (Bradina, Bosnie-Herzégovine, 14 juillet 1889–Madrid, 28 décembre 1959), fondateur du mouvement nationaliste des oustachis (Ustaše), chef de l'État indépendant de Croatie (Nezavisna Drzava Hrvatska, NDH) pendant la Seconde Guerre mondiale.

Après des études de droit à Zagreb, il s'engage en politique dans le Parti croate du droit, un mouvement nationaliste opposé à la monarchie du Royaume de Yougoslavie et partisan de l'indépendance de la Croatie. Élu conseiller municipal de Zagreb puis député (1927), il est contraint à l'exil en 1929 par l'avènement du roi Alexandre Ier, lequel met en place une dictature pro-serbe.

Pavelic se réfugie d'abord à Vienne, où il prend contact avec des officiers autrichiens anti-yougoslaves. À Rome où il réside ensuite, il fonde un nouveau parti nationaliste, en collaboration avec les membres de la faction dure du Parti croate du droit, exilés comme lui. Ce sera le parti des oustachis (de ustaš, « insurgé, rebelle »). Le groupe a d'abord des activités terroristes : il assassine en 1934 Alexandre Ier, en voyage à Marseille. Soutenu par les mouvements fascistes italiens, il prend de l'ampleur et implante des camps d'entraînement en Hongrie.


État indépendant de Croatie (NDH)

Le 6 avril 1941, la Yougoslavie est envahie par les forces de l'Axe. Pavelic devient le dirigeant de l'État indépendant de Croatie, inféodé de fait à l'Allemagne et à l'Italie, dont il copie les institutions. À l'instar du régime nazi, il pourchasse les Juifs, les Serbes, les communistes et les Tziganes. Son mot d'ordre à l'égard des Serbes est d'en « exterminer un tiers, en chasser un tiers, en convertir un tiers. » Après avoir promulgué des lois anti-juives, Pavelic créé un camp de concentration appelé Jasenovac. L'armée du NDH combat également, avec les forces de l'Axe, contre le mouvements des résistants de Tito (les partisans communistes) et les tchetniks (royalistes).

En 1945, Pavelic s'enfuit et se réfugie d'abord en Autriche, puis à Rome, avant de s'installer en Argentine. L'Église catholique romaine est alors soupçonnée de l'avoir aidé à fuir, en alléguant de la bienveillance du pape Pie XII à son égard. En 1957, il fait l'objet de deux tentatives d'assassinat, probablement commanditées par les services secrets yougoslaves. Découvert, il est forcé une nouvelle fois de fuir pour éviter l'extradition. Il se réfugie en Espagne, où il meurt en 1959, des suites de ses blessures. Il est enterré à Madrid.

Antonio de Oliveira Salazar

Posté le 18.05.2007 par feobus
Antonio de Oliveira Salazar (né le 28 avril 1889 et décédé le 27 juillet 1970) était un économiste et un homme d'État portugais. Il a dirigé le Portugal durant 36 années, de 1932 à 1968, en tant que dictateur.


Salazar commence sa carrière comme enseignant en économie politique à l'Université de Coimbra.

Ses opinions et liaisons à la Jeunesse Catholique le font élire en 1921 pour un bref mandat de député catholique au Parlement.

En 1926, une dictature militaire met fin à la République. Le Portugal vit alors une crise économique et militaire. En 1928, Salazar est nommé au poste de Ministre des Finances. En un an, il procède à un redressement économique spectaculaire.

En 1932 il est nommé Premier Ministre par le président-général António de Fragoso Carmona. Salazar consolide le régime totalitaire. Il introduit une nouvelle constitution qui lui confère les pleins pouvoirs et le contrôle total de l'État: c'est le Estado Novo (État Nouveau).

L'État Nouveau ou le fascisme portugais
C'est un régime politique proche de l'idéologie fasciste de Benito Mussolini, fondé sur le catholicisme et l'anti-communisme.

Dès lors, Salazar maintient son hégémonie grâce au soutien de riches propriétaires, d'industriels, et de banquiers et en supprimant les syndicats, la presse ainsi que toute opposition politique, dissidence ou institution nuisible à cette hégémonie. Il crée le parti unique: l'Union Nationale.

Il introduit en 1933 une police politique secrète, la PVDE (Police de Vigilance et de Défense de l'État) plus tard appelée PIDE (Police Internationale de Défense de l'État) et encore plus tard après sa mort DGS (Direction Générale de Sécurité)

Il réussit à stabiliser les finances grâce à une politique monétaire restrictive.

Durant la Guerre civile espagnole, il aide Francisco Franco à combattre les Républicains.

Seconde Guerre mondiale
Durant la Seconde Guerre mondiale, il réussit à maintenir une neutralité apparente bien que dans un premier temps ses affinités idéologiques lui fassent préférer une victoire des forces de l'Axe allemand. Il signe avec Franco un pacte de neutralité vis à vis du conflit.

Il maintient également des relations commerciales avec les deux forces, ce qui bénéficie à l'industrie portugaise. Il fournit quelques métaux rares au régime nazi et d'un autre côté, il permet aux Alliés d'installer une base militaire dans les Açores pour surveiller l'Atlantique et lutter contre les U-Boots. En 1945, lors de l'annonce de la mort d'Hitler, il fait mettre les drapeaux en berne.

Parallèlement, environ 100 000 juifs se réfugièrent au Portugal pendant la guerre.

Salazar donne des instructions explicites à ses ambassadeurs pour qu'ils limitent la concession de visa aux personnes prétendant fuir la France, quand celle-ci fut envahie par l'Allemagne. Pendant l'été 1940, Aristides de Sousa Mendes, consul portugais à Bordeaux concède des visas en grand nombre et sauve un grand nombre de juifs de l'Holocauste. Salazar le démet de ses fonctions mais après la fin de la guerre, il se félicite publiquement que le Portugal ait sauvé autant de juifs. Aristides de Sousa Mendes, mort en 1954, n'est réhabilité que dans les années 1980 après la Révolution des oillets.

En 1949, le Portugal intégre l'OTAN en raison du fort anti-communisme de Salazar.

Guerre Coloniale
Défenseur d'une politique colonialiste, Salazar souhaite maintenir l'unité territoriale du Portugal continental, insulaire et ultra-marin, alors que le reste des nations européennes décolonisent progressivement l'Afrique. La guerre coloniale ne s'achèvera qu'après la Révolution des oillets.

Il pratique une politique isolationniste sous le slogan « fièrement seuls ». Isolé, le Portugal vit une époque de récession économique et culturelle.

Son pouvoir est à son apogée quand il doit y renoncer en 1968, en raison d'une attaque cérébrale. Pourtant personne n'ose lui annoncer qu'il n'a plus les rênes du pouvoir.

Le professeur Salazar meurt en 1970.

Son successeur désigné est Marcelo Caetano, qui restera au pouvoir jusqu'en 1974, il sera renversé lors de la Révolution des oillets

Joseph Staline

Posté le 18.05.2007 par feobus
D'abord surnommé Sosso (fade) pendant son enfance. Aussi appelé Koba (d'après un héros populaire géorgien). Le nom Staline a été le sien durant les années de clandestinité, il provient du mot russe ????? (stal) qui signifie acier.

Son personnage et son action sont encore source de vives voire violentes polémiques. Son souvenir est néanmoins associé à la victoire militaire de l'URSS contre l'Allemagne nazie dont Churchill dit à la fin de la guerre : « nous avons tué le mauvais cochon (wrong pig) », thème repris par Orwell. Il continua le système mis en place sous Lénine.

Né à Gori, en Géorgie le 18 décembre 1878 (d'après notamment son certificat de naissance : le 6 décembre 1878 en calendrier julien) ou le 21 décembre 1879 (date qui est apparue après sa prise du pouvoir) de mère couturière et de père savetier, son caractère difficile serait selon certains la conséquence du tempérament oppressif de son père Vissarion, créant en lui un désir de rébellion, encore absent à l'époque de l'enfance. Sa mère, fervente orthodoxe, le pousse vers la prêtrise, et tente par tous les moyens de financer ses études qu'il poursuit jusqu'en 1898 avec succès. Après la réussite de ses examens, Iossif (Joseph) Vissarionovich entre au séminaire de Tbilissi (Tiflis) et y reste jusqu'à vingt ans.

Au Séminaire, il suit divers cours, dont lectures des textes saints, religion, droit, etc. Iossif (Joseph) Vissarionovich n'entre pas encore en contact avec le marxisme. Ce n'est qu'en 1899 qu'il commence à se montrer rebelle à l'autorité du Séminaire. Mais son attitude ne peut encore être qualifiée de révolutionnaire. Après avoir reçu plusieurs corrections pour lecture de livres interdits et malgré les faveurs que lui accorde le recteur du Séminaire, il est expulsé en 1899 pour absence à l'examen de lectures bibliques ; l'expérience au Séminaire marqua le futur dirigeant soviétique jusqu'à la fin de sa vie, comme par exemple, dans un texte de 1905, paru dans la Proletariats Brdzola, où il écrit :

« Ce serait profaner ce qu'il y a de plus sacré dans le parti que de donner à un bavard le nom de membre du parti, c'est-à-dire de dirigeant de l'armée des prolétaires. Le Parti, par l'entremise du Comité Central conduit dignement en avant cette armée sacrée. »

Iossif (Joseph) Vissarionovich commence alors sa carrière de révolutionnaire, de manière clandestine, sous le surnom de Koba (Ours). Il se fait arrêter à de nombreuses reprises comme braqueur de banques pour financer le Parti avant d'être déporté plusieurs fois en Sibérie. Il s'évade en 1904 et adhère à la faction bolchévique du P.O.S.D.R.. C'est à cette époque qu'il rencontre pour la première fois Lénine. Il en fit un récit naïf en 1924, une semaine après la mort de ce dernier :

« Lorsque je le comparais aux autres dirigeants de notre Parti, il me semble toujours que les compagnons de lutte de Lénine -Plekhanov, Martov, Axelrod et d'autres encore- étaient moins grands que lui d'une tête ; que Lénine comparé à eux, n'était pas simplement un des dirigeants, mais un dirigeant de type supérieur, un aigle des montagnes, sans peur dans la lutte et menant hardiment le Parti en avant, dans les chemins inexplorés du mouvement révolutionnaire russe. [.] »

L'accession au pouvoir


Staline en exil, 1915
Après la chute du régime tsariste lors de la Révolution de février 1917, Staline, à peine de retour d'une longue déportation en Sibérie, prend en main la direction du Parti à Pétrograd. Il prône alors la politique du « soutien critique » au gouvernement provisoire réformiste bourgeois d'Alexandre Kerensky. Néanmoins, dès le retour d'exil de Lénine, il se rangea très rapidement aux Thèses d'Avril. Celles-ci avançaient l'idée que la tâche des bolcheviks était de préparer la révolution socialiste, seule à même, selon Lénine, de donner le pouvoir au peuple et d'arrêter la guerre.

Staline, d'origine géorgienne, est nommé Commissaire aux Nationalités dans la nouvelle administration. Il en gravit les échelons et devient Secrétaire général du parti le 3 avril 1922, poste qu'il transforma rapidement en poste le plus important du pays.

Le stalinisme



L'accès au pouvoir suprême
Comme Léon Trotski, Staline se réclame à la fois du marxisme et du léninisme. Dans les années 1920, Staline s'empare progressivement du pouvoir en excluant du Parti ceux qui s'opposent à lui et en éliminant - politiquement, puis physiquement - ses éventuels rivaux. En 1926, il est à la tête de l'URSS et du Komintern (IIIe Internationale rassemblant l'ensemble des partis léninistes). En 1928, il expulse Trotski de l'URSS qui s'exile et trouvera asile au Mexique.

La suite de la dictature
Staline a continué l'oeuvre enteprise par Lénine, tout en durcissant la dictature déjà existante. Staline met fin au timide libéralisme économique entamé en 1922 par Lénine sous le nom de Nouvelle politique économique (NEP). Commence alors une politique de nationalisation systématique ; on envoie les opposants politiques (y compris léninistes) dans des camps de travail : les goulags. Staline théorise sa politique sous le nom de marxisme-léninisme : socialisme dans un seul pays, centralisme démocratique à l'intérieur du Parti, priorité accordée à l'accumulation du capital, au développement des moyens de production et à l'industrie lourde.

En 1928, Staline crée le Gosplan, un organisme d'état rigide chargé de veiller au bon fonctionnement d'une politique économique basée sur le système de rendements quinquennaux (plan quinquennal, le premier : 1928-1933) Un tournant réactionnaire est également effectué dans le domaine des mours : interdiction de l'avortement (qui était aussi interdit dans tous les autres pays), rétablissement des peines de prison contre les homosexuels (ce qui était également pratiqué dans quelques pays occidentaux), culte de la « famille socialiste ». Enfin, dès 1934, Staline ramène l'âge limite pour la condamnation à mort à 12 ans. Certains marxistes se réclamant de Lénine s'opposent alors au marxisme-léninisme de Staline : les trotskistes dénoncent la dictature à l'intérieur du Parti, les bordiguistes dénoncent la politique économique de Staline comme une forme de capitalisme d'État. Voir Procès de Moscou. En 1938, Trotski fonde la IVe Internationale rassemblant tous les partis trotskistes. Il est assassiné par Ramon Mercader, un agent de Staline, en 1940 au Mexique.

Il lit assiduement Dostoïevski, mais l'interdit sous prétexte qu'il était mauvais pour la jeunesse.

La Seconde Guerre mondiale
Staline décide préalablement d'agresser la Finlande, mais ses armées échouent à prendre ce pays. Après les accords de Munich entre la France, l'Allemagne nazie et le Royaume-Uni qui ont mis fin à l'indépendance de Tchécoslovaquie, Staline cherche à protéger son pays, en août 1939, il signe avec Hitler le pacte germano-soviétique alors qu'il avait essayé depuis le milieu des années 1930 de se rapprocher de la France et du Royaume-Uni. L'URSS envahissant la Pologne avec l'Allemagne en 1939. Ce pacte prend fin en juin 1941 avec l'invasion de l'URSS par la Wehrmacht. Staline est tout d'abord prostré et demeure sans réaction face à l'agression nazie, il faut dire que les purges de l'avant-guerre, en particulier en 1937, ont littéralement décapité l'Armée rouge, puisque la quasi-totalité des généraux et maréchaux ont été éliminés. De plus, Staline a refusé les rapports qui le prévenaient depuis de longs mois de l'imminence de l'invasion, allant même jusqu'à faire liquider ceux qui s'en font écho avec trop de véhémence car il pensait que l'année était trop avancée pour que Hitler commette l'erreur de Napoléon. Les nazis ont failli réussir car Staline laisse encercler de grandes armées et il n'est sauvé que par les victoires sur les Japonais qui rendent disponible les troupes d'élites sibériennes au moment crucial de l'hiver 1941.

L'après-guerre
Les pays d'Europe de l'Est traversés sont placés sous le contrôle de l'Armée rouge et y restent après la Conférence de Yalta. Staline leur impose le modèle soviétique, notamment par le coup de Prague en 1948 et des gouvernements fantoches. Il crée en 1947 le Kominform, une nouvelle Internationale dirigée par le PCUS (Parti Communiste d'Union des républiques socialistes soviétiques) et rassemblant quelques partis communistes européens. En Asie, la politique stalinienne de l'après-guerre suit un cours sinueux : soutien au sionisme entre 1946 et 1950, accueil très réservé fait à la révolution chinoise, politique prudente en Corée.

Le « legs politique »Staline meurt en mars 1953 d'une hémorragie cérébrale. Après une longue période de flottement, qui se soldera entre autres par l'exécution du chef du KGB, Lavrenti Beria, Nikita Khrouchtchev arrive à la tête du pays. En 1956, l'URSS rompt officiellement avec le stalinisme au cours du XXe congrès du Parti communiste d'Union soviétique. Par la suite, seules la République populaire de Chine de Mao Zedong et l'Albanie de Enver Hodja continuent à se réclamer ouvertement de Staline, et jusqu'à la mort de Mao Zedong en 1976. Même aujourd'hui (2005), la critique de Staline n'est pas à l'ordre du jour en Chine populaire.

Aujourd'hui, sur le plan international, plusieurs partis communistes : PC de Grèce (KKE), divers PC de Russie : Parti communiste bolchevik de Nina Andreeva, Russie laborieuse de Viktor Anpilov, Parti communiste ouvrier de Russie de Viktor Tioulkine, Union des PC russe/biélorusse de Chénine, Parti du travail de Belgique, entre autres ont réévalué hautement l'ouvre et les mérites de Staline. D'autres groupes maoïstes continuent à se réclamer plus ou moins directement de Staline : guérilla népalaise, Sentier Lumineux au Pérou, ou en France l'URCF (Union des révolutionnaires communistes de France). En Russie, le culte de Staline n'est pas exclusivement le fait de nostalgiques du régime. Il est également propagé par des milieux ultra-nationalistes qui considèrent que le mérite essentiel de Staline a été de créer un État fort incarnant le destin de la nation russe. Ce culte est généralement associé à l'antisémitisme. La plupart des staliniens considèrent que ce sont des Juifs qui ont incarné les tendances les plus internationalistes du marxisme (Trotsky, Rosa Luxemburg, Zinoviev, Kamenev, etc.) - il faut d'ailleurs préciser que Karl Marx était lui-même juif...

Bilan des assassinats de masse et déportations commis sous Staline
1922-1953 : déportation continue de centaines de milliers d'opposants réels ou supposés, emprisonnements arbitraires, interdiction de toute contestation de la personne de Staline.
1930-1932 : déportation de deux millions de koulaks (paysans aisés) dans les goulags.
1932-1933 : Staline accule selon certains auteurs délibérément les Ukrainiens à la famine : entre 4,5 et 7 millions de morts. Cependant, cela peut être discutable dans la mesure où les exportations soviétiques en 1932 et 1933 étaient inférieures à deux millions de tonnes, soit moins que la moyenne des années précédentes et suivantes. Selon certains chercheurs (ex : Tauger ou Wheatcroft) la famine est due à une très mauvaise récolte en 1932 et à l'abandon partiel des populations par le régime. La famine était probablement évitable mais peut-être pas organisée.
1937-1938 : la Grande Purge élimine 690 000 personnes.
printemps 1940 : massacre de Katyn (élimination de près de 22 000 prisonniers de guerre polonais)
1944 : déportation de l'ensemble du peuple tchétchène, soit 400 000 personnes, en Sibérie orientale
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