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28.03.2007
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Les ditecteurs Europeens

Miguel Primo de Rivera

Posté le 18.05.2007 par feobus
Primo de Rivera y Orbaneja est un général et un homme politique espagnol, né à (Séville, le 8 janvier 1870 , et décède en exil à Paris, le 16 mars 1930). Il dirige le pays de 1923 à 1930 sous un régime d'inspiration dictatoriale.

Enfance et formation
Issu d'une des grande familles de propriétaires terriens d'Andalousie, il compte dans son ascendance des militaires illustres dont son oncle Fernando Primo de Rivera, héros de la dernière guerre carliste gouverneur des Philippines et plusieurs fois ministre de la guerre. Miguel est enrôlé dès ses 14 ans et passe la majeure partie de sa carrière dans des destinations coloniales (Maroc, Cuba, Philippines). Ceci lui permet de monter rapidement en grade : dès 1912, il est général.

Après 1919 il revient dans la péninsule ibérique et se trouve au contact des problèmes sociaux et politiques de l'époque. Il est capitaine général de Valence, de Madrid et de Barcelone. C'est à ce dernier poste, occupé en 1922 qu'il se voit confronté à de graves problèmes d'ordre public. En effet, il doit lutter contre les milices patronales, les milices anarchistes, les vélléités autonomistes catalanes et composer avec un système politique en déliquescence.

La dictature (1923 - 1930)


Primo de Rivera

L'Espagne s'étant tenue à l'écart de la Guerre Mondiale, cela lui valut de s'enrichir et de se développer. Mais elle subit un échec militaire en Juillet 1921,à Anouar dans le Rif, avec l'insurrection du chef Abd-el-Krim. Cette humiliation entraînera le général de Catalogne à concrétiser ses idéaux militaristes, nationalistes et autoritaires en lançant avec succès un coup d'État le 13 septembre 1923. Il lance un pronunciamento et trouve facilement des soutiens. La constitution espagnole de 1876 est suspendue, le Parlement dissous et la dictature instaurée. Au départ, le dictateur a le soutien du Roi(Alphonse XIII, résigné, l'appelle à former le gouvernement et lui donne les pleins pouvoirs) et d'une bonne partie de l'opinion : personne ne défend le régime précédent.

Sur le plan militaire, après avoir signé une alliance avec l'armée française, il obtient la reddition Abd el-Krim (1925-1926), ce succès dans la guerre au Maroc lui ont valu un grand prestige. S'inspirant du fascisme italien, il organise un parti unique, l'Union patriotique, et crée une Assemblée nationale suprême, formée d'hommes dévoués, n'ayant qu'un rôle consultatif.

Si les efforts de redressement économique et social donnent au début quelques résultats, le corporatisme social,lui, n'en donne guère, en dépit de quelques initiatives originales comme les comités paritaires d'arbitrage des conflits sociaux, auxquels des socialistes comme Francisco Largo Caballero consentent à participer. Dès 1927, l'opposition devient vive dans les milieux d'affaires, et les provinces se montrent rebelles aux tendances centralisatrices du régime. De plus, le dictateur souffre d'un diabète qui l'affaiblit de plus en plus.

Sous la pression du Roi et devant la disparition du soutien de l'armée à son encontre, Primo de Rivera se retire en janvier 1930 et s'exile à Paris où il meurt deux mois plus tard.

Son fils José Antonio Primo de Rivera a fondé la Phalange espagnole.




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Général Franco

Posté le 18.05.2007 par feobus
Francisco Paulino Hermenegildo Teódulo Franco y Bahamonde Salgado Pardo de Andrade, plus couramment appelé général Franco (né le 4 décembre 1892 à Ferrol (Galice) en Espagne, décédé le 20 novembre 1975 à Madrid en Espagne) était un militaire et le chef de l'État espagnol de 1939 à 1975, présidant un gouvernement autoritaire et dictatorial avec le titre de Caudillo (guide) : « Generalísimo Francisco Franco, caudillo de España por la gracia de Dios ».

Jeunesse et formation
Franco naît à Ferrol, un port de Galice. Véritable ghetto militaire, Ferrol est un milieu fortement marqué par la tradition militaire et le dévouement à l'État, où la famille Franco vit depuis sept générations. Son père, Nicolás Franco Salgado-Araujo, est intendant général de la Marine. Coureur de jupons, il n'est pas à l'aise dans le milieu très conservateur de Ferrol. Sa mère, Pilar Bahamonde y Pardo de Andrade, est une femme très pieuse, très attachée à ses enfants. Francisco est baptisé dans la paroisse San Francisco du quartier des officiers le 17 décembre 1892.

Surnommé Paquito par ses camarades à cause de sa petite taille, il est d'abord envoyé dans une école privée, puis passe deux ans au collège du Sacré-Cour, avant d'entrer à l'École de préparation navale. Élève moyen, il se destine naturellement à la marine, comme sa tradition familiale l'y incite et comme tous les enfants de Ferrol. La fermeture de l'École navale de Ferrol en 1907 le contraint à chercher une autre voie. Le 29 août 1907, il entre alors à l'Académie d'infanterie de Tolède. La même année, son père est promu à Madrid, lassé du milieu militaire fermé du Ferrol. Ses relations avec sa femme s'étant dégradées, il insiste pour que sa famille ne le suive pas. On apprend peu après qu'il a une maîtresse en ville : la séparation est alors définitive.

L'Académie de Tolède est de niveau médiocre : son concours d'entrée consiste en un examen de la maîtrise des quatre opérations arithmétiques et une vérification rapide de la constitution physique. Ses cours sont également assez sommaires. En 1910, Franco en sort 251e sur 312. Ces maigres performances doivent cependant être relativisée au regard de son jeune âge : il n'a que 18 ans alors que ses camarades sont plutôt âgés de 20 ou 21 ans. Le 13 juillet, il est promu segundo teniente, c'est-à-dire sous-lieutenant.

Carrière militaire
Une fois sa formation achevée, Franco est affecté à la garnison du Ferrol. Il y mène une vie de garnison, terne et monotone. Dès février 1912, il doit partir pour le Maroc, dans le 8e Régiment d'Afrique.

Au Maroc
Le 19 mars 1912, il essuie le premier feu ennemi. Déterminé à sortir de l'anonymat, il demande en 1913 à être affecté au régiment des réguliers indigènes, réputé pour sa bravoure mais aussi pour sa loyauté incertaine. Il participe à de nombreuses opérations et le 12 octobre, obtient la croix du mérite militaire, première classe. Dès le mois de mars 1915, il est promu capitaine. Peu à peu sa légende prend forme : les Maures le pensent invulnérable.

Cette réputation prend fin en mars 1915 : il est très grièvement blessé au ventre, au cours d'une attaque contre le fort d'El-Biutz. Il est alors promu commandant, malgré l'avis défavorable du Haut Conseil militaire. Alphonse XIII a en effet intercédé en sa faveur, à sa demande. Il reçoit le commandement d'un bataillon d'infanterie cantonné à Oviedo, aux Asturies. Franco y découvre pour la première fois le prolétariat, les ouvriers-mineurs, dont les conditions de vie sont misérables. Cette expérience marquera beaucoup ses opinions sociales. Au cours de l'été 1917, le général Burguete, gouverneur militaire de la province, décrète l'état de guerre en réponses à de violentes grèves dans les mines. Franco assiste alors à la répression.

À la Légion
En 1919, Franco rencontre le lieutenant-colonel José Millan-Astray, dont l'ambition est de créer une unité militaire d'élite selon le modèle français de la Légion étrangère. En 1920, son projet est accepté. Millan-Astray offre à Franco le commandement de la 1e bandera (bataillon), lequel part cantonner à Ceuta en octobre. Franco impose à ses légionnaires un entraînement très strict. Parallèlement, il se montre impitoyable face aux révoltes indigènes. Après le désastre d'Anual en 1921, il autorise ses hommes à appliquer la loi du talion : les légionnaires mutilent, pillent, violent et tuent à leur tour. Suite à ce désastre, il est appelé à Melilla pour reconquérir le terrain face à Abd el-Krim.

En janvier 1922 il est de nouveau affecté à Oviedo. Il reçoit la médaille militaire et est nommé lieutenant-colonel. Il profite de sa gloire nouvelle pour demander en mariage Carmen Polo Martinès-Valdès, jeune fille de la bonne bourgeoisie, rencontrée lors de sa première affectation en 1917. Le mariage est reporté suite au décès du commandant de la Légion : Franco le remplace, sur recommandation du roi. Il se marie finalement le 22 octobre 1923.
C'est à partir de cette année 1923 que l'on commence d'ailleurs à employer le terme de "caudillo" (chef de guerre lors du Moyen Age espagnol) pour désigner Franco.

Le 13 septembre 1923, Miguel Primo de Rivera a instauré un régime dictatorial par un coup d'État . Face aux difficultés rencontrées au Maroc, il songe à un retrait. Pendant les mois de novembre et décembre 1924, Franco doit effectivement superviser l'évacuation de Xanten. Sa bonne conduite le fait nommer colonel. Peu après, Abd el-Krim s'attaque à des populations françaises. En réponse, la France s'allie à l'Espagne. Primo de Rivera approuve un plan de débarquement à Alhucemas. C'est un succès : Franco est élevé au rang de général de brigade en février 1926, ce qui fait de lui le plus jeune général d'Europe - il n'a alors que 33 ans. Quelques mois plus tard naît la fille de Franco, Maria del Carmen, surnommée Nenuca. Les honneurs se succèdent pour lui ; en 1927, il est même chargé d'accompagner le roi dans son voyage officiel en Afrique.

L'Académie militaire de Saragosse
Le 4 janvier 1928, Primo de Rivera recrée l'Académie générale de Saragosse. Cette fois, il en fait un passage obligé pour tous les futurs officiers, et nomme Franco à sa tête. Ce dernier surveille étroitement d'abord les travaux de construction des bâtiments puis, s'inspirant de son expérience tolédane, rédige lui-même le règlement intérieur de l'Académie. Il impose ainsi des chambrées de trois cadets « pour éviter les mariages. »

Suivant leur appréciation du personnage lui-même, les historiens jugent de manière variable le travail de Franco à l'Académie. Il est certain que la nouvelle école militaire est meilleure que l'ancienne, ne serait-ce qu'en raison de l'élévation du niveau de recrutement (baccalauréat élémentaire). Franco impose l'anonymat des copies au concours d'entrée, diminue le nombre d'élèves par professeur, installe de nombreuses douches, interdit le bizutage et fait même distribuer des préservatifs aux étudiants. Il sait se faire respecter, voire apprécier : 90 % des 720 officiers formés par l'Académie rejoignent ensuite le camp franquiste pendant la guerre civile.

En juillet 1931, la Seconde République supprime par décret l'école. Comme l'ensemble du corps enseignant, Franco est placé en disponibilité forcée et surveillé. Pour Franco, qui s'était totalement impliqué dans la création de l'Académie, c'est là un mauvais coup qu'il prend très mal. Le 14 juillet il exprime son mécontentement publiquement, en prenant congé de la dernière promotion de cadets :

« La discipline ne confère aucun mérite lorsqu'un ordre nous est agréable. La discipline revêt sa vraie valeur lorsque nos pensées nous conseillent le contraire de ce qu'il nous est ordonné, lorsque notre coeur cherche à susciter une rébellion intérieure, ou lorsqu'un ordre est arbitraire ou erroné. Telle est la discipline que nous observons. »

Franco essayera dès le lendemain de se disculper auprès d'Azaña, qui voudra bien se contenter de ces explications et éviter l'affrontement public. Il lui adressera seulement un avertissement discret par une lettre lui exprimant son « déplaisir ». Malgré la modération du propos, il est clair qu'il ne sous-estime pas la personnalité du général. Il note dans son journal qu'il est « le plus dangereux des généraux », mais il ne veut pas élargir le fossé qu'il vient de creuser entre les militaires et lui. Malgré tout, il ne participera pas à la Sanjurjada, tentative de coup d'État du général Sanjurjo en août 1932. Ayant suffisamment satisfait aux enquêtes de la république, il est affecté à La Corogne comme commandant de la XVe Brigade d'infanterie, en février 1932. Franco gardera à Manuel Azaña, chef du gouvernement, une rancune tenace de cette période de quarantaine.

Franco face à la «sanjurjada»
Le soulèvent de la garnison de Séville le 10 août 1932, dirigé par le général Sanjurjo, bute contre la grève général déclenchée par la CNT et le Parti communiste de Séville et à Madrid, Sanjurjo est arrêté, condamné à mort; les autres conjurés, le général Goded, le colonel Varela, sont emprisonnés, puis Sanjurjo est gracié et sa peine commuée en détention à vie. Le gouvernement républicain ne veut pas faire de martyrs.

Franco, dont on imagine mal qu'il ne soit pas tenu informé de ce que les Espagnols nomment la « sanjurjada », a eu pendent toute la préparation du complot de fréquents contacts avec Sanjurjo. Il entretenait avec ce militaire des liens d'amitié noués en Afrique, mais semble dès le départ avoir pris ses distances. Il racontera plus tard que le hasard lui avait fourni un alibi de poids: il avait pensé s'éloigner de la Corogne le jour du coup d'état pour une promenade de plaisir dans la région, mais l'officier qui étant censé le remplacer étant tombé malade, il dû y renoncer. Azaña qui avait appelé la région militaire au téléphone pour vérifier sa présence, avait eu le soulagement de le trouver à son poste. De toute façon à aucun moment il n'a adhéré ni n'a approuvé de sympathie pour ce putsch. Lorsque Sanjurjo lui demande d'assurer sa défense, aprés son arrestation, il a ce mot très dur:

«Je ne vous défendrait pas. Vous méritez la peine de mort, non pas parce que vous vous êtes soulevé, mais parce que vous avez échoué. »

Il n'est pas homme à se lancer dans des aventures incertaines, ni à les approuver, mais n'en continue pas moins à lui rendre régulièrement visite à la prison où il est interné: il n'est pas homme non plus à faillir à la loyauté qu'il croit devoir à sa caste.

La guerre civile
Dans le climat révolutionnaire qui règne en Espagne, Franco est observé de tous les côtés. Il paraît l'un des militaires les plus susceptibles de prendre la tête d'un soulèvement armé. Pour cette raison, il est nommé gouverneur militaire aux îles Canaries. En fait, Franco est alors peu convaincu par l'opportunité d'un coup d'État. C'est sous la IIe République qu'il a atteint l'apogée de sa carrière. Bien que monarchiste d'éducation, il se satisfait d'une république bourgeoise, conservatrice et maintenant l'ordre. Il est peu enclin à risquer sa carrière dans une aventure mal préparée.

De fait, Franco n'est ni l'inspirateur, ni l'organisateur de la tentative de coup d'État de 1936 contre le gouvernement en place, alors mené par le Frente Popular : c'est Emilio Mola. Certes, il est au courant depuis le début des activités des conjurés, mais il attend le 13 juillet, date de l'assassinat du chef monarchiste, José Calvo Sotelo, pour les rejoindre.
Franco se voit attribuer l'armée du Maroc, forte de 30 000 hommes aguerris, véritable fer de lance du complot. La mort accidentelle de Sanjurjo, chef historique de l'opposition monarchiste, et les échecs des généraux Goded et Fanjul à Barcelone et Madrid propulsent Franco sur le devant de la scène.

Le pronunciamento échoue par manque d'adhésion de l'armée : sur 21 généraux de division, seuls 4 se rallient au soulèvement. C'est à ce moment que les milices ouvrières, qui ne croient pas en les capacités du gouvernement à faire face, entrent sur scène. Elles font régner la terreur à Madrid et Barcelone, provoquant ainsi l'exil de nombreux intellectuels, comme José Ortega y Gasset. Le conflit se transforme alors en une guerre civile.

Franco se décide alors à acheter 12 avions italiens, payés par son ami le banquier Joan March, ainsi que des Junkers allemands, afin d'établir un pont aérien reliant le Maroc à Séville. Au mois d'août, il lance un convoi naval à partir de Ceuta, forçant ainsi le blocus établi par la République. Encore une fois, il est servi par la division de ses adversaires : désorganisée par les mutineries socialistes et anarchistes au sein des équipages, la flotte gouvernementale ne peut arrêter le convoi de Franco. Il réussit ainsi à transporter 23 400 hommes.

Jusqu'alors, Franco reste neutre sur la nature du régime qu'il entend donner à l'Espagne. Sa déclaration du 21 juillet 1936 s'achève même par « vive l'Espagne et vive la République » : le Mouvement est dirigé contre le Front populaire, et non la République à proprement parler. Lors de la création de la « Junte de défense nationale », le 23 juillet, on ne relève également aucune indication sur le régime souhaité, ni aucune connotation religieuse.

Très vite, les atrocités surviennent. Le 1er août, Franco confie à Juan Yagüe trois colonnes, chargées d'effectuer la jonction avec l'armée du Nord, en passant par l'Estrémadure. Yagüe est un ancien camarade de l'Académie de Tolède. Le 14 août, il s'empare de Badajoz, où il fait fusiller 2 000 prisonniers de guerre. Alors que la presse internationale se scandalise, Franco félicite Yagüe, lequel menace Madrid en septembre. Parallèlement, le cabinet Giral chute, remplacé par celui de Largo Caballero.

Alors que la guerre civile paraît devoir prendre fin rapidement, Franco décide, à l'étonnement général, de suspendre la marche sur Madrid. Il détourne l'armée d'Afrique pour porter secours aux défenseurs face au siège de l'Alcazar. De ce fait, il sacrifie un objectif militaire au profit d'un geste politique. La légende des cadets de l'Alcazar constituera l'un des éléments de la mythologie franquiste. On a pu également suggérer qu'il était de l'intérêt de Franco de faire durer la guerre, afin de mieux « nettoyer » le terrain. Il est ainsi avéré que Franco a refusé toute médiation durant la guerre, même celles émanant du Saint-Siège.

Le 21 septembre, la Junte de défense se réunit, et Franco est nommé général en chef. Le 28, la fonction de chef de l'État lui est adjointe par décret. Le 1er octobre, à Burgos, il est investi des pleins pouvoirs. L'évêque de Salamanque compare le Mouvement à une croisade, introduisant ainsi un motif religieux jusque là absent.

Durant ce mois, les grandes puissances européennes, malgré les accords de non-intervention, s'engagent dans la guerre civile. L'URSS par ses chars (peu nombreux) et les Brigades internationales (2 000 hommes au début) appuient le Front populaire et ses défenseurs - CNT et FAI (anarchiste), POUM (marxiste), PC (staliniste), UGT (socialiste). En face, l'Allemagne nazie et l'Italie fasciste se rangent dans le camp de l'insurrection militaire en envoyant d'important contingents d'hommes et de matériels. Le 26 avril 1937, jour de marché, une centaine d'avions de la légion Condor (Luftwaffe) procède au bombardement de la ville basque de Guernica, sans motif militaire autre que celui de terroriser une population acquise au gouvernement républicain. C'est la première fois qu'une ville européenne est soumise à un tel traitement. Sur les 7 000 habitants, 1 645 sont tués et 889 blessés, selon les chiffres du Gouvernement basque.

Le 3 juin, Mola était mort dans un accident, laissant ainsi Franco sans rival. À la tête de l'armée, avec le titre de généralissime, il prend peu à peu le contrôle de l'Espagne. Un manque chronique d'effectifs le pousse à enrôler de force dans les régions qu'il contrôle. On compte également de nombreux engagements volontaires, 60 000 par exemple pour les Canaries. Il recrute également des alfereces (sous-lieutenants) provisoires : il s'agit d'étudiants ou de jeunes cadres bénéficiant d'une formation militaire accélérée. 30 000 sont ainsi recrutés pendant la Guerre civile. Sur ce chiffre, un tiers demeurera dans l'armée, le reste constituant les futurs cadres du régime franquiste.

La guerre civile se termine en avril 1939, après la bataille de l'Ebre (de juillet-octobre 1938), qui sonne le glas des espoirs républicains, et la conquête de la Catalogne. Franco se retrouve seul maître de l'Espagne et il devient officiellement "Chef de l'état". Il impose alors une dictature empirique sur les principes du national-catholicisme. Les démocraties ne tardent guère d'ailleurs à reconnaitre le nouveau régime et la France envoie le Maréchal Pétain comme premier ambassadeur dès le défilé de la victoire à Madrid.

A la fin de la guerre civile, on dénombre plus de 150 000 soldats morts durant les combats (autant de civils). Plus de 440 000 républicains espagnols se sont réfugiés en France (comptabilisés au 9 mars 1939) puis encore des dizaines de milliers d'autres les rejoignent contraints à l'exil pour échapper à la terrible répression qui s'abat alors sur l'Espagne (plus de 30 000 exécutions sommaires). Des estimations récentes donnent le chiffre de plus de 200 000 personnes fusillées ou mortes suites aux mauvais traitement dans les prisons franquistes et le camp de concentration de Miranda après 1939.

Conscient de son inexpérience en matière politique, Franco s'appuya sur son beau-frère, Ramón Serrano Súñer, la Phalange et l'Église catholique, ralliée à son camp après les massacres anticléricaux de 1936, sans oublier les monarchistes (carlistes, conservateurs et autres).

La dictature de Franco


Franco sur timbre (années 1940-1950)
Durant la Seconde Guerre mondiale, l'Espagne reste officiellement neutre mais soutient l'Allemagne au début de la guerre: en juin 1941, Franco envoie une division sur le front de l'Est contre l'Union Soviétique (cette unité appelée la "Division Azul", ou Division Bleue, qui combat sur le front de Léningrad) ; en août de la même année, il autorise le régime nazi à recruter 100 000 ouvriers espagnols « volontaires » pour aller travailler en Allemagne ; les navires de guerre allemands peuvent se ravitailler et être réparés dans les ports espagnols ; les services secrets espagnols et allemands collaborent pour recueillir des renseignements sur les Alliés ; l'Espagne fournit le tungstène indispensable à l'industrie d'armement allemande.

Mais l'Espagne ne s'engagea pas finalement militairement aux côtés de l'Allemagne en octobre 1940 comme le souhaitait Ramón Serrano Súñer, ministre des affaires étrangères jusqu'en 1942 et beau-frère de Franco. Cette non intervention est due, comme le souligne Joseph Pérez, aux exigences trop élevées et irréalistes de Franco, comme la prise de possession des colonies françaises du bassin méditerranéen. Ces exigences irréalistes étaient elles-voulues ? Pour Joseph Pérez, elles ne résultent pas d'un quelconque calcul : la volonté de Franco de s'impliquer est réelle. Pour Bartolomé Bennassar, Franco gagnait du temps et laissait se faire les luttes d'influence au sein de son gouvernement. Il n'avait pas non plus les moyens d'engager l'armée au côté de l'Allemagne alors que le pays était en pleine répression.

A son retour d'Hendaye où il a rencontré Franco, Hitler exprime son mépris pour le personnage (qui l'a fait attendre d'ailleurs en gare). De plus, Hitler ne voulait pas mécontenter le Maréchal Pétain, dirigeant d'un pays aux richesses abondantes, pour obtenir le maigre appui d'une Espagne exsangue. Si Franco semble avoir été aussi sensible à la théorie du « complot judéo-maçonnique », de nombreux juifs passeront cependant la frontière pyrénéenne pour se réfugier en Espagne, avant, pour certains, de gagner d'autres pays. Ainsi Franco aurait évité la déportation de 60 000 juifs, descendants de ceux expulsés en 1492 par les Rois catholiques, en s'interposant auprès de Hitler. Ils furent reconnus comme citoyens espagnols et autorisés à retourner en Espagne.

Devant les pressions américaines (les États-Unis fournissent le pétrole à l'Espagne), les problèmes économiques soulevés par l'autarcie sur laquelle essaie de s'appuyer le régime et la résistance victorieuse de la Grande-Bretagne, Franco reste en retrait et abandonne peu à peu son soutien aux forces de l'Axe à partir de l'été 1943. Son meilleur allié est à l'époque Antonio de Oliveira Salazar, bien que les relations personnelles entre les deux hommes soient tendues mais le dictateur Salazar est soutenu par les Britanniques.

À la fin de la guerre, le régime est très fragile : la situation économique, laissé par la Guerre est désastreuse. L' autorité de Franco est condamnée quasi unanimement par la communauté internationale. Cependant, dès 1945, les britanniques épargnent et soutiennent indirectement le régime franquiste contre les français qui soutiennent l'isolement de l'Espagne (isolement approuvé lors de la conférence de Potsdam). A partir du discours sur le rideau de fer, l'Espagne va apparaître vite comme un rempart contre le communisme aux yeux des anglo-saxons et les rapports se détendent. Le régime reprend contact avec les Britanniques et les américains via son ambassade au Portugal et postule à l'OTAN au début des années 50. Franco autorise les États-Unis à implanter 4 bases sur le territoire espagnol en septembre 1953 (traité hispano-américain).

Le régime gagne peu à peu sa légitimité. L'Espagne entre à l'ONU en 1955 puis le président américain Dwight Eisenhower, un des grands vainqueurs de la Seconde guerre mondiale, vient en Espagne en 1959 et défile triomphalement en voiture décapotable à Madrid au côté de Franco. Le régime est sauvé.

La loi sur les principes fondamentaux du Movimiento Nacional est votée le 17 mai 1958 alors que le régime évolue et quitte définitivement ses oripeaux fascistes sous l'influence de l'Opus Dei.

Le régime se libéralise peu à peu dans les années 1960 sur le plan économique, beaucoup moins sur le plan politique où le Caudillo règne sans partage.

Les infrastructures (chemins de fer et réseaux routiers) sont modernisées et un gigantesque système hydraulique (barrages et irrigation) est construit pour contrer les effets de la sécheresse. L'agriculture espagnole atteint alors un développement colossal qui fait trembler (notamment en France) à l'idée que ce pays puisse entrer dans le Marché commun. Le taux de croissance atteint alors 8% par an.




Enver Hoxha

Posté le 18.05.2007 par feobus
Enver Hoxha (parfois écrit phonétiquement en français Hodja), né le 16 octobre 1908 et mort le 11 avril 1985, fut un homme d'État albanais. Résistant, il fonda le Parti communiste albanais en 1941 (devenu par la suite le Parti du travail d'Albanie) et dirigea le pays de 1945 à 1985. Sous Hoxha, dont la règle a été caractérisée par l'isolement du reste l'Europe et une adhésion stricte au stalinisme, l'Albanie a émergé d'une sociéte semi-féodale pour devenir un État industrialisé.

On considère généralement que plusieurs dizaines de milliers de personnes sont mortes sous la dictature d'Enver Hoxha. C'est lui qui proclama en 1967 l'Albanie « Premier État athée du monde » et engagea des persécutions anti-religieuses jamais vues jusqu'alors.


L'étudiant
Enver Hoxha est né à Gjirokastër, une ville d'Albanie méridionale où son père, de religion musulmane, était commerçant. Cependant, il fut à vrai dire surtout élevé par son oncle Hysen Hoxha. Enver avait trois soeurs et un frère. En 1930, il obtient une bourse d'état pour étudier à l'université de Montpellier. C'est en France qu'il côtoie des communistes albanais en exil. En 1933, il devient secrétaire particulier du consul albanais à Bruxelles où il apprend le droit. Revenu en Albanie en 1936, il enseigne à Tirana puis au lycée français de Korçë. Ses activités politiques lui valent le renvoi.

Le résistant
Dès l'invasion italienne en 1939, il cherche à organiser la résistance et reçoit l'aide d'émissaires du Parti communiste yougoslave missionnés par le Komintern Ensuite il fait appel à son ami d'enfance Vullnet Limani grand parrain de la mafia du sud de l'Albanie et surtout plus grand mafieux de tous les temps pour diriger la partie sud du pays qui lui résistait. Il épouse Nexhmije Hoxha et aura trois enfants d'elles: deux fils (Ilir Hoxha et Sokol Hoxha) et une fille (Pranvera Hoxha), qui deviendra architecte.

La prise du pouvoir
Élu par 93 % des voix le 2 décembre 1945, le Front démocratique entreprend une révolution du système pour accomplir l'idéal du véritable état socialiste.

L'isolationnisme
En 1956, trois ans après la mort de Staline, Nikita Khrouchtchev prône la déstalinisation. La rupture est alors consommée entre l'Albanie et l'URSS. En revanche, la Chine, à la recherche d'alliés, accroît son aide à Tirana et en 1961 l'alliance entre la Chine et l'Albanie devient officielle. Elle cessera en 1978 quand la Chine se rapproche des États-Unis.

Oeuvres
Enver Hoxha fut un doctrinaire très prolixe de la doctrine stalinienne. Plusieurs groupuscules occidentaux se sont réclamés de ses écrits.

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