Les dictateurs asiatiques
Posté le 18.05.2007 par feobus
Saddam Hussein Abd al-Majid al-Tikriti est un militaire et homme d'État irakien de 1979 à 2003 et premier ministre de 1979 à 1991 et de 1994 à 2003. Il a été renversé lors de l'invasion de l'Irak en 2003, par les États-Unis, le Royaume-Uni et quelques autres pays.
Son règne à la tête du pays a été extrêmement violent, de nombreux gouvernements et Organisations non gouvernementales (ONG) l'accusent de crimes de guerre, crimes contre l'humanité et de génocide envers les kurdes.
.1 Sa jeunesse
On ne sait que peu de choses sur les premières années de sa vie. Il serait né le 28 avril 1937 dans une famille très pauvre de paysans sans terre du village d'al-Auja, non loin de Tikrit. Selon ses biographies officielles, son père, Saddam Hussein al-Majid serait mort, peu avant ou peu après sa naissance, mais selon d'autres biographies non officielles, il aurait en fait abandonné femme et enfants.
De fait, le petit Saddam est élevé par le nouvel époux de sa mère, un homme brutal et illettré, qui le traite rudement. Un peu plus tard, il est recueilli à Bagdad par un oncle maternel, ancien militaire devenu maître d'école, et qui a une très importante influence sur le jeune adolescent, puis sur le jeune homme. En 1981, son oncle lui écrivait encore de ne pas oublier « Trois choses que Dieu n'aurait pas du créer, les Perses, les Juifs et les mouches. »
Après la fin de ses études secondaires, le jeune Saddam rejoint une cellule du parti Baas (le parti socialiste de la Renaissance arabe), Ce parti, fondé par un syrien chrétien, Michel Aflaq, affilié à la IIe internationale socialiste, prônait en fait un arabisme laïc mélangé de références socialistes.
Membre du parti Baas, il participe en 1956 à un coup d'État avorté contre le roi d'Irak, soutenu et imposé par la Grande-Bretagne. En 1958, un autre groupe sous la direction du général Kassem, un officier nationaliste très à gauche, parvient à détrôner le roi.
Le 7 octobre 1959, il fait partie d'un groupe qui tente de tuer le général Kassem, mais ils échouent, et Saddam est blessé lors cette opération où il n'a eu finalement qu'un rôle subalterne d'homme de main. Plus tard ses services de propagande ont tenté d'embellir son action, jusqu'à en faire le personnage central de ce complot manqué et le héros d'une nouvelle « geste ».
Avec l'aide des réseaux syriens, il réussit à se réfugier en Égypte, et il est condamné par contumace à mort par le gouvernement irakien. Au Caire, Saddam Hussein travaille le droit.
Après la révolution irakienne du 8 février 1963, lors de laquelle le général Kassem est renversé par des groupes baasistes commandés par le général Aref, Saddam Hussein revint en Irak, mais il fut emprisonné par le nouveau gouvernement en 1964, jusqu'à son évasion en 1967.
1.2 Sa montée vers le pouvoirÉcarté du pouvoir, pour un temps, son groupe finit par y revenir en force, le 17 juillet 1968, et prend le contrôle du parti Baas, pour en faire le parti le plus puissant et le mieux structuré de la région. Au sein de celui-ci, Saddam prend la tête des services de sécurité, à l'âge de 31 ans. Il doit ce poste important à son oncle par alliance, le général Ahmad Hasan al-Bakr, dirigeant baasiste historique et nouveau président du pays.
Épaulé par son groupe, sa « tribu », constituée de sa famille proche, de ses nombreux cousins et alliés, et des natifs de sa ville de Tikrit, Saddam Hussein, peu à peu, « élimine » ses rivaux, et réussit à contrôler Bagdad, la capitale. Cependant pour contrôler le pays, il a besoin d'un parti à sa dévotion, et prend modèle sur le Parti communiste de l'Union soviétique, avec laquelle l'Irak signe en 1972, un traité d'amitié.
Le Parti Baas, devient rapidement omniprésent, omnipotent, et un passage obligé pour toutes les affaires et pour accéder au pouvoir. En quelques années, ce parti devient un instrument entièrement au service de Saddam Hussein, qui concentre tous les pouvoirs entre ses mains, passant d'un pouvoir collégial, au début, à un despotisme absolu, même s'il a conservé pour la forme, le Conseil de commandement de la révolution, censé détenir le pouvoir.
Un diplomate avait dit du système politique irakien, qu'il fonctionnait comme un palmier, arbre qui est d'ailleurs le symbole de l'Irak : « Il demeure toujours vert si on coupe ses branches les plus basses ».
Le 1er juin 1972 il commence une vaste nationalisation des compagnies pétrolières monopolistes qui se trouvaient jusque là entre des mains étrangères. Saddam Hussein s'est efforcé de moderniser l'économie et l'industrie. En 1973 il devient général, et en 1979, à 42 ans, se sentant assez puissant, il remplace à la présidence de l'Irak Ahmad Hasan al-Bakr suite à son renoncement précipité, officiellement pour « raison de santé ».
Durant les 35 années de son pouvoir, Saddam Hussein utilise tous les moyens pour contrôler la population et régner sans partage. Comme dans les dictatures nazie et soviétique, la propagande est omniprésente à travers les différents médias et les affiches représentant le portrait du rais. La presse est censurée et la peur d'être arrêté paralyse les opposants. Le dictateur commanda un film au réalisateur égyptien Tawfiq Saleh intitulé Les Longs Jours : on y découvre un Saddam Hussein héroïque, qui tente d'assassiner le président Abdel Kerim Kassem, en 1959.
La prison d'Abou Ghraïb est symbolique de l'arbitraire du régime. Les témoins rapportent que les cellules étaient réduites à 4 mètres sur 6. Elles n'étaient pas dotées de l'eau courante et de toilettes. Les prisonniers, en grande partie des chiites, s'entassaient à plusieurs dans ces pièces sans confort. Certains furent exécutés pour "activités religieuses".
1.3.2 Non-intervention internationale
Sous la direction de Saddam Hussein, l'Irak devient une puissance régionale, en partie grâce aux revenus du pétrole, et au soutien à la fois des pays occidentaux et du bloc de l'est, mais il bénéficie aussi du soutien idéologique des partis socialistes affiliés à la IIe internationale, qui voient dans le parti Baas, un des porte-paroles d'une prise de conscience socialiste dans les pays du tiers monde, voulant se réapproprier leurs ressources énergétiques dans une démarche « progressiste » et « anti-colonialiste ».
Après la révolution islamique d'Iran qui isole diplomatiquement ce pays, l'Irak est perçu par l'Occident comme une force stabilisatrice pour la région, en fait un barrage territorial et humain, qui peut et va être utilisé pour barrer la route aux islamistes vers les richesses de la « corne arabique ».
L'Irak bénéficie alors d'un large soutien international, et des pays comme la France et les États-Unis (qui espéraient affaiblir le régime islamiste iranien et ainsi favoriser sa chute), lui fournissent en grande quantité armes et technologies, l'URSS restant toutefois le 1er fournisseur d'armement. Le Raïs, qui se prend pour le nouveau Saladin - qui était aussi né à Tikrit - et rêve de prendre la direction du monde arabe par la conquête militaire, est sacré champion de l'Occident. Les Nations Unies n'ont jamais enquêté sur les crimes de Saddam Hussein car il était impossible de violer les principe de souveraineté et de non-ingérence dans les affaires intérieures d'un état. Aucune aide internationale ne vint soutenir les victimes kurdes des gazages et de la politique d'extermination.
1.3.3 La guerre Iran-Irak
En septembre 1980, Saddam Hussein lance son armée contre l'Iran des mollahs, pour la conquête de trois objectifs :
occuper la totalité du Chatt-el-Arab (delta du Tigre et de l'Euphrate), le « fleuve des Arabes », qu'il avait dû partager avec l'Iran, par le traité de 1975 ;
faire du Khalidj al-Farsi, le Golfe persique, le Khalidj al-Arabi, le Golfe arabique, en chassant définitivement les Iraniens des îlots qui contrôlent l'accès au détroit d'Ormuz.
s'emparer de la province pétrolifère du Khouzistan, nommé par les nationalistes arabes, l'Arabistan.
Jusqu'en 1988, l'armée irakienne et son pays sont plongés dans une guerre longue et sanglante, et finalement sans beaucoup de résultats. Car sur tous ses objectifs, Saddam Hussein connaît un échec relatif, malgré l'aide massive apportée par l'Union Soviétique, la France et les émirats arabes, qui redoutent avant toute chose la victoire iranienne, et donc des chiites, alors que Saddam Hussein est sunnite. Au terme de huit années de guerre, l'Irak réussit à prendre pied sur la rive iranienne du Chatt-el-Arab, mais au prix d'un million de morts, de sa jeunesse sacrifiée. Durant ce conflit, l'Irak utilisa massivement et systématiquement des gaz lacrymogènes, vésicants et neurotoxiques.
1.4 Le génocide des Kurdes et la déportation
Le régime est l'auteur du massacre de plusieurs milliers de Kurdes (certaines estimations avancent le chiffre d'un million de morts), essentiellement dans le nord du pays. Dès 1963, la population kurde est persécutée et massacrée : 4 500 villages sont détruits, des mines antipersonnel sont dispersées dans la région et les terres agricoles sont dévastées. Pendant la guerre contre l'Iran, les Kurdes sont accusés d'être des "traîtres à l'Irak" et des "saboteurs", ce qui justifie le lancement de l'opération de l'Anfal. Elle aboutit à la disparition d'environ 100 000 personnes si l'on en croit les affirmations du cousin de Saddam Hussein, Ali Hassan al-Majid, surnommé "Ali le Chimique". Certaines associations de lutte pour les Droits de l'Homme parlent de "génocide". Le 16 mars 1988, 5 000 Kurdes meurent dans la ville de Halabja et les bombardements provoquent 30 à 40 000 contaminations.
La coalition américano-britannique a trouvé 259 charniers (288 fosses en 2005) contenant quelque 300 000 corps de personnes exécutées par le régime baassiste. Le 13 décembre 2004 a été découverte une fosse contenant près de 500 cadavres, dont ceux de femmes et d'enfants, dans les environs de Souleimaniya. À la suite de l'utilisation d'armes chimiques, deux millions de civils terrorisés, surtout kurdes, s'enfuient au printemps 1991 dans les pays voisins de l'Irak. Saddam Hussein réussit à vider ces régions et à les soumettre à sa dictature. Des milliers d'individus considérés comme "de sang impur" sont déportés, torturés ou massacrés à la frontière avec la Turquie et dans tout le pays.
1.5 L'Invasion du Koweït
En 1990, il décide l'invasion du Koweït. Les États-Unis et leurs alliés affichent alors leur opposition à cette annexion. L'ONU approuve la guerre du Golfe (1990-1991), qui se termine par une défaite de l'Irak. Cependant, les forces de la coalition préfèrent contenir le régime irakien, plutôt que de risquer de déstabiliser la région ; ainsi, Saddam Hussein reste en place. Un blocus économique est mis en place pendant douze ans, mais il échoua à renverser Saddam Hussein. Saddam Hussein mate les rébellions dans le sang et les gaz de combat (des hôpitaux sont rasés avec des tanks et les infirmières massacrées). Il conserve le pouvoir sur son peuple, mais le pays reste contrôlé par les forces de la coalition et l'ONU. Seul le Kurdistan irakien, dans la partie nord du pays, échappe à sa surveillance grâce à l'action militaire des États-Unis en faveur des rebelles.
Saddam Hussein a échappé à plusieurs tentatives d'attentat ou de renversement par la force.
Le 20 mars 2003, les États-Unis et leurs alliés (principalement le Royaume-Uni) attaquent l'Irak et le régime de Saddam Hussein et le renversent lors d'une guerre éclair (mars-avril 2003).
Les motifs invoqués de cette occupation du pays, qui n'a pas eu l'aval de l'ONU (comme lors de la guerre contre le dictateur Milosevic), sont la détention par l'Iraq d'armes de destruction massive. Pour d'autres, la reconstruction d'un Moyen-Orient cultivant "la démocratie" au lieu de la tyrannie (voir Liens entre l'Irak et le terrorisme). Pour d'autres encore, les intérêts financiers de l'industrie pétrolière américaine en général et de la famille Bush en particulier ne sont probablement pas étrangers à cette invasion. Certains affirment que le président Bush fils aurait promis à son père de terminer le travail qu'il avait commencé mais pas terminé. Mais tout ceci n'est qu'hypothèses sans preuves.
La chute de Bagdad, le 9 avril 2003, marque la fin officielle du régime de Saddam Hussein et sa fuite. Après plusieurs mois passés dans la clandestinité, Saddam Hussein est arrêté dans une cave par l'armée américaine à Tikrit dans la nuit du 13 au 14 décembre 2003.
Il est rapidement exhibé aux médias par l'armée américaine, avec pour objectif de saper le moral des groupes armés proches du parti Baas.
1.7 Le procès
Saddam Hussein avant son procès, le 1er juillet 2004
L'ouverture de la phase préliminaire de son procès a eu lieu à Bagdad au début du mois de juillet 2004. C'est un tribunal d'exception, le Tribunal spécial irakien (TSI), qui le jugera pour génocide, crime contre l'humanité et crime de guerre, avec plusieurs autres membres importants du parti Baas.
1500 personnes dont 22 avocats principaux venant d'Irak, Jordanie, Libye, France, et États-Unis d'Amérique se sont proposés pour assurer la défense de Saddam Hussein. Jacques Vergès et Roland Dumas sont quelques-uns de ses nombreux avocats.
Le 7 juillet 2005, Ziad al-Khasawneh, le principal avocat de Saddam Hussein, démissionne, suite aux pressions des avocats américains, voulant l'empêcher de prendre position pour la résistance irakienne et contre l'invasion armée.
Le 8 août 2005, tous ses avocats sauf un irakien, Khalil al-Doulaïmi, sont récusés par la famille Hussein qui les accusent de s'étre autoproclamés défendeurs de Saddam Hussein sans avoir été mandatés.
Le 4 septembre, le porte-parole du gouvernement irakien annonce que l'ouverture du procès aura lieu le 19 octobre. Soit juste après le référendum sur le projet de Constitution, prévu le 15 octobre.
Ce procès concernera dans un premier temps le massacre de 143 chiites du village de Doujaïl en 1982 ainsi que la destruction de propriétés et l'exil interne pendant 4 ans des habitants de cette ville. Plusieurs autres membres de l'ancien parti Baas seront également jugés :
Taha Yassine Ramadan, ancien vice-président
Barzan Ibrahim al-Hassan, ancien chef des renseignements
Awad Ahmed al-Bandar, adjoint du chef de cabinet de Saddam Hussein
Abdallah Kadhem Roueid, responsable local du parti Baas
Mezhar Abdallah Roueid, responsable local du parti Baas
Ali Daeh Ali, responsable local du parti Baas
Mohammed Azzam al-Ali, responsable local du parti Baas
Le porte-parole du gouvernement a également déclaré que si Saddam Hussein était condamné à la peine de mort, la sentence pourrait être exécutée sans attendre son jugement pour d'autres actes d'accusations.
Le 19 octobre, Saddam Hussein défie le tribunal en ne reconnaissant pas son autorité et plaide non coupable pour le massacre de Doujaïl.
Les témoins programmés au procès, ayant trop peur d'être des témoins publics, ne sont pas venus à Bagdad. Le premier procès de Saddam Hussein est alors ajourné pour permettre d'entendre ces derniers dans des conditions de sécurité satisfaisante. La prochaine audience aura lieu le 28 novembre.
Son rêve d'un nouvel empire babylonien
Saddam Hussein avait comme rêve de restaurer le vieil empire babylonien, la grandeur de l'antique Mésopotamie, le rayonnement de l'empire abbasside et de revendiquer pour l'Irak un destin prestigieux, de faire de son pays un État fort, première puissance militaire et technologique de la grande « nation arabe », au besoin par le fer et par le feu. Il lui aura manqué une juste appréciation du rapport de forces diplomatiques.
Posté le 18.05.2007 par feobus
Kim Il-sung (15 avril 1912-8 juillet 1994) a été le fondateur et le premier dirigeant de la Corée du Nord de 1948 jusqu'à sa mort.
Kim Il-sung a occupé les postes de Premier ministre de 1948 à 1972 et de président de la République à partir de 1972, mais la réelle source de son pouvoir était son poste de Secrétaire général du Parti des ouvriers coréens ou Parti du travail de Corée.
Né sous le nom de Kim Song-ju, Kim Il-sung a adopté son nom actuel dans la résistance à l'envahisseur japonais. Il s'affirme dès les années 1930 comme un des principaux dirigeants de la guérilla communiste, active notamment en Mandchourie[1]. Il rencontre dans les combats de la résistance son épouse Kim Jong-suk, qui est également la mère de l'actuel dirigeant de la Corée du Nord Kim Jong-il.
Modernisation économique et indépendance politique
Après la guerre de Corée (1950-1953), la Corée du Nord a reconstruit rapidement son économie en s'industrialisant "au rythme de Chollima", le cheval ailé des légendes coréennes qui parcourait 1 000 li par jour. Le taux de croissance économique, estimé à plus de 10 % par an dans les années 1960, se ralentit ensuite puis devient négatif au début des années 1990, sous l'effet de la disparition des démocraties populaires en URSS et en Europe de l'Est qui prive la Corée du Nord de ses partenaires traditionnels.
Article détaillé : Économie de la Corée du Nord.
Kim Il-sung a défini la diplomatie nord-coréenne selon une politique d'équilibre et d'indépendance à l'égard de ses deux puissants voisins communistes, la Chine et l'URSS, ce qui a longtemps contribué à lui donner une image meilleure que celle d'autres dirigeants socialistes auprès des chefs d'État et de gouvernement occidentaux. [2] (voir l'article détaillé sur les relations franco - nord-coréennes). Conformément à cette volonté d'indépendance, les troupes soviétiques ont quitté la Corée dès la fin de l'année 1948 et la Corée du Nord n'a jamais adhéré au COMECON.
Dès 1960 puis à nouveau en 1972, Kim Il-sung a effectué des propositions en vue d'une réunification pacifique de la Corée finalisées dans le projet d'une "République confédérale démocratique de Koryo", consistant à proposer (selon une formule pouvant être comparée à celle aujourd'hui envisagée pour la Chine et Taïwan) un seul État pour deux systèmes (voir l'article détaillé réunification de la Corée).
Sa mort, survenue lors d'une attaque cérébrale, a donné lieu à d'immenses scènes de pleurs dans toute la Corée du Nord souvent interprétées comme surréalistes en Occident. Les récits des réfugiés nord-coréens témoignent toutefois de l'affection sincère des Nord-Coréens envers leur président.[3]
Le culte du Grand Leader
La vénération dont Kim Il-sung a été et est toujours l'objet en Corée du Nord s'inscrit dans une filiation confucéenne qui a déifié les empereurs de Corée et affirmé le principe du respect de l'autorité, des pères et des maîtres. Ce "respect", selon le terme utilisé par les Nord-Coréens, est aussi interprété par les Occidentaux comme un culte de la personnalité propre au stalinisme. Tous les Nord-Coréens portent le badge du Grand Leader. Son portrait orne l'ensemble des bâtiments officiels et est accroché dans tous les logements privés en Corée du Nord.
Le « Grand Leader » a reçu le titre posthume, en 1998, de « Président éternel ». Il est le père de l'actuel chef du pays, Kim Jong-il, « le cher dirigeant » : la Corée du Nord constitue ainsi le seul cas à ce jour d'une succession dynastique dans un Etat se réclamant du socialisme, et plus précisément des idées du juche définies par le président Kim Il-Sung.
L'ère officielle pour la datation des actes, en Corée du Nord, débute à sa naissance en tant qu'année d'origine de l'ère juche. L'ère juche débute au 1er janvier et non au 15 avril, date anniversaire de la naissance du président Kim Il-sung qui est l'une des fêtes nationales de la Corée du Nord.
Une orchidée a été baptisée Kimilsungia par référence au président Kim Il-sung.
Posté le 18.05.2007 par feobus
Kim Jong-il (né en Sibérie, le 16 février 1942 selon sa biographie officielle, le 16 février 1941 selon d'autres sources) est un homme d'État nord-coréen. Il est l'actuel dirigeant de la Corée du Nord depuis 1994.
Il a succédé à son père, Kim Il-sung, qui a dirigé le pays depuis 1948. Appelé le « Cher Dirigeant », il occupe aujourd'hui les fonctions de président du Comité de la défense nationale et de secrétaire général du Parti ouvrier coréen.
Le respect voué à Kim, est généralement considéré comme un culte de la personnalité. Sa biographie officielle, au titre de "Brief history" de 160 pages [1] diffère sur plusieurs points des biographies des observateurs occidentaux.
La naissance pendant la seconde guerre mondiale
Selon sa biographie officielle, Kim Jong-il est né au Mont Paektu en Corée du Nord, le 16 février 1942. La mythologie officielle indique qu'à l'occasion, un double arc-en-ciel est apparu, ainsi qu'une étoile, la plus haute dans le ciel[2].
Le medias et observateurs occidentaux retiennent généralement la date du 16 février 1941. Selon d'autres sources occidentales et sud-coréennes, Kim Jong-il serait né sous le nom de Youri Irsenovitch Kim dans un petit village de Viatskoe (ou Viatsk), un camp militaire près de Khabarovsk, en Union soviétique, où son père Kim Il-sung était une figure importante parmi les Coréens communistes exilés, ayant le grade de commandant de bataillon dans la 88e brigade soviétique, composés de Chinois et de Coréens. La mère de Kim Jong-il est la première épouse de Kim Il-sung, Kim Jong-suk.
L'enfance en Corée après 1945
Kim était enfant lorsque la Seconde Guerre mondiale éclata. Son père est rentré à Pyongyang en septembre 1945, en tant qu'ancien dirigeant de la guérilla communiste antijaponaise. En novembre, Kim Il-sung a accompagné ses deux fils (Kim Jong-il et son frère cadet, Shura Kim, mort accidentellement noyé alors qu'il était encore enfant) lors de leur retour en Corée, à bord d'un navire soviétique qui fit escale à Unggi. En 1948, Kim Jong-il commença l'école élémentaire. Sa mère est décédée en 1949.
Éducation
Selon sa biographie officielle, Kim Jong-il est diplômé de l'école Namsan de Pyongyang, fréquentée notamment par les enfants des cadres communistes nord-coréens. Puis il a suivi des cours à l'université Kim Il-sung où il obtint un diplôme en Économie politique en 1964. Kim Jong-il aurait également reçu des cours d'anglais à l'Université de Malte au début des années 1970, au cours de ses fréquentes vacances à Malte comme invité du Premier ministre maltais, Dom Mintoff.
Selon d'autres sources, occidentales, Kim a également été formé en République populaire de Chine, où il fut éloigné de son père pour des raisons de sécurité durant la Guerre de Corée.
Après l'obtention de son diplôme de 1964, Kim Jong-il a commencé son ascension à travers la hiérarchie du Parti ouvrier coréen, travaillant d'abord dans le département d'Organisation, avant de devenir membre du Politburo en 1968. En 1969, il a été nommé directeur du Département de la Propagande.
Entre-temps, Kim Il-sung s'était remarié et avait eu un autre fils, Kim Pyong-il, à l'origine d'une intense rivalité entre les deux demi-frères selon des sources occidentales. Kim Pyong-il a embrassé une carrière diplomatique, ayant notamment été en poste à l'ambassade de Hongrie.
L'ascension au sein du Parti du travail de Corée
En 1973, Kim Jong-il fut nommé secrétaire de parti de la propagande et en 1974, il a été officieusement désigné comme successeur de son père selon des observateurs occidentaux. Durant les quinze années suivantes, il aurait occupé successivement d'autres postes, dont celui de ministre de la Culture, et notamment au sein des services secrets nord-coréens.
La Corée du Sud a ainsi accusé Kim Jong-il d'avoir organisé en 1983 un attentat à la bombe à Rangoon (actuellement Yangon, en Birmanie), qui tua dix-sept Sud-Coréens en visite officielle, dont quatre membre de cabinets ministériels, ainsi qu'un autre attentat qui a causé la mort des cent quinze passagers d'un vol de Korean Airlines. Les éléments de preuve manquent à l'appui et le gouvernement nord-coréen a toujours nié toute implication dans l'attentat de Rangoon. Un agent nord-coréen aurait en revanche reconnu avoir placé une bombe dans l'attentat du vol de Korean Airlines.
Kim Jong-il se serait progressivement affirmé au sein du Parti ouvrier coréen à partir de la septième session plénière du Comité central en septembre 1973, menant les campagnes des « Trois Révolutions ». À l'issue du sixième congrès du Parti du travail de Corée, organisé en octobre 1980, il aurait siégé au Politburo, à la Commission militaire et au secrétariat du Parti.
Mur dévolu aux citations du « Cher Dirigeant » dans la ville de Kaesong, dans le sud du pays
En 1991, Kim Jong-il est nommé commandant suprême des forces armées nord-coréennes. Le rôle important joué par l'armée en Corée du Nord explique que, selon certains observateurs occidentaux, cette fonction soit considérée comme la plus éminente parmi celles alors exercées par Kim Jong-il.
En 1992, Kim Il-sung déclara publiquement que son fils était en charge des affaires intérieures nord-coréennes.
La Corée du Nord depuis 1994
Une succession dans un contexte de crise nucléaire
La période de trois ans entre la mort de Kim Il-sung, en 1994, et la confirmation de son fils Kim Jong-il comme nouveau dirigeant de la Corée du Nord, en 1997, a souvent été interprétée à l'étranger comme le signe d'une succession plus difficile que prévu. Les autorités nord-coréennes font observer qu'il s'agissait seulement de respecter la durée du deuil de trois ans qui est d'usage en Corée lors de la mort du père. Le changement de pouvoir est intervenu à une période critique pour la Corée du Nord, dans un contexte de crise nucléaire et d'aggravation des difficultés agricoles ayant conduit à une sévère pénurie alimentaire.
Le rôle de Kim Jong-il dans le dialogue intercoréen
Kim Jong-il a participé à la relance du dialogue entre les deux Corée, sur la base de la déclaration conjointe Nord-Sud du 15 juin 2000, en vue d'une réunification de la Corée. À l'occasion de cette rencontre historique entre les deux dirigeants coréens à Pyongyang, le numéro un nord-coréen a donné l'image d'un homme ouvert et cultivé qui a fortement contrasté avec celle qui prévalait jusqu'alors en dehors de la Corée du Nord :
« Au sommet de juin avec le président sud-coréen Kim Dae-jung, le dirigeant nord-coréen est apparu sur la scène mondiale comme un diplomate affable, un hôte sympathique et un débatteur brillant. C'est ce Kim-là qui a rencontré ici Albright pour de longues conversations lundi et jeudi. « Il est étonnament bien informé et extrêmement cultivé », a déclaré un Américain qui participait aux rencontres. « Il est concret, réfléchi, très attentif. Il prenait des notes. Il a le sens de l'humour. Ce n'est pas le fou qu'avaient dépeint beaucoup de gens. » D'autres personnes l'ayant rencontré récemment ont porté les mêmes jugements. Kim Dae-jung, dont le pays est officiellement en guerre avec la Corée du Nord depuis cinquante ans, l'a décrit comme « un dirigeant pragmatique avec un solide jugement. » Albright l'a qualifié de « très décidé et doué d'un grand sens pratique. » »[3]
Ouverture économique et actualisation de la théorie du juche
Au plan intérieur, Kim Jong-il a initié une timide politique d'ouverture économique, marquée par la libéralisation des prix et des salaire en 2002 et l'ouverture de zones économiques spéciales accueillant les investissements étrangers.
À partir de 1995, Kim Jong-il a créé et développé la politique de songun qui accorde la priorité au renforcement de l'armée dans la construction du socialisme nord-coréen.
Divers
Les controverses dsur le train de vie fastueux prêté à Kim Jong-il
De nombreux observateurs notent les goûts de luxe et le train de vie fastueux du « Cher Guide ». De 1989 a 1999, Kim Jong-Il aurait commandé, selon ABC entre 650 000 $ et 800 000 $ de d'alcools et de vins fins par an[4].
Kim Jong-il a aussi, selon des réfugiés, un goût pour les mets fins, que son escouade de chefs étrangers va acheter directement à l'étranger, que ce soit au Japon, en Chine ou en Europe. Ce luxe bénéficie egalement a ses quatre troupes de danse, exclusivement feminines et jeunes, afin qu'elles aient toutes la peau claire et de bon aspect[5].
En l'absence de toute information officielle, des sources extérieures, comme le "Washington Post", estiment cependant que les élements du train de vie prêté à Kim Jong-il relèvent de rumeurs :
" De par le monde, des jounalistes font des portraits qui recyclent toutes les rumeurs à propos de Kim Jong-Il : c'est un alcoolique qui achète plus de cognac Hennessy haut de gamme que n'importe qui d'autre dans le monde. C'est un coureur de jupons qui emploie des "escouades pour le plaisir" -- peut-être des blondes importées de Suède pour satisfaire ses désirs de dépravé. C'est un fan de basketball qui adore Michael Jordan. Il a un QI de 150. Il a la phobie des microbes. il navigue sur le "Net" "(source : [1]).
Culte de la personnalite
La personne de Kim Jong-il était entourée de ce qui est souvent qualifié en Occident d'un culte de la personnalité : monuments, défilés, portraits et badges[6]. Cependant en 2004, Kim Jong-il fit soudainement enlever tous ces portraits de la rue, ne laissant que celles de son père, Kim Il-sung [7].
D'après des réfugiés anciens journalistes, les étudiants apprendraient des l'école de journalisme à placer les articles concernant Kim Jong-il avant toute autre information et suivraient régulièrement des stages de mise à niveau en « grandes realisations de Kim Jong-Il et Kim Il-Sung »[8].
Le kimjongilia est une variété de bégonia, ainsi dénommée en référence à Kim Jong-il.
Posté le 18.05.2007 par feobus
Mao Zedong ou Mao Tsé-toung (??? Máo Zédong, signifie « né pour diriger l'Est ») est né à Shaoshan (?? Sháo Shan) dans la province du Hunan (?? Hú'nán) le 26 décembre 1893 et décédé à Pékin le 9 septembre 1976. Il fut le principal dirigeant du Parti communiste chinois, le fondateur et un des plus hauts dirigeants de la République populaire de Chine.
Le 1er octobre 1949, à Pékin, du balcon de la Cité interdite des anciens empereurs, Mao Zedong proclame l'avènement de la République populaire de Chine. Cette prise de pouvoir met fin à une longue période de guerre civile marquée par l'invasion japonaise et la Longue Marche.
Biographie
Enfance
Mao est le fils aîné d'une famille modeste de Shaoshan dans le département de Xiangtan et la province de Hunan.
De la guérilla à la proclamation de la République populaire de Chine
Dans la première partie de sa vie politique, Mao Zedong a été influencé par le Mouvement du 4 mai 1919, le rejet de la culture classique, de l'impérialisme et l'apport d'idées socialistes. Son grand effort fédérateur des masses paysannes permit la victoire du PCC contre le Guomindang et les envahisseurs, après des années de guérilla interne et de guerre, notamment avec le Japon.
Employé à la bibliothèque de Pékin, Mao Zedong révéla par la suite sa rancune envers les lettrés chinois, qui méprisaient son origine paysanne. Il garda toutefois un goût pour la poésie et la calligraphie, devenu célèbre par la suite.
Il participe au premier congrès du Parti communiste chinois (PCC) en 1921, puis accède au comité central deux ans plus tard. Mais il se distingue par la suite dans son interprétation personnelle du communisme, applicable à la Chine avec la réforme rurale comme point central, plutôt que celle, industrielle, d'origine soviétique.
Notons qu'il a joué un rôle déterminant dans la guerre anti-japonaise, aux côtés du Guomindang, tous deux aidés par l'Union soviétique. Ce n'est qu'à la mort de Sun Yat-sen, que le PCC se sépara du Kuomintang, repris alors par Tchang Kaï-chek. Cette rupture conduisit finalement à la séparation entre la République de Chine à Taiwan, et la République populaire de Chine, en Chine continentale.
Après la fondation du soviet du Jiangxi sur le modèle russe, Mao Zedong s'impose en tant que leader politique et charismatique durant la Longue Marche, qui fédère les masses paysannes chinoises contre le Guomindang.
Le 1er octobre 1949, Mao Zedong déclare la création de la République populaire de Chine sur la place Tiananmen, le Guomindang s'étant exilé a Taiwan.
Du leader désavoué au culte de la personnalité
Après son accession au pouvoir, Mao répéta les erreurs de gestion économique, le plus souvent catastrophiques pour son pays ; son intelligence des rouages du pouvoir est en revanche hors du commun, ce qui lui permit de rester en place jusqu'à sa mort.
La campagne des Cent Fleurs (symbole de "cent écoles, cent opinions qui s'expriment") : en 1957, Mao encourage la liberté d'expression de la population, exhortant en particulier les intellectuels à critiquer le Parti. Mais le mouvement prend rapidement une ampleur qu'il n'avait pas envisagée: les critiques explosent littéralement, échappant bien vite à son contrôle et le menant à une violente campagne de répression.
Le "Grand Bond en Avant" : entre 1958 et 1960, Mao Zedong met en ouvre un mouvement de réformes industrielles qui devait permettre de "rattraper le niveau de production d'acier de l'Angleterre". Des communes de production sont organisées au niveau local, et toute la population, et par dessus tout le monde paysan, est sommé d'y apporter sa contribution. Mao place dans la force du peuple, du "prolétariat" des espoirs démesurés: durant le "grand bond en avant", les paysans seront surexploités, on leur demandera de tout faire en même temps, des récoltes à la production sidérurgique. Malgré les efforts surhumains déployés, c'est une catastrophe, la main d'oeuvre inexpérimentée produit des biens d'une qualité exécrable tandis que les récoltes, faute de temps, pourrissent sur pied. Le "grand bond en avant" se solde donc par un échec cuisant et une famine d'une ampleur désastreuse, peut-être la plus meurtrière que la terre ait jamais portée. Mao Zedong, après avoir longtemps ignoré le désastre ou rejeté la cause de la non-efficacité de son programme sur des éléments extérieurs (par exemple des contre-révolutionnaires voulant enrayer son pouvoir) se retrouve en minorité au Comité de direction du Parti. De plus, la confiance du peuple en l'idéologie de Mao est fortement ébranlée.
La Révolution culturelle (1966-1969) durant la période de troubles et de contestations qui suit le catastrophique "grand bond en avant", lui permet de reprendre le pouvoir et les rênes du pays. Entamée afin de réhabiliter Mao dans son pouvoir, elle commence à la suite d'une polémique que lance son épouse Jiang Qing. La "révolution culturelle" incite les jeunes à prendre le pouvoir, à se révolter contre les fonctionnaires corrompus, désormais "ennemis du peuple"- les Gardes rouges (qui ne sont autres que les étudiants "révolutionnaires") sont créés à cette occasion. Mais, comme lors du mouvement des "cent fleurs", la polémique échappe au contrôle de Mao et le tout se soldera une fois de plus par une violente répression armée, un massacre sanglant. Suite à cela, beaucoup d'intellectuels seront envoyés en rééducation, soit forcés à quitter les villes pour partir vivre à la campagne où ils subiront un dur apprentissage du métier de paysan et une partie considérable du patrimoine culturel chinois est détruit à cette occasion. Au sortir de cette nouvelle crise, le peuple chinois sera définitivement traumatisé, tant par les atrocités physiques que par les incroyables violences morales (telles que les fameuses "autocritiques", humiliations publiques d'une cruauté morale traumatisante). Rappelons également que le goulag chinois, le "Laogai" est bien plus peuplé que son équivalent russe tandis que ses conditions de détention n'y sont pas meilleures.
À la fin de son règne, Mao Zedong changea sa stratégie d'autarcie en invitant le président américain Richard Nixon en Chine, préfigurant la politique d'ouverture de Deng Xiaoping.
Par la suite, la politique idéologique extrême menée par Mao Zedong a fait l'objet de critiques ouvertes au sein du Parti Communiste Chinois, qui met fin au culte de la personnalité et à l'idolâtrie qu'il avait lui-même organisée et intensifiée à la fin de sa vie. Le limogeage de la Bande des Quatre, dont son épouse, Jiang Qing, qui a eu lieu rapidement après sa mort prouve bien à quel point sa politique était tombée en disgrâce, tant dans les hautes sphères du parti que dans l'esprit populaire.
Pour la majorité des Chinois, il reste néanmoins le grand libérateur de la Chine et le constructeur de la Chine moderne. Malgré les conséquences catastrophiques de ses réformes spectaculaires, il aura laissé le souvenir d'une période d'égalité et d'unité et il reste révéré par le peuple comme le dernier des empereurs chinois. Les historiens occidentaux ont beaucoup critiqué ses choix politiques et son autoritarisme, toujours sujets à controverse.
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Conclusion[/b]
Il est très difficile de porter un jugement sur l'ouvre de Mao Zedong, dont les « bienfaits » (la création d'une Chine moderne et indépendante) sont contrebalancés par la répression d'un régime autoritaire et arbitraire : parti unique (et donc régime anti-démocratique), autocritiques obligatoires, laogai, répression des minorités... Ce trait ultra-répressif est commun à la plupart des pays ayant adopté un régime stalinien (URSS, Cambodge, Corée du Nord...), et est à replacer dans le contexte de la guerre froide.
La propagande de Mao Zedong
Le culte de la personnalité
Le culte de la personnalité de Mao Zedong prend ses racines dans la Longue Marche, lors de laquelle il s'est imposé comme leader charismatique. À l'instar de Staline, le style de propagande réaliste-socialiste original de l'art officiel a évolué ensuite vers une déification marquée de Mao, à l'opposé des premières représentations où il est situé aux côtés des paysans et ouvriers, dans une relation d'égal à égal. À partir de la révolution culturelle, date de son retour au pouvoir, l'effigie de Mao, idéalisée, est située dans le ciel, détachée du commun des mortels.
Le village natal de Mao Zedong, Shaoshan dans le Hunan, est toujours le lieu de pélerinage pour de nombreux Chinois, donnant lieu à ce que l'on appelle parfois un « tourisme rouge ».
Le « Petit Livre rouge »
Badge à l'effigie de Mao Zedong
Des citations choisies ont été rassemblées et publiées dans les années 1960 sous le nom de Petit Livre rouge, très en vogue pendant la Révolution culturelle. Les premières éditions de ce petit livre rouge étaient préfacées par une calligraphie de Lin Biao et furent mises au pilon lorsque ce compagnon de Mao tomba en disgrâce.
Les éditions qui circulaient en France au moment de Mai 68 étaient munies de cette préface. Ce livre a beaucoup apporté à ceux qui ne croyaient plus en l'URSS et qui voyaient un paradis communiste en la Chine
Posté le 18.05.2007 par feobus
Saloth Sar (19 mai 1925 - 15 avril 1998), mieux connu sous le nom de Pol Pot, était le leader des Khmers rouges et le Premier Ministre du Kampuchéa Démocratique (Cambodge actuel) entre 1976 et 1979. Les politiques révolutionnaires de son gouvernement ont provoqué la mort de près de deux millions de personnes.
Issu d'une famille paysanne sino-khmère aisée liée aux autorités royales, Saloth Sar naît le 19 mai 1925 (et non en 1928 comme il peut y avoir écrit dans certains livres d'histoire), à Prek Sbauv, dans la province cambodgienne de Kompong Thom. Il vit son adolescence à la campagne, où il suit l'enseignement bouddhiste dans le but de devenir moine. Passionné de politique, il s'engage dans le mouvement vietnamien anti-impérialiste de Hô Chi Minh au cours de la Seconde Guerre mondiale, et devient membre du Parti communiste indochinois en 1949.
Le gouvernement cambodgien lui accorde cette même année une bourse afin qu'il puisse effectuer des études de radio-électricité (EFREI, anciennement EFR) à Paris, de 1949 à 1953. Dès son arrivée en France, il rejoint les cercles du Parti communiste français, auprès desquels il se familiarise avec l'idéologie marxiste, et au sein desquels il passe la majorité de son temps.
Sa montée vers le pouvoir
Sans avoir obtenu le moindre diplôme, Saloth Sar devient professeur de français peu après son retour au Cambodge dans deux établissements privés de Phnom Penh, Chamroeun Vichea et Kampuchaboth (1956-1963).
Lorsque les Français se retirent d'Indochine en 1954, le roi Norodom Sihanouk est nommé à la tête de l'État et la monarchie est restaurée au Cambodge. Comme plusieurs de ses contemporains, Saloth Sar s'oppose au nouveau pouvoir et entre dans un parti communiste de faible envergure, le Parti révolutionnaire du peuple khmer (ce parti deviendra par la suite le Parti communiste du Kampuchéa, l'organe politique des Khmers rouges), pour y militer activement. Élu secrétaire du comité central du parti en 1962, les autorités chinoises commencent à montrer de l'intérêt pour Saloth Sar, le désignant sous le vocable de Political Potential.
En 1963, pour fuir la police, de plus en plus suspicieuse quant à ses activités politiques, Saloth Sar prend le maquis avec ses compagnons et entre dans la clandestinité. Il s'efforce alors de former les premiers combattants Khmers rouges avec l'aide et le soutien de la Chine.
Il est à noter qu'à cette époque, Mao Zedong voyait en lui un moyen aisé d'empêcher l'expansion du communisme soviétique dans la région.
À la fin des années 1960, la guerre que les États-Unis livrent au Viêt Nam s'étend au Cambodge, où les troupes américaines viennent débusquer, à l'aide de bombardements massifs, les forces vietnamiennes qui s'y étaient réfugiées pour fournir des armes au Front national de libération du Viêt Nam du Sud (Vietcong). Le 18 mars 1970, avec la bénédiction de la CIA, le maréchal Lon Nol orchestre un coup d'État et renverse la monarchie, incapable selon lui de faire respecter la loi dans le pays. Débarrassé d'un gouvernement intransigeant dans son implication dans la guerre du Viêt Nam, les États-Unis profitent de la situation en se livrant en toute impunité à des opérations militaires intensives, causant près de 500 000 victimes entre 1969 et 1973.
Une guerre civile se déclenche. Norodom Sihanouk et ses partisans se joignent aux Khmers rouges contre le nouveau régime sous un front commun : le Gouvernement Royal d'Union Nationale du Cambodge (GRUNC).
Malgré l'appui du Viêt Nam du Sud et des États-Unis, le régime de Lon Nol s'avère brutal, corrompu et incompétent dans la lutte contre le communisme. En 1973, la situation militaire se détériore et l'armée n'est en mesure que de défendre la capitale, Phnom Penh, surpeuplée de réfugiés fuyant les bombardements américains ou les mesures drastiques déjà imposées dans les zones rurales par les Khmers rouges. Ces derniers, sous la promesse de mettre un terme à la guerre, gagnent en popularité et passent, en l'espace de quelques années, de la guérilla à la guerre ouverte.
Son règne
Les forces communistes menées par Saloth Sar triomphent de l'armée de Lon Nol le 17 avril 1975, date à laquelle Phnom Penh tombe entre les mains des Khmers rouges, considérés au départ comme une force libératrice par la population. Saloth Sar se fait alors connaître comme « le frère numéro un » et adopte son nom de guerre: Pol Pot.
Dès leur prise de pouvoir, les Khmers rouges soumettent le pays à la dictature. Se servant de la légitimité du GRUNC pour gouverner, Pol Pot et ses sbires mettent en place un régime totalitaire qui entend rapidement d'éliminer tout individu lié au gouvernement de Lon Nol. Sous le prétexte fictif selon lequel les États-Unis s'apprêteraient à attaquer la ville, Phnom Penh est pratiquement vidée de ses deux millions d'habitants dans les jours qui suivent. Associés au capitalisme, tous les citadins, par la pointe du fusil, sont forcés d'aller travailler en campagne afin, dit-on, de nourrir la population.
Pendant près de quatre ans, les Khmers rouges font régner la terreur dans le pays, s'acharnant particulièrement sur la population urbaine et sur les intellectuels. Une prison d'État est instituée dans ce qui reste de Phnom Penh. Surnommé S-21, ce centre de détention incarcéra, entre 1975 et 1979, plus de 20 000 détenus, dont sept seulement survécurent. Tout ce qui pouvait rappeler la modernité ou l'Occident fut systématiquement détruit, telle la cathédrale catholique de Phnom Penh et la Banque nationale du Cambodge, toutes deux détruites par les flammes en 1975. La monnaie, la famille, la religion et la propriété privée sont abolies. Le Cambodge est coupé du monde.
Les Khmers rouges tardent à se doter d'un gouvernement. La République Khmère (nom donné au Cambodge depuis 1970) ne devient le Kampuchéa démocratique qu'en 1976. C'est à ce moment que Pol Pot est nommé Premier ministre et qu'une nouvelle constitution, un nouveau drapeau et un nouvel hymne national sont adoptés. Ailleurs dans le monde, les informations concernant le Kampuchéa démocratique arrivent au compte-gouttes, sauf en Chine et au Viêt Nam, où quelques journalistes et hommes politiques peuvent visiter le pays. Pour sa part, Pol Pot est pratiquement absent de la scène internationale. Personnage effacé et méconnu de son propre peuple, il se déplace peu et évite les interviews et les apparitions publiques.
À partir de 1977, après avoir survécu à trois tentatives d'assassinat et constatant l'incapacité des Khmers rouges à maintenir l'ordre, Pol Pot multiplie les purges de son parti, parsème les frontières de mines anti-personnelles et prêche une véritable guerre sainte contre le Viêt Nam, son ancien allié, à qui il impute la responsabilité de ses échecs. En outre, son gouvernement sème délibéremment la discorde avec ses voisins en exaltant des visées géographiques qui relèvent du délire. Dans une tentative de raviver l'économie à la dérive, Pol Pot élabore également un plan quadriennal aux effets catastrophiques, les objectifs ne pouvant être atteints que par un effort surhumain de la population.
Au total, plus d'un million et demi d'individus périrent dans ce chaos par les exécutions et la torture, le surtravail, la maladie non traitée ou la famine.
Sa chute
Pour en finir avec le régime des Khmers rouges dont l'hostilité anti-vietnamienne atteignait un paroxysme, le Viêt Nam envahit, le 7 janvier 1979, le Kampuchéa Démocratique avec l'aide de l'URSS, renversant le dictateur et mettant ainsi fin à la terreur qu'il avait instaurée. Avec l'aide de l'armée vietnamienne, un nouveau gouvernement est formé par d'anciens Khmers rouges opposés à Pol Pot, dont la plupart ont fuit les innombrables purges de 1977-1978. Le Kampuchéa Démocratique devient la République Populaire du Kampuchéa.
Pol Pot et ses complices s'enfuient alors dans la jungle, où ils offrent une résistance au nouveau régime pro-vietnamien. Le chef des Khmers rouges quitte ses fonctions militaires en 1985. Condamné à mort par contumace par les autorités pour les crimes commis pendant son règne, il disparaît jusqu'à la fin des années 1990. Selon les dires de plusieurs personnes, il aurait coulé des jours paisibles bien loin de la jungle cambodgienne, dans une résidence luxueuse en Thaïlande. Il se serait, par ailleurs, livré au trafic illégal de bois et de pierres précieuses pendant cette période.
Ses anciens camarades le retrouvent, en juillet 1997, affaibli par la malaria et d'importants problèmes de santé. Sur ordre de son rival Ta Mok, il est arrêté par ses propres troupes pour l'assassinat de Son Sen, l'ancien chef de la sûreté du Kampuchéa Démocratique, il est condamné cette fois à une peine d'emprisonnement à perpétuité.
Alors que ses derniers fidèles désertent et que les États-Unis travaillent sur la mise en place d'un plan visant à le capturer et à le traduire devant la justice internationale, Pol Pot s'éteint le 15 avril 1998 à l'âge de soixante-neuf ans, officiellement d'une crise cardiaque. Certains journalistes ont prétendu qu'il s'était suicidé, d'autres qu'il avait été empoisonné par son médecin. La fin de son existence s'est déroulée dans des conditions particulièrement mystérieuses, qui laissent encore planer un doute quant à la véracité de l'annonce de sa mort. Sceptique vis-à-vis de l'identité du corps, le gouvernement cambodgien, appuyé par la communauté internationale, a demandé qu'une autopsie indépendante soit réalisée. Mais le corps a été incinéré très rapidement, et la preuve de la mort du dirigeant sanguinaire n'a jamais véritablement été confirmée.