Fidel Alejandro Castro Ruz, né le 13 août 1926, est le principal dirigeant actuel de l'île de Cuba,suite à la révolution cubaine de 1958-1959 qui a renversé le gouvernement et le régime antérieur pro-américain dominé par le général Fulgencio Batista. Principal leader historique et politique, "Lider Maximo", de la révolution anti-batististe de 1959, d'inspiration démocratique,nationaliste et socialisante,il lui a donné sous l'influence du Dr Ernesto Guevara (dit le "Che") et de son frère et lieutenant Raul Castro, une orientation formellement marxiste-léniniste et pro-soviétique au début des années 1960 au moment de son affrontement avec les administrations nord-américaines (étatsuniennes)successives de l'époque.
Il a d'abord occupé la charge de premier ministre de la République de Cuba de 1959 à 1976, puis assume depuis le 2 décembre 1976, celle de président du Conseil d'État (chef de l'État) et de président du Conseil des ministres (chef du gouvernement) de cet État. Il est également le premier secrétaire (principal dirigeant) du Parti communiste cubain depuis sa refondation en 1965. Son frère cadet Raúl, à peine plus jeune que lui, est généralement considéré comme son successeur probable.
Né à Birán, près de Mayarí, dans la province de Holguín (anciennement appellé Provincia de Oriente), Fidel a passé ses premières années dans la ferme d'une famille aisée. Fils de Ángel Castro y Argiz, un immigrant espagnol et de sa cuisinière, Lina Ruz González, Castro fit ses études chez les jésuites et notamment au collège Belén de La Havane. Il entre en 1945 à l'université de La Havane et en sort diplômé en droit en 1950.
De 1950 à 1952, il se consacre au droit, puis se présente au Parlement pour le « Parti orthodoxe ». Mais le coup d'État du General Fulgencio Batista, qui renverse le gouvernement de Carlos Prío Socarrás annule ces élections. Castro attaque Batista en justice, l'accusant d'avoir violé la constitution, mais sa demande est jugée irrecevable. Castro organise alors une réaction armée à la caserne Moncada le 26 juillet 1953, mais celle-ci est un désastre. Quatre-vingt des assaillants sont tués, et Castro est arrêté et condamné à 15 ans de prison. C'est à cette occasion qu'il rédige « L'Histoire m'acquittera » discours passionné défendant son action et explicitant ses thèses politiques. Libéré lors d'une vague d'amnistie en mai 1955, il s'exile au Mexique puis aux États-Unis avec son frère Raùl, d'où il réorganise la résistance à Batista. On les appelle le Mouvement du 26 juillet. À cette époque, Castro se définit comme un adepte de la philosophie jeffersonienne et adhère à la formule Lincoln de coopération entre le capital et le travail. En 1959, il affirme au U.S. News and World Report qu'il n'a l'intention de nationaliser aucune industrie.
Le 2 décembre 1956, il rentre clandestinement à Cuba, avec 82 autres exilés dont Che Guevara, sur le navire de plaisance Granma dans la Province Orientale (au sud-est de Cuba). Au moment où Castro et ses hommes débarquent, l'armée de Batista les attendait. Après quelques jours de combats, seuls 12 des 82 hommes engagés ont survécu. Ils se réfugient dans la Sierra Maestra d'où ils mènent une guérilla contre l'armée de Batista. Ce dernier commet une erreur stratégique en ne les repoussant pas à la mer : il déclare que personne ne survit dans la Sierra Maestra, mais Castro et ses hommes le démentent dans les faits. Parmi les survivants se trouvent Che Guevara, Raul Castro et Camilo Cienfuegos.
Gagnant le soutien populaire, le mouvement regroupe bientôt 800 hommes. Le mouvement révolutionnaire est d'ailleurs très populaire aux États-Unis, Le New York Times et CBS envoient leurs reporters, Castro apparaît alors comme un héros de la démocratie. Le Gouvernement des États-Unis, gêné par la brutalité de régime de Batista retire l'aide militaire américaine qu'il lui apportait et commence à voir en Castro une alternative à Batista. Le 24 mai 1958, Batista envoie dix-sept bataillons (plus de 10 000 hommes) contre Castro lors de l'Opération Verano. Bien qu'en infériorité numérique, Castro remporte des victoires, aidé en cela par des désertions massives dans l'armée de Batista. Au cours de la contre-offensive de l'automne 1958, les forces révolutionnaires prennent Santiago de Cuba (la deuxième ville du pays) et Santa Clara. Le 31 décembre 1958, alors que la situation est très incertaine, Batista fuit le pays avec 40 millions de dollars vers la République Dominicaine, puis l'Espagne de Franco. Au 1er janvier 1959, Castro et le président élu Carlos Rivero Agüero survolent le pays et les forces castristes prennent La Havane le 8 janvier 1959. Le crédit de Castro auprès de la population cubaine est énorme, à cette époque il passe encore pour un modéré et un démocrate. Un premier gouvernement temporaire est mis en place, associant toutes les forces d'opposition à Batista. Ce gouvernement a pour mission de préparer des élections dans les 18 mois. Mais Castro va progressivement prendre goût au pouvoir, et la démocratie idéale qu'il souhaitait fonder au début de la révolution va en quelques années devenir une dictature. Les élections prévues n'ont pas lieu.
Castro est avant tout un homme de pouvoir, il n'a pas été élevé chez les jésuites pour rien : très vite, il comprend que la seule force organisée à Cuba, qui survit dans le chaos de la Révolution, est le Parti Communiste. Il passe aussitôt une alliance avec lui, qui accepte d'autant plus vite que celui-ci avait fait preuve de beaucoup de passivité pendant que Castro menait sa guerilla. Castro donne immédiatement des gages sérieux au PC : nationalisation des secteurs-clés de l'économie, l'énergie et l'industrie sucrière tout en organisant des procès rapides suivis d'exécutions sommaires d'anciens agents des forces armées ou de police ainsi que de l'oligarchie, pour terroriser les opposants.
En 1989, Castro prend ouvertement parti contre l'évolution des pays socialistes vers le démocratie libérale. Toujours aussi bon élève des Jésuites,il comprend que son seul rival sérieux est le général Ochoa, héros de la Guerre d'Angola, favorable aux réformes de Gorbatchev et qui aurait pu être tenté par un coup d'état militaire. Il organise contre lui un procès truqué, dans la pure tradition stalinienne. Pour faire bonne mesure, il y rajoute son ancien ministre de l'Intérieur, Abrantès, qui était chargé d'un réseau de blanchiment de trafic de drogue d'origine colombienne. Castro avait laissé se monter ce trafic pour se procurer des devises qui manquent énormément à son économie. Les deux accusés sont condamnés à mort et fusillés. Le but de ce procès est double : un avertissement clair à tous ceux qui auraient des ambitions politiques et se dédouaner vis à vis de le justice américaine qui voulait arrêter et juger Abrantès.
Encore aussi bon élève des Jésuites, en 1994, Castro fait venir Jean-Paul II, parce que l'Église catholique reste la seule institution crédible à Cuba, après l'effondrement du Communisme, une économie en ruine et une population souffrant beaucoup de toutes les pénuries. Le pape est chargé de délivrer un message d'espoir, de donner aux cubains une raison de vivre et, indirectement de légitimer le pouvoir en place. en faisant l'impasse sur le démocratie pluraliste.
La politique étrangère
Les États-Unis reconnaissent très rapidement le nouveau régime, et Fidel Castro devient premier ministre en février. Mais une tension se développe alors qu'il commence à exproprier des industries américaines telles que United Fruit, proposant une compensation uniquement fondée sur la taxe foncière que ces dernières s'étaient arrangées pour maintenir artificiellement basse. En avril 1959, Castro rencontre le vice-président Richard Nixon à la Maison Blanche. On raconte qu'Eisenhower évita Castro, prétextant une partie de golf, pour laisser Nixon discuter avec lui et déterminer s'il était communiste. La politique économique de Castro avait inquiété Washington, qui pensait qu'il avait fait allégeance à l'Union Soviétique. Suite à cette rencontre, Nixon expliqua que Castro était naïf mais pas forcément communiste.
En février 1960, Castro signe un accord avec l'URSS pour l'achat de pétrole suite au refus des raffineries américaines expropriées implantées à Cuba de le lui fournir. Les États-Unis suspendent peu après les relations diplomatiques avec l'île. À la grande inquiétude de l'administration Eisenhower, Cuba resserre progressivement les liens avec l'Union Soviétique. Nombre de conventions sont signées entre Fidel Castro et Nikita Khrouchtchev concernant une aide substantielle en matière économique et militaire.
Fidel Castro et Nikita Khrouchtchev
Le débarquement manqué de la Baie des cochons
Le 17 avril 1961, au lendemain de l'annonce par Fidel Castro de la nature socialiste de sa révolution, les États-Unis soutiennent un débarquement de la Brigade 2506, composée de 1 400 exilés cubains financés et entraînés par la CIA, sous la direction des agents Grayston Lynch et William Robertson. Il a lieu sur la côte sud de Cuba, à la plage Girón appelée la Baie des Cochons. La CIA pense que le débarquement va provoquer un soulèvement populaire contre Castro.
Or, il n'en est rien, et les forces débarquées sont capturées, alors que le Président Kennedy retire au dernier moment son soutien à l'opération. Deux navires de la marine américaine, venus en support, sont coulés par l'aviation cubaine et neuf personnes sont exécutées suite à cet échec. Castro, présent personnellement sur le champ de bataille, y gagne une popularité supplémentaire auprès des Cubains. Le 2 décembre de cette même année, lors d'une intervention télévisée, Castro se définit comme un marxiste-léniniste et annonce que Cuba adopte le communisme. Pendant les années soixante, plusieurs autres tentatives de moindre ampleur sont menées. Les exilés cubains, financés et équipés par la CIA, tentent d'imiter la révolution castriste, formant des gangs violents qui opèrent en particulier dans la Sierra de Escambray une région proche de Trinidad. Mais la population ne se soulève pas et les pertes civiles sont lourdes.
La crise des missiles de Cuba
Dans ses mémoires, Khrouchtchev raconte qu'il était en vacances en Crimée au printemps 1962 lorsqu'il eut l'idée de placer des missiles à Cuba afin de dissuader les États-Unis d'agresser l'île ou directement l'URSS. Ayant consulté l'État-major soviétique, il rencontra en juillet une délégation cubaine conduite par Raul Castro afin d'en préciser les modalités. Des missiles balistique à moyenne portée R-12 devaient être déployés sur le sol cubain, mais les États-Unis découvrirent la construction des installations lance-missile le 15 octobre 1962, avant le déploiement des armes. Le gouvernement américain, considérant l'installation d'armes nucléaires soviétiques à 90 miles de Miami comme une agression et une menace directe contre la sécurité des États-Unis, annoncèrent publiquement leur découverte et mirent en place une quarantaine autour de Cuba, susceptible d'arrêter tout navire à destination de l'île. Dans une lettre que Castro adressa à Khrouchtchev le 27 octobre 1962, il lui demanda de réagir par la force nucléaire si Cuba venait à être envahie[1]. Mais le premier secrétaire rejeta l'idée. Les militaires soviétiques présents à Cuba furent cependant autorisés à utiliser des armes tactiques nucléaires en cas d'attaque américaine.
Khrouchtchev accepta finalement de retirer les lance-missiles en échange d'une promesse américaine de ne pas envahir Cuba et du retrait de leurs missiles Jupiter de Turquie. À la suite de cet évènement, les États-Unis ne tentèrent plus d'invasion de Cuba, mais leurs relations restèrent tendues, notamment via l'embargo et la CIA continua de soutenir nombre de projets d'assassinat (plus de 600 selon des sources cubaines) pendant les années qui suivirent.
Interventions militaire extérieure
Dés les années 1960, Cuba soutint de façon plus ou moins discrète des mouvements de guérillas communistes en Amérique latine et en Afrique mais à partir de 1975, l'armé cubaine intervint de façon directe dans des conflits sur ce dernier continent.
Cuba envoya en été 1975 des conseillers militaires au MPLA (Mouvement populaire de libération de l'Angola) qui avait pris le pouvoir en Angola lors de son indépendance.
En novembre, cela sera des unités réguliéres : il y aura jusqu'à 50 000 hommes en permanence, et 300 000 soldats cubains auront été présents en 13 années.
L'armée cubaine disposait de son propre état-major et constituait en fait la principale force militaire du MPLA avec des régiments d'artillerie et des blindés engagés, tandis que les forces du MPLA constituaient l'infanterie chargée des ratissages, etc. L'URSS s'était chargée du pont aérien, et a également fourni des avions MiG-21 avec des pilotes à l'armée cubaine.
Cuba a prétexté que l'Angola était menacé par l'Afrique du Sud. Mais Cuba a également envoyé des troupes en Éthiopie en 1977, à partir du moment où la junte militaire qui y avait pris le pouvoir avait décidé de s'allier à l'URSS.
Dans les années 1980, plusieurs milliers de conseillers militaires furent envoyés pour soutenir le gouvernement sandiniste du Nicaragua.
Les relations avec le Canada et Trudeau
En 1976, Pierre Elliott Trudeau (P.E.T), alors premier ministre du Canada fit à Cuba l'une des premières visites d'État d'un leader occidental pendant l'embargo imposé par les États-Unis. Il apporta 4 millions de dollars d'aide canadienne et offrit un prêt de 10 millions supplémentaires. Dans son discours, Trudeau déclara : « Longue vie au commandant en chef Fidel Castro. Longue vie à l'amitié cubano-canadienne. » L'amitié entre les deux hommes se poursuivit après le retrait du premier ministre de ses fonctions et Trudeau se rendit à de nombreuses reprises sur l'île dans les années 1980 et 1990. Castro fit le déplacement au Canada en 2000 pour assister à ses funérailles. Ce fut d'ailleurs l'une des très rares fois où Castro n'a pas revêtu son traditionnel uniforme militaire vert pour une fonction officielle.
Les problèmes des demandeurs d'asile
Le 28 mars 1980, un bus de demandeurs d'asile s'écrasa contre les portes de l'ambassade péruvienne à La Havane. Plus de 10 000 Cubains entrèrent dans l'ambassade en 48 heures. Le 20 avril, Castro annonça que tous ceux qui le souhaitaient pouvaient quitter le pays via le port de Mariel à La Havane. Les exilés cubains se mirent à naviguer vers Mariel formant ce qui fut appelé la « flottille de la liberté ». Selon les gardes-côtes américains, 124 776 Cubains avaient quitté le pays lorsque Castro ferma les vannes le 26 septembre.
Bien que la plupart des Cubains qui quittèrent l'île pendant cette période aient été des demandeurs d'asile réels, Castro en profita pour expulser 20 000 citoyens criminels.
Les critiques contre les États-Unis
Fidel Castro se livre à de virulentes critiques contre la politique américaine d'embargo et les tentatives fréquentes de renversement de son gouvernement. Il condamne aussi la mainmise des entreprises américaines sur les pays en voie de développement et même la politique de santé publique des États-Unis. Récemment, il a également sévèrement critiqué la politique migratoire de son voisin qui empêche les émigrés cubains de rendre visite à leur famille dans l'île. Il s'oppose aussi à l'attitude des pays développés vis-à-vis des pays en voie de développement, regrettant le poids croissant du service de la dette extérieure.
Nombreuses sont les accusations dont les États-Unis font l'objet. Pendant la Guerre Froide, ils ont provoqué de nombreuses d'attaques secrètes et mortelles pour Cuba afin d'affaiblir le pays et par là-même, de faire tomber le gouvernement Castro. En 1971, une épidémie de peste porcine africaine fut importée par des organisations anti-castristes soutenues par la CIA, ce qui fut révélé par la presse américaine en 1977. Les Cubains durent euthanasier la moitié de leurs porcs pour enrayer la maladie. En 1981, une épidémie de dengue tua 188 personnes ce qu'une enquête internationale, conduite peu après, attribua aux américains. En 1988, le procès du leader d'Omega 7, Eduardo Arocena, pour le meurtre du diplomate cubain Félix García en apporta de nouvelles preuves. D'autres pathologies telles que la mycète du tabac ou le smut de la canne à sucre leur furent attribuées, tout comme les tentatives répétées d'assassinat de leaders cubains.
La politique économique
Fidel Castro
Castro consolida son contrôle sur le pays en nationalisant les industries et en expropriant aussi bien les Cubains que les non-cubains et en mettant en place des politiques favorables aux habitants. Nombre de Cubains (environ deux millions), pour cette raison, quittèrent l'île, la plupart pour Miami, en Floride, où ils constituèrent une importante communauté anti-castriste. À cause de la politique des blocs durant la guerre froide, et à cause de l'embargo établi par les États-Unis, Cuba devint de plus en plus dépendant des échanges commerciaux avec l'URSS et le bloc de l'Est, qui représentèrent environ 50% de son PNB réel, dont une aide importante sous la forme de prix surévalués. La dissolution de l'Union soviétique en 1991 eut de sévères répercussions sur l'économie du pays.
Les sanctions économiques contre Cuba, interdisant notamment aux touristes américains de s'y rendre, sont présentées par les castristes comme un facteur majeur dans les troubles économiques de l'île. À contrario, les défenseurs de l'embargo répondent que celui-ci n'est le fait que des États-Unis et que Cuba reste libre de commercer avec les autres pays. Cependant, les États-Unis tentent d'empêcher les filiales étrangères des compagnies américaines de commercer avec Cuba et imposent des sanctions aux compagnies étrangères qui font des bénéfices sur des propriétés nationalisées sans compensation. Ils restreignent également leurs propres échanges avec les petits pays qui traitent avec Cuba.
Cuba est la deuxième destination touristique des Caraïbes la plus prisée (derrière la République dominicaine) ce qui lui apporte des devises étrangères vitales. L'île reçoit également d'importants subsides (on les estime à 850 millions de dollars) de la part de cubains exilés qui en envoient à leur famille ou à leurs amis. En échange de personnel médical, Cuba reçoit également du pétrole en provenance du Venezuela, suite à la suppression du canal d'alimentation de l'Europe de l'Est.
Ces dernières années, Castro a encouragé le développement de la biotechnologie pour soutenir l'économie cubaine et trouver des substituts à la dépendance extérieure cubaine en matière de produits de santé. Cette politique a fait craindre un développement d'armes biologiques par Cuba. Aussi, en 2002, l'un des objectifs de la visite de l'ancien président Carter était-elle de visiter les sites d'ingénierie génétique. Depuis, l'île a bénéficié des exportations de technologie médicale et de la croissance du tourisme à but sanitaire.
Les systèmes d'éducation et de santé cubains
La communication du régime castriste à propos des réalisations économiques et sociales met un fort accent sur deux domaines phares : l'éducation et la santé. À Cuba, chacun peut accéder aux soins et à l'éducation. Durant la période castriste, ces deux domaines montrent des statistiques officielles très bonnes, parmi les meilleures d'Amérique latine et dans le peloton de queue des pays développés. En 2000, après un demi siècle de castrisme, les taux officiel cubains se sont améliorés tant pour l'alphabétisation (96 %) que pour la mortalité infantile (0,9 %). Le PNB par habitant, lui, est devenu médiocre et place Cuba parmi les pays pauvres ou relativement pauvres.
Selon les statistiques de l'UNESCO, le taux d'instruction de base à Cuba est l'un des plus élevés d'Amérique latine. Le taux d'alphabétisation a progressé officiellement de 76 % à 96 % en 1961. La campagne d'alphabétisation engagée par Fidel Castro a été concentrée sur les campagnes où le niveau d'éducation était très bas, seule la moitié des paysans sachant alors lire à Cuba. Lors d'un discours à l'automne 1960 devant les Nations unies Fidel Castro annonça que Cuba serait « le seul pays qui pourra dire, après quelques mois, qu'il ne possède plus un seul illettré. » Près de 270 000 professeurs et étudiants furent envoyés à travers le pays pour apprendre à lire et à écrire à ceux qui le souhaitaient. En 1961, le taux d'illettrisme était passé de 20 à 4 %. Les personnes qui terminaient leur cycle d'études étaient encouragées à envoyer une lettre à Fidel Castro comme test. Le musée national de l'instruction cubaine conserve 700 000 de ces courriers. La télévision cubaine diffuse, en plus des programmes de divertissement, des cours du second degré pour la population adulte.
Le système de santé s'affiche d'excellente qualité. En reconnaissance de ses efforts, Fidel Castro fut le premier chef d'État à recevoir la médaille de la Santé Pour Tous décernée par l'organisation mondiale de la santé (OMS). La mortalité infantile est la plus basse de la région, avec toutefois un fort taux d'avortements, notamment pour raison médicale. La majeure partie du travail effectué par Cuba en matière de santé a porté sur l'enfance. Les média cubains mettent fréquemment en avant la différence entre les enfants cubains et ceux de Bogotá, Los Angeles, Buenos Aires, les «pueblos jóvenes» du Pérou, ou les favelas du Brésil. Le nombre d'enfants cubains vivant dans la rue y serait peu élevé en comparaison. Tous les enfants cubains reçoivent du lait gratuitement jusqu'à l'âge de 6 ans. L'espérance de vie à Cuba est officiellement à peine inférieure à celle des États-Unis en 2002, et est la plus élevée de toute l'Amérique latine. L'espérance de vie est passée de moins de 60 ans en 1959 à 73 ans en 2004, montrant l'amélioration des conditions de vie depuis le début du XXe siècle.
Il est généralement admis que Cuba a fait d'importants progrès en matière pharmaceutique. L'île possède ses propres médicaments qu'elle tente de vendre dans le monde. Environ 20 000 médecins ont été envoyés par Cuba auprès de 60 pays du tiers monde.
Une image populaire
Contrairement à de nombreux chefs d'État, il n'a été représenté que deux fois sur un timbre. La première fois en 1974, en commémoration de la visite de Leonid Brejnev, puis en 1999, sur un timbre commémorant le 40e anniversaire de la Révolution. Le régime a plutôt encouragé l'admiration envers le héros de l'indépendance, José Martí ou les martyrs de la révolution tels que Camilo Cienfuegos. Apparaissant rarement en public sans son uniforme militaire, Castro est connu pour ses discours fleuves qui durent souvent plusieurs heures et contiennent nombre de données et références historiques.
Son surnom de « líder máximo », qui n'est plus guère utilisé à Cuba, est une contraction de « líder máximo de la Revolución Cubana. »
En Espagne, le docteur Castro put immédiatement établir d'excellentes relations avec le caudillo Francisco Franco, désireux de renouer des liens étroits avec une colonie récemment perdue, au nom de l'"Hispanidad".
En France, son amitié et sa caution restent revendiquées par des hommes et des femmes politiques socialistes, en particulier Jack Lang et Danielle Mitterrand.
Son image est néanmoins ternie à l'étranger par le nombre d'opposants pacifiques qui sont morts emprisonnés dans les géoles cubaines, parmi lesquels le plus célèbre est le poète catholique Pedro Luis Boitel.
Contestations
Plus d'un million de Cubains ont quitté le pays depuis son arrivée au pouvoir pour des raisons politiques et/ou économique.
Plusieurs milliers d'entre eux se sont engagés des organisations plus ou moins aidées par le gouvernement des États-Unis en vue de le renverser ou du moins contester son régime, les actions violentes des années 1960 ayant échoué.
Des dissidents cubains ont déposé une requête devant l'Audience nationale, la plus haute instance de la justice espagnole le vendredi 14 octobre 2005 pour demander l'inculpation de Fidel Castro pour génocide, crimes contre l'humanité, torture et terrorisme.
Les prisonniers politiques
Selon un rapport publié le 10 janvier 2005 par la Commission cubaine pour les droits de l'homme et la réconciliation nationale (CCDHRN), 294 prisonniers politiques sont encore enfermés à Cuba, contre 317 début 2004.
Selon ce rapport, en 2004, au moins 21 personnes ont été emprisonnées pour des motifs politiques. Il rappelle également que le gouvernement cubain continue de refuser l'accès aux prisons au Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et à la Commission des droits de l'homme de l'ONU.
Fortune
En 2003, le magazine américain Forbes estime la fortune du Lider Maximo à "au moins 110 millions de dollards.[2] En 2004 à 150 millions[3]; puis, en 2005, à 550 millions de USD.[4] Et enfin en 2006, à 900 millions de dollars américains, mais ce calcul relève « plus de l'art que de la science ».[5] Jusqu' en 2003, le magazine se contentait d'attribuer, de manière arbitraire, une partie du PIB cubain, environ 10 %, à M. Fidel Castro. Pour l'année 2006, la valeur des entreprises d'État a été comptabilisée comme relevant de sa fortune personnelle. Celui-ci a démenti ces révélations et affirme qu'il ne gagne que l'équivalent de 40 USD par mois, il s'est par ailleurs engagé à quitter ses fonctions si la preuve est apportée qu'il possède une telle fortune.[6]
Problèmes familiaux
Il est à noter que Alina Fernández, une des filles naturelles de Fidel Castro, a fui Cuba en 1993 et ne cesse de s'opposer publiquement à son père et à sa politique. Elle s'est installée depuis 2001 à Miami.
Au total, au moins 5 membres de sa famille se sont installés à Little Havana, le quartier cubain de cette ville, 2 de ses filles et 3 de ses petits-enfants qui mènent une vie en général loin des médias.
[b]Distinction
En 1998 il reçoit le controversé Prix Kadhafi des droits de l'Homme de la Libye.[/b]
Augusto José Ramón Pinochet Ugarte (né le 25 novembre 1915 à Valparaíso, Chili), militaire chilien ayant atteint le grade de général en 1970, il dirige le Chili de 1973 à 1990.
Études
Augusto Pinochet est né dans une famille modeste, descendant d'une famille française originaire de Bretagne arrivée au Chili au XVIIIe siècle. Sa première femme, Lucia Hiriart Rodriguez est quant à elle descendante d'immigrés basques français (famille Hiriart).
Il fait ses études primaires et secondaires au Seminario San Rafael à Valparaíso, à l'Institut Rafael Ariztía à Quillota et à l'école des Pères Français à Valparaíso.
Études militaires
En 1933, il entre dans une école militaire. Quatre années plus tard, il obtient le grade d'Alférez (second lieutenant) dans l'infanterie.
Carrière militaire
Il commence dès lors son service militaire et en septembre 1937, rejoint le régiment « Chacabuco » à Concepción avant d'obtenir le grade de sous-lieutenant en 1939.
En 1953, il devient commandant et il finit ses études de droit à l'université.
En 1970, Eduardo Frei (président du Chili de 1964 à 1970) le nomme général de brigade et en 1973 il est nommé général de division. Ami proche et frère en loge de Salvador Allende, celui-ci le choisit pour commandant en chef de l'armée chilienne alors que le pays est au bord de la guerre civile, fractionné entre les milices ouvrières de l'Unité populaire, favorables à Allende, contre groupes paramilitaires, soutenus par une partie de la société chilienne mais aussi, secrètement, par la CIA appelée en renfort des intérêts du groupe ITT dont les mines de cuivre avaient été nationalisées par le nouveau régime.
D'abord loyaliste, le général Pinochet se joint rapidement au complot qui débouche sur le Coup d'État du 11 septembre 1973 au Chili, pendant lequel le palais présidentiel (Palacio de la Moneda) fut bombardé avec des avions britanniques Hawker Hunter. Allende est tué et des milliers de ses partisans sont arrêtés, voire torturés ou tués.
Le chef de la junte militaire au pouvoir (1973-1990)
La junte militaire se choisit Pinochet comme chef qui reçoit immédiatement le soutien des conservateurs et de la majorité des démocrates chrétiens, lesquels s'attendent à récupérer le pouvoir exécutif (ils détiennent déjà la majorité au parlement). Mais Pinochet ne relache pas prise et il conservera le pouvoir jusqu'en 1990.
Il appelle les adeptes de Milton Friedman à sa rescousse pour redresser l'économie du pays. Pendant les premieres huit ans (et puis de 1984 à 1989) le taux de croissance dépasse alors les 8% alors que la classe moyenne se développe et que l'analphabétisation recule.
En 1980, il fait approuver par 67% des électeurs une nouvelle constitution qui lui accorde un mandat de 8 années en tant que président de la république.
En 1982 et 1983, l'économie stagne, l'inflation s'envole alors que la répression contre les opposants s'accentue.
En 1988, il demande un nouveau mandat par le biais d'un référendum. A cette occasion, tous les partis politiques peuvent s'exprimer. Soutenus par tout un nombre d'organisations internationales et de pays, le camp du non à Pinochet rassemble 53% des électeurs alors que le général n'en rassemble plus que 45 %.
Bon gré, mal gré, il organise alors la transition démocratique qui aboutit en mars 1990 à l'intronisation du démocrate chrétien Patricio Aylwin comme président de la république. Le Général Pinochet reste alors encore pendant sept ans chef innamovible des armées et en profite, à ce titre, pour parcourir le monde de la Chine à la Russie.
En 1990, la commission vérité et réconciliation rapporte que le régime du général Pinochet a fait près de 2279 morts et disparus alors que 130 mille personnes ont été arrêtés pour des raisons politiques.
En 1998, désormais sénateur à vie en tant qu'ancien président de la république, le général Pinochet se rend à Londres pour être hospitalisé. Il est alors mis en résidence surveillée suite à un mandat d'arrêt international émis par un juge espagnol.
Son assignation à Londres durera deux ans obligeant le gouvernement du Chili à réclamer sa libération.
De retour au pays, il est accueilli par des milliers de ses partisans à Santiago du Chili.
Cependant, des poursuites judiciaires sont engagées contre lui. Elles seront périodiquement annulées en fonction de l'état de santé du général Pinochet.
Levée de l'immunité parlementaire
Accordée en sa qualité d'ancien président, le général Pinochet bénéficie d'une immunité qui a été l'objet depuis 1998 de 300 plaintes pour violation des droits de l'homme.
En 2002, la Cour suprême invoque ses conditions physiques dues à une "démence modérée" pour absoudre Pinochet dans l'affaire dite des "Caravanes de la mort".
Le 26 août 2004, la Cour suprême du Chili décide de lever l'immunité parlementaire de Pinochet dans le cadre de l'enquête sur le Plan Condor. Ce plan concerté des dictatures sud-américaines avait été organisé en vue d'éliminer entre 1974 et 1980 les opposants politiques aux régimes militaires en place au Chili, en Argentine, en Bolivie, au Brésil, au Paraguay et en Uruguay. A cette occasion, la partie civile demande le rejet de l'argument de « démence » en déposant un rapport de trois psychiatres concluant à de bonnes conditions mentales après avoir décortiqué une interview accordée en novembre 2003 par l'ancien général à une télévision de Miami. En juin 2005, le général Pinochet est relaxé par la Cour d'appel de Santiago dans le cadre de la procédure judiciaire sur l'Opération Condor. Les recours déposés par les familles de victimes sont jugés «irrecevables». Cette relaxe est confirmée définitivement le 15 septembre 2005 par la Cour Suprême.
Dans une autre affaire, le 14 septembre 2005, la Cour suprême chilienne, par dix voix contre six, lève l'immunité du général Pinochet dans le cadre de l'enquête sur l'opération Colombo, pour laquelle il aurait couvert l'exécution de 119 membres du Mouvement de la gauche révolutionnaire (MIR) chilien dont les cadavres avaient été retrouvés en Argentine et au Brésil en 1975. Cette levée d'immunitée ne signifie pas l'inculpation du général car la Cour ordonne qu'il passe des examens médicaux avant son éventuel interrogatoire, dans le but de déterminer si sa condition physique lui permet d'affronter un procès. L'étape suivante le cas échéant, il restera à enregistrer la déclaration du général Pinochet et d'examiner l'existence de preuves le reliant aux crimes, afin d'envisager son éventuelle inculpation.
En fait, c'est un dossier de fraude fiscale concernant l'existence de comptes bancaires secrets de Pinochet et de sa famille aux États-Unis et dans les Caraibes, pour un montant de 27 millions de dollars, qui met davantage en émoi l'opinion publique chilienne que les accusations relevant d'activités criminelles. Quatre vingt dix pour cent de ces fonds auraient été acquis entre 1990 et 1998 quand le général Pinochet était chef des armées et proviendraient essentiellement de trafic d'armes (lors de l'achat de Mirage belges en 1994, de tanks Léopard hollandais, de chars suisse Mowag ou encore lors de la vente illégale d'armements à la Croatie, en pleine guerre des Balkans). Le général Pinochet devrait alors au fisc 16,5 millions de dollars. C'est dans cette affaire que l'immunité de Pinochet a été également levée par la Cour d'appel de Santiago et confirmée par la Cour Suprême le 19 octobre 2005. La procédure judiciaire peut ainsi continuer et éventuellement aboutir à un jugement du général Pinochet, de son épouse Lucia Hiriart et de l'un de ses fils, Marco Antonio Pinochet, poursuivis pour complicité. Cependant, le juge Juan Guzman Tapia -- surnommé le "tombeur de Pinochet" -- afficha son scepticisme sur la probabilité d'un procès que ce soit pour des atteintes aux droits de l'homme ou pour fraude fiscale. Toutefois, des examens médicaux conclurent que l'état de santé physique et mental de l'ancien dictateur lui permettait d'être jugé et le 23 novembre 2005, le juge Carlos Cerda l'inculpa pour fraude fiscale et ordonna son arrestation et son assignation à résidence. Mis en liberté sous caution ("sa liberté ne représentait pas un danger pour la sécurité de la société"), c'est néanmoins la quatrième fois en sept ans que Augusto Pinochet fait l'objet d'un mandat d'arrêt.
Héritage
Les chiliens restent divisés sur l'héritage des années Pinochet. Un tiers le considère comme un dictateur brutal ayant mis fin à la démocratie en légitimant la torture et les assassinats politiques alors qu'un autre bon tiers le considère comme un héros et lui sait gré d'avoir sauvé le pays du communisme, d'avoir transformé et modernisé l'économie chilienne, la plus pauvre du continent en 1973 en la plus performante et la plus riche en 1990. Enfin, un tiers des chiliens reste partagé entre la répulsion des exactions de la dictature et les réussites économiques qui ont profité à la nouvelle classe moyenne du Chili.
Mais par comparaison, les chiliens semblent moins partagés quant au bilan de la politique de Salvador Allende qu'ils jugent mauvais (pour plus de 50% des chiliens sondés en 1999 selon le quotidien conservateur El Mercurio, farouchement hostile à Allende).
Divers
Le couple Pinochet possède plus de quatorze résidences au Chili estimés pour un montant de 1,2 millions de dollars américains. Sa résidence principale est située 3796 Los Flamencos, dans le quartier résidentiel de Lo Barnechea à Santiago du Chili.
Le général russe Alexandre Lebed sera un temps surnommé le Pinochet Russe, à l'époque où, très populaire, il semblait être en position de prendre le pouvoir des mains de Boris Ieltsine