Les Rois de France
Posté le 16.06.2007 par feobus
Louis Ier dit le Pieux ou le Débonnaire est né en 778 et il est mort le 20 juin 840 sur une île du Rhin à Ingelheim près de Mayence en Allemagne.[1]
Il est né en été 778, en l'absence de son père Charlemagne, qui entreprenait à ce moment là une expédition militaire vers l'Espagne. Sa mère, Hildegarde de Vintzgau, les mit au monde, lui et son frère jumeau Lothaire, malheureusement mort peu après, à la villa Cassinogilum, Chasseneuil-du-Poitou[2]
Louis le Pieux fut roi d'Aquitaine (781-814) et empereur d'Occident (814-840). Le règne de Louis le Pieux est marqué par de nombreuses menaces sur l'unité de l'empire carolingien légué par son père Charlemagne : les fils de Louis le Pieux se sont révoltés contre lui et il dut faire face aux raids des Vikings. Enfin, les ambitions des aristocrates s'affirment de plus en plus et menacent le pouvoir impérial durant cette période.
C'est en tant que dernier fils survivant que son père Charlemagne lui donne le titre d'empereur d'Occident, le 11 septembre 813 à Aix la Chapelle.
« Au mois de septembre de cette même année (813), le susdit empereur Charles réunit une grande assemblée du peuple au palais d'Aix. Venant de tout son royaume et empire s'assemblèrent évêques, abbés, comtes, prêtres, diacres et assemblée des Francs auprès de l'empereur à Aix ; et là ils élaborèrent quarante-six chapitres sur ce qui était nécessaire à l'Église de Dieu et au peuple chrétien. Ensuite se tint une assemblée avec les dits évêques, abbés, comtes et nobles du royaume franc, et ils firent de son fils Louis un roi et un empereur. Ce à quoi tous consentirent pareillement, déclarant que cela était justifié ; et cela plut au peuple, et avec le consentement et l'acclamation de tout le peuple, il fit son fils Louis empereur avec lui, et il perpétua l'empire par la couronne d'or, le peuple acclamant et criant : Vive l'empereur Louis ! Et ce fut une grande joie dans le peuple ce jour-là. »
L'empire ne serait donc pas découpé, comme il était coutume de le faire à l'époque. En octobre 816, il est sacré par le pape Étienne IV à Reims.
Avec Ermengarde de Hesbaye il a trois fils : Lothaire, Louis et Pépin. Le premier doit recevoir l'empire d'Occident, Louis la Bavière et Pépin l'Aquitaine. C'est ainsi que Louis le Pieux, en prévision de sa succession, découpe et partage son empire en juillet 817 dans un document appelé Ordinatio Imperii. Ces dispositions se heurtent à la révolte de son neveu Bernard, roi d'Italie, petit-fils de Charlemagne.
Après avoir durement châtié Bernard en lui faisant crever les yeux (818), l'empereur, accablé de remords et pour expier sa cruauté, se sent obligé de faire pénitence publique (Attigny 822). Cet acte ébranla fortement son prestige.
Devenu veuf en 819, Louis se remarie avec Judith de Bavière, de la dynastie Welf, qui lui donne un fils en 823, le futur Charles le Chauve. Judith essaie d'écarter ses beaux-fils du pouvoir. La naissance de Charles vient bouleverser le partage de 817 : il faut possessionner ce nouveau descendant. Aussi, dès 829, Louis le Pieux modifie sa succession pour y intégrer Charles. Lothaire réunit plusieurs aristocrates et forme le parti de l'unité de l'empire. Une première révolte éclate en 830 : les trois fils de Louis le Pieux se rebellent contre leur père et le contraignent à enfermer Judith dans un monastère. La succession est encore revue : le titre impérial n'a plus de successeur, les fils ont chacun un royaume indépendant. En juin 833, une nouvelle rébellion des frères fait vaciller le pouvoir : l'empereur, Judith et le petit Charles sont enfermés.
En novembre 833, Lothaire impose à son père Louis le Pieux une pénitence publique à Saint-Médard de Soissons ; ce dernier est déposé de sa dignité impériale. Mais l'opinion publique se retourne contre les frères et ceux-ci se divisent pour s'opposer. En 835, Louis retrouve son titre d'empereur. Deux ans plus tard, Louis le Pieux constitue un vaste royaume pour son dernier fils Charles, ce qui entraîne les rancœurs des autres.
Après la mort de Louis le Pieux en 840, les hostilités entre les fils reprennent aussitôt.
Louis, n'étant pas le fils aîné de Charlemagne, était d'abord destiné à une carrière monastique et fut instruit dans la religion. Durant son règne, il a réformé les monastères. Il changea sa politique vis-à-vis de la papauté : il s'engagea à respecter les États de l'Église et à ne pas intervenir dans les élections pontificales ; le pape retrouve ainsi, après le contrôle exercé par Charlemagne, une certaine indépendance politique. À sa cour, il s'entoure de prélats et de clercs qui le conseillent : Agobard et Benoît d'Aniane (750-821). En 822, il accomplit une pénitence publique à Attigny. Enfin, après sa mort, il est enterré à l'abbaye Saint-Arnoul de Metz. En somme, la politique religieuse de Louis le Pieux a eu pour objectif de renforcer l'unité de l'empire, un empire carolingien fondamentalement chrétien.
Ce surnom de Pieux est attesté de son vivant. Thegan, l'un de ses trois biographes ne rédige-t-il pas la Vita Hludovici Pii ? Or Pii signifie Pieux .
Même Agobard , très critique envers Judith , fervent soutien de Lothaire et principal artisan de la déposition de Louis en 833 utilise le terme Pii dans son Libro Duo pro Filiis et Contra Iudith Uxorem Ludovici Pii !!
L'autre surnom "débonnaire" n'apparaît qu'une fois durant le haut Moyen Age, sous la plume de L'Astronome, un autre de ses biographes. Il n'emploie le terme latin "Mittisum" que l'on a traduit par débonnaire qu'une seule fois dans son récit. Malheureusement pour Louis, ce terme sera repris par Primat en 1275 dans Les grandes chroniques de France !! Puis par une cohorte d'historiens qui éclipseront le mot Pieux.
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Posté le 16.06.2007 par feobus
Charles Ier dit Charles le Grand (en latin Carolus Magnus, en français Charlemagne, en allemand Karl der Große) est vraisemblablement né le 2 avril 742, sans certitude quant au lieu (voir ci-dessous en Date et lieu de naissance). Il est mort à Aix-la-Chapelle (Aachen, en Allemagne), le 28 janvier 814[1].
Il fut roi des Francs (768-814), devint par conquête roi des Lombards (774-814), et fut couronné empereur d’Occident par le pape le 25 décembre 800, relevant une dignité prestigieuse disparue depuis l'an 476.
Monarque guerrier, il agrandit notablement son royaume par une série de campagnes successives, en particulier par la lente mais violente soumission des Saxons païens (772-804). Souverain réformateur, soucieux d'orthodoxie religieuse et de culture, il protégea les arts et les lettres, et initia dans son vaste empire le brillant mouvement ultérieurement qualifié de renaissance carolingienne.
Son œuvre politique immédiate ne lui survécut pas longtemps. L'empire fut partagé entre ses trois petits-fils dès le traité de Verdun en 843. Le morcellement féodal des siècles suivants, puis la division de l'Europe en États-Nations rivaux condamnèrent à l'impuissance ceux qui tentèrent explicitement de restaurer l'empire universel de Charlemagne, en particulier les souverains du Saint-Empire romain germanique, de Otton Ier en 952 à Charles Quint au XVIe siècle, ou encore Napoléon Ier, hanté par l'exemple du plus éminent des Carolingiens.
Pourtant, Charlemagne peut être considéré comme le « Père de l'Europe » avant l’heure. Il a assuré le regroupement d'une partie notable de l'Europe occidentale, et posé les principes de gouvernement dont ont hérité les grands États européens.
La naissance et l’enfance de Charlemagne restent obscures, faute de documents d’époque.[réf. nécessaire]
Il est vraisemblablement né le 2 avril 742, mais là-aussi, certaines analyses suggèrent le 1er avril 747, le 15 avril 747 ou le 1er avril 748.
Ayant vraisemblablement vu le jour à « La Préalle » à Herstal, en Belgique, il vit à Jupille, où réside son père Pépin le Bref. (Herstal et Jupille se situent aujourd'hui dans la banlieue de la ville de Liège en Belgique et sont à l’époque des lieux de résidence privilégiée d’une bonne partie des souverains des dynasties mérovingienne et pippinide, ancêtres des Carolingiens). D’autres lieux de naissance sont également évoqués : Aix-la-Chapelle, Düren, Prüm, Quierzy-sur-Oise.
À la mort de Pépin le Bref, le 24 septembre 768, ses deux fils Charles (futur Charlemagne) et son frère Carloman sont tous deux élus rois, le 9 octobre 768, par une assemblée populaire ; Charles se voit attribuer la partie de territoire que possédait son père, et Carloman le royaume de leur oncle Carloman, frère de Pépin le Bref.
En 770, son frère refusant de l'aider, Charles est seul à combattre et à remporter une victoire complète sur les peuples d'Aquitaine aux velléités d'indépendance.
En 771, soit après un peu plus de trois années de règne et de paix relative entre les deux frères, Carloman décède au palais carolingien de Corbeny. Dès le lendemain de sa mort, Charles s'empare du royaume de son frère en usurpant l'héritage de ses neveux. Gerberge, la veuve de Carloman, se réfugie en Italie avec ses fils et quelques partisans. À l'âge de vingt-neuf ans, Charles est élu souverain de tout le royaume franc.
Dans le royaume franc, les puissants accueillent des hommes libres qu'ils éduquent, protègent et nourrissent. L'entrée dans ces groupes se fait par la cérémonie de la recommandation: Ces hommes deviennent des guerriers domestiques (vassus) attachés à la personne du senior[2]. Le seigneur doit entretenir cette clientèle par des dons pour entretenir sa fidélité[3]. La monnaie d'or devenant rare du fait de la distension des liens commerciaux avec Byzance (qui perd le contrôle de la Méditerranée occidentale au profit des musulmans)
la richesse ne peut provenir que de la guerre: butin ou terres conquises à redistribuer[4]. En l'absence d'expansion territoriale les liens vassaliques se distendent: pour se pérenniser une puissance doit s'étendre. Depuis des générations les pippinides étendent ainsi leurs dominations et leurs comtes s'enrichissant cèdent des terres à leurs propres vassaux. Charles Martel et Pépin le Bref ayant récupéré les biens de l'Église pour nommer évêques ou abbés des vassaux laïcs eurent les moyens d'être à la tête d'une armée sans égale dans l'occident médiéval à cette époque tout en stabilisant leurs acquis[5].
Charlemagne se retrouve avec le même problème : il doit s'étendre en permanence pour entretenir ses vassaux et éviter la dissolution de ses possessions. Pendant tout son règne, il tente de les fidéliser par tous les moyens: en leur faisant prêter serment, en leur allouant des terres (seule richesse de l'époque) qu'ils devaient lui restituer à leur mort, en envoyant des missi dominici surveiller ce qui se tramait à travers son empire[6]. Pour pérenniser son empire naissant, il doit chaque année réunir son armée et la lancer vers de nouvelles conquêtes.
Une fois seul maître du royaume franc, il agrandit son royaume vers le nord et l’est (Bavière, Saxe, Frise), vers l’ouest (Bretagne) et vers le sud (nord de l’Èbre en Espagne en 778, établissant des marches). Il fait, à partir de 772, une guerre acharnée aux Saxons, qui, commandés par Witikind, lui opposent une vigoureuse résistance: il n'achève de les soumettre qu'en 804 ; il se voit même contraint, pour prévenir leurs révoltes, d'en déporter un certain nombre.
À l'avènement de Charlemagne, l'Italie est sous domination Byzantine depuis sa reconquète par Justinien en 535, et la papauté est donc sous tutelle de l'empire romain d'orient. L'Empire byzantin, accaparé dans sa lutte contre l'expansion de l'empire musulman, n'a plus les moyens de protéger Rome menacée par les Lombards. S'affranchissant de la tutelle Byzantine, la papauté se tourne donc vers les Francs[7]. En 774, Charlemagne intervient et défait Didier, roi des Lombards qui menaçe de nouveau le pape, et s'empare de ses États. L'exarchat byzantin de Ravenne n'est tombé que 23 ans plus tôt et c'est donc une région très cultivée qui passe sous domination franque[7]. En 778, Charlemagne intervient en Espagne et, malgré un échec subi de la part des Vascons à Roncevaux par son arrière-garde, que commande Roland, présenté comme son neveu dans la célèbre chanson de geste qui porte son nom, il remporte plusieurs victoires sur les Sarrasins et réussit à conquérir toute la Catalogne.
Le peuple d'origine celtique de Bretagne considère le roi des Francs comme un monarque étranger et lui résiste de manière acharnée. En 786, Charlemagne envoie des forces considérables ravager la Bretagne sans toutefois parvenir à la soumettre. Il essaye à nouveau en 799 puis en 811, mais à chaque fois sans succès. En 788, il s'attaque à Tassillon, duc de Bavière, qui conspire contre lui avec les Saxons. Il le réduit à l'impuissance et ajoute ses États à son empire.
En 791, avec l'aide de son fils Pépin d'Italie, il mène contre les Avars une première expédition. En 795, il réussit à s'emparer de leur camp retranché, le Ring avar, avec un trésor considérable, fruit de plusieurs dizaines d'années de pillage. En 805, les derniers Avars rebelles sont définitivement soumis.
Posté le 16.06.2007 par feobus
Carloman Ier ( v. 751 - 4 décembre 771 à Samoussy, Aisne), Roi des Francs de 768 à 771.
Il est le fils de Pépin III dit le Bref et de Berthe de Laon dite au Grand Pied.
Il meurt le 4 décembre 771 en son palais de Samoussy, et fut inhumé en l'église abbatiale de Saint-Remi de Reims. A partir de juin 771, voyant sa mort venir, il avait cédé plusieurs de ses domaines en échange de sa sépulture[1].
À la mort de Carloman 1er, Charlemagne évinça ses deux jeunes neveux en prenant possession du royaume de son frère au mépris de tous leurs droits. Sa veuve Gerberge se réfugia avec ses enfants auprès de Didier roi des Lombards.
Posté le 16.06.2007 par feobus
Pépin III, plus connu sous le nom de Pépin le Bref, doit son surnom à sa petite taille. Né vers 715 à Jupille (près de Liège en Belgique, lieu de résidence privilégié d'une bonne partie des souverains de la dynastie des Mérovingiens et des premiers Carolingiens), il est mort le 24 septembre 768 à Saint-Denis (au nord de Paris). Fils cadet de Charles Martel et de Rotrude de Trèves, il fut :
Maire du palais de Neustrie, (741-751), avec la Bourgogne et la Provence.
Maire du palais d'Austrasie, (747-751).
Roi des Francs, (751-768).
Père de l'empereur Charlemagne, (vers 742-814).
À la mort de Charles Martel, en 741, sa charge de maire du palais est partagée entre ses deux fils, selon la tradition franque : Carloman, devient maire du palais d'Austrasie et récupère l'Alémanie et la Thuringe ; Pépin est quant à lui maire du palais de Neustrie et garde la Provence et la Bourgogne. Grifon, le troisième fils de Charles Martel n'obtient que quelques comtés[1]. Les frères ont en 742 à Vieux-Poitiers redéfini leurs parts respectives et remis en question les limites traditionnelles des royaumes francs.
Nous sommes à la fin de la période de décadence de la dynastie mérovingienne, quand les souverains, appelés par la suite rois fainéants, n'ont plus aucune autorité, et que les maires du palais sont les réels dirigeants de l'État. Carloman et Pépin se partagent alors le pouvoir du royaume franc et vont diriger le pays à deux. Ils luttent tout d'abord pour ramener la stabilité aux frontières du royaume.
Ils entament ensuite une réforme de l'Église, avec l'aide de l'évêque Boniface de Mayence; ce dernier estimait en effet que le clergé était devenu incapable et débauché :
« Il m'est arrivé de trouver parmi les gens qu'ils appellent diacres des individus plongés dans la débauche, l'adultère et toutes sortes d'ordures depuis l'adolescence, et qui sont parvenus au diaconat, et qui, une fois diacres, ont quatre, cinq ou plusieurs concubines la nuit dans leur lit [...][2] »
Les conciles, ces assemblées du clergé au cours desquelles étaient prises des décisions d'ordre disciplinaire ou théologique, n'étaient plus réunis depuis longtemps. D'autre part, l'Église franque se plaint d'avoir été spoliée par Charles Martel.
Deux conciles furent organisés dès les premières années, le premier en Austrasie par Carloman, en 742-743 ; le second par Pépin, en 744 à Soissons en Neustrie, où sont reprises les décisions adoptées lors du concile d'Austrasie. Cette réforme met en place une nouvelle hiérarchie au sein du clergé franc, à la tête de laquelle on trouve Boniface (680-754), l'évangélisateur de la Germanie, comme dirigeant des différents évêques répartis dans différentes villes du royaume. Les prêtres indignes sont destitués. Pépin décide de restituer les terres accaparées par son père en précaire à la demande du roi (precaria verbo regis)[3].
En 743, Pépin et Carloman sortent le mérovingien Childéric III du monastère où il avait été enfermé par Charles Martel et lui permettent d'occuper le trône duquel leur père l'avait évincé. Son retour est motivé par la coalition formée par Grifon, le duc Odilon de Bavière, le duc d'Aquitaine Hunald et celui d'Alémanie, Théodebald[4]. Ces derniers réagissent mal à l'élimination politique de Grifon (demi-frère de Pépin et Carloman) et contestent la légitimité des Pippinides. Après plusieurs campagnes militaires et le rétablissement de Childéric III, Pépin et Carloman trouvent le moyen de les calmer pendant un moment.
Vers 744, Pépin épouse Bertrade de Laon, surnommée Berthe au Grand Pied— son surnom serait dû au fait qu'elle avait un pied plus grand que l'autre —, fille de Caribert, comte de Laon. Elle lui donne plusieurs héritiers dont le futur empereur Charlemagne.
Posté le 16.06.2007 par feobus
Les Carolingiens, que l'on appelait couramment Carlovingiens jusqu'à la fin du XIXe siècle, forment une dynastie de rois francs qui régnèrent sur l'Europe occidentale de 750 jusqu'au Xe siècle, et dont la généalogie remonte à saint Arnoul (v. 582–640 ?) (voir évêque de Metz).
Les Carolingiens doivent leur nom à leur ancêtre direct, Charles Martel, maire du Palais D'Austrasie, dont la victoire à Poitiers interrompt la progession des Arabes vers le Nord et lui donne une immense renommée dans l'Occident catholique. C'est à tort que l'on se réfère au nom de Charlemagne pour désigner la dynastie. La dynastie des Carolingiens trouve ses origines au sein de la famille des Pippinides, qui détint, pendant plusieurs générations, la charge de « maire du palais » sous le règne des souverains mérovingiens d'Austrasie. Au fur et à mesure de la désagrégation du pouvoir de la dynastie mérovingienne, durant la période dite des « rois fainéants », les maires du palais pépinides accrurent leur pouvoir : déjà Pépin de Herstal, puis Charles Martel dirigeaient de façon quasi autonome la politique du royaume, tels des suzerains, mais sans le titre ; ainsi, ils nommaient les ducs et les comtes, négociaient les accords avec les pays voisins, dirigeaient l'armée, étendaient le territoire du royaume (notamment en Frise) et allaient même jusqu'à choisir le roi mérovingien.
Le territoire particulièrement prisé par les Pippinides, fut le territoire favori des Carolingiens : région de Liège (Herstal et Jupille), Aix-la-Chapelle et Cologne.
Posté le 16.06.2007 par feobus
Childéric III fut le dernier roi des Francs mérovingien.
Pour prouver l'inutilité des rois mérovingiens, Charles Martel avait laissé vacant le trône après la mort de Thierry IV en 737 — tous les documents officiels seront datés de 737 pendant les 7 années de vacance.
Enfermé dès 737 au monastère de Saint-Bertin, à Sithiu (actuellement Saint-Omer), par le maire du palais austrasien, Charles Martel, il est appelé par Pépin le Bref pour régner à nouveau en 743. Pépin lui permet d'occuper le trône spolié par son père, sans doute pour plaire à l'aristocratie partisane de l'ancienne dynastie franque, car le clergé et plusieurs peuples, qu'il tenait en soumission, avaient mis en cause sa légitimité.
En 750, Pépin envoie une délégation franque auprès du pape Zacharie, pour lui demander l'autorisation de mettre fin au règne décadent des mérovingiens, et donc de prendre la couronne à la place de Childéric. Ce que Zacharie accepta en déclarant que « devait être roi celui qui exerçait la réalité du pouvoir ».
En novembre 751, Pépin dépose Childéric III, puis il se fait élire roi, au champ de mai à Soissons, par acclamations des leudes, une assemblée d'évêques et de nobles. Cette élection se passe, pour une fois, sans effusion de sang. Childéric III, après avoir été déposé et tonsuré (on lui coupe les cheveux longs, signe de pouvoir chez les Francs), est enfermé à nouveau au monastère de Saint-Bertin, où il mourra, sans doute en 755. Il laisse un fils : Thierry, qui est à son tour tonsuré puis enfermé.
Au XIX° siècle, des fouilles ont été effectuées dans ce qui l'on appelle les "ruines Saint-Bertin". La tombe de Childéric III n'a pas pu être identifiée dans le cloître où l'on a pourtant trouvé divers ossements. Les Normands puis la Révolution Française a eu raison de cette sépulture.
Posté le 16.06.2007 par feobus
Charles Martel (Herstal, v.688 - Quierzy-sur-Oise, 21 ou 22 octobre 741), fut duc d'Austrasie, puis maire du palais (pas de rois pendant cette période) de 737 à 741 et de facto souverain du royaume des Francs (dux et princeps Francorum, duc et prince des Francs).
À la mort de son père, Pépin de Herstal dit Pépin le Jeune (714), Charles de Herstal qui a déjà 29 ans est tout désigné pour reprendre la charge de maire du palais qu'occupait le défunt, ses deux demi-frères Drogon de Champagne et Grimoald II étant eux aussi décédés. Mais Charles était un enfant illégitime, et Plectrude, la femme de Pépin, fit tout pour l'écarter du pouvoir et préserver l'avenir de son petit-fils Théodebald (ou Thibaut, Thiaud), le fils de Grimoald II, âgé de six ans à peine, et l'héritier légitime. Elle fit donc enfermer Charles.
Mais c'était sans compter sur l'opinion des différentes provinces du royaume, qui n'acceptèrent pas de voir une femme diriger le royaume ; les révoltes commencèrent alors à éclater, d'abord en Neustrie en 715, lorsque Rainfroi (Rainfroy ou Ragenfred), maire du palais de Neustrie, battit l'armée de Plectrude en forêt de Cuise, et mena ses troupes jusqu'aux abords de la Meuse. Ce fut ensuite le peuple du Nord de l'Italie qui se souleva et se rallia à la Neustrie. Puis ce fut au tour des Saxons et des Austrasiens…
C'est à ce moment que Charles parvint à s'évader (715), et à prendre la tête des révoltés d'Austrasie. Il dut tout d'abord affronter les Neustriens de Chilpéric II et de Rainfroi : après deux batailles victorieuses (Amblève - 716, Vinchy - 21 mars 717), il les repoussa jusqu'à Paris. Puis il se dirigea vers Cologne, que Plectrude avait choisie pour s'installer avec son petit-fils. Celle-ci n'eut d'autre option que de reconnaître sa défaite et de livrer la mairie d'Austrasie à Charles.
Posté le 16.06.2007 par feobus
Thierry IV (721-737), roi des Francs.
A la mort de son père Dagobert III en 715, il fut enfermé à l'abbaye de Chelles, puis à Château-Thierry. Lorsque le roi Chilpéric II meurt sans héritier en 721, Charles Martel rappelle Thierry IV et l'installe sur le trône. Cependant, pendant tout son règne, Charles Martel continue de détenir la réalité du pouvoir en tant que maire du palais.
Après sa mort en 737, le trône du royaume des Francs resta vacant jusqu'en 743. Pépin le Bref y installe ensuite Childéric III, le dernier roi mérovingien.
Posté le 16.06.2007 par feobus
Clotaire IV est le roi des Francs d'Austrasie de 718 à 719. Il est né vers 685. Il est sans doute le troisième fils de du roi Thierry III et de la reine Clotilde dite Doda. Il est choisi par le maire du palais d'Austrasie Charles Martel pour s'opposer au roi Chilpéric et au maire du palais de Neustrie Raganfred. Il meurt en 719.
Voici une source d'époque sur Clotaire IV :
1) Il s'agit de la "Continuation de la Chronique Frédégaire" écrite vers 760 :
"Il [Charles Martel] se choisit un roi nommé Clotaire. Chilpéric et Raganfred dépêchent alors une ambassade auprès d'Eudes, demandent instamment son aide et lui livrent le royaume et des présents. Celui-ci aussi leva une armée de Gascons, vint jusqu'à eux et, de concert, ils s'avancèrent contre Charles. Mais lui, avec constance et sans trembler, se hâte à leur rencontre. Eudes, effrayé de ne pouvoir résister, s'enfuit. Charles le poursuit jusqu'à Paris puis, après avoir traversé la Seine, jusqu'à Orléans, mais il venait de s'en échapper de justesse et franchissait les frontières de sa région, emmenant avec lui le roi Chilpéric et les trésors qu'il lui avait enlevés. Le roi Clotaire mourut alors et s'en alla. Charles, par l'intermédiaire de ses envoyés, reçut également du duc Eudes ledit roi Chilpéric. Celui-ci vint à Noyon et, après peu de temps, perdit l'existence et le trône : il mourut après avoir régné six ans."
Posté le 16.06.2007 par feobus
Dagobert III, né en 699 et mort le 17 janvier 715, était le fils de Childebert III (683 - 711). Il fut roi mérovingien « fainéant » de Neustrie et de Bourgogne.
En 711, à la mort de son père Childebert III, il s'installe sur le trône à 12 ans, en pleine décadence mérovingienne, et règne sous la tutelle du maire du palais Pépin de Herstal, père de Charles Martel et grand-père du premier roi carolingien. Il connaîtra le décès de Pépin de Herstal en 714, mais devra supporter la tutelle de Plectrude, la veuve de ce dernier qui s'empare du pouvoir.
Il ne jouera donc pas un rôle politique réel, et mourra à 16 ans en 715. Chilpéric II lui succédera alors.
Il est le père de Thierry IV, connu sous le nom de Thierry de Chelles, parce qu'il fut élevé dans ce lieu, et qui devient roi en 721.