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Ce blog regroupe des articles sur les Afro Antillais, qui font l'actualités dans le monde.
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28.03.2007
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22.07.2008
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L Egypte et ses Dieux

A Saqqarah,une momie de la XXXe dynastie

Posté le 10.06.2007 par feobus
Des égyptologues ont découvert près des pyramides de Saqqara une momie de la XXXe dynastie (380-343 avant Jésus Christ), dont le sarcophage est l’un des plus finement ornés jamais retrouvés en Egypte, déclare Zahi Haouass, directeur du conseil suprême des antiquités au Caire.

La découverte a été réalisée par une équipe d’archéologues dirigée par Haouass lui-même, à 25 km au sud du Caire.

"La momie est magnifique", a-t-il déclaré.

La XXXe dynastie a été suivie par une période de domination perse, avant qu’Alexandre le Grand ne conquière l’Egypte.

On ignore qui repose à l’intérieur du sarcophage, sur les peintures et incrustations duquel on voit la momie elle-même apprêtée par le dieu des morts, Anubis. Ma’at, déesse de la vérité, du droit et de l’ordre, déploie ses ailes.

La momie porte un masque facial en or et une coiffe bleue.

En février, des Australiens avaient découvert dans le même secteur une des momies les mieux préservées de l’Egypte ancienne, datant de la XXVIe dynastie, soit vers 600 avant notre ère.




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Trésors engloutis d’Egypte

Posté le 10.06.2007 par feobus
Le Grand Palais accueille, du 9 décembre 2006 au 16 mars 2007, une exposition de près de 500 objets exceptionnels découverts au cours de fouilles sous-marines menées par une équipe d’archéologues dirigée depuis plus de dix ans par Franck Goddio, grâce au soutien de la Fondation Hilti, retraçant l’histoire de l’Égypte, des derniers pharaons à Alexandre le Grand, des conquêtes helléniques à l’empire romain et de l’ère chrétienne à la montée de l’Islam.

Ces objets (statues monumentales, pièces de monnaies, bijoux ou objets de culte…) témoignent de l’importance des trois cités légendaires que sont le port antique d’Alexandrie et ses quartiers royaux, la cité perdue d’Héracléion et Canope Est qui, dans l’Antiquité, comptaient parmi les plus réputés des centres de commerce, de science, de culture et de religion. Ici se mêlèrent les influences de Mésopotamie, de Grèce et de Rome à la culture millénaire des pharaons ; et de ces rapprochements et fusions naquirent de nouveaux modes de vie qui marquèrent à tout jamais le paysage religieux et culturel de l’Égypte antique.

Au-delà de l’histoire et des œuvres d’art, l’exposition propose également un voyage spectaculaire dans l’univers des plongeurs et archéologues sous-marins.

Ra

Posté le 10.06.2007 par feobus
Râ . Bien que souvent l’on puisse trouver en français le nom de ce dieu écrit " Rê ", les Egyptiens l’appellaient Ra, nom qui nous a été transmis par l’écriture. Ce nom désignait initialement l’astre solaire, puis la divinité qui l’incarne.

CulteCe dieu, adoré très tôt partout en Egypte, a été placé par les pharaons de la V ème dynastie à tête du panthéon officiel. Des temples lui furent dédiés, un clergé lui fut consacré, d’immenses domaines fonciers lui furent attribués pour le « nourrir ».

On connait de nombreux lieux de culte de Râ, tels que Héliopolis, Abou-Gourab, Aboussir, Abou-Simbel, Hermonthis, Edfou et Tell-el-Amarna. A l’Epoque Archaïque, Ra possède déjà un centre de culte à Héliopolis. Héliopolis est le nom grec (hélios = soleil) de la capital du culte rendu à Râ. Du temps des pharaons, la cité s’appelait Iounou. Sous le Nouvel Empire, on ne compta dans la cité pas moins de dix temples et plusieurs obélisques dédiés à Râ. Le clergé héliopolitain était aussi réputé pour être « fort versé dans la connaissance touchant aux choses célestes ». Abou-Gourab, au sud du Caire, fut l’un des grands lieux du culte voués à Râ. Les ruines qui subsistent ne permettent guère d’imaginer l’ampleur des cinq complexes religieux que les pharaons de la V ème dynastie, des Ouserkaf à Niouserrê (de 2500 à 2420 av. J.-C.) consacrèrent au dieu soleil. Le plus important a été bati par Niouserrê. Orienté est-ouest, le complexe d’abord d’un temple bas bâti au niveau d’un chenal qui permet de rejoindre le Nil. De là, une chaussée inclinée monte jusqu’au temple supérieur. Celui-ci est composé vaste cour à l’extrémité de laquelle se dresse un obélisque appareillé, symbole du Dieu solaire.Un autel rituel est placé devant. Ce temple est richement décoré de bas reliefs peints. On y voit notamment cette campagne pendant les saisons de khet (celle des crues) et de chemou (celle des moissons). L’allusion à l’action bienfaitrice du soleil est évidente. Au sud du temple Niouserrê a fait bâtir une immense barque solaire en brique de près de 30 mètres, allusion, là aussi très claire, au voyage de Râ dans le ciel. C’est à Aboussir qu’Ouserkaf, fondateur vers 2500 av. J.-C. de la V ème dynastie, fit élever le premier temple solaire dédié à Râ. C’est à Abou-Simbel qu’a été creusé à flanc de montagne le temple de Oussimarê Meriamon, c’est-à-dire Ramsès II (1290-1123). L’ouverture du temple a été orientée de telle façon que, deux fois par an, à son lever matinal, le soleil après avoir traversé quatre salles vient illuminer les quatre grandes statues de Ptah, de Amon, de Pharaon et de Râ-Harakhtê. Râ fut aussi vénéré dans de grands sanctuaires comme ceux de Khmoun (l’Hermopolis grecque), Hiéraconpolis, Dendera, Edfou et Karnak. Khephren (mort vers 2620 av. J.-C.) consacre la filiation solaire de Pharaon, les rois deviennent en effet « fils de Râ »).

Malgré son importance, Râ se heurta à des adversaires qui imposèrent d’autres dieux. La mise en place de la royauté thébaine (du nom de la ville de Thèbes) valut au dieu Amon une place privilégiée. Ainsi sous les Ramsès, les biens fonciers rattachés aux temples de Râ ne faisaient pas le sixième des terres d’Amon ! Mais Râ est toujours là, plus ou moins assimilé certes, mais visible. Tout dieu que le Pharaon et le clergé cherchèrent à imposer ne put donc échapper, un moment ou à un autre, à l’aspect solaire de Râ : ainsi les dieux Amon, Khoum et Montou furent connus sous les formes d’Amon-Rê, Khoum-Rê et Montou-Rê.

HistoireA l’Epoque Archaïque, Râ possède déjà un centre de culte à Héliopolis et son nom apparaît dans celui du pharaon Neb-Ra (IIème dynastie). Râ devint une divinité nationale pendant l’Ancien Empire et c’est probablement Radjedef qui, le premier, a introduit le nom de "Fils de Râ" dans la titulaire, nom dont l’usage perdurera jusqu’à la fin de l’epoque pharaonique. Les pharaons de la Vème dynastie firent ériger des temples solaires inspirés de celui d’Héliopolis dont il ne reste plus rien ; ainsi, pour connaître sa structure, il faut s’appuyer sur le temple solaire de Niouserrê à Abou Gorab. Au cours de l’histoire égyptienne, Râ a été assimilé à Râ-Harakhty, à qui il emprunte la tête de faucon, tout en conservant un corps d’homme. L’évolution ultérieur du culte solaire consuisit à la fusion de Râ et d’Atoum, qui devient le soleil crépusculaire. Au Moyen Empire, Amon supplante Râ en tant que divinité royale, mais ce dernier conserve son importance dans la théologie et est uni à Amon sous la forme syncrétique d’Amon-Râ.

Durant le Moyen Empire (environ de 2055 av J-C à 1759 av J-C), le caractère du Re évolue et plusieurs hymnes expliquent qu’il a créé la terre uniquement pour les hommes, faits à son image. Le mal, l’opposé de Maât, vient uniquement de l’humanité elle-même. Exemple : "J’ai crée les quatre vents, s’écrie Râ, pour que tout homme puisse respirer comme son frère ; les grandes eaux pour que le pauvre puisse en user comme le fait son seigneur ; j’ai crée tout homme pareil à son frère ; j’ai défendu que les hommes comettent l’iniquité. Mais leurs coeurs ont défait ce que ma parole avait prescrit." Texte de sarcophage, XIIe dynastie, vers 1900 av J-C.

A la XVIII ème dynastie (1550-1295 av. J.-C.), le pharaon Aménophis III réagit contre la puissance d’Amon et appela son palais « la maison de Neb-Maât-Rê est le disque resplendissant », allusion sans ambiguïté à sa préférence pour Râ. Avec le règne d’Aménophis IV (Akhenaton), le soleil de Râ passa au devant de la scène non sans avoir changé de nom et d’aspect. Il devient Aton, et se réduisit au seul disque solaire. Notons que le disque solaire Aton n’était pas sans puiser bon nombre de ses principes dans la vieille religion de Râ. Aménophis IV prit même le nom de Akhenaton (ce qui signifie « la gloire d’Aton). La parenthèse fut de courte durée. Son successeur, Toutankhaton (ce qui signifie « image vivante d’Aton ») reprit le nom d’Amon (Toutankhamon) et un décret institua de nouveau le culte d’Amon. Mais Râ, même s’il était au second plan, n’en demeurait pas moins un dieu prestigieux et rayonnant dans le ciel d’Egypte. Dans le domaine funéraire, Râ protège l’au-delà du pharaon. Mais Osiris, et la force du culte qui lui est rendu, s’imposa à sa place. Bien que Râ apparraissait sous diverses formes durant la période Greco-romaine, son culte se détériora petit à petit. Il continua à faire partie de la théologie égyptienne, mais le peuple n’y croyait plus. La dévotion à Râ devint de plus en plus limité aux prêtres du temple.

Famille et associations : En tant que démiurge, on ne lui on connaît ni parents ni conjoints, bien que quelques textes le repésentent comme fils de Noun et de Naounet. Des textes de la Basse Époque lui assignent une épouse, Raet-Taui, et une mère, Neith. Le dieu solaire est le timonier du monde, accompagné de Thot son vizir et de Mâat, devenue sa fille à partir de la XVIIIème dynastie. Râ se nourrit d’elle en la respirant. Parfois, on le considère comme le père de Bâstet. Les théologiens considèrèrent les déesses célestes - comme Nout, Hathor et Isis - comme mères de Râ, chaque soir, elles avalent le soleil à son coucher pour le mettra à nouveau au monde chaque matin. Ses enfants sont Shou et Tefnout. Il est également considéré comme le père du Pharaon. Il porte le le nom de "Lion" dans l’Ennéade. Des entités féminines, porteuses de mort, personnifiaient ses rayons ; son oeil (voir les yeux du ciel) était également redoutable. Ra était lié aux "déesses dangereuses" (Sekhmet, Tefnout, Hathor...), considérée comme ses filles.

Ses représentations et ses formes principales : Elles sont très nombreuses, selon ses diverses formes. Râ est cependant le plus souvent figuré comme un homme ou avec une tête de faucon, qu’il emprunte à Râ-Harakhty. Il porte le disque solaire (comme toutes divinité solaire) avec l’uraeus, ainsi que parfois l’ouas, l’ankh et couronnes divines et royales.

Râ commence sa vie quand il surgit le matin au-dessus de l’horizon. Il est alors Khepri, "celui qui est en devenir" ou encore "celui qui vient à l’existence de lui-même". Avec lui tout commence et recommence. En montant dans le ciel, il devient Rê-Horakhty, à qui il emprunte la tête de faucon, tout en conservant un corps d’homme. Il est à la fois une forme de Râ et d’Horus. Il est le souverain du ciel qu’il traverse. Rê-Horakhty veille sur les âmes d’Orient, celles promises à s’éveiller pour une nouvelle vie. L’évolution du culte solaire consuisit à la fusion de Râ et d’Atoum, qui devient le soleil crépusculaire. Ainsi, Atoum-Râ prend parfois un aspect d’homme à tête de bélier. Il tient le sceptre ouas et la croix ankh. Il peut être aussi représenté sous la forme d’un chat. Il existe encore de nombreuses formes de Râ, nous avons ici évoqué les principales.

Différentes formes de RâLe voyage quotidien de Râ
Chaque matin, Râ se lève à l’Orient aux sons des chants et des danses. Il ouvre son œil étincelant puis monte dans la Barque du Jour (Mandjet) qui naviguera dans le ciel jusqu’au soir. Râ arrive alors à l’Occident. Il passe dans la Barque de la Nuit (Mesekhet) à bord de laquelle il traversera le monde inférieur, un monde nocturne et dangereux habité par la mort. Râ a alors l’apparence d’un bélier ou d’un homme à tête de bélier. C’est lors de sa course nocturne que Râ ranime Osiris. Grâce aux rites funéraires de conservation des corps, tout défunt devient un « Osiris » en puissance. Aussi chaque Egyptien nourrit-il un seul et même souhait : être ranimé à une nouvelle vie, comme Osiris l’a été par les bons soins de Râ. Durant son voyage, Râ est escorté des étoiles et de divinités qui le défendent contre les nuages et surtout contre les serpent Apophis. Il parcourt ainsi les deux royaumes diurne et nocturne et parfois s’arrête dans son palais du ciel, appelé Akhet, pour y reveoir des courtisans et le pharaon, en compagnie de Maât. voir l’histoire du voyage de Râ en détail (chaque heure et chaque forme y est détaillée)
Voyage nocturne de Ra, accompagné dans son bateau par des chacals et uraeus. Derrière, on peut voir les figures momiformes Horus et de Thot et devant, on voit Seth terrassant Apophis.

Créateur du monde et des dieux
Chaque grande cité s’est fait son idée de la création du monde. A Héliopolis, elle est centrée sur Râ. Le mythe héliopolitain emportera la faveur des autres cités du pays. Une fois levé, Râ se pose sur la colline primitive et se dresse sur la pierre benben (ou bétyle). Les Egyptiens situèrent le fait précisément à Héliopolis, ville du delta du Nil. Cette pierre constituera le modèle des futurs obélisques, pierre sur laquelle le soleil semble quotidiennement se poser. Plus d’information : la création du monde
Les colères de Râ
Nout étaient enceinte de cinq enfants lorsque Shou la sépara de Gheb. Râ, furieux d’avoir été empêché de mener son voyage dans le ciel, se vengea de leur inconséquence. Il décida que les enfants ne pourraient naître à aucun des douze mois de l’année ! C’était condamner Nout à une mort certaine. Heureusement, Thot, dieu du savoir et de l’intelligence, joua avec la lune et gagna cinq jours supplémentaires (appelé « jours épagomènes »). Il a suffi de les rajouter au calendrier pour que Nout soit délivrée. L’intelligence l’emportait sur la vindicte, l’amour sur la colère stérile. Dès lors le calendrier lunaire (de Thot) était promis à coexister avec le calendrier solaire (de Râ). Coexister seulement, et non pas supplanter, Râ étant bien trop mécontent d’avoir dû s’incliner !
Le temps a passé. Râ alors dieu vieillissant doit faire à la désobéissance des hommes. Ayant consulté sa famille (l’ennéade), il braque son œil vers les hommes. Cet œil divin prend la forme d’une lionne qui massacre les rebelles réfugiés dans le désert. Cette lionne est identifiée à Sekhmet, parfois même à Hathor. Mais la lionne est insatiable. Aussi pour arrêter le massacre, Râ répand un liquide enivrant autour du félin et lui fait ainsi oublier l’objet de ses poursuites. Le souffle brûlant de cette déesse l’assimile souvent à l’uræus que Râ porte précisément à son front.

Le scarabée, image terrestre de Râ : Scarabée se dit Kheprer en égyptien. L’insecte fut choisi comme hiéroglyphe pour inscrire le verbe kheper qui signifie « se créer, se former ». Cette homophonie associa le scarabée à la notion de création spontanée qu’incarne Râ lorsqu’il est Khepri, dieu du point du jour. Le soleil, comme les scarabées, surgit complètement formé de la terre. C’est pour cette raison que le soleil levant porte le nom de « Khepri-kheper-emta » (« Khepri qui est advenu de la terre »). Souvent reproduits sous forme d’amulettes, ces scarabées cachaient en eux le principe de l’éternel retour. Le pharaon Aménophis III (XVIII ème dynastie, très épris de Râ, fit d’ailleurs bâtir un scarabée gigantesque près du lac sacré de Karnak. Pour plus d’information : le scarabée en Egypte

Le phénix et la mangouste
Vénéré à Héliopolis comme symbole solaire, le phénix est assimilé au bennou (« celui qui se lève » en égyptien) autrement dit l’aigrette ou le héron. Son vol le rapproche de Râ. On le vénéra à Héliopolis comme l’âme de Râ. Il peut parfois prendre la forme d’un homme à tête de héron. Pour plus d’information : Benou, le phénix La mangouste est un petit mammifère friand de reptiles. Cet appétit pour les serpent le fit considérer comme un ennemi d’Apopis le serpent géant symbole de ténèbres, qui s’opposa à Râ durant son voyage nocturne.
Un défunt vénérant Benou, le phénix.

Un dieu funéraireDans un premier temps, Râ était la divinité plus importante de l’Au-Delà. On disait que chaque nuit il voyageait dans le Monde des Morts sous la forme d’Auf-Ra, le soleil de l’ouest. C’est lors de sa course nocturne que Râ ranime Osiris. Grâce aux rites funéraires de conservation des corps, tout défunt devient un « Osiris » en puissance. Aussi chaque Egyptien nourrit-il un seul et même souhait : être ranimé à une nouvelle vie, comme Osiris l’a été par les bons soins de Râ. Dans le domaine funéraire, Râ protège l’au-delà du pharaon. Mais Osiris, et la force du culte qui lui est rendu, s’imposa à sa place. Si Osiris s’impose dans le monde des morts, il doit le faire avec Râ. En effet, en mourrant, Râ se tranforme en Osiris : Djafi, l’âme double, ou dualité entre Osiris et Râ. Durant son vivant, le Pharaon est identifé à Râ, mais à sa mort à Osiris. Il est donc identifié à Djafi, représenté avec une tête de bélier.

Auf-RaRâ et le pharaon : Khephren (mort vers 2620 av. J.-C.) consacre la filiation solaire de Pharaon, les rois deviennent en effet « fils de Râ »). Tandis que le roi régnait sur terre, Râ était le maître de l’univers, ainsi ils étaient de la même nature et chacun était le reflet de l’autre. Dans la vie, c’est le roi qui commande les humains, récompensant les obéissants et détruisant le désobéissants, et dans la mort, c’est Râ qui remplit ce rôle. Râ fut de plus en plus associé au roi, qui était humain et dieu en même temps. C’est probablement Radjedef qui, le premier, a introduit le nom de "Fils de Râ" dans la titulaire, nom dont l’usage perdurera jusqu’à la fin de l’epoque pharaonique.

De nombreuses facultés et de kas : Il possédait de quatre facultés : Houh (le goût et la parole), Maa (la vision), Sedjem (l’audition) et Sia (le toucher) et quatorze kas : Djefa ou Ajefa (Abondance), Akhu (Fracas), Djehen (Brillant), Heka (Magie), Hu (Alimentation), Iri (Production d’aliments), Nekht (Victoire), Pesedj (Luminosité), Shemes (Fidélité), Shepes (Gloire), Seped (Habilité), Uas (Honneur), Udy (Prospérité), User (Vigueur). Ils ont celui qui donne au lieu d’Uas à Hu (Brillant).

Maât

Posté le 10.06.2007 par feobus
Dans la mythologie égyptienne, Maât est la déesse de l’ordre, de l’équilibre du monde, de l’équité, de la paix et de la justice. Elle est le contraire de l’isfet (chaos, injustice, désordre social, ...).

Maât est une entité symbolisant la norme universelle : l’équilibre établi par le Créateur, la justice qui permet d’agir selon le droit, l’ordre qui fait conformer les actes de chacun aux lois, la vérité, la droiture et la confiance.

Maât est toujours anthromorphe, comme la plupart des concepts abstraits personnifiés : c’est une femme, en général assise sur ses talons, ou debout. Elle est la plupart du temps vêtue de la longue robe collante des déesses et porte leurs bijoux habituels. Maât confére aux autres dieux certaines de ses qualités, mais ne leur prête pas son aspect et ne prend pas non plus l’apparence d’autres divinités. Son attribut est la plume-nom (la même est portée par Shou). Elle tient souvent le signe de vie. L’élément de Maât est l’Air et la couleur de sa peau est ocre jaune.

Au-delà de cette première approche, le concept est un peu plus complexe. Maât est d’abord de dimension divine : fille de Rê (dieu solaire et créateur) et compagne de Thot (dieu érudit ayant enseigné les hiéroglyphes aux hommes), elle est aussi la sœur mystique de pharaon, elle assure l’équilibre cosmique et c’est donc grâce à elle que le monde fonctionne de façon harmonieuse.

De ce fait, elle est fondamentalement liée à l’institution pharaonique, le premier devoir de pharaon étant de faire respecter la loi de Maât dans toute l’Égypte. C’est pourquoi, sur les murs des temples, pharaon est représenté faisant l’offrande de Maât à une divinité : c’est dire que, dans ses actes, il se conforme aux exigences de la déesse. Ainsi, lorsque Séthi Ier, dans le temple d’Abidos, offre Maât aux dieux principaux, sous forme d’une statuette de la déesse, il leur démontre sa compétence ; en retour, les dieux lui procurent vie et domination (Osiris) et force victorieuse (Horus).

Il faut être conscient de ce que la mission profonde de pharaon relève de Maât : « in maât » (amener Maât, organiser le pays et assurer son unité), « der isfet » (repousser Isfet, notamment repousser les ennemis) ; la célèbre palette de Nârmer transcrit cette double mission. On peut évoquer aussi l’hymne solaire du Moyen Empire :

« Ré a intallé le roi sur la terre des vivants à jamais et à toute éternité de sorte qu’il juge les hommes et anéantisse Isfet1. »

Précisément, et c’est sa seconde dimension, terrestre celle-là, Maât est aussi l’expression sociale et juridique de l’ordre établi et le symbole de la justice et de l’équité. Dans les faits, c’est le rôle du Vizir, qui porte le titre de « Prophète de Maât », que de rendre la justice au nom de la déesse et donc de pharaon qui l’incarne :

« Pratique la justice et tu dureras sur terre.
Apaise celui qui pleure ; n’opprime pas la veuve ;
Ne chasse point un homme de la propriété de son père ;
Ne porte point atteinte aux grands dans leur possession ;
Garde-toi de punir injustement2. »

Dans la pesée de l’âme, Maât, aussi légère qu’une plume, est le contrepoids du cœur qui doit être aussi léger qu’elle pour que le Ka, l’âme du défunt, puisse accéder au monde des bienheureux. Elle est représentée par une femme coiffée de la plume d’autruche ou simplement par cette plume elle-même.

Anubis

Posté le 10.06.2007 par feobus
Il est originaire du 17 ème nome occidental de Haute-Egypte. On n’a identifié qu’un seul temple qui lui est propre, dans la ville de Cynopolis (Henou) dont il était la divinité principale.

Nom égyptienInpou : ou : " Celui qui a la tête d’un chien sauvage"

Dieu grec assimiléLes Grecs l’identifièrent plus tard à leur dieu Hermès, sous le nom composite d’Hermanubis. Animal assimilé : canidé (chacal ou chien ?). Les chiens sauvages et les chacals qui erraient dans les nécropoles venaient fouiller les déchets, creusaient les abords des tombes et, parfois, déterraient les morts. Afin de prévenir leurs ravages et les rendre favorables aux défunts, les égyptiens les auraient divinisés en leur attribuant le rôle de gardiens des nécropoles.

DescriptionDieu représenté avec un corps d’homme et une tête de canidé, ou bien entièrement sous les traits d’un cannidé (chien ou chacal), qui préside à la mort et à l’embaumement. Ces deux caractéristiques dérivent sans doute du fait que chacals et chiens sauvages peuplaient les étendues désolées des régions où se trouvaient les nécropoles. Le noir de son pelage, couleur bénéfique des corps momifiés et aussi de la riche terre déposée par le Nil, symbolise la renaissance et, par là-même, le domaine funéraire. "Seigneur de la Terre consacrée", à savoir de la nécropole, Anubis était responsable de la momification du défunt et recut le nom de "Celui qui se tient devant la cabane divine" (la cabane ou la tente où avait lieu la momification). Le dieu acquit donc de l’importance dans les fonctions liées au trépas et devint le dieu universel des fun&ebacute;railles après avoir assimilé les divinités funéraires Sokaris, Oupouaout, Khentamentiou, Ha et Amentit. Lors des funérailles, un prêtre portait le masque d’Anubis pour célebrer une partie du rituel. Il dispense aux mort l’offrande funéraire et demeure "Seigneur des défunts", jusqu’à la Vème dynastie, époque à laquelle Osiris le supplante. La popularité du culte d’Osiris et la difusion de textes funéraires contenant des descriptions detaillées de l’au-delà ne pouvaient pas exclure Anubis, dieu des morts. Il devint un personnage de premier plan et apparaît surtout dans la scène de la psychostasie, pendant le Jugement d’Osiris. D’autres illustration le présentent comme un momificateur ou un gardien, auquel cas il revêt la forme d’un chacal noir couché. Dans son rôle de gardien des momies durant la nuit contre les forces du mal, Anubis figure souvent à l’entrée des tombes, avec souvent deux images en miroir. L’ascendance d’Anubis n’est pas déétermibnéée clairement. Fils de la vache Hesat, de Bastet ou, plus tardivement, de Nephthys, il peut avoir Rê comme père mais est, le plus souvent, édéfini comme fils illégitime d’Osiris et de Nephtys.

Isis

Posté le 10.06.2007 par feobus
Sœur et épouse d’Osiris, mère d’Horus, Isis est devenue, à la Basse Epoque, la plus importante déesse du panthéon égyptien.

Probablement originaire de Bouto, dans le Delta, elle est déjà citée dans les Textes des Pyramides avec ses caractéristiques essentielles : la mère d’Horus et le trône. Pourtant, malgré l’extrême antiquité du mythe auquel elle appartient, elle n’a pas toujours occupé une place de choix dans les sanctuaires et dans les foyers. Peut-être est-ce dû au caractère secret des grands Mystères osiriens.

C’est dans les derniers temps pharaoniques qu’elle s’impose dans toutes les classes de la société et qu’apparaissent sur les bords du Nil des sanctuaires dédiés à la déesse :
Le petit temple de Psousennès et Amènèmopè à l’est de la pyramide de Khéops à Gizeh du début de la Troisième période intermédiaire.
L’Iseion, sanctuaire de Behbet el-Haggar dont les ruines actuelles datent de Nectanébo II et des premiers Ptolémées.
Le sanctuaire de la naissance d’Isis à Denderah.
Et surtout, le sanctuaire de Philae, unique en son genre.

Le culte d’Isis, la mère universelle, se répandit dans tout l’empire romain. Quand l’empereur Justinien fit fermer définitivement son temple principal à Philae en 537 A.P. J.-C., Isis avait été récupérée depuis longtemps déjà par le culte marial, la représentation de la déesse donnant le sein à Horus ayant inspiré l’image des premières vierges allaitant de l’Egypte chrétienne.

Les aspectsSon nom signifie "le trône" (aset) qu’elle porte comme déterminatif sur la tête. Elle est elle-même un trône quand elle tient l’enfant divin sur les genoux pour l’allaiter comme la représentent les figurations des époques tardives.

Au fil des siècles, elle va assimiler les personnalités de nombreuses déesses féminines, leur empruntant leur iconographie propre et allant jusqu’à se confondre avec elles. Ainsi Isis partage avec Hathor, la déesse vache, l’aspect particulier de l’allaitement. Elle est alors représentée avec l’emblème des cornes de vache ou du disque solaire. Dans les tombes, elle est identifiée à l’arbre, principalement le sycomore, qui apporte eau, ombre et nourriture et qui peut également abriter Hathor ou Nout. Il lui arrive de porter les attributs de la lionne Sekhmet, de l’étoile Sothis (Sirius) qui amène l’innondation ou de Rénénoutet, déesse de la moisson. Avec sa soeur Nephtys, Neith et Selkis, elle forme un quatuor protecteur des morts. Elle devient ainsi déesse des morts et protectrice de la vie dans l’au-delà ; elle incarne la fertilité agraire et veille sur le foyer ; elle protège la fonction royale et assure l’équilibre de l’univers.

A partir de la XIXème dynastie, les propriétés universelles d’Isis apparaissent de plus en plus au premier plan :

L’épouse affectueuse et pleine de sollicitude, l’admirable compagne d’Osiris qui sut le seconder, la veuve endeuillée, la mère divine, la nourrice, la persécutée qui doit perpétuer le culte de son époux vaincu par le mal, cacher et défendre son enfant de ses ennemis avant qu’il ne devienne adulte et enfin la combattante qui fait obtenir l’héritage paternel à son fils. Arne Eggebrecht, L’Egypte ancienne, 1986, page 278. Epouse fidèle même au-delà de la mort, c’est la contrepartie d’Hathor, dame de l’amour, déesse de la fécondité et de la féminité.

A l’époque ptolémaïque, elle est identifiée à des divinités étrangères comme Isis-Tychè ou Isis-Fortuna, déesse du hasard et du destin. Sa force d’amour est incarné par Isis-Aphrodite. Elle devient aussi gardienne du port d’Alexandrie et protectrice des marins en tant qu’Isis-Pharia.

La magicienne Pour répondre à toutes ces fonctions, elle a besoin de la ruse et de la magie. C’est la magicienne par excellence, capable de repousser la maladie, de rendre vie mais aussi de provoquer la mort.

Alors qu’elle s’était réfugiée dans les marais du Delta pour y élever son fils, c’est par la magie qu’Isis sauva Horus, piqué par un scorpion. Elle est d’ailleurs invoquée pour soulager les piqûres et morsures des serpents et des araignées.

Parce qu’elle voulut apprendre le nom de Rê, mystérieusement secret, afin de disposer de la force magique de celui-ci, , elle façonna avec la terre et avec la salive du dieu solaire un serpent magique qu’elle déposa sur le chemin quotidien du dieu pour qu’il soit mordu. Elle proposa alors son aide à Rê, accablé de douleur, pourvu qu’il lui dise son nom. Il se reconnut vaincu par Isis et lui confia son véritable nom à condition qu’elle jure de ne le communiquer qu’à Horus.

Osiris

Posté le 10.06.2007 par feobus

Osiris est le nom grec d’un dieu de la mythologie égyptienne. Il fait partie de la grande Ennéade d’Iounou (Héliopolis). C’est le dieu des morts et le garant de la survie du défunt dans le monde souterrain. Son symbole est le pilier Djed, ses attributs sont la barbe postiche, la crosse Heka, le flagellum Nekhekh et la couronne Atef.


Dans les Textes des Pyramides, le roi défunt est identifié à Osiris. Au Moyen Empire, l’immortalité n’est plus le privilège du souverain : chaque défunt pouvait accéder à la vie éternelle, devenant lui-même pareil à Osiris.

Le mythe osirienSon nom égyptien est Ousir ou Asir ; on l’appelait aussi Ounen-Néfer (« L’éternellement beau ») et Khenty-Imentyou (« Celui qui est à la tête des Occidentaux », c’est-à-dire des défunts).

Il existe plusieurs versions du mythe osirien, dont la plus récente nous fut transmise par Plutarque. Fils de Geb et de Nout, époux d’Isis, Osiris fut roi d’Égypte1. En effet, Geb, au soir de sa vie, aurait donné en partage le monde à ses deux fils, Osiris et Seth. A Osiris la Terre Noire d’Égypte, à Seth le Stérile les Terres Rouges, les déserts qui entourent le Double Pays. La légende fait d’Osiris et d’Isis, son épouse, des souverains bienfaiteurs. Osiris enseigna aux humains les rudiments de l’agriculture et de la pêche, tandis qu’Isis leur apprit le tissage et la médecine. Pendant ce temps, Seth régnait sur les contrées désertiques et hostiles ainsi que sur les terres étrangères. Jaloux de son frère, il projeta son assassinat. Pendant un banquet en l’honneur d’Osiris, Seth offrit à l’assistance un magnifique coffre, jurant de le céder à celui qui l’emplirait parfaitement. Quand vint le tour d’Osiris, qui fut le seul à y parvenir, Seth fit refermer et sceller le coffre, tandis que ses complices chassaient les invités et tenaient Isis à l’écart ... Seth jeta le coffre dans le Nil, qui l’emporta dans la Méditerranée. Osiris mourut noyé2.

Après l’assassinat de son époux, Isis se mit à la recherche de son corps. Elle le retrouva à Byblos, au Liban, d’où, après maints stratagèmes, elle le ramena en Égypte pour l’enterrer et le pleurer. Seth finit par découvrir le tombeau, sortit le corps du caveau et le dépeça en quatorze (ou seize) morceaux qu’il dispersa dans le Nil. Isis, l’épouse et veuve fidèle, retrouva les lambeaux du corps de son bien-aimé, sauf le phallus, avalé par un poisson. Elle le reconstitua en argile, puis elle entreprit de rassembler le corps meurtri de son défunt mari, avec l’aide de sa sœur Nephtys. Elle embauma le cadavre, assistée par Anubis, lui redonnant une dernière étincelle de vigueur. Lorsqu’il fut ranimé temporairement par Isis, qui lui insuffla la vie, Osiris put la féconder. Elle lui donna un fils, Horus, « Le vengeur de son Père », qui combattit son oncle Seth dans des joutes interminables. Le tribunal des dieux finit par trancher : Horus entra en possession de son héritage et occupa le trône d’Égypte, comme pharaon après lui.

Reconstitué par les rites de l’embaumement, Osiris devint la première momie, Ounen-Néfer (« L’éternellement beau ») car protégé de la putréfaction, et revint à la vie telle la terre d’Égypte elle-même après chaque inondation. Devenu le dieu des morts et le Seigneur de l’Au-delà, il transforma son royaume en champs fertiles : les champs d’Ialou. Depuis, il préside le tribunal divin pendant la pesée du cœur, avec l’aspect que nous lui connaissons, les bras croisés sur la poitrine, portant la couronne Atef, momifié et gainé dans un linceul de lin ne laissant paraître que sa tête et ses mains nues qui tiennent les insignes de sa royauté sur le monde des « Occidentaux ». « Juge suprême des âmes », il accorde aux défunts la vie éternelle ou au contraire la leur refuse et les condamne au néant.

Le culteÀ l’origine, Osiris était vraisemblablement un dieu de la fertilité, personnification du renouveau végétal, par opposition à Seth le Stérile. Son aspect funéraire dérive sans doute d’Andjety, divinité locale de Bousiris, à laquelle il emprunte les attributs tels que le Heka et le Nekhekh, symboles du pasteur, et insignes de pharaon, protecteur de son peuple. Par un syncrétisme fréquent dans la religion égyptienne, il fut aussi identifié au dieu-chacal d’Abydos, Khenty-Imentyou, « Celui qui est à la tête des Occidentaux ».

Osiris est donc le dieu du renouveau, celui qui renaît éternellement. Il est aussi la personnification de la terre fertile du Delta et des champs cultivables, le garant de l’équilibre du monde – la Maât - et des cycles naturels : mort et renaissance, sécheresse et fertilité, disparition et réapparition de l’étoile Sothis.

Seize nomes se réclamant de la possession d’une relique, les lieux de culte du dieu se multiplièrent. Son nom est surtout associé à Abydos, en Haute Égypte, et à Bousiris, dans le Delta. À Abydos, où devait être conservé un reliquaire-fétiche censé renfermer la tête du dieu, la sépulture du roi Djer, pharaon de la Ire dynastie, fut assimilée au tombeau d’Osiris. Sethi Ier y fit construire un cénotaphe qui reprenait l’architecture de ce tombeau et l’accola au temple dédicatoire qu’il construisit sur la route de pèlerinage de la ville sainte. Abydos était la porte reliant le monde souterrain au monde des vivants et le lieu de la « Grande Procession » annuelle. Chaque année, au 4e mois de l’Inondation, le dieu sortit de son temple, abrité dans sa barque portative Nechemet ; puis il franchit la « Grande terrasse » où s’affrontaient ses fidèles et les partisans de Seth. Arrivé au lieu sacré de Peker, il fut descendu dans le tombeau de Djer, ressuscité et escorté en triomphe dans son temple.

On a pu identifier d’autres sépultures d’Osiris dont celle de Gizeh, récemment découverte, celle de Philae, sur une île voisine du grand temple d’Isis, celles de Dendérah et de Karnak. D’autres encore sont attestées par les historiens antiques comme Hérodote, qui en a visité une à Saïs.

Seth

Posté le 10.06.2007 par feobus
Tout comme Apophis, Seth, dieu du chaos, est opposé à l’ordre qu’il tente de détruire chaque jour. Le mythe osirien en a fait le frèred’Osiris mais il est, dès les Textes des Pyramides, l’adversaire du dieu faucon Horus sans que cette lutte ne puisse s’inscrire dans un contexte osirien. C’est un des dieux les plus anciennement connu en Egypte puisqu’il figure déjà sur un objet en ivoire de l’époque nagadienne (4000-3500 av. J.-C.), et sur la massue de l’Horus Scorpion.

Seth est décrit la plupart du temps comme un être humain doté d’une curieuse tête d’animal. Celle-ci, présentant un long museau fuselé et de grandes oreilles, a pu être rapprochée de celle d’un tapir, animal pourtant fort éloigné du contexte égyptien. D’autres ont voulu y voir une sorte de lévrier mais il est peut être plus pertinent d’y voir un animal fantastique. Lorsque Seth se présente sous une silhouette animale, il ressemble à un canidé dont la queue est bizarrement redressée vers le haut et se termine par un toupillon en forme de plumeau.

Seth peut être appelé à revêtir d’autres formes animales. Elles lui sont moins spécifiques mais sont en général considérées, dans ce cas, comme négatives et chaotiques, telles que l’hippopotame, le crocodile, le porc et l’âne.

En contexte mythologique héliopolitain, Seth est un des enfants de Nout. Il appartient à la troisième génération divine, aux côtés d’Osiris, d’Isis et de Nephthys, qu’il prend d’ailleurs pour épouse. Il serait né dans la région de Nagada, non loin d’Abydos, et constitue avec Nephtys un couple formant l’antithèse d’Isis et Osiris. Il symbolise la sécheresse et l’infertilité là où les deux autres dieux sont en relation avec la fertilité chtonienne et la maternité. Toutefois, il ne convient pas de voir dans ces deux couples l’évocation d’une représentation tranchée du mal et du bien. Ces deux aspects de la réalité sont complémentaires et n’existent que l’un par rapport à l’autre.

Seth est associé aux déserts et aux confins arides du monde égyptien. C’est sans doute pour cette raison qu’il fut lié au Nouvel Empire avec les déesses d’origine asiatique telles qu’Anat et Astarté. C’est auprès de ces dernières que se révèle un des aspects primordiaux de sa personnalité : sa vigueur sexuelle. Celle-ci est cependant aussi débridée et désordonnée que Seth lui-même. Le comportement du dieu oscille ainsi entre homosexualité et viol. Seth est une puissance chaotique qu’il faut maîtriser et réintégrer à l’ordre égyptien. Sa lutte contre Horus aboutira à son émasculation qui correspond à la perte de son pouvoir. Son rôle est exposé dans la légende d’Osiris connue d’après le traité de Plutarque et par un long texte littéraire appelé Conflit d’Horus et Seth, qui pouvait être raconté mais aussi représenté comme un mystère religieux lors de certaines fêtes. Seth, jaloux de la présence de son frère Osiris sur le trône d’Egypte, s’en débarrasse en l’assassinant. A l’apparition d’un héritier, le jeune Horus, il entre en conflit direct avec ce dernier en demandant que la royauté d’Egypte lui revienne.

Les deux adversaires se livrent à une lutte sans merci au cours de laquelle Seth réussit souvent à vaincre Horus par la ruse. Mais Seth y apparaît aussi comme un niais se laissant facilement berner à son tour. Il reçoit de toute façon l’appui de Rê qui ne retient comme critère que la différence d’âge et ainsi la préséance et la légitimité logique de Seth. Mais en fin de compte Seth dépasse les bornes et le conseil divin décide de remettre la royauté terrestre à Horus. Seth est exilé dans le désert.

La puissance de Seth n’est pas pour autant perdue pour tout le monde. Reçu aux cotés de Rê, il monte dans la barque solaire et fait partie de son équipage, se retournant contre Apophis, le véritable démon du désordre. Seth déchaîne alors tempêtes et orages. Souvent harponné par Horus sous la forme d’un hippopotame, il devient harponneur à son tour à la proue de la barque solaire, enfonçant sa lance dans les flancs du grand serpent Apophis.

Protecteur de Rê, Seth l’est aussi du souverain aussi bien vivant que défunt. Il est un des patrons de la royauté aux côtés d’Horus. Lors de son couronnement, le roi reçoit les années d’Horus, en même temps que les années de Seth. Seth et Horus posent conjointement la couronne de Haute et de Basse-Egypte sur la tête de Pharaon. Dans les représentations du jubilé royal à Karnak, sous Thoutmôsis III, Seth aide le roi à bander son arc. Certains auteurs sont partis de cette constatation pour envisager que, hors d’un contexte osirien, Seth ait pu être le patron du royaume du Nord, tandis que l’attachement d’Horus à Hérakléopolis et au Sud est bien attesté.

La trace de cette lutte d’influence apparaîtrait alors dans la tentative de Peribsen, roi de la deuxième dynastie, pour imposer l’image de Seth sur le serekh, au-dessus du nom royal. Son successeur en revanche devait, pour sa part, chercher à apaiser ces luttes internes. Le nom de Khâsekhemouy qui signifie les deux puissants sont apparus, se trouve placé sous l’égide commune de Seth et d’Horus. Ce dernier reprend d’ailleurs bientôt le dessus pour apparaître seul au-dessus de serekh et donner son nom à ce que nous appelons communément le Nom d’Horus (titulature royale).

Seth, malgré ses aspects négatifs et sans doute parce que ces derniers ne sont jamais perçus comme mauvais, reçoit un culte en son sanctuaire d’Ombos. Il appartient aux grands groupes divins connus sous le nom d’Ennéade, à Héliopolis et à Karnak. Durant l’invasion hyksôs, il connaît une importance inégalée : les nouveaux arrivants, d’origine asiatique, l’assimilent à leur dieu-foudre Baâl pour en faire leur propre divinité. Cela n’empêchera pas certains souverains du Nouvel Empire de réintégrer la divinité en intégrant son nom dans leur cartouche de naissance pour former, par exemple, Séthi, celui de Seth. Aux XIXe et XXe dynasties, l’imagerie royale intègre totalement Seth, parangon du souverain dans l’exercice de ses hauts faits militaires. Sans qu’il soit possible d’en définir la raison, cette intégration dans le panthéon du dieu désordonné est très nettement remise en question pour faire l’objet d’une méfiance marquée. Seth, considéré comme le dieu du mal, devient une divinité à abattre. Dans un monde où régnait l’ordre de Maât, Seth constitue la face sombre du pouvoir tout en restant nécessaire à une certaine forme d’équilibre. Dans un univers envahi par le désordre, il devenait la puissance qu’il fallait combattre pour ramener l’équilibre passé, tant désiré.

Nefertiti

Posté le 10.06.2007 par feobus
Peut-on imaginer en ce début de siècle inimaginatif et poisseux femme aussi fascinante et énigmatique que Néfertiti, souveraine qui régnait il y a 34 siècles sur le puissant empire d’Égypte. Enfoui dans le sol pendant des millénaires, son visage ressurgit miraculeusement intact auprès des rives du Nil, dévoilant sa beauté incomparable. Du jour au lendemain, Néfertiti redevient la femme célèbre qu’elle fut déjà dans la splendeur de cette antique civilisation. C’est qu’elle est tenace, cette amazone de l’esprit et hérétique des idoles qui rêvait d’un monde d’amour, de fraternité et d’harmonie. On commence à peine à comprendre l’influence capitale qu’elle exerça sur la pensée occidentale. C’est elle et Akhenaton qui semèrent le grain d’orge d’où germeront les grandes religions de Moïse et de Jésus.

Mais qui est Tadoupika, que le petit peuple surnomme affectueusement Néfertiti ? Princesse de Mitanni, elle devient à 17 ans la grande épouse royale d’Aménophis IV, le futur Akhenaton, pharaon de 12 ans amoureux des oiseaux et des papillons régnant sur l’opulente Égypte de la 18e dynastie.

En l’an 6 du règne (1539 avant J.-C.), Néfertiti et Akhenaton quittent leurs palais de Thèbes et de Memphis pour habiter la nouvelle capitale de l’empire du monde, Akhet-Aton, « la ville de l’horizon d’Aton », cité fabuleuse construite de toutes pièces dans la plaine entre les falaises et le Nil. Tell al-Amarna, ce nom retentira 3300 ans plus tard comme un éclair, révélant dans les débris d’Akhet-Aton la plus stupéfiante révolution religieuse que les siècles n’aient connue.

Ils ne rêvent pas petit, ces deux tourtereaux. Leurs rêves dépassent en ampleur tout ce que l’esprit peut imaginer sans sombrer dans la folie : un monde où tous les hommes vénéreraient un dieu unique : Aton, le disque solaire aux rayons resplendissants. S’adressant à son peuple, Akhenaton s’écrie : « J’ai construit Akhet-Aton pour mon Père, qui est Aton. »

Ce dieu unique est universel, s’étendant à toute la Création. Le Grand Hymne d’Aton proclame : « Ô Dieu unique, dont la puissance est unique ! Tu as créé la terre selon ton coeur, toi seul, avec les hommes, les bestiaux, les bêtes sauvages, tout ce qui existe sur terre et marche sur pieds, tout ce qui est dans les airs et vole de ses ailes, les pays étrangers, les pays de Syrie, de Nubie, et le Pays d’Égypte. Tu mets chaque homme à sa place, lui donnant le nécessaire, avec leurs langues, leurs peaux et leurs formes diverses, car tu différencies les peuples. » C’est l’accent des futurs psaumes de la Bible.

Combattus et jetés aux orties, ces innombrables dieux mi-humains mi-animaux et temples érigés en leur honneur. C’est l’éclosion des premiers bourgeons de la démocratie. « Sa Majesté prend des humbles pour en faire des princes », dit l’intendant May. Un courtisan ajoute : « Il passe tout le jour à nous instruire ». Le peuple, libéré du riche et redoutable clergé d’Amon, loue et acclame son pharaon Akhenaton et la grande prêtresse Néfertiti, « la Belle qui est venue ». Les puissances de la contre-réforme se mettent en branle.

Cet Aton est aussi dieu de Paix et de Joie. De grandes armées sont dissoutes et l’art et l’architecture connaissent d’audacieuses transformations. Temples et palais s’allient à la nature, en complète symbiose. Le temple d’Aton, orienté à l’est comme le seront les églises des premiers chrétiens, est à ciel ouvert. Chants et hymnes célèbrent la communion du lever et du coucher du soleil.

De magnifiques parcs, jardins, lacs, bassins avec animaux sont aménagés. Les arts picturaux et sculpturaux, illustrant des scènes de la vie familiale, officielle et cultuelle du couple royal, deviennent étonnamment réalistes et modernes. Un bas-relief dépeint Pharaon en pleurs, tenant le petit cadavre de sa fille Maketaton dans ses bras. Une statue montre Akhenaton enlaçant tendrement Néfertiti assise sur ses genoux.

Néfertiti est au coeur de ce vaste chamboulement. Elle dirige habilement le jeune Akhenaton, si peu intéressé à la politique, aux prises avec un problème hormonal. Ils s’aiment d’amour, se cajolent en public, montent ensemble le char or argent aux impétueux chevaux blancs. Néfertiti enfante six filles, simplement, sans artifices rattachés aux naissances royales. Les enfants participent librement aux activités du palais. Quel couple, Néfertiti à la beauté éclatante et Akhenaton au corps efféminé et replet !

Leur bonheur conjugual est de courte durée. Peu à peu, la division s’installe au palais, les clans se forment, leur relation s’envenime et le couple, après 12 ans de cohabitation, se sépare définitivement. Akhenaton, reniant sa promesse à Aton et à son peuple, rentre à Thèbes, laissant Néfertiti seule à Akhet-Aton. Ardente comme toujours, elle s’acharne avec l’énergie du désespoir à poursuivre le rêve chancelant.

C’est alors que le grand maître sculpteur Thoutmès taille l’immortel buste de Néfertiti. Elle a 25 ans, elle est presque déchue, mais elle a un regard d’éternité. Peu après, la capitale Akhet-Aton se vide soudainement de ses habitants et est abandonnée au sable du désert.

Le règne d’Akhenaton dure 17 ans. Selon les étranges traditions de la légitimité des pharaons, il contracte entretemps une union avec sa première fille, Méritaton, gouverne ensuite avec Semenkarès, son corégent, et marie finalement sa troisième fille, Ankhesenpaton, la future épouse de Toutankhamon. Il meurt à 30 ans, après une longue maladie, laissant une Égypte affaiblie, désarmée devant ses voisins.

Néfertiti tente de prendre le pouvoir. Elle écrit une lettre renversante au roi hittite : « Mon époux est mort et je n’ai pas de fils. Les gens disent que tes fils sont adultes. Si tu m’envoies un de tes fils, il deviendra mon époux, car je ne veux prendre aucun de mes sujets pour en faire mon époux ». Elle échoue ; le valeureux fils Zannanza est assassiné en franchissant la frontière d’Égypte.

Nul ne connaît les circonstances de la mort de Néfertiti. Elle serait morte à 35 ans. On ne retrouva jamais sa momie ou son sarcophage, ni ceux d’Akhenaton. Ils auraient été brûlés, comble de l’indignité pour les Égyptiens.

Horemheb et ses successeurs maudissent et nivellent la Cité, s’empressant d’effacer toute trace d’Akhenaton, de Néfertiti et du dieu Soleil. Il en subsistera des fragments. La religion Amon retrouve ses privilèges et ses droits. L’Égypte reprend imperturbablement son cours. Le rêve a duré 10 ans.

Le soleil se couche. Une longue et interminable nuit enveloppe la Cité. Le soleil ne se lève qu’en 1912, grâce au pic d’un fouilleur allemand, éclairant les vestiges de la Cité mystique d’Akhenaton et le buste vibrant de Néfertiti.

Nefertari

Posté le 10.06.2007 par feobus
Nefertari Meryenmout est la première Grande épouse royale du pharaon Ramsès II qui vécu à la XIXe dynastie aux environs du XIe siècle avant notre ère.

Elle donna plusieurs fils à Ramsès, mais aucun ne survécu à l’exceptionnelle longévité de leur père. Elle est également la mère de Mérytamon qui deviendra reine à son tour.

Elle est une des huit épouses connues de Ramsès II. On pense que Ramsès II aurait épousé Nefertari avant de monter sur le trône et ce pendant la corégence avec son père Sethi 1er. Bien qu’elle ne fut pas l’épouse principale de Ramsès, (celle-ci étant Isis Nofret dont le fils deviendra Merenptah), Nefertari a été une figure importance de cette époque : preuve en est la façade du temple que Ramsès lui a dédié à elle et à Hathor à Abou Simbel où ses sculptures on la même taille que celles du pharaon.

« Ramsès a construit un temple creusé dans la montagne [... ] pour la 1e épouse royale Nefertari Mery-n-Mout. »

Sa tombe dans la Vallée des ReinesLa tombe de Nefertari a été découverte pendant la deuxième campagne de fouilles de Schiaparelli sur le versant nord du ouadi principal. Il tombe sur des escaliers. Au bout, sur le linteau il voit une représentation de l’horizon entouré de deux oudjat et des déesses Nephtys et Isis en adoration. Autour sont peints deux cartouches au nom de Nefertari.

La tombe avait déjà été ouverte et, comme ils l’ont découvert plus tard, pillées.

Les maçonneries étaient tombées sur les escaliers et dans la 1e chambre elles atteignaient presque le plafond. Les autres pièces étaient pratiquement écroulées, le sol couvert de boue (nombreuses infiltrations de pluie).

Depuis cette première chambre on accède à une sorte d’alcôve qui mène à une plus petite chambre rectangulaire. Au fond de la première pièce il y a un escalier débouchant sur la salle du sarcophage composée de 4 piliers et de 3 petites chambres sur chacun des murs restants de la pièce.

Au milieu de la salle du sarcophage, Schiaparelli trouve :

morceaux de sarcophage en granit rose,
petits fragments de sarcophage en bois recouvert d’or,
34 ouchebtis au nom de Nefertari,
3 grands vases en morceaux,
quelques morceaux de momie et restes de toile l’entourant,
morceaux de vases d’albâtre,
émaux,
morceaux de cassette funéraire et mobilier funéraire.
Il trouve aussi une fleur de lotus en émail bleu foncé qui devait servir de poignée à un couvercle de coffre au nom de Ay (pharaon de la XVIIIe dynastie).

Dans une petite niche creusée dans la pierre dans le mur du fond de la chambre du sarcophage et recouverte d’une plaque de plâtre la camouflant il trouve une amulette.

Bien qu’il n’y ait que peu d’objets, cette tombe est une des plus belles de la Vallée car ses décorations sont quasi intactes (couleurs vives et style précis). Mais les infiltrations dans les murs l’ont affaiblie et il a fallu consolider les murs.

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