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Ce blog regroupe des articles sur les Afro Antillais, qui font l'actualités dans le monde. Description audio !
Catégorie : Blog Actualité Date de création :
28.03.2007 Dernière mise à jour :
05.10.2008
Pour la première fois depuis le début des violences xénophobes en Afrique du Sud, le président Thabo Mbeki a condamné publiquement ces brutalités commises depuis deux semaines dans les townships du pays. Le chef de l’Etat sud-africain a qualifié les violences contre les immigrés de « honte » et d' « humiliation » pour la nation. Sept des 9 provinces du pays sont maintenant touchées par ces violences. Selon la Croix-Rouge, ces violences auraient déjà fait plus de 25 000 déplacés en plus des 40 personnes tuées et centaines d'autres blessées depuis le 11 mai dernier. Les victimes sont pour la plupart des clandestins venus du Zimbabwe voisin et du Mozambique. Samedi, plusieurs milliers de manifestants ont défilé dans le quartier des affaires de Johannesburg pour réclamer l'arrêt de ces violences.
« Ces attaques sont une honte et une humiliation pour notre nation ». C’est ainsi que le président Thabo Mbeki a qualifié les violences xénophobes qui frappent son pays. Il aura fallu deux semaines au numéro un sud-africain pour condamner publiquement et avec autant de fermeté la barbarie xénophobes.
Son silence et l’absence totale de leadership en pleine crise ont été vilipendés de toutes parts ces derniers jours. Il faut dire qu’il était devenu impossible au gouvernement de nier l’ampleur des ravages, d’autant plus qu’il donne du fil à retordre à plusieurs pays de la sous-région. Ils ont du intervenir pour rassurer et rapatrier parfois par milliers leurs ressortissants.
« Trop peu, trop tard ! »
Toujours est-il que Thabo Mbeki et ses ministres se réveillent. Le président sud-africain devrait faire une intervention solennelle à la radio et à la télévision ce soir. Et aujourd’hui le chef de l’ANC, Jacob Zuma, et les plus hauts cadres de son parti, se rendront chacun à la rencontre de la population dans des bidonvilles différents.
« Too little, too late ! », « Trop peu, trop tard ! », diront certains. Plusieurs analystes expliquent que des jeunes pauvres des bidonvilles ont allumé la flamme de la xénophobie pour attirer l’attention d’une élite politique qui avait oublié qu’elle avait grandie dans ces mêmes townships.
Le président zimbabwéen Robert Mugabe est arrivé dimanche soir à Rome pour assister au sommet de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) consacré à la crise alimentaire mondiale. Ce déplacement intervient alors que le président zimbabwéen est en campagne pour le second tour de la présidentielle face à l'opposant Morgan Tsvangirai, leader du Mouvement pour le changement démocratique (MDC). Un dissident de cette organisation, Arthur Mutambara, a été interpellé dimanche soir à Harare et libéré sous caution ce mardi. La police a également arrêté 70 personnes soupçonnées d'avoir participé à une attaque menée la semaine dernière contre des membres du Zanu-PF, le parti de Robert Mugabe
C'est le premier déplacement à l'étranger de Robert Mugabe depuis les élections législatives du 29 mars, remportées par l'opposition. Selon la télévision d'Etat zimbabwéenne, Mugabe est accompagné de son épouse, Grace, et de plusieurs responsables de son gouvernement. Or, l'Union européenne a imposé au président zimbabwéen, et à plusieurs de ses proches, une interdiction d'entrée sur son territoire en raison des atteintes aux droits de l'homme commises dans son pays. Mais cette interdiction ne concerne pas les sommets organisés par les Nations unies sur le territoire européen. Et c'est le cas de cette réunion de la FAO, l'agence onusienne pour l'agriculture et l'alimentation.
A l'occasion d'un sommet similaire, également à Rome, en octobre 2005, Robert Mugabe s'était illustré par des propos qui avaient fait scandale. Il avait comparé George Bush et Tony Blair aux fascistes Adolf Hitler et Benito Mussolini. Il avait aussi dénoncé les pays donateurs, les accusant de déverser des vivres inutiles sur le Zimbabwe. Pourtant, le pays traversait déjà à l'époque une crise alimentaire grave. En avril dernier, la FAO a tiré la sonnette d'alarme, indiquant que la sécheresse dans plusieurs régions du Zimbabwe risquait de compromettre sérieusement la prochaine récolte de maïs.
La visite de Mugabe dans la capitale italienne a suscité un grand nombre de réactions. L’opposition zimbabwéenne estime que « Mugabe n’a aucun mandat et aucune légitimité pour être à Rome ». Le Premier ministre britannique Gordon Brown considère que la présence du président du Zimbabwe au sommet de la FAO est « particulièrement regrettable, étant donné sa contribution aux difficultés liées à la situation alimentaire » dans son pays. Le gouvernement australien a jugé « obscène » ce déplacement de Mugabe, tandis que le gouvernement français s’est interrogé, lundi, sur « l’opportunité de cette visite, compte tenu de la situation au Zimbabwe ». Le secteur agricole du pays, autrefois considéré comme le « grenier de l’Afrique australe », s’est effondré, depuis que le régime de Robert Mugabe a décidé de mettre en pratique une réforme agraire en 2000. Le Zimbabwe est également frappé par une hyperinflation annuelle de près de 165 000%. De nombreux autres dirigeants vont participer à ce sommet de Rome : le président français Nicolas Sarkozy, le Brésilien Lula da Silva, l’Espagnol José Luis Zapatero, le Sénégalais Abdoulaye Wade, ainsi que le président iranien Mahmoud Ahmadinedjad.
Tension à l’approche du second tour de la présidentielle
Le déplacement de Robert Mugabe à Rome survient alors que le chef de l'Etat zimbabwéen est en campagne pour le second tour de la présidentielle face à l'opposant Morgan Tsvangirai du MDC. Ce parti assure qu'au moins 50 de ses partisans ont été tués, des centaines blessés et plus de 25 000 déplacés en représailles. Le MDC accuse également le régime de vouloir intimider les électeurs avant le second tour du 27 juin. La police a arrêté 70 personnes après l'attaque menée la semaine dernière contre des vétérans de la guerre de libération, mais aussi contre des membres de la Zanu-PF, le parti au pouvoir. Le régime attribue ces violences au MDC, dont un dissident, Arthur Mutambara, a été arrêté à Harare.
C'est pour un article publié au mois d'avril qu'Arthur Mutambara a été interpellé dimanche soir. Après avoir pris ses distances avec Morgan Tsvangirai pendant la campagne électorale, Mutambara le soutient désormais. Il a signé une tribune dans les colonnes du Standard, le seul hebdomadaire indépendant au Zimbabwe, dans laquelle il accuse le chef de l'Etat de « ruiner l'économie » du pays et les forces de sécurité de commettre des violences. Le mois dernier, l'éditeur du Standard avait été arrêté pour avoir publié cet article. Cette fois, c'est donc Mutambara lui-même qui est interpellé. Selon son avocat, l'opposant est accusé de « mensonges » et « d'outrage à magistrat ». Il a été libéré sous caution ce mardi. En sortant du tribunal, il a notamment déclaré : « Ce qui m'est arrivé n'est rien en comparaison de ce que les Zimbabwéens vivent. Mugabe viole les droits de nos citoyens, mais aucune violation des droits de l'homme ne réussira. Nous triompherons sur le mal. »
Un autre représentant du MDC a également été interpellé ce week-end. Eric Matinenga est député d'une circonscription de l'est du Zimbabwe. Il est accusé « d'incitation à la violence ». Une attaque contre des partisans de Robert Mugabe avait été menée, la semaine dernière, dans cette circonscription. Soixante-dix personnes ont été arrêtées dans cette affaire lundi matin. Eric Matinenga est le cinquième député du MDC à être interpellé à l'approche du second tour de l'élection présidentielle
Barack Obama a remporté hier dans la nuit l'investiture démocrate pour la présidentielle américaine de novembre, devenant ainsi le premier Noir à avoir une chance de gagner la Maison Blanche, mais Hillary Clinton a refusé de reconnaître sa défaite.
Cette nuit, après 54 difficiles consultations, notre saison de primaires arrive à son terme (...) Cette nuit, je peux dire devant vous que je serai le candidat démocrate pour la présidence des Etats-Unis", a affirmé le sénateur de l'Illinois devant des milliers de partisans rassemblés dans le palais des expositions de Saint Paul (Minnesota, nord).
"La route sera longue. Je fais face à ce défi avec une grande humilité et en connaissant mes propres limites. Mais je fais aussi face à ce défi avec une foi sans limite dans les capacités du peuple américain", a ajouté Barack Obama.
Rendant un hommage appuyé à Hillary Clinton, il a assuré que le parti démocrate serait uni en novembre. "La sénatrice Clinton a fait l'histoire dans cette campagne (...) Notre parti et notre pays sont meilleurs grâce à elle, et je suis un meilleur candidat pour avoir eu l'honneur de faire campagne contre Hillary Rodham Clinton", a-t-il dit sous les applaudissements.
L'essentiel de son discours a été consacré à une attaque contre son adversaire républicain John McCain qu'il a accusé de vouloir poursuivre la politique de George W. Bush. "Il est temps de tourner la page des politiques du passé", a-t-il dit.
Les rivaux démocrates ont chacun remporté une des deux dernières primaires qui avaient lieu hier. Hillary Clinton a remporté le Dakota du Sud (nord) et Barack Obama le Montana (nord-ouest).
Sans attendre le résultat de ces deux consultations, Barack Obama était assuré d'avoir suffisamment de délégués pour revendiquer l'investiture démocrate.
Mais, à New York, Hillary Clinton a refusé de reconnaître sa défaite. "Je ne prendrai pas de décision ce soir", a-t-elle dit devant ses partisans qui chantaient: "n'abandonne pas, n'abandonne pas".
"Je comprends que beaucoup de gens se demandent: que veut Hillary ?", a-t-elle dit avant de répondre qu'elle voulait "ce pourquoi (elle s'est) toujours battue dans cette campagne". "Je veux la fin de la guerre en Irak, je veux que l'économie redémarre, je veux une assurance santé pour tous les Américains", a-t-elle dit.
"Je veux que les quelque 18 millions d'Américains qui ont voté pour moi soient respectés, entendus et qu'ils ne comptent pas pour rien", a ajouté la sénatrice de New York.
Hillary Clinton n'est plus en mesure d'inverser l'issue de la course à l'investiture démocrate... sauf si les "super délégués" qui ont majoritairement choisi Barack Obama reviennent sur leur décision.
L'hypothèse qu'Hillary Clinton devienne la candidate à la vice-présidence, au côté de Barack Obama, a été évoquée lors d'une conférence téléphonique entre l'ex-Première dame et des parlementaires de New York. Le directeur de l'équipe de campagne d'Hillary Clinton, Terry McAuliffe, a souligné qu'elle représentait "un atout formidable".
Jamais une course à l'investiture n'avait été aussi longue dans le camp démocrate. Barack Obama a présenté sa candidature il y a 16 mois. La première consultation s'est déroulée le 3 janvier. Les démocrates terminent leur course profondément divisés.
Par contraste, le républicain John McCain, 71 ans, est assuré d'être le candidat de son parti depuis début mars.
Dans un discours prononcé en début de soirée dans la banlieue de La Nouvelle-Orléans (Louisiane, sud), M. McCain a lui aussi rendu un hommage appuyé à Hillary Clinton se déclarant "fier" d'être son "ami". Il a également estimé que Barack Obama serait un adversaire "redoutable".
La décision officielle sur le choix du candidat qui affrontera M. McCain le 4 novembre reviendra à la convention démocrate qui se réunira à Denver (Colorado) du 25 au 28 août.
En remportant, mardi 3 juin, la course à l'investiture démocrate, le sénateur de l'Illinois est entré dans l'Histoire. Parce qu'il est le premier Noir à devenir le candidat d'un grand parti et parce qu'il a su, en partant de rien, se hisser au sommet.
Ray Noland
Il ne manquait que les canons à confettis, les lâchers de ballons et les écrans affichant 2 118, le nombre magique de délégués à atteindre pour être sûr de l'investiture du Parti démocrate. Mardi 3 juin, Barack Obama a proclamé sa victoire de façon singulière, en tenant un discours électoral sur le site qui accueillera la convention républicaine du mois de septembre. Le sénateur de l'Illinois a finalement été propulsé vers l'investiture démocrate par un afflux soudain de superdélégués, ces membres du Congrès et personnalités du parti que l'on soupçonnait jadis de fomenter une cabale pour sauver Hillary Clinton.
Si la victoire d'Obama est historique, ce n'est pas seulement parce qu'il est noir. C'est aussi la première fois depuis William Jennings Bryan, en 1896, et Woodrow Wilson, en 1912, que les démocrates choisissent un candidat aussi nouveau sur la scène nationale. Il y a cinq ans, Obama était un membre du Sénat de l'Illinois pratiquement inconnu qui se lançait à la conquête d'une place au Sénat des Etats-Unis. Songez à tous les démocrates ambitieux qui ont lorgné sur la Maison-Blanche au cours de la dernière décennie – John Kerry, John Edwards, Howard Dean et tous les autres – et voyez comment Obama leur est passé devant, sans même donner l'impression de verser une goutte de sueur. Voilà un candidat parti de rien et qui ridiculise tous les hommes politiques modernes. Même si son charisme tranquille rappelle celui de John Fitzgerald Kennedy, JFK, lui, a passé quatorze ans au Congrès de Washington avant de briguer la présidence, en 1960.
Si l'on envisage les choses d'une manière conventionnelle, Hillary Clinton avait tout pour être la candidate démocrate. Après avoir trébuché dans l'Iowa le 3 janvier, elle a fait un retour miraculeux cinq jours plus tard dans le New Hampshire. Dans les cordes après les triomphes d'Obama en février, elle est revenue en force au mois de mars en remportant les primaires de l'Ohio et du Texas. L'héritage politique de son mari, son avantage financier initial et le fait qu'elle soit parvenue à presque faire oublier son vote indéfendable en faveur de la guerre en Irak, tout cela aurait dû lui valoir la victoire.
Au lieu de cela, Hillary Clinton s'est retrouvée, mardi 3 juin, dans le gymnase d'une petite université de New York à essayer de donner l'illusion de sa victoire après une défaite bien réelle. Au début de son discours, elle a certes félicité "le sénateur Obama et ses partisans pour la campagne extraordinaire qu'ils ont menée", mais le ton employé n'était pas celui d'une candidate reconnaissant sa défaite, mais plutôt celui d'une femme triomphante accordant quelques mots aimables à un ennemi vaincu.
Hillary Clinton a pourtant fini par aborder la question que tout le monde se pose en disant "je crois savoir que beaucoup de gens se demandent : 'que veut Hillary ?'"
Elle a commencé à répondre en énumérant une série de positions politiques qu'Obama et pratiquement tous les démocrates ne renieraient pas. "Je veux mettre fin à la guerre en Irak. Je veux faire repartir l'économie. Je veux que chaque Américain ait la possibilité de se faire soigner", a-t-elle déclaré avant de lancer la phrase la plus révélatrice de toute la soirée : "Et je veux que les près de 18 millions de personnes qui ont voté pour moi soient respectées, entendues, ne soient plus invisibles."
Peu importe l'expérience politique, l'impénétrabilité, peu importe les applaudissements, au bout du compte tout s'est résumé à Aretha Franklin et à son fameux R-E-S-P-E-C-T [titre de la plus célèbre chanson de la crooneuse africaine-américaine]. Hillary Clinton semble aujourd'hui déterminée à suivre son propre calendrier pour sortir de la course, mais l'impatience de la direction du Parti démocrate est telle que son désistement pourrait n'être qu'une question d'heures.
La seule véritable question qui demeure est : qui se tiendra à côté d'Obama les bras levés sous les confettis et les ballons lors de la convention nationale démocrate de Denver ? On peut avancer, sans trop de risques de se tromper, que ce que Hillary Clinton considérerait aujourd'hui comme une marque de R-E-S-P-E-C-T serait de figurer sur le ticket présidentiel au poste de vice-présidente.
Le sénateur Barack Obama a remporté mardi l’investiture du parti démocrate pour la présidentielle américaine en obtenant le nombre requis de délégués. Hillary Clinton, qui cherche à négocier le poste de vice-présidente, peut encore se maintenir pour la forme jusqu’à la Convention du mois d’août.
Le sénateur Barack Obama a remporté mardi l’investiture du parti démocrate pour la présidentielle américaine en obtenant le nombre requis de délégués du parti, ont annoncé les médias américains.
Dès la fermeture des bureaux de vote dans le Dakota du Sud (nord), les chaînes de télévision CNN et MSNBC ont annoncé qu’il avait atteint grâce à cette avant-dernière primaire le chiffre de 2.118 délégués du parti nécessaire pour s’assurer de l’investiture.
"Ce soir, je peux me tenir devant vous et dire que je serai le candidat démocrate pour la présidence des Etats-Unis", a déclaré M. Obama au soir des dernières primaires de la course à l’investiture démocrate.
Une trentaine d’élus et de cadres du parti, des "super-délégués", s’étaient déclarés en sa faveur dans la journée, alors que se tenaient les dernières primaires de la course à l’investiture démocrate dans le Dakota du Sud et le Montana (nord-ouest).
De son côté, Hillary Clinton qui peut encore se maintenir pour la forme jusqu’à la Convention démocrate laisse planer le doute sur ses intentions et se positionne pour être vice-présidente.
Dans des entretiens accordés au Washington Post et au New York Times, elle avait concédé que Barack Obama avait « un léger avantage » en nombre de délégués, tout en revendiquant une victoire au vote populaire - selon des calculs contestés, car elle tient compte de deux primaires où Barack Obama n’avait pas fait campagne. « Dans l’histoire récente des primaires, nous n’avons jamais eu un candidat qui n’ait pas gagné le vote populaire », a-t-elle dit au New York Times.
Toutefois plusieurs signes ont laissé croire que la fin était proche, à commencer par une mystérieuse petite phrase de son mari, l’ex-président Bill Clinton. « Aujourd’hui pourrait être le dernier jour où je suis engagé dans une campagne de ce genre », avait-t-il dit à des partisans de sa femme dans le Dakota du Sud (nord). Selon le journal en ligne Politico, des membres de son équipe chargés de l’organisation de déplacements ont été invités à venir à New York mardi, et informés que leurs fonctions touchaient à leur fin.
Les primaires dans le Montana (nord-ouest) et dans le Dakota du Sud (nord), permettant d’attribuer 31 délégués à la proportionnelle, Barack Obama va obtenir le nombre de délégués requis.
Pour autant, rien n’oblige Hillary Clinton à concéder sa défaite : elle peut toujours espérer faire revenir les « super délégués » sur leur décision.
Dans ce cas, si elle décidait de faire appel d’une décision prise contre elle par le parti démocrate samedi concernant les primaires contestées de Michigan et de Floride, la décision sur le nom du candidat démocrate pourrait être repoussée à la convention nationale, du 25 au 28 août à Denver, à peine plus de deux mois avant la présidentielle. Le républicain John McCain, est lui certain de son investiture depuis début mars.
De son côté, Barack Obama a déjà porté ses attaques envers John Mac Cain, engageant ainsi sa campagne à l’élection à la Maison Blanche. C’est la première fois dans l’histoire du pays qu’un noir-américain peut espérer être élu à ce poste
Zelma Henderson, la dernière plaignante survivante de l'affaire Brown v. Board of Education, qui conduisit la Cour Suprême des États-Unis à abolir la ségrégation raciale dans les écoles en 1954, est décédée le 20 mai 2008 l'âge de 88 ans. Elle avait vécu toute sa vie à Topeka, la capitale de l'État du Kansas.
Ayant aboli la ségrégation raciale dans les écoles américaines, cette décision de la Cour Suprême est considérée comme l'une des plus importantes de l'histoire du pays et fait autorité en droit américain. Pierre angulaire de l'émergence du mouvement des droits civiques, l'affaire Brown v. Board of Education avait ouvert la voie au Civil Rights Act de 1964, loi qui avait aboli la ségrégation raciale dans les autres services publics.
Zelma Henderson naquit en 1920 à Colby, une communauté rurale dans l'ouest du Kansas. À cette époque, une loi du Kansas appliquait la ségrégation dans les écoles élémentaires des villes de plus de 15 000 habitants uniquement. Ayant grandi dans des villes de taille inférieure, Zelma alla donc à l'école avec des enfants blancs et noirs. Mais quand elle déménagea à Topeka en 1940, les choses changèrent radicalement. Elle étudia les cosmétiques à la Kansas Vocational School, une institution séparée. Elle se maria en 1943 et ouvrit un salon de beauté chez elle. Ses deux enfants, Donald et Vicki, furent dirigés vers une école noire à l'autre bout de la ville. « Je savais ce que c'était que d'être intégrés, et je savais que cela marchait. Je ne pouvais pas comprendre pourquoi nous étions ainsi séparés à Topeka », déclara-t-elle en 2004 lors de la cérémonie des Boston Globe.
Ainsi, en 1950, la branche de la National Association for the Advancement of Colored People (NAACP) à Topeka intenta une action collective en justice. L'association demanda à 13 parents noirs de se constituer plaignants, et Zelma Henderson acquiesça sur le champ. En 1951, la plainte fut amenée devant le tribunal d'instance fédéral du Kansas. Les plaignants furent déboutés, le juge s'appuyant sur une décision de 1896 édictant que les institutions « separated but equal » – séparées mais égales – pour les Noirs et les Blancs étaient constitutionnelles.
L'affaire n'en resta pas là. Avant d'être portée en appel devant la Cour Suprême, l'affaire fut combinée avec quatre autres cas similaires du Delaware, de Caroline du sud et du District of Columbia, sous le nom de Brown v. Board of Education. Le 17 mai 1954, l'arrêt fut adopté à l'unanimité par les neufs juges. Il déclara la ségrégation dans l'éducation inconstitutionnelle et qu'il devait y être mis fin : « la doctrine separate but equal adoptée dans Plessy v. Ferguson [l'arrêt de 1896, NDLR] n'a pas sa place dans le domaine de l'éducation ».
Dans une interview accordée au Dallas Morning News en 1994, Zelma Henderson se souvint : « Aucun d'entre nous ne se doutait que cette affaire deviendrait si importante, prendrait une telle ampleur. Aussi peu j'accomplis en réalité, j'ai le sentiment d'avoir aidé la nation toute entière ».
Selon Duane Bray, chef de la brigade d'intervention de Portland, Oregon, 75 000 personnes s'étaient amassées pour venir écouter le discours du candidat à l'investiture démocrate, dimanche 18 mai. Une foule impressionnante était réunie sur les berges de Willamette River, tandis que certains attendaient sur des kayaks ou des bateaux, amarrés non loin des rives. D'autres encore étaient juchés sur les armatures en acier du pont enjambant le fleuve. Sur la rive opposée, des supporters étaient installés sur les pontons et jetées.
Devant le plus grand auditoire qu'il ait jamais rassemblé, Barack Obama a prononcé un discours d'une trentaine de minutes. Soulignant que le pays devait prendre exemple sur la ville de Portland en matière de transports en commun et de pistes cyclables, il a provoqué de nombreux rires. Cependant, l'ovation la plus forte s'est fait entendre quand il a dénoncé la guerre en Irak – l'Oregon étant un foyer de l'activisme anti-guerre.
Un anonyme dans la foule a crié son soutien au candidat démocrate. Interrompant quelques secondes son discours, Barack Obama a répondu « je vous aime aussi ». « Si vous votez pour moi mardi, nous ne gagnerons pas seulement l'Oregon. Nous gagnerons cette nomination, et nous gagnerons les élections. Et vous et moi, ensemble, nous changerons ce pays, nous changerons le monde », a-t-il déclaré à la foule. Des paroles bien douces aux 75 000 paires d'oreilles.
Des primaires ont encore lieu mardi 20 mai dans le Kentucky, où Hillary Clinton est donnée gagnante, et dans l'Oregon, où Barack Obama devrait l'emporter. Ce dernier a prévu de se rendre dans l'Iowa, Etat clé qui a lancé sa campagne en janvier, où il pourrait s'autoproclamer dans la soirée candidat démocrate à la présidence. Il aura, en principe, à l’issue des deux primaires de ce mardi, obtenu la majorité des délégués élus pour la convention démocrate. Mais Hillary Clinton n'a pourtant pas l’intention de capituler, et est déjà tournée vers les dernières primaires, à Porto Rico, dans le Montana et le Dakota du Sud, au début du mois de juin.
Le soutien de l'homme le plus riche du monde
Par ailleurs, Warren Buffet, 77 ans et plus grosse fortune du monde, a officiellement annoncé, le 19 mai, qu'il soutenait Barack Obama dans sa course à l'investiture démocrate. En effet, il a offert son soutien aux deux candidats démocrates, mais a souligné qu'il serait très heureux qu'Obama soit élu président. « Il est mon choix », a-t-il déclaré.
Il a ajouté que selon lui, la politique économique américaine risquait de faire chuter toujours plus le dollar. « Je pense que les Etats-Unis ont suivi et continuent de suivre des politiques qui affaibliront le dollar à long terme », a-t-il indiqué.
Warren Buffet est à la tête de 76 entreprises, pratiquement toutes aux Etats-Unis. Il a également investi dans l'industrie israélienne.
Manuela Ramin-Osmundsen, de la Martinique à la Norvège
Manuela Ramin-Osmundsen, ancienne ministre norvégienne, était à Paris pour rencontrer Patrick Karam, le délégué interministériel à l’égalité des chances des Français d’Outre-mer. L’occasion de revenir sur le parcours atypique de cette martiniquaise-norvégienne.
par Maïté Koda
Il lui était reproché d’avoir nommé au poste de médiateur pour les enfants une de ses connaissances de longue date. Celui-ci étant censé être indépendant, la presse n’a pas tardé à évoquer un possible conflit d’intérêt. Ce qui en France n’aurait pas suscité de gros remous a mené la ministre à la démission en février.
Des statistiques nécessaires
Avec le recul, l’ex ministre reconnait ses erreurs : « Le jeu politique et le jeu d’alliances avec les médias demandent une expérience tout à fait particulière ». « Des personnes qui ne font pas partie de l’arène politique peuvent pourtant avoir des choses à apporter et rendre une société plus harmonieuse ». D’autant plus qu’à la suite de sa démission, des attaques violentes et racistes la visant, ainsi que les populations immigrées, ont fleuri sur la toile.
Ces sujets, immigration et intégration, Manuela Ramin-Osmundsen les connaît. Avant d’être nommée à l’Enfance, elle a dirigé le Smed, le Centre contre les discriminations ethniques et a travaillé pour l’Office national de l’immigration. Une expérience qui lui permet d’établir une comparaison entre les politiques des deux pays. « En Norvège, nous avons des politiques beaucoup plus offensives, et notamment des statistiques. Celles-ci permettent de suivre l’évolution des personnes issues de l’immigration à l’école, dans le marché du travail, dans le logement... »
Une identité « non négociable »
L’ancienne ministre reconnaît que ces chiffres peuvent poser des questions d’éthique mais déplore l’attitude de la France qui se retranche derrière ces problématiques au lieu d’y apporter des solutions. « Pour résoudre un problème et mener une politique adéquate, il est nécessaire de pouvoir suivre son évolution régulièrement ». En Norvège, des enquêtes permettent même d’estimer le sentiment d’appartenance des populations immigrées. Une question d’actualité pour celle qui se revendique à la fois martiniquaise, française et norvégienne, et refuse de choisir. « Ce n’est pas négociable » affirme-t-elle dans un sourire.
En visite en France, elle a rencontré le délégué interministériel à l’égalité des chances des Français d’Outre-mer Patrick Karam, avec lequel elle a « échangé nos expériences ». Elle qui a grandi dans l’Hexagone regrette de ne pas avoir eu le temps de retourner en Martinique depuis plus de deux ans. Sans doute sera-t-elle plus disponible désormais puisqu’elle assure vouloir prendre le temps de réfléchir à son avenir professionnel.
Walterio CARBONELL vient de mourir à Cuba, au terme d’une longue vie de batailleur.
Après ses études à Paris, à la Sorbonne, il se distingua dans la presse cubaine comme journaliste spécialisé dans l’international ; ami personnel de Fidel Castro, de son frère Raúl et du « Che » Guevara, il insiste auprès d’eux pour que soit pris en compte le point de vue des noirs dans le programme de la Révolution dès 1959. Il est nommé ambassadeur en Tunisie, puis revient à ses recherches d’historien de Cuba, où les noirs et métis, confondus, représentent depuis le milieu du XIXème siècle entre 30 et 60% de la population. Cette proportion, remarquablement stable, donne à la pensée noire cubaine une présence, une continuité et une souplesse uniques dans le dialogue avec la classe dirigeante, qui reste très blanche.
Walterio Carbonell est l’héritier et le continuateur de l’œuvre de toute une lignée d’hommes d’action et de penseurs cubains noirs : avant même l’époque des guerres d’indépendance bolivariennes en Amérique du sud, le dirigeant noir José Aponte (martyrisé en 1812) avait établi des liens avec Haïti, le sud des Etats-Unis et la Jamaïque, instaurant pour Cuba un projet de société démocratique, comportant nécessairement abolition de l’esclavage, indépendance et communauté des intérêts caraïbéens. Puis le général Antonio Maceo (mort au combat en 1897) sut mobiliser la population noire et modeste en général pour les guerres d’indépendance contre l’Espagne, de 1868 à 1898, et fut reconnu par les autres militaires et penseurs de l’indépendance comme la personnalité indispensable, à la fois sur le plan militaire, et pour donner son équilibre et son élan à la nouvelle société. Pendant la première moitié du XXème siècle, l’idéologie ségrégationniste états-unienne gagna du terrain, parallèlement avec l’emprise économique et maffieuse des Etats-Unis, avec des épisodes de répression féroce (1912) ; mais ce processus de mutilation de la nation fut bloqué par le patient travail des intellectuels noirs (Gustavo Urrutia, Juan René Betancourt) d’une part, et de la classe ouvrière sur les plantations sucrières (Jesús Menéndez) ainsi que dans les différents secteurs de l’industrie (Lázaro Peña, dans les manufactures de tabac), très majoritairement noirs ; ceux-ci à leur tour, donnaient leur assise solide aux combats et aux publications des intellectuels communistes les plus prestigieux (Julio Antonio Mella, Nicolás Guillén, Juan Marinello).
Walterio Carbonell envisageait de consolider les fondements de la révolution cubaine avec un mouvement comparable à celui des Black Panthers. Il publia en 1961 un volume qui reflète l’intense affrontement entre la réflexion de la base et celle des idéologues continuateurs de l’interprétation blancobiblique de l’histoire cubaine (Jorge Mañach, Raimundo Menocal), qui, tout en acceptant les nationalisations, les lois de réforme agraire et de réforme urbaine, tentaient avant tout de légitimer et de préserver les intérêts traditionnels des propriétaires ; Cómo se forjó la cultura nacional devint bientôt un livre mythique par la force de son argumentaire, mais un livre introuvable (réédité de façon confidentielle en 2005, il est disponible en français depuis 2007, aux éditions Menaibuc www.menaibuc.com , sous le titre L’apparition de la culture cubaine). L’auteur, marginalisé et stigmatisé depuis lors, resta cependant chercheur à la bibliothèque nationale de La Havane jusqu’à ces toutes dernières années, et c’est à ce poste qu’il a transmis -par la parole- à des générations de chercheurs son expérience, sa méthode, ses connaissances, ses convictions. Le groupe « Color cubano » (coordination : Gisela Arandia ; voir en anglais : www.cubaweb.com/arandia ) donne désormais une visibilité certaine au sein de l’union des écrivains cubains (UNEAC) aux idées défendues par Walterio Carbonell, ainsi que de nombreux centres de recherche dans tout le pays. (Voir : http://www.grioo.com/blogs/guyzoducamer/index.php/2007/06/08/1990-lafrique-et-les-afrodescendants-actions-concretes-de-solidarite-necessaires ).
L’Apparition de la Culture Cubaine, par Walterio Carbonell, (« Cómo se forjó la cultura nacional », La Havane, 1961) est un livre fondateur; il offre une méthode valable bien au-delà de Cuba, pour rendre à la part africaine de chaque société -du continent européen comme du continent latino-américain- sa place et son sens. Ce faisant, il fait une critique radicale de l’historiographie blanche, qu’elle soit bourgeoise ou se croie révolutionnaire. Ce n'est pas un hasard s'il insiste sur deux hauts lieux de la créativité africaine : la famille et la musique. Et il rend à la religion toute sa dignité, comme source de la cohésion sociale et de la créativité, mais aussi comme outil de combat et porte de toute connaissance (www.menaibuc.com ).