Entreprise
Posté le 30.11.2007 par feobus
GRONDIN Frédéric, également trentenaire, est originaire de la Réunion et titulaire d’un Doctorat en Mécanique obtenu en 2005. Il est actuellement Maître de conférence à l’Ecole centrale de Nantes. Son adaptation à la vie universitaire en France est pourtant semée d’embûches et il vit les difficultés liées à une situation modeste. Mais jamais il ne décroche. Il passe sa licence de Mécanique à l’Université Pierre et Marie Curie à Paris, tout en travaillant comme facteur, se levant à 5 h du matin pour assurer ses tournées.
Puis il enchaîne sur la maîtrise et le DEA. Ses résultats le font repérer par le directeur du Laboratoire du Centre technique du bâtiment où il fera un stage. Il obtient une bourse ministérielle pour préparer sa thèse de Doctorat en Mécanique sous leur direction. Ayant opté pour l’enseignement supérieur, Frédéric GRONDIN passe par un monitorat d’enseignement à l’Université de Versailles, obtient un poste d’attaché d’enseignement temporaire au département de Génie civil de l’IUT de Saint-Nazaire, réussit la qualification de Maître de Conférence en 2006 et est recruté à l’Ecole centrale de Nantes.
grioo
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Posté le 30.11.2007 par feobus
FOUCAN Lorry, 30 ans, a brillamment passé son Diplôme d’expertise comptable et de commissaire aux comptes en 2006. Avec deux autres jeunes associés rencontrés dans ses études, il monte un cabinet qui lui attire une clientèle de filiales de grands groupes et de PME. Des clients rencontrés, pour une bonne part, lors de stages où il se distingue par ses compétences. Un parcours méritoire pour ce jeune homme qui vient d’une famille monoparentale de trois enfants élevés par une mère postière. Il a vécu toute son enfance dans des banlieues difficiles et aurait pu suivre un tout autre chemin, s’il ne s’était ressaisi après avoir redoublé sa seconde.
Il se forge en effet une remarquable trajectoire après son bac STT. D’abord un DUT de Gestion des entreprises, puis une Maîtrise comptable et financière pour aboutir au Diplôme d’études supérieures de management comptable et financier. Un DESS sélectif que seuls 20% des candidats réussissent, tout comme la filière qu’il emprunte, où seulement 100 personnes par an, à l’échelon national, se voient décerner le diplôme d’expert comptable. Malgré un agenda très chargé, Lorry FOUCAN trouve encore le temps de donner des cours de formation continue à l’Université Descartes pour des diplômés de Maîtrise de gestion se préparant à l’expertise comptable.
grioo
Posté le 30.11.2007 par feobus
FLORY-CELINI Caroline, 32 ans. Après quelques années de vie professionnelle, cette jeune mère de famille ambitionne de reprendre des études pour d’enrichir son expertise en matière d’Energies renouvelables. Au cours de son parcours, elle a en effet effectué à Chambéry une formation initiale dans ce domaine ainsi que sur la valorisation des déchets, et a collaboré quelque temps à des programmes européens d’énergie renouvelables, avec des expérimentations en Martinique et en Guadeloupe.
Pari tenu pour ce profil de scientifique déjà titulaire d’un DEA de l’Ecole Supérieure de Mécanique et d’Aérotechnique de Poitiers et d’une Maîtrise de Physique délivrée en Guadeloupe. Elle achève actuellement une thèse industrielle de Doctorat en Thermique à l’Institut National des Sciences Appliquées de Lyon, sur le thème : Optimisation des solutions bioclimatiques dans l’habitat. Effectuant des vacations à l’IUT de Génie civil et d’urbanisme de Lyon, pour les cours de Licence, Caroline FLORY-CELINI forme également à l’INSA des ingénieurs dans le domaine de la modélisation thermique. Investie dans la vie associative, elle est présidente d’une association d’insertion par le travail historique, AITHI. Après sa thèse, Caroline FLORY-CELINI aimerait se consacrer à l’enseignement et à la recherche.
grioo
Posté le 30.11.2007 par feobus
CHASSAN Marie, 35 ans. Après son bac, une aide de l’ANT de la Réunion (Agence nationale pour la promotion et l’insertion des travailleurs d’Outre-mer), lui permet d’aller préparer en Suisse un CAP en bijouterie métaux précieux. Elle s’installe ensuite à Marseille où elle passe un Brevet des Métiers d’Art. Elle travaillera pendant quatre ans comme « petite main » dans la Haute couture avant de créer en 2003 Cafrinne, sa marque de bijoux fantaisie haut de gamme. Le milieu de la mode en France étant difficilement accessible aux produits dits « ethniques », ce sont surtout des stylistes africains qui lui ouvrent leurs défilés. Mais l’originalité de ses créations commence à être reconnue. Marie Chassan a aussi publié un ouvrage pédagogique intitulé « Bijoux et nacres » (Ed. l’Inédit).
grioo
Posté le 30.11.2007 par feobus
BIENVILLE Tatiana, 29 ans, est spécialiste de Nanotechnologies, titulaire d’un Doctorat de physique spécialisé en acoustique ultra rapide obtenu en 2006 à l’Institut des Nano Sciences de Paris avec une mention très honorable et un rang de major de sa promotion. Ayant débuté ses études supérieures en Guadeloupe jusqu’à la Maîtrise de Physique appliquée, elle a effectué son 3e cycle à l’université de Paris VI. Elle se prépare actuellement au concours de Maître de conférence.
Un véritable challenge dans ce milieu très compétitif où ses résultats viennent chaque fois démentir ceux qui doutent de ses capacités à devenir une scientifique de haut niveau. Elle a enseigné la physique à la faculté de Sciences et Technologie de Paris XII et a été invitée à présenter ses travaux sur les mesures d’acoustique ultra rapides dans les Nanostructures dans de nombreux séminaires et congrès internationaux. Des travaux aujourd’hui utilisés comme expérimentation pour les nouvelles promotions d’étudiants en électro-acoustique. Attaché temporaire d’enseignement et de recherche à la faculté de médecine de la Pitié Salpetrière, elle enseigne la physique aux 1eres année de médecine. En début 2007, elle a obtenu sa qualification de Maître de conférence. Prochaine étape : le concours.
grioo
Posté le 30.11.2007 par feobus
ALBUFFY Gilmé, 28 ans, est, lui, docteur en chirurgie dentaire. Issu d’une modeste famille de 5 enfants, avec un père agriculteur dans la canne, après son bac S à la Réunion, il obtient une bourse pour entreprendre des études médicales à Marseille. Outre les difficultés matérielles qu’il à surmonter, il découvre aussi la confrontation à des préjugés sociaux et raciaux qui ne l’épargnent pas. Mais cela ne l’empêche pas de mener brillamment ses études. La qualité de sa thèse lui vaudra d’ailleurs d’être sollicité par l’équipe d’enseignement comme attaché hospitalier pour encadrer la formation des étudiants au centre de soins dentaires de la faculté de Marseille. Une activité quasi bénévole qui s’ajoute à son travail en cabinet privé.
grioo
Posté le 30.11.2007 par feobus
ADEE Fabrice, 28 ans, est docteur vétérinaire. Un bac S mention très bien à la Martinique, deux ans de Prépas à Toulouse et c’est le concours d’entrée à l’école vétérinaire de Toulouse qu’il réussit au 31e rang sur 400. Une volonté d’excellence qu’il maintiendra jusqu’au niveau de sa thèse soutenue en 2005 avec la mention très honorable.
Fabrice Adee exerce actuellement dans un cabinet vétérinaire en milieu rural dans l’Aveyron. Son objectif : arriver à une association en clinique vétérinaire mixte spécialisée en rural et canin. Aux dires de ses collègues, son tempérament cordial a beaucoup joué pour apprivoiser une clientèle paysanne qui n’avait jamais vu de vétérinaire noir. S’étant imposé par ses compétences, Fabrice Adée est maintenant très bien accepté et fait partie du paysage local.
grioo
Posté le 30.11.2007 par feobus
Le 12 novembre dernier, le Casodom (Comité d’action sociale en faveur des originaires des départements d’outre-mer) remettait les prix aux lauréats de son concours "Talents de l’Outre mer", édition 2007 lors d'une cérémonie qui se déroulait au Palais d'Iena, siège du Conseil Economique et Social.
Le Casodom est une association loi 1901 créée en 1956 et qui vient en aide aux originaires de quatre départements, la Guadeloupe, Guyane, la Martinique et la Réunion dans leur quotidien en métropole. Lancé en 2005, le concours "Talents de l’Outre mer" a pour but de récompenser et mettre en valeur des jeunes et des professionnels confirmés, originaires des DOM TOM, particulièrement méritants au vu de leurs cursus scolaires ou de leurs références professionnelles, dans différents champs d’activité. L’opération vise à montrer qu’à l’heure où on parle beaucoup de diversité, il existe des exemples qu’on peut valoriser au sein de la population "domienne".
Son Président, M. Georges Dorion, a d’ailleurs rappelé l’enjeu de cette initiative novatrice : promouvoir des jeunes "domiens" ayant réussi des formations d’excellence dans des domaines où on ne les attend pas forcément. 24 candidats ont été primés cette année : 12 Jeunes talents en fin de cursus et 12 talents confirmés, déjà engagés dans la vie professionnelle. Des jeunes gens - dont 13 filles -, parfois d’origine modeste, qui ont su par leurs efforts personnels, surmonter les barrières et difficultés de la vie en Métropole pour s’imposer dans des filières sélectives ou hautement compétitives.
Ils sont en effet de plus en plus nombreux, originaires de la Guadeloupe, la Guyane, la Martinique et la Réunion, à attester de profils de pointe en France, certains étant même reconnus au-delà de l’Hexagone, mais on ne les montre pas. Une façon pour le CASODOM, association reconnue d’utilité publique qui œuvre à faciliter une bonne insertion de ressortissants d’Outre mer résidant en métropole, de dépasser sa vocation sociale pour rendre visibles des figures exemplaires de la société "domienne" en France, en tant que modèles à offrir aux générations suivantes.
A l’image de la première promotion de 2005, les parcours primés sont tout aussi remarquables : ingénieurs, designer en joaillerie, diplômés des Ponts et chaussées, HEC, ou Sciences Po Paris, conservateur du patrimoine, pilote de ligne, expert-comptable, généticien, spécialiste de nanotechnologies, etc. C’est donc dans une ambiance d’émotion et de fierté que cette seconde promotion a été mise à l’honneur. Avec en prime pour chacun des "Jeunes talents", un chèque de 2200 euros décerné grâce au soutien de différentes collectivités, entreprises, institutions nationales et régionales, ainsi que des dons individuels.
Posté le 25.11.2007 par feobus
Les Nigérians fortunés plaçaient leurs capitaux en Suisse, à Londres ou à New York. Aujourd’hui, ils misent sur le boom pétrolier et sur le développement accéléré du pays.
Quand l’armée gouvernait le Nigeria*, c’étaient les généraux qui possédaient la plupart des plus gros comptes en banque. Mais huit années de gouvernement civil ont facilité l’émergence d’un groupe de gros entrepreneurs qui pèsent chacun des centaines de millions de dollars, et parfois beaucoup plus. Maintenant que le gouvernement renonce peu à peu à diriger l’économie, explique un ancien ministre, les hommes du pouvoir - qui ont souvent succombé à la corruption - se rapprochent des hommes d’affaires : l’argent du secteur public se mélange de plus en plus avec l’argent du secteur privé. Les grandes entreprises et certaines banques sont très impliquées dans le système politique, tout comme les hommes politiques ont des intérêts dans les banques et les entreprises nigérianes qui gagnent de l’argent, ajoute-t-il.
Il y a cependant des changements significatifs dans la façon dont les nouveaux mégariches utilisent leur fortune. Dans le passé, l’argent était stocké dans des banques situées à l’étranger. Aujourd’hui, il est en général injecté dans des entreprises nigérianes. Transcorp, un consortium constitué avec le soutien du gouvernement, illustre ce phénomène. Ses actionnaires comprennent à la fois des hommes politiques et des grands de l’industrie. Ndi Okereke-Onyiuke, la directrice de la Bourse du Nigeria, préside le conseil d’administration de Transcorp, tandis que l’ancien président Obasanjo en détient une partie du capital [qu’il fait gérer par un blind trust pour éviter l’écueil du conflit d’intérêts]. Depuis sa création, en 2005, ce puissant groupe a acquis des droits de prospection pétrolière sur plusieurs zones du pays, ainsi que l’hôtel Hilton d’Abuja [capitale fédérale], la société de télécommunications Nitel et, plus récemment, des parts dans deux raffineries de pétrole.
M. Obasanjo avait mis sur pied un système alliant capitalisme sauvage et nationalisme économique en bloquant les importations de certains produits ou en dispensant des aides gouvernementales pour favoriser telle ou telle entreprise nigériane. Quand le ministre des Finances partait en voyage à l’étranger, raconte un fonctionnaire international en poste au Nigeria, il lui arrivait de constater au retour que le président avait imposé de nouvelles hausses des droits de douane en son absence...
Le contexte a rarement été plus favorable pour s’enrichir dans le pays. Le prix du pétrole, une ressource qui constitue près de 95 % des exportations du Nigeria, se maintient à des niveaux record et permet au gouvernement de présenter son meilleur bilan depuis des années.
Dans le même temps, le renforcement de la législation en matière de blanchiment d’argent dans le monde fait que les fonds acquis de façon douteuse ont tendance à s’investir sur place. Le fait qu’un grand nombre de biens publics et de licences d’exploitation pétrolière aient été payés rubis sur l’ongle par des investisseurs locaux semble conforter cette analyse.
M. Obasanjo, dont les liens avec les grandes entreprises font désormais l’objet d’un examen attentif dans le pays et dont les élevages de poulets ont bénéficié à partir de 2002 d’une interdiction des importations de volailles, confie s’être inspiré de l’Asie.
“J’étais en Corée du Sud dans les années 1980 et j’ai constaté que l’économie sud-coréenne était l’affaire de six entreprises : Daewoo, Samsung, etc. Mais l’économie locale profitait de leurs retombées”, nous a-t-il confié lors d’un entretien, peu avant de se retirer du pouvoir, le 29 mai 2007. Il a ajouté qu’il n’y avait pas de raisons pour qu’on ne compte pas un Nigérian parmi les trois personnes les plus riches du monde d’ici dix ans.
Chez les Nigérians qui comptent parmi les mieux nantis du continent, cinq noms apparaissent régulièrement. Aliko Dangote, un négociant reconverti dans l’industrie, est le plus prospère. Une fois achevées, les nombreuses cimenteries que le groupe Dangote est en train de construire et celles qu’il a rachetées à l’Etat lui assureront une prépondérance écrasante sur le marché intérieur, et peut-être sur les marchés régionaux. M. Dangote domine également la distribution du sucre et du sel, et la fabrication de produits à base de farine. Il faisait partie des acquéreurs de deux vieilles raffineries de pétrole publiques mises en vente par M. Obasanjo quelques jours avant son départ du pouvoir.
Femi Otedola a lui aussi profité de cette cession. Zenon, sa société, détient une licence d’importation et de distribution de gazole. Il contrôle ainsi un bien indispensable aux entreprises pour faire fonctionner des générateurs en l’absence d’un système de distribution électrique fiable. Parmi les superriches, on compte également deux banquiers proches de M. Obasanjo, Jim Ovia, de la banque Zenith, et Tony Elumelu, de l’United Bank of Africa. Ces établissements rivalisent pour bénéficier des grands marchés publics et pour collectionner des postes dans les conseils d’administration des principaux groupes industriels.
Mike Adenuga, le cinquième magnat, avait pour sa part des relations plus tendues avec l’ancien président. Depuis que la commission sur les délits économiques et financiers s’est mise à enquêter sur ses activités, l’année dernière, il s’est installé à Londres pour diriger son empire, qui comprend la société de télécommunication Globacom, une banque et des intérêts pétroliers.
D’autres acteurs ont gravi quelques échelons, avec ou sans le soutien de l’Etat. Dans les cercles politiques, on estime improbable que le nouveau gouvernement remette en cause les empires que les hommes d’affaires les plus riches du pays ont acquis dans divers secteurs. Ne serait-ce que parce que nombre des sociétés qu’ils contrôlent sont cotées en Bourse et que les investisseurs privés ordinaires ont donc intérêt à ce qu’elles demeurent fortes.
* Le président Obasanjo a été élu en 1999. Son prédécesseur, le général Sani Abacha, avait dirigé le Nigeria d’une main de fer de 1993 à 1998.
William Wallis
Financial Times
Posté le 16.11.2007 par feobus
Le Produit Intérieur Brut Régional (PIBR) de la Guadeloupe s’élève à 4801 millions d’euros [1], il est égal à celui des départements de l’Aveyron et du Jura. Le PIBR représente 11602 [2] euros par habitants, la Guadeloupe se situe ainsi parmi les 4 îles les plus riches de la Caraïbe avec les Bahamas, la Martinique et Puerto Rico.
Au niveau européen, avec un PIB s’élevant à 55,8% de la moyenne communautaire, la Guadeloupe appartient au groupe des 13 régions les plus pauvres d’Europe.
Mais l’économie de la Guadeloupe est fragile, car elle reste dominée pat les transferts publics et les importations. La Guadeloupe a importé ,en 2000, 1,6 milliard d’euros, dont 63,5% provenaient de France et 15,14% d’Europe. Elle n’a exporté que 0,1 milliard d’euros, 15 fois moins que ce qui était importé. Les transferts publics et sociaux alimentent actuellement 30% du PIB. La valeur ajoutée totale de l’économie provient à 81% des activités de services ou de commerce (marchand ou non), alors qu’au niveau national ces activités représentent 72% de la valeur ajoutée.
La valeur ajoutée se répartit comme suit :
administrations : 31%,
services non publics : 35%,
commerce : 14%,
BTP : 9%,
industrie : 7 %,
secteur primaire : 4%
répartition d’emplois :
administration : 42%,
services non publics : 28%,
commerce : 14%,
BTP : 6%,
industrie : 7%,
secteur primaire 3%
Les immigrants, Haïtiens et Dominicains, fournissent les bras pour la construction, le jardinage et le travail domestique. Les Guadeloupéens remplissent plutôt les postes de la fonction publique et des services d’hôtellerie et de restauration. Les Métropolitains occupent eux les postes de direction de la fonction publique ou gèrent les domaines de l’industrie, de la construction, de l’immobilier, de l’hôtellerie et de la restauration.
Parmi les Guadeloupéens il faut distinguer trois groupes : les Blancs békés, les Mulâtres et les Noirs. Le rôle économique des Métros restent relativement faible, car ce sont les Blancs Békés qui ont conservé la suprématie du pouvoir économique et de la préfecture, ils posséderaient aujourd’hui près de la moitié des richesses de l’archipel. L’administration publique (subalterne) et la politique locale sont devenues le domaine des Mulâtres. Les Noirs, et les Indiens, occupent généralement des emplois d’ouvriers agricoles et des emplois de services. Cette « compartimentalisation » est en train d’évoluer progressivement, et il n’est pas rare de trouver de nos jours des médecins noirs et des ouvriers blancs. La crise sucrière qui secoua la Guadeloupe de 1870 à 1914 eut pour effet de concentrer les propriétés au profit des usines qui appartenait déjà à des industriels de la métropole. En 1976, l’éruption du volcan de la Soufrière, entraînant le déplacement de milliers de Guadeloupéens, accentua la crise économique, aggravée encore par le cyclone Hugo qui, en 1989, dévasta l’archipel . L’économie sucrière continua un temps encore son développement malgré la concurrence de la banane et du rhum. L’effondrement de l’économie sucrière entraîna la transformation de l’économie de l’île : l’ancienne économie basée sur une agriculture d’exportation (banane, rhum et canne à sucre) n’avait plus beaucoup d’avenir en Guadeloupe, le tourisme désormais devenait l’industrie prometteuse. Cette économie de transition fait également la part belle à l’agroalimentaire. C’est l’expansion démographique soutenue qui détermine en Guadeloupe le contexte socioéconomique. 38% des 422 496 habitants recensés en 1999 avaient moins de 25 ans. L’expansion démographique est ici 2 fois et demi plus importante qu’en métropole [3]. En 2000, 1 Guadeloupéen actif sur 4 était au chômage (23,7% de la population active contre 9% en métropole) et 1 habitant sur 15 percevait le RMI. L’accroissement de la population est beaucoup trop rapide par rapport aux offres du marché du travail local. L’émigration vers la Métropole des jeunes actifs constitua un temps la solution mais depuis le début des années 80, elle tend à diminuer. Mais il importe de noter que, depuis plusieurs années, les Guadeloupéens s’impliquent davantage dans la gestion de l’île, à tel point que la nomination d’un « Métro » à un poste clé n’est pas très bien perçue.
Dans ce contexte, l’activité économique de la région est essentiellement tertiaire, puisque l’expansion démographique sollicite énormément les services publics, il faut sans cesse combler le déficit des équipements collectifs, remettre à jour les services chargés de la distribution des prestations sociales... Trois secteurs du tertiaire marque le pas actuellement : la construction, les transports et le tourisme. Les services publics représentent 38% des emplois salariés, ce pourcentage énorme est à relativiser, car, si on établit le rapport population desservie/nombre d’emplois dans les services administrés, on constate qu’on est très proche de la moyenne nationale : 117 emplois pour 1000 habitants en Guadeloupe contre 118 en Métropole. L’importance de l’emploi public s’expliquerait donc par l’étroitesse du marché du travail.
Le secteur de la construction est un secteur dynamique puisqu’il représente plus d’emplois que l’agriculture et l’industrie réunies. Ce secteur a bénéficié des dispositifs particuliers mis en place pour pallier à l’étroitesse du marché, dont bénéficie d’ailleurs l’ensemble des régions d’Outre-Mer : loi Pons sur la défiscalisation des investissements, loi Perben sur les contrats aidés spécifiques, ainsi que les dispositions confirmées dans la loi d’orientation pour l’Outre-Mer.
Les activités de commerce et de transport sont très développées, ce qui s’explique en partie par l’insularité de la région. L’agriculture fournit l’essentiel des produits exportés, à savoir le rhum et la banane.
Les activités de tourisme sont elles aussi une source importante d’emplois ; si bien qu’au final le secteur tertiaire fournit 85% des emplois.
Il faut préciser que les travailleurs indépendants sont exceptionnellement nombreux, la micro-entreprise restant en Guadeloupe la structure productive dominante.
Un rapport du CEREC, d’avril 2003, établissait qu’il se créait actuellement plus d’emplois en Guadeloupe qu’en moyenne nationale, mais comme ces créations se concentrent dans la santé, l’éducation, l’action sociale et l’administration, elles ne modifient pas la physionomie générale de l’économie guadeloupéenne.
Bilbliographie
"Histoire économique de la Guadeloupe et de la Martinique : du 17eme siècle à nos jours", par Alain-Philippe Blérald, Karthala, 1986