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Ce blog regroupe des articles sur les Afro Antillais, qui font l'actualités dans le monde.
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28.03.2007
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Posté le 24.04.2008 par feobus

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La France exploite l'Afrique par le biais du franc CFA

Posté le 07.03.2008 par feobus
Mamadou Koulibaly, président de l’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire et professeur d’économie, fait la lumière sur les dégâts causés dans les Etats membres de la zone franc en raison de l’indexation de leur monnaie sur le franc français, aujourd’hui sur l’euro. Dans cet entretien réalisé par Ruth Tete et Soh Tadhieu de New African, Mamadou Koulibaly ne mâche pas ses mots et appelle à la création d’une monnaie indépendante, sans lien avec le passé colonial.

Pourriez-vous expliquez à nos lecteurs quels sont les principaux mécanismes de la zone Franc ?

MK: La zone du franc CFA est une union de coopération monétaire dont les leviers de contrôle se situent à Paris où priment les intérêts de la France. Les Etats satellites, membres de cette zone, sont des pays d’Afrique occidentale et centrale. La logique qui sous-tend le fonctionnement de cette zone rappelle la manière dont les Etats de l’Europe de l’Est étaient liés à l’ex-Union soviétique par le biais du Pacte de Varsovie à l’époque de la Guerre froide.

Les principes de la coopération monétaire entre la France et les Etats membres de la zone franc ont été énoncés dès les années 1960 dans le cadre d’un pacte colonial. Ce pacte a été modifié par la convention de coopération monétaire du 23 novembre 1972 entre les Etats membres de la Banque des Etats de l'Afrique Centrale (BEAC) et la France d’une part, et par l'accord de coopération du 4 décembre 1973 entre les pays membres de l'Union Monétaire Ouest-africaine (UMOA) et la République française d’autre part.

Juste avant que la France n’accède aux demandes d’indépendance des pays africains dans les années 1960, elle a obligé ces Etats à placer 65% leurs réserves de change sur un compte du Trésor français, après avoir défini un taux de change fixe du franc CFA.

Bien que la gestion de cette monnaie ait été confiée à des banques centrales communes [BEAC et BCEAO, ndlr], ces banques n’ont d’africain que le nom. En réalité, elles n’ont aucun pouvoir et ne sont rien de plus que de gigantesques institutions bureaucratiques qui ne décident pas des politiques monétaires. Elles sont là pour faire croire aux pays de la zone franc qu’ils sont maîtres de leur destinée.

Les pays de la zone franc continuent de perpétuer un système mis en place par l’ancien bourreau colonial.

Comment décririez-vous la situation financière des pays de la zone franc depuis qu’ils font partie de cette union monétaire ?

MK: La zone franc a engendré un long débat. D’une manière générale, il ne faut pas oublier que cette union a apporté à la France d’immenses avantages en termes de marchés pour ses biens et services. La situation monétaire des pays de la zone franc est une longue histoire de secrets jalousement gardés par la France, dont la seule préoccupation est de préserver ses intérêts.

Par exemple, les réserves de change des Etats de la zone franc sont placées sur un compte commun du Trésor français, mais aucun pays africain n’est capable de dire quelle partie de cet argent durement gagné lui appartient. Seule la France a le privilège d’accéder à ces informations.

Et pourtant ces fonds, placés sur des «comptes d’opérations», génèrent des intérêts à chaque fois que leur montant est supérieur aux besoins d’importation des pays africains concernés.

Ces comptes d’opérations, en vertu des accords de coopération monétaires signés par la France et les pays de la zone franc, sont en théorie assortis du principe de découvert illimité. Cependant, les autorités françaises ont inclus, dans les statuts des banques centrales africaines, des mesures, parfois préventives, destinées à éviter que les comptes d'opérations deviennent constamment débiteurs.

Les opérations liées au franc CFA sont secrètes et seul le Trésor français connaît montant des fonds appartenant aux pays de la zone franc placés sur les comptes d’opérations. Seul le Trésor français peut indiquer le niveau de rémunération ainsi que les frais de gestion de compte. Le système est donc opaque et autoritaire.

Les économies de la zone Franc sont très vulnérables. Les effets provoqués par le mécanisme de fonctionnement du franc CFA sont asymétriques. Les pays les plus dépensiers de la zone franc peuvent utiliser les réserves de change des pays qui ont une gestion plus prudente. De fait, l’unité monétaire profite aux pays les plus riches et encourage l’exploitation des pays les plus pauvres. L'existence d'un système monétaire stable et unifié n'a pas conduit à l'émergence d'un système bancaire et financier efficace dans les pays africains de la zone franc. Sur les 107 banques que comptent ces pays, 42 avaient fait faillite en 1990. Les réseaux bancaires, qui se sont constitués par la suite, dépendent fortement des banques françaises.

La France encourage les pays de la zone franc à vivre largement au-dessus de leurs moyens. Quelle différence y a-t-il entre le Gabon dont les réserves de change sont placées en France et le Ghana, qui possède sa propre monnaie? Ou entre le Cameroun et le Kenya ? Le Bénin et la Tunisie ? Ces questions suscitent des questions légitimes sur le bien-fondé de la zone franc.

La zone franc existe depuis plus de soixante ans. Comment expliquez-vous qu’elle perdure malgré les effets négatifs qu'elle continue de produire dans pays africains ?

MK: A mon avis, cela est dû à l’influence que la France exerce sur les pays d’Afrique francophone, même si les partisans utilisent les arguments suivants pour défendre leur position : garantie monétaire, qui génère un afflux de capitaux, mesures d’austérité limitant le risque d'inflation et permettant de maintenir l'équilibre de la balance extérieure, et crédibilité de la monnaie.

Les partisans du franc CFA font semblant de ne pas voir la répression politique et financière qu’ont exercée les présidents français successifs sur les pays africains qui ont tenté de se retirer de la zone franc. Nous avons été témoins de mesures répressives visant à couper court à toute velléité d’émancipation du système: la protection des intérêts français a engendré récemment des crises au sujet de l’uranium au Niger, de l’or au Mali, du pétrole au Tchad, des matières premières et du transfert des actions d’entreprises du service public en Côte d’Ivoire, auxquelles sont à ajouter d’autres crises au Rwanda, en République démocratique du Congo et au Sénégal.

Quand le Sénégal a annoncé récemment qu’il avait découvert du pétrole à Saint Louis, le pays a demandé au Vénézuela de l’aider dans son exploitation, et non à la France. Paris a perçu ce geste comme une trahison et une violation des accords de coopération liant la France aux pays de la zone franc et à leurs ressources.

Par ailleurs, les élites et la classe politique africaines n’ont fait qu’empirer la situation en prétendant qu’elles ne possédaient pas les compétences nécessaires pour gérer leur propre monnaie de manière responsable et efficace, à l’inverse des pays occidentaux ou asiatiques.

Elles se satisfont de voir Etats africains être réduits l’état de contribuables au profit de la France, avec les 65% de réserves de change qu’ils déposent chaque année auprès du Trésor français ! Et pourtant, nos citoyens n’ont pas la nationalité française, et non pas non plus accès aux services publics dont bénéficient les autres contribuables français. Cela conduit à une situation qu’on ne peut que qualifier d’asservissement volontaire, et qui a incité la population et les acteurs économiques à croire qu’ils ne pouvaient se passer de la France.

C’est bien dommage car cette idée est totalement fausse. Le monde est vaste : il suffit de vouloir s’y intégrer de façon libre et responsable par le biais du commerce et non de l’aide étrangère qui réduit les gens à la situation de mendiants. Chaque jour, la mondialisation crée des milliers d’opportunités dont nous ne tirons pas profit, parce que nous sommes piégés dans un système inefficace.

Une réunion des ministres des Finances des pays de la zone franc s’est tenue à Paris le 14 octobre 2007. Cette précède traditionnellement la conférence d'automne de la Banque Mondiale et du FMI. Vous avez été ministre des Finances de Côte d'Ivoire, et peut-être avez-vous eu l’occasion de participer à ces réunions. Beaucoup d’Africains que rien de positif pour le peuple africain ne ressort de ces réunions. Est-ce vrai ?

MK: Je n’ai jamais participé à ce type de réunion quand j’étais Ministre des Finances. Mais la plupart des pays de la zone franc sont faible. Avec des économies sous perfusion, ils n’ont aucun poids dans les décisions prises dans le cadre de ces réunions. On peut donc se demander pourquoi ils continuent de se rendre à ces réunions dans lesquelles ils n’ont aucune voix. En agissant ainsi, ces pays montrent qu’ils sont convaincus que la France peut tout faire pour eux. Nos pays préfèrent choisir la solution de la facilité même si elle met en danger l’emploi, les revenus, l’épargne et les investissements privés. Nous nous rendons complices du piège de la pauvreté dans lequel nous avons été poussés.

Pourriez-vous citer au moins trois raisons pour lesquelles les Etats africains devraient se libérer du franc CFA?

MK: En premier lieu, le franc CFA est coercitif, injuste et moralement indéfendable. Il a favorisé la corruption de l’Etat. Au moment des élections françaises, les pays de la zone franc sont sans cesse sollicités pour donner des dons aux hommes politiques français, une obligation qui ne peut se justifier. Ces «cadeaux» ont été à l’origine de nombreux conflits et ouvrent la voie à de nombreuses autres formes de corruption.

Ce sont ces relations qui perpétuent le monopole français dans les pays de la zone franc, malgré la mondialisation. Sous prétexte d’aider les pays pauvres avec l’argent du contribuable français, c’est la classe politique française et africaine qui s’enrichit de manière illicite. Cette réalité justifie à elle seule l’abandon de la zone franc.

La libéralisation économique et financière ne peut se produire avec un taux de change fixe et une zone d’influence économique créée artificiellement.

En fait, l’émergence de tensions apparues au sein du système monétaire international et les crises financières de ces dernières années portent à croire que le choix du régime de taux de change dépend du système d’engagements pris auprès des autorités monétaires. Et pourtant, la restriction de la liberté des pays de la zone franc dans le domaine de la politique monétaire ne protège pas du risque de dévaluation du franc CFA. Ainsi, dans les années 90, faisant fi de la clause de découvert illimité, la France a ordonné la dévaluation du franc CFA. Avant la dévaluation, 1 franc français s’échangeait contre 50 francs CFA. En 1994, après la dévaluation, 1 FF s’échangera contre 100 FCFA. Les autorités françaises sont pourtant arrivées à faire croire que le taux de dévaluation était de 50%, alors que nous venions de subir une dévaluation de 100% !

Après l’abandon du système, quel avenir monétaire proposez-vous aux pays africains du point de vue monétaire ?

MK: Etant donné les enjeux, il est nécessaire d’entreprendre des réformes financières et monétaires. La monnaie doit être au service de l’économie. Elle doit s’adapter au contexte économique actuel. A cet effet, il faut permettre aux pays de se prémunir contre les chocs asymétriques, d’améliorer la convergence et l’ajustement macroéconomiques et de financer le développement.

Il est vital aujourd’hui que le franc CFA acquière une autonomie, qu’il se libère du joug colonial. Il est grand temps que les pays africains assument les conséquences d’une politique macroéconomique librement choisie. Il n’y a pas de secret. Il suffit que nous décidions de nous choisir nos politiques et d’en assumer la responsabilité. La liberté n’a de sens que si elle est assortie de responsabilité.

Une fois la rupture accomplie, les pays de l’ex-zone franc devront créer leur propre système basé sur des principes simples : accès direct aux marchés internationaux sans tuteur, c'est-à-dire la France, mise en place d’un système fiscal simple sans règles d’imposition incompréhensibles, taux de changes flexible par rapport aux principales monnaies. Pour atteindre cet objectif, les pays concernés ont deux possibilités. La première consisterait à créer des monnaies nationales indépendantes, avec une parité flexible comme les monnaies de l’Union Européenne avant l’introduction de l’euro. Cette solution peut fonctionner uniquement si les banques sont privées et indépendantes et que les banques centrales ont la liberté de mettre en œuvre des politiques monétaires crédibles.

La deuxième option, c’est que les pays africains s’unissent et créer une monnaie commune, mais cela suppose un gouvernement unique, contrôlée par une banque centrale unique et indépendante du pouvoir politique, ainsi qu’une politique économique monétaire et budgétaire uniques.

Quelle que soit la solution adoptée, les Etats doivent être démocratiques. Ils doivent indiquer clairement à leurs citoyens leurs droits de propriété et leur accorder la liberté de décider s’ils veulent hypothéquer ces droits. Tout commence avec l’attribution du droit de propriété aux citoyens, un droit qui les fera émerger de la pauvreté. Le libre échange fera le reste.

En 2005, vous avez publié un livre intitulé «Les servitudes du pacte colonial». Pourriez-vous expliquer brièvement le sujet de cet ouvrage et le message qu’il transmet ?

MK: L’objectif de ce livre était de faire connaître au public le «pacte colonial», fondement des accords de coopération franco-africains. Il s’agit d’un modèle institué par la France sous De Gaulle à la veille de l’indépendance des Etats d’Afrique francophones, destiné à contrôler indirectement les affaires de ces pays de manière subtile, sans apparaître en première ligne comme pendant la longue période coloniale. Le livre publie les textes utilisés pour organiser les interventions de l’Etat français, malgré la fin de l’époque coloniale dans les années 1960. Selon ce pacte colonial, les présidents des Etats d’Afrique francophone doivent diriger leurs pays en fonction des intérêts de Paris.

L’indépendance s’est donc résumée au transfert de compétences de l’Elysée aux chefs d’Etat africains, qui doivent faire acte d’allégeance à la France, et non aux peuples qu’ils gouvernent.

Paris se charge de leur dicter les politiques à adopter. Ce livre révèle comment les accords de Défense sont en réalité que des accords commerciaux obligeant les Etats d’Afrique francophone à conserver des bases militaires françaises sur leur sol, avec des soldats prêts à intervenir pour chasser les dirigeants récalcitrants afin de les remplacer par des individus plus dociles.

Dans ce livre, on découvre que la France détient un monopole sur toutes les matières premières de l’Afrique francophone. On apprend comment la France a pris des mesures pour s’assurer qu’elle conserverait toutes ses prérogatives coloniales après avoir accordé «l’indépendance» aux pays africains.

Par le biais de ce pacte colonial, la France est demeurée omniprésente en Afrique francophone et a conservé les avantages d’hier. Paris a confisqué la véritable indépendance des pays d’Afrique francophone.

Nous nous devons de dénoncer collectivement ce pacte colonial. Lors de sa visite au Sénégal en juillet 2007, le fraîchement élu président français Nicolas Sarkozy a reconnu que la colonisation était un crime contre l’humanité, mais a refusé de se repentir. Les Africains doivent dénoncer tous les accords et systèmes qui éloignent l’Afrique des marchés. Le pacte colonial constitue une violation du droit de propriété africain.

Etes-vous parvenu à transmettre ce message à travers ce livre ?

MK: Je pense que oui. Je voulais partager mes convictions avec un grand nombre d’Africains. Et d’amis de l’Afrique, afin qu’ils soient dans une meilleure position pour mesurer les dangers du pacte colonial, du contrôle de l’Etat, et surtout de prendre conscience que la gestion de l’économie sous l’emprise du pacte colonial est une source de pauvreté dans nos pays. Nous ne voulons pas l’aumône ; notre problème n’est pas le manque d’argent. Je suis convaincu que nous devons avant tout revendiquer clairement nos droits de propriété sur nos terres et nos ressources, qui ont été aliénées par les colons, et dont le pacte colonial nous dépossède aujourd’hui. Enfin, je voulais dire que l’Afrique a un besoin urgent de libertés individuelles, d’un contrôle de l’Etat limité, de marchés libres, d’une société ouverte et de la paix, qui ne peuvent exister que si la liberté économique et politique est respectée.

In New African, Janvier 2008

Basile Boli

Posté le 03.03.2008 par feobus
Après avoir servi la victoire à l’OM face à Milan en finale de la Coupe des champions un fameux soir de 1993, Basile Boli a créé la surprise en soutenant Nicolas Sarkozy durant sa campagne pour la présidentielle.

Devenu secrétaire national de l’Union pour la Majorité Présidentielle (UMP), actuellement au pouvoir en France, c’est un Boli en charge du Co-développement dans le parti de Nicolas Sorkozy qui se lance un nouveau défi : ERA, association « Entreprendre en Afrique » qu’il a créée il y a quelques mois, avec pour objectif : aider les migrants (qui le souhaitent) à rentrer chez eux.

Fin septembre 2007, il a signé un accord avec l’ANAEM (Agence nationale d’accueil des étrangers et des migrations) pour organiser un programme d’aide aux retours volontaires de sans-papiers en Afrique.

Entretien avec un homme engagé

Qu’est ce qui vous a poussé à créer ERA ?

J’ai un but précis : apporter ce que je peux à cette Afrique qui m’est chère. Pour moi, le football a été une porte sociale vers la réussite. Je veux en faire bénéficier ma communauté. Je n’en peux plus d’entendre toujours parler de l’Afrique d’une façon négative dans les medias. ça me fait mal de voir les images des jeunes migrants qui meurent le long des côtes espagnoles. Il existe une génération de jeunes Africains qui ont envie d’entreprendre.

Des migrants qui, après avoir capitalisé une expérience en France, souhaitent apporter leurs compétences à leur pays d’origine. ERA n’est pas une association humanitaire. Nous ne sommes pas une ONG, mais un pont entrepreneurial qui va permettre d’engendrer une nouvelle génération de créateurs africains.

Le 16 octobre dernier, vous avez été nommé secrétaire national de l’UMP en charge du Co-développement. Votre engagement à l’UMP a-t-il un lien avec ce projet ?

J’ai rencontré Nicolas Sarkozy par l’intermédiaire de Bernard Tapie et Claude Géant. Il m’a convaincu sur le problème de l’immigration. A partir de là, je l’ai rejoint dans la bataille des élections. Puis il m’a proposé un rôle de chargé de mission sur la diversité pour son ministère de l’Intérieur.

Nous avons eu beaucoup de discussions sur l’Afrique, qui m’ont tenu à cœur. Chaque fois que je vois le président Sarkozy, je lui parle d’ERA. J’ai envie d’être une force de proposition de ma communauté à l’UMP.

Comment allez-vous procéder pour démarcher les candidats au retour en Afrique ?

ERA travaille avec des chefs de diasporas africaines qui connaissent parfaitement la diaspora dont ils sont originaires : sa culture, ses coutumes. Ils sont capables d’aborder les sujets les plus délicats dans une relation de confiance avec les candidats au programme d’ERA.

Notre approche est beaucoup plus précise, plus ethnique que l’administration française, qui ne peut pas aller dans un foyer africain et parler le Bambara ou le Nouchi pour expliquer le programme de l’ANAEM aux candidats potentiels.

Vous n’avez pas peur d’être récupéré par l’ANAEM qui dépend du ministère de l’Immigration ?

Comment voulez-vous que l’on soit financé ? Notre devoir va au-delà de cet organisme gouvernemental. Nous, on est là pour essayer de discuter et de marcher main dans la main avec les candidats. On a envie de construire un modèle de réussite pour cette Afrique, pour cette nouvelle génération dynamique.

La présence de Rame Yade au gouvernement vous satisfait-elle ?

Ça me satisfait parce que c’était impossible il y a 20 ans. Rachida Dati également. Aucun chef de gouvernement de gauche n’aurait mis un Arabe à son poste. Moi, j’ai vécu la génération Mitterrand... J’ai rêvé de voir Harlem Désir ministre de la Jeunesse, et je ne l’ai jamais vu.

Que pensez-vous de la loi sur les tests ADN proposés aux candidats à l’immigration ?

Mon père était polygame. A partir de là, les tests ADN, ce n’est pas pour moi. Je pense qu’on a tendance à stigmatiser cette loi en la limitant à son volet sur l’ADN. Pourtant, nous avons réussi à obtenir que ces tests soient volontaires.

C’est en retournant en Côte-d’Ivoire après sa carrière de footballeur et en y montant sa propre entreprise dans l’économie du sport que Basile Boli a réalisé l’intérêt d’entreprendre en Afrique.
Contraint de rentrer en France à cause de la crise ivoirienne, il fonde ERA et utilise sa réussite comme modèle pour proposer aux migrants exilés en France de retourner dans leur pays d’origine afin d’y fonder une entreprise.

Pour ce, ERA propose aux intéressés de les aider à monter un projet, qu’ils aient, ou pas, des papiers. Les conseils et les réseaux sont fournis par l’ERA. Ajouter à cela les 3 000 à 7 000 € de financements non remboursables de l’ANAEM (Agence nationale d’accueil des étrangers et des migrations), son partenaire.

ERA insiste sur le caractère « volontaire » des candidatures au retour pour ne pas être taxé de participer à la politique de chiffre en en matière de reconduite à la frontière des sans papiers.

Lors de la signature du partenariat entre ERA et l’ANAEM, le ministre Brice Hortefeux a pourtant salué « les objectifs ambitieux que Basile a fixé à son association, à savoir d’examiner au moins 700 dossiers de retour de migrants dans leurs pays d’origine, d’instruire 200 dossiers d’appui au démarrage de projets, dont 100 mettant en relation des demandeurs d’emploi avec des entreprises africaines ».

ERA a vocation à travailler avec toute l’Afrique mais, dans un premier temps, la convention passée avec l’ANAEM ne concerne que le Mali, le Sénégal, le Bénin et la Côte-d’Ivoire.

Un dispositif de suivi des projets sur le terrain est prévu, pendant deux ans au moins, grâce à la création prochaine de bureaux ERA dans chaque pays.



Entreprendre et réussir: Basile Boli

Posté le 03.03.2008 par feobus
L’ancien footballeur Basile Boli qui a créé ERA (Entreprendre et réussir en Afrique) doit effectuer un voyage à Bamako très bientôt. Objectif : installer l’antenne-relais de son organisme pour le financement de projets économiques des migrants désirant retourner au bercail mais aussi et surtout de jeunes talents locaux qui ont besoin d’appui et d’accompagnement.

A Paris où ERA est installé depuis septembre dernier, un chef de projets diaspora a été engagé. Il collecte auprès de ses compatriotes les idées de projet et organise l’accompagnement du candidat au retour en informant sur le dispositif. Déjà une vingtaine de projets ont été listés. Tous émanent de candidats volontaires au retour qui, très souvent, ignorent les aides.

Entreprendre et réussir en Afrique ambitionne ainsi de faire du retour non un échec mais une victoire avec à la clé un projet viable financé. C’est ce qu’ils appellent « le retour gagnant », c’est-à-dire semer l’espoir dans les pays d’origine des immigrés en faisant comprendre que tout est possible sur place. Le projet recueilli en France est étudié et monté au Mali. En France, la structure ne s’occupe que de la mise en relation et de la recherche de financements.

Basile Boli, qui a raccroché ses crampons au lendemain de la victoire en 1993 de l’Olympique de Marseille en Champion’s League, la seule jusqu’ici d’une équipe française, n’est donc pas resté les bras croisés. Il est retourné dans son pays et a initié l’idée d’une Coupe d’Afrique des jeunes contre le Sida avec un financement initial de seulement un million de F CFA. L’idée a séduit des opérateurs économiques comme Total, puis Bouygues et Bolloré. « A un moment on se bousculait au portillon. Et en seulement quelques mois, nous avons pu bénéficier de la confiance de partenaires dont la mise totale s’élevait à plus de 500 millions de F CFA ».

BB Promotion qui a initié l’idée n’a pas cependant eu le temps de lancer l’événement à cause des événements malheureux survenus en Côte d’Ivoire. Mais l’homme a continué sur sa lancée et se trouve aujourd’hui à la tête de grosses structures comme BB Evénement spécialisée dans la promotion des footballeurs africains en Europe, dans les domaines du marketing sportif et de la production audiovisuelle.

C’est fort de cette sacrée expérience, où la renommée du célèbre buteur lors de la finale de la Coupe d’Europe des clubs champions avec le seul but vainqueur de la rencontre a été de beaucoup, que l’homme se lance le défi du co-développement, du développement tout court avec l’idée du « mécénat économique ».

Après le foot, le développement

Boli croit que les financements sont éparpillés et que les structures sont trop lourdes. Son idée est de mettre en place une structure plus proche des intéressés, plus souple et assez réactive pour proposer des financements sous forme de dons ou de crédits remboursables. Dans cet ordre, une convention liant ERA à l’Anaem (Agence nationale d’accueil des étrangers et des migrations), fait de la première le point focal en matière de co-développement par l’expérimentation de la méthode et de la philosophie Boli. Une enveloppe d’environ 7000 euros est dédiée à chaque projet retenu et « tous les projets des candidats volontaires au retour sont financés ».

Mais ce n’est pas tout, l’immigré désirant rentrer chez lui n’est le seul visé par ERA. Le jeune diplômé ou non qui désire entreprendre et réussir dans son pays est aussi une priorité dans le dispositif ERA. L’organisme installera bientôt dans les pays où il va intervenir à savoir le Mali, le Sénégal et le Bénin des correspondants relais qui collecteront les idées de projets, les étudieront et tenteront d’y apporter l’accompagnement nécessaire tant sur le plan de l’étude, auprès des administrations que des financiers. Pour cela ERA songe déjà à la mise en place d’un fonds d’investissement privé devant répondre au besoin des porteurs de projets.

Mais sans tarder, une expérience simple et promotrice est en cours au Rwanda avec un projet de gestion des terres et de protection des sols qui doit créer quelque 6000 emplois pour un investissement initial de 4 millions de dollars US. Ce projet agricole en partenariat avec le ministère rwandais des Terres doit aider à l’autosuffisance alimentaire par la culture de maïs, du blé, de la pomme de terre et d’oignon. A l’avenir, il s’agira d’exporter vers les pays voisins et pourquoi pas en dehors du continent.

Partant de son exemple personnel, M. Boli croit que les talents existent sur le continent et qu’il leur faut un appui simple pour voir les ailes de la jeunesse se déployer. Le footballeur dont le cri de hargne pour la victoire résonne encore dans les cœurs, a troqué le maillot de foot contre l’habit du développeur. En tunique dans les champs, ou en costard cravate sur les chantiers des nouvelles technologies accompagnant toujours les jeunes dans l’entreprenariat.

Oussouf Diagola

Trouver un emploi en Martinique

Posté le 27.02.2008 par feobus
Marché du travail et opportunités
Avec un taux de chômage de près de 25%, la Martinique est loin d'être un eldorado pour les personnes cherchant un emploi. Il existe cependant quelques opportunités, principalement dans la fonction publique et dans les professions de santé. Par le jeu des mutations ne nombreux fonctionnaires trouvent ainsi chaque année un poste dans l'éducation, dans la gendarmerie, ou dans les hôpitaux publics. Dans le privé, la situation est beaucoup plus problématique, soit parce qu'il y a peu de postes à pourvoir, soit parce que ceux-ci sont sous-payés, voir carrément non-déclarés. Mission impossible alors ? Pas tout à fait ! ...


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Trouver un emploi dans la fonction publique
Si vous êtes fonctionnaire, vous pouvez demander votre mutation en Martinique à votre administration. Le turn-over étant important dans la gendarmerie, dans les métiers de l'éducation ou de la santé, de nombreux postes se libèrent chaque année. En fonction de votre ancienneté et de votre situation familiale, des aides financières au déménagement peuvent même vous être proposées. Pour vous donner une idée de l'importance de l'emploi public en Martinique, sachez qu'environ 36000 personnes travaillent pour les services de l'Etat, dans la fonction publique territoriale ou dans la fonction publique hospitalière. Soit 30% de la population active.


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Trouver un emploi dans le privé
Pas facile ! Mais les entreprises martiniquaises sont souvent à la recherche de commerciaux, de professionnels du BTP, ou de profils pointus qu'elles n'arrivent pas à trouver sur place (46% des chômeurs du département n'ont aucune qualification.). Quelques opportunités existent aussi dans le secteur du tourisme, mais généralement pour des emplois peu qualifiés et saisonniers. Idem pour le secteur de la restauration.


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Professions de santé, une pénurie à combler
Alors que la Martinique compte le même même nombre de lits d'hôpitaux ou de cliniques par habitant que les départements de métropole (4,3 pour mille), il n'en va pas du tout de même pour les autres professions médicales. L'île doit part exemple se contenter de 84 médecins généralistes pour 100000 habitants, là où la métropole en aligne 114 en moyenne. Plus criant encore, le déficit en médecins spécialistes (43,5 pour 100000 contre 88 en métropole) et en chirurgiens-dentistes (37,2 pour 100000 contre 63 en métropole). Il existe donc une réelle opportunité pour les professionnels de santé qui souhaiteraient s'installer en Martinique.


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Organiser sa recherche d'emploi
Autant vous le dire tout de suite, recherchez un travail depuis la métropole sans faire le déplacement en Martinique, est quasi impossible (à l'exception des fonctionnaires) ! Bien sûr, il existe plusieurs sites internet recensant des offres d'emploi aux Antilles que vous pouvez consulter avec intérêt. Sait-on jamais ! Mais n'espérez pas trop partir avec un contrat en poche, car avant de vous embaucher, l'entreprise souhaitera sans doute vous voir d'abord en entretien sur place. Et de toute façon, ces sites web ne présentent qu'une part infime des offres d'emploi disponibles. L'essentiel se traitant sur place par le biais du bouche à oreille. Alors un bon conseil, faites vos valises et prévoyez de rester quelques semaines en Martinique pour rentrer en contact direct avec les employeurs potentiels.


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Niveaux des rémunérations
Les fonctionnaires mutés en Martinique bénéficient de primes diverses pouvant représenter jusqu'à 40 % de rémunération supplémentaire par rapport à un poste équivalent en métropole. Dans le privé, les salaires sont comparables à ceux de métropole.

Le Rhum

Posté le 26.02.2008 par feobus
L'Europe reconnait officiellement le rhum des départements français d'outre-mer




19 décembre 2007, sera une date à laquelle la Guadeloupe et l'ensemble des Départements d'Outre Mer s'esi vu signifier une nouvelle marque de reconnaissance du travail qualitatif effectué une nouvelle appellation : le rhum des départements français d'outre-mer. Plus qu'un gadget commercial, cette avancée marque “la reconnaissance du rhum agricole domien comme un produit de grande qualité va constituer un atout dans la recherche de nouveaux débouchés commerciaux”. Mr ESTROSI poursuit : “cette décision est d'autant plus importante qu'elle va soutenir le développement de la filière canne-sucre-rhum qui est exposée à une concurrence croissante et dont l'importance économique et sociale est majeure pour les DOM”. . Plusieurs dizaines de milliers d'emplois dépendent de cette filière.
Rédigé par sébastien sabattini le Mercredi 19 Décembre 2007

Zone Franche en Guadeloupe

Posté le 26.02.2008 par feobus
Définition

Les zones franches urbaines des communes des départements d’outre-mer sont créées dans des quartiers particulièrement défavorisés au regard des critères pris en compte pour la détermination des zones de redynamisation urbaine des communes de ces départements. La liste de ces zones est annexée à la loi no 96-987 du 14 novembre 1996 précitée. Leur délimitation est fixée par décret en Conseil d’État, en tenant compte des éléments de nature à faciliter l’implantation d’entreprises ou le développement d’activités économiques.

Statut

Zonage socio-économique

Composition du zonage

- Les Abymes - Pointe-à-Pitre : Boissard, Mortenol, les Lauriers, sortie Sud-Est (Carénage, Cour Zamia, Chemin Neuf).

- Basse-Terre : Rivières des Pères, centre ville.

Par quel organisme ce zonage a-t-il été créé et est-il géré ?

La délimitation des zones franches urbaines est fixée par décret en Conseil d’État.

Les zones franches urbaines relèvent des collectivités qui en sont les maîtres d’ouvrage. La gestion de ces zones repose sur un pilotage partenarial s’exerçant au sein du Comité d’Orientation et de Surveillance des zones.

Pourquoi ce zonage ?

Les zones franches urbaines sont créées dans des quartiers particulièrement défavorisés au regard des critères pris en compte pour la redynamisation urbaine des communes de la Guadeloupe.

Méthodes et principes de constitution

Les zones franches urbaines sont créées dans des quartiers particulièrement défavorisés au regard des critères pris en compte pour la redynamisation urbaine des communes de la Guadeloupe.

Avantages et inconvénients

Ce zonage permet le développement et l’aménagement du territoire dans le but de préconiser des opérations fiscales en termes d’exonération de la taxe professionnelle, de l’impôt sur les bénéfices, de la taxe foncière sur les propriétés bâties sur une période de cinq ans.

D’autres mesures fiscales destinées à l’investissement locatif notamment mais également aux exonérations d’assurances sociales sont mises en œuvre dans ces zones pour permettre aux entreprises existantes de refaire surface mais également en attirer in situ.

Date de création, date de dernière mise à jour

Les textes qui régissent les zones franches urbaines sont les suivants :

- le décret d’application de la loi d’orientation pour la ville du 5 février 1993 ;

- la loi d’orientation pour le développement et l’aménagement du territoire du 4 février 1995 ;

- la loi n° 96-987 du 14 novembre 1996 relative à la mise en œuvre du pacte de relance pour la ville.


Où s’adresser ?

Préfecture de la Région Guadeloupe
Rue Lardenoy
97100 Basse-Terre

Délégation Régionale Interministérielle à la Ville
Saint-Phy
97100 Basse-Terre

Direction des services fiscaux
Desmarais
971400 Basse-Terre

Mairie des Abymes
97142 Les Abymes

Mairie de Basse-Terre
97100 Basse-Terre

Mairie de Pointe-à-Pitre
97110 Pointe-à-Pitre

Who said BLACK 'S can't have SUCCESS in BUSINESS?

Posté le 17.02.2008 par feobus


Image ou texte alternatif

Multinationale de l'agro-alimentaire recrute

Posté le 08.02.2008 par feobus
Multinationale de l'agro-alimentaire recrute Brand Managers en Afrique

ADRH APAVE recherche des Brand Managers pour une Multinationale de l’Agro Alimentaire.
Les postes sont basés au Gabon, Burkina, Ghana, Côte d'Ivoire, Togo, Bénin et Sénégal.
Détail de l'annonce ci-dessous.

Pour postuler, merci d'écrire à l'adresse Brandmanagers@adrh-apave.com

grioo

Comment négocier avec les capitalistes français?

Posté le 25.01.2008 par feobus
Qu'est-ce que l'intelligence économique et comment peuvent en tirer parti les entreprises africaines? Cet article vous donne quelques éléments de réponse

Avec le développement des transports et des réseaux informatiques, le village planétaire devient une réalité. Les entreprises africaines de dimension internationale sont désormais contraintes d'ajuster leurs stratégies en fonction d'une nouvelle grille de lecture intégrant la complexité croissante des réalités concurrentielles à l'oeuvre sur ces différents échiquiers mondiaux, nationaux et locaux. L'efficacité d'une telle démarche repose sur le déploiement de véritables dispositifs d'intelligence économique qui instituent la gestion stratégique de l'information comme l'un des leviers majeurs au service de la performance économique et de l'emploi.

L'intelligence économique devient un outil à part entière de connaissance et de compréhension permanente des réalités des marchés, des techniques et des modes de pensée des concurrents, de leur culture, de leur intention et de leur capacité à les mettre en oeuvre. Elle se définit alors comme l'ensemble des actions coordonnées de recherche, de traitement, de distribution et de protection de l'information utile aux acteurs économiques obtenue légalement (Rapport Martre. XIXème plan).

Une mise au point utile s’impose tout de même. L'expression " intelligence économique " restitue mal le métier et est trop ambiguë. De la même manière, la définition de l'intelligence économique donnée par le XIXème plan est beaucoup trop floue et complexe. Pour les Anglo-saxons, faire de l'IE (intelligence économique) c'est faire "du renseignement pour les affaires ". Ca a le mérite de la clarté. Une fois clarifié sachons que dans ce 21e siècle de guerre économique permanente, l’information est :

1. Une matière stratégique
2. Un produit à haute valeur ajoutée
3. Une marchandise qui n’a de la valeur que pour qui en a besoin
4. Sa gestion un métier

Sa maîtrise une arme offensive et défensive dans notre rapport du faible au fort avec les multinationales françaises

Quelques erreurs au coût financier et humain très élevé liées à la non maîtrise des enjeux de l’information.

Si les entrepreneurs africains avaient été informés de la dévaluation du franc CFA, nombreux n’aurait pas déposé leur bilan.

2. Si Air Afrique avait une stratégie pilotage de ses actions, de conquête de nouveaux marchés et de protection de son patrimoine, elle n’aurait pas sombré lamentablement.

3. Plusieurs de nos responsables politique et économique, négocient avec des partenaires dont ils ignorent tout, résultat des contrats bidon, des négociateurs et des milliards de francs qui disparaissent sans espoir d’être retrouvés…

4. Le capitalisme français n’a pas d’histoire, de mémoire et d’affect, il n’a que des intérêts à préserver et du profit à faire, il n’a jamais protégé nos intérêts, gare à l’angélisme dans les affaires.

5. 91% des négociations commerciales avec des français pour des projets commerciaux en Afrique n’aboutissent jamais, faute d’information professionnelle sur les enjeux, les intérêts, la stratégie et les motivations de vos partenaires.

Situation actuelle de la gestion de l’information professionnelle dans nos entreprises

D’emblée nous précisons que ce n'est pas le concept ou son utilisation qui pose problème en Afrique, car la présente livraison porte sur les moyens d'actions permettant de créer un cadre de travail et un état d'esprit nouveau, pour une meilleure présentation de l’intelligence économique en tenant compte des évolutions et variables économiques africaines et aussi de la nouvelle économie.

C'est à nous de définir notre intelligence économique, qui devra être adaptée à notre environnement, à nos réalités et à nos besoins. La colonisation économique dont souffrent nos pays, interdit aux acteurs et dirigeants africains d’attendre un schéma extérieur.

L'analyse de l'existant nous fournit le constat suivant :
a) L'information reste encore un privilège, que l'on n'a pas encore traduit ou compris comme un outil de travail.

b) L'information ne circule pas encore dans le logigramme fonctionnel des entreprises faute de transparence interne et de volonté, parfois de rigidité structurelle, organisationnelle ou mentale.

c) A cela peut-être ajouter un manque de culture de renseignement, une absence de société du secret, une inertie de la direction.

Ainsi dans les Etats francophones deux structures sont confrontées à la gestion de l'information et son exploitation : la présidence de la République et l'entreprise publique ou privée.

La faiblesse des structures étatiques, du tissu industriel et le poids énorme de l'Etat font que seule la présidence de la République en dessous duquel se trouvent trois ministères clés qui gèrent l'information comme un moyen d'action politique et non économique, celui de l'intérieur, de la défense et celui de l'industrie et de l’économie, du plan… Accessoirement la chambre de commerce, les instituts économiques, les milieux affairistes, le patronat.

La faiblesse des moyens dont dispose l'Etat et l’extrême porosité de nos services de renseignements lui privent des systèmes d'analyses et d'informations permettant d'établir des cadres stratégiques de développement économique et de croissance.

La deuxième structure qui, du fait de sa configuration actuelle exploite l'information est, l'entreprise publique ou privée.

Il va sans dire qu'au sein des entreprises existe bel et bien un système d'information mais, qui ne traite souvent que des activités traditionnelles de gestion (facturation, stock, comptabilité, paie, production) et d'administration. Etant souvent en situation de monopole les entreprises ignorent tout ou ne tiennent pas compte de l'environnement concurrentiel, de la protection de leur patrimoine ni des rapports économiques internationaux pouvant affecter leur fonctionnement dès la première difficulté.
Lorsqu'elle existe dans les entreprises seules quelques personnes bénéficient de cette information. N’oublions pas que l’information renforce le pouvoir et ce dernier ne se partage pas en Afrique.

Dans les faits cela se traduit par une démotivation évidente du personnel non associé à l'apport ou la gestion des connaissances. Or tout processus de valorisation de coproduction des connaissances passe par une vision collective de la finalité de l'information.


Comment est gérée l’information en entreprise ?

L’information s’impose progressivement comme un instrument de compétitivité. Nous reconnaissons que beaucoup de PDG africains, plus préoccupés par la conservation de leur poste que par la compétitivité de leur entreprise ne peuvent s’ouvrir à de nouvelles compétences qui les obligent à partager l’information pour une meilleure rentabilité. Car, l’information n’est pas encore perçue comme un moyen d’action pour agir en interne sur les motivations, et agir à l’extérieur pour influencer tous ceux qui agissent sur l’entreprise (clients, fournisseurs, concurrents, administrations, citoyens).

1. Le système de gestion du renseignement pratiqué est la donc la centralisation, le détenteur ne veut pas mettre ses informations sur la place publique car cela est perçu comme une perte de pouvoirs ou perte de centralisation de l'entreprise.
2. La diffusion rétention, c'est-à-dire qu’en fonction des situations de crise souvent ou selon ses intérêts, quelques informations sont distillées.
3. La culture du secret de l’information est pour son détenteur une arme, un enjeu du pouvoir, une protection contre tout ceux qui en interne exigent la transparence et des résultats.


Comment avec ces difficultés, l'intelligence économique peut-elle être un levier complémentaire à la compétitivité des entreprises?

D’abord, il devient de plus en plus pressant que les acteurs économique et politique de nos pays soient parfaitement informés des évolutions de leur marché pour saisir les opportunités d'affaires et réduire les risques dans les actions qui engagent l'avenir de leur entreprise, partant l’économie du pays.
Mais l'information est devenue tellement dense et variée aujourd'hui qu'il leur est difficile de la traiter qualitativement et rapidement sans mettre en place une démarche appropriée, un cadre législatif incitatif et un accompagnement assumé des pouvoirs publiques.
Pour répondre à ce besoin, l'intelligence économique a pour but d'optimiser au sein des entreprises les opérations de recherche et d'exploitation de toute l'information utile pour éclairer et guider les prises de décisions stratégiques. C’est un véritable outil d’aide à la décision.

Ensuite, la solution se trouve aussi paradoxal que cela puisse être, dans les faiblesses de nos structures étatiques et dans nos référentiels culturels. Soulignons que l'avantage concurrentiel dans nos pays ne doit pas être conçu en terme d'avantage compétitif, il doit l'être en une réflexion et mise en œuvre des conclusions et recommandations portant sur une recherche au développement harmonieux.

Enfin, il est établi que ce n'est toujours pas la puissance de l'appareil économique ni de production de données qui fait la force d'un système d'intelligence économique, mais plutôt sa capacité à organiser un maillage stratégique offensif et défensif avec définition d'un cœur stratégique nationale permettant la décision (cas du Japon). Il va de soi que la mobilisation autour de cette nouvelle méthode de travail ne peut se faire sans les institutionnels, sans les entreprises, la société civile et les acteurs de l'économie informelle.


Notre référentiel culturel peut être considéré comme un atout puissant dans la mise en place d'une connivence intérieure visible et exploitable économiquement. Le contrôle social qu'exerce la communauté, notre système d’interconnaissance sont des réducteurs d'incertitudes, un puissant filtre des normes donc un vecteur de « codes économiques » ayant une influence décisive pour l'homogénéité du groupe permettant à terme la mutualisation des intérêts des groupes économique.
La communauté en Afrique joue un rôle important dans le partage et la gestion de l'information. Cependant son poids dans la société inhibe les initiatives individuelles et dilue l'individu, mais cela fortifie les liens communautaires et oriente aussi le choix de l'activité économique des groupes, développe une solidarité qui maintient un contrôle social permettant ainsi la mise en place des réseaux rampants (informel) de lobbying imbus d'une culture de renseignement que l'on active en fonction de(s) l'objectif(s).


Rôle de l’Etat

Dans un premier temps, les dirigeants politiques doivent comprendre la portée du cadre juridique et législatif à mettre en place. L'intérêt national doit être mis en exergue pour que les acteurs économiques locaux puissent avoir des marges pour se battre convenablement sur un marché international mondialisé. Une coopération avec tous les acteurs économiques est nécessaire pour bâtir un plan stratégique offensif et la mise en place de cellules d'intelligence économique dans les ministères et organes vitaux de la nation.

2 - Il faudra intéresser les acteurs économiques et motiver ceux ci, les rendre responsables de la réussite d'une entreprise, par la communication institutionnelle et la valorisation de nouvelles méthodes de management et d'organisation de nos entreprises. N’oublions pas que sans insertion de manière valorisante des cadres, agents de maîtrise, et employés, dans le dispositif de production de richesses, d'appropriation technique et permanente de l’information en vue de son exploitation, il est impossible d’envisager un tel dispositif. La mise en place d'une stratégie ouverte visant l'utilisation stratégique de l'information ne devait pas poser de problèmes du fait de la légèreté de nos structures.

3- Il faut que l'Etat facilite la mise en place d'une politique de sécurité économique, par une prise en compte de la sécurité « alimentaire » des cadres, des enjeux de la guerre économique mondiale et surtout la sensibilisation de tous les acteurs impliqués dans le développement du pays.

4- Enfin, il est aussi nécessaire d'organiser au niveau national, une politique de sensibilisation au patriotisme économique (intérêts stratégiques de la nation). La cible principale sera la société civile, surtout les jeunes, les acteurs économiques et tous les agents de l'Etat, pour une meilleure motivation et implication dans la démarche d'intelligence économique pour le développement global du pays. Le développement d'un pays ne peut se faire aujourd'hui qu'à travers l'interaction des trois acteurs suivants : Etat, opérateurs économiques, société civile. Seule la maîtrise de cette dynamique peut favoriser aussi bien le développement humain que les agrégats économiques des pays africains.

Note de Grioo. Patrice Passy dirige le cabinet MIQ Conseil
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