Nom du blog :
feobus Description du blog :
Ce blog regroupe des articles sur les Afro Antillais, qui font l'actualités dans le monde. Description audio !
Catégorie : Blog Actualité Date de création :
28.03.2007 Dernière mise à jour :
22.07.2008
L’écrivain camerounais Alexandre Biyidi Awala, plus connu sous le pseudonyme de Mongo Beti, décédé à l’âge de 69 ans peut être considéré comme l’un des écrivains africains les plus en vue de la génération de l’indépendance. Ses satires mordantes de la période coloniale se classent toujours parmi les meilleurs romans africains et figurent encore au programme dans certaines universités, aux Etats-Unis notamment. Il est également devenu une icône, en tant que brillant polémiste, et n’a jamais abandonné son radicalisme et sa lutte contre le néo colonialisme.
En 1954, il écrit son premier roman, "Ville cruelle", qui traite de l’exploitation de la paysannerie, sous le pseudonyme d’Eza Boto. En 1956, sous le pseudonyme de Mongo Beti (qui signifie fils du pays des Bétis en langue Ewondo), il publie "le pauvre Christ De Bomba", que beaucoup considèrent comme son chef d’œuvre. Traduit plus tard en anglais sous le titre "The Poor Christ Of Bomba", ce roman critique de façon féroce et satirique les folies et les brutalités des officiers coloniaux, et de l’Eglise catholique. Ce roman, très bien accueilli par la critique fait de Mongo Beti l’un des auteurs stars de "Présence Africaine", la maison d’édition basée à Paris, fondée par Alioune Diop.
Ses autres livres, "Mission Terminée" (1957) qui remporte le prix Sainte-Beuve et "Le Roi Miraculé" (1958) sont du même niveau. Les trois livres sont traduits en anglais, russe et bien d’autres langues, ce qui donne à Mongo Beti une réputation internationale durable.
Marié à une collègue française, Odile Tobner, Mongo Beti fera l’essentiel de sa carrière à Rouen, au lycée Corneille. Le Cameroun, devenu théoriquement indépendant en 1960, est, avant et après cette date, le théâtre d’une guerre de répression contre le mouvement indépendantiste l’Union des Populations du Cameroun (UPC). Parmi ses dirigeants, son secrétaire général Ruben Um Nyobé, qui avait dû prendre le maquis, sera assassiné en 1958 par les troupes françaises, son président Félix-Roland Moumié, en exil, assassiné à Genève par un ancien légionnaire agent du S.D.E.C.E, Ernest Ouandié, Vice-Président, revenu d’exil pour rejoindre le maquis, arrêté et exécuté après un simulacre de procès, Osende Afana, un autre dirigeant massacré dans un autre guet-apens au Ghana.
Pendant une quinzaine d’années, Mongo Beti ne publie rien. En 1972, il publie chez Maspero un pamphlet, "Main basse sur le Cameroun", où il dénonce les crimes du néo-colonialisme dans son pays, et particulièrement les activités du sinistre dictateur Amadou Ahidjo. Le gouvernement français de l’époque interdit et fait saisir ce livre. Procédure en principe illégale depuis que les lois de la IIIè république ont instauré la liberté de penser et d’expression. Un texte de 1936 permet toutefois de saisir et d’interdire les livres de "provenance étrangère". Ce texte, à l’époque du front populaire, visait la propagande nazie. Une jurisprudence complaisante permettra au gouvernement d’invoquer ce texte, quand l’éditeur ou l’auteur est étranger.
Né à Cayenne le 24 décembre 1944, Élie Stéphenson a eu une formation d’économiste et travaille à l’Université des Antilles et de la Guyane où il préside entre autres le CAASSID (Centre d’Analyse Amérique Sud Spatiale Internationale des Dynamiques de Développement, un centre qui oeuvre pour une immense zone économique en Amérique du Sud). Il se démarque de l’antillanité, car c’est en partie cela qui a fait de la Guyane « un pays à l’encan ». Comme la Guyane n’est pas une île, et qu’elle se trouve sur le continent, il est persuadé qu’elle doit s’insérer et s’incruster dans l’économie latino-américaine, une énorme zone sud-sud qui regorge de potentialités à l’ère de la globalisation. Il a horreur du néo-colonialisme perpétré par l’assistanat et le système DOM-TOM. Il croit qu’il faudrait en finir avec l’indolence de ses compatriotes, bernés par la colonisation française, contaminés par une peur séculaire, indolents.
Élie Stéphenson, poète délicat, à la voix brisée suite à des problèmes de santé, est autant tendre et amoureux de vers qu’il peut se déchaîner quand il choisit la scène comme moyen d’expression. Dramaturge révolutionnaire, violent, de cette violence damassienne qu’il revendique, il est porteur de la « torche de résine ». Il s’engage aux côtés des Mandela, d’Amilcar Cabral (Comme des gouttes de sang 61), de Che, de Lumumba et d’autres « héros du peuple » (La conscience du feu 72). Stéphenson ne verrait pas d’inconvénient à publier en espagnol.
Julienne Salvat est née le 12 mai 1932 à Fort-de-France (Martinique). Elle est professeur de français d'abord à la Martinique et à Bordeaux, ensuite, après son installation à La Réunion, à Saint-Denis de la Réunion de 1965 jusqu'en 1992. Parallèlement à sa carrière d'enseignante, elle s'est consacrée au théâtre (distribution, mise en scène) et à la poésie.
Elle milite pour la culture réunionnaise au sein des associations UDIR (Union pour la Défense de l'Identité Réunionnaise) et ARCC (Association Réunionnaise Communication et Culture) en animant des manifestations poétiques et littéraires, et participe régulièrement à divers Salons et Festivals nationaux et internationaux de poésie et de théâtre. Julienne Salvat est également membre déléguée de la Société des Poètes français pour l'Océan Indien.
Dans le premier roman de Julienne Salvat, La Lettre d'Avignon, la narratrice dévoile progressivement son statut compliqué d'Antillaise vivant à La Réunion. L'auteur prend des libertés dans la composition de ce roman, s'autorisant de l'alibi épistolaire pour pratiquer, par exemple, des ruptures de ton, des retours en arrière et des collages. La narratrice échange avec son correspondant, Morisco (metteur en scène parisien d'origine antillaise), ses interrogations sur le théâtre, l'écriture, la négritude et le métissage. Elle évoque les aspects différents de sa vie de femme, de comédienne, d'amante et de mère, et la passion douloureuse partagée avec l'homme de sa vie dont elle porte le deuil. D'une écriture poétique très vivace, le roman décrit également les affinités et les relations conflictuelles entre ces deux personnes « déplacées ».
Né à 23 mars 1935 à Cayenne, Serge Patient a étudié en France, comme beaucoup d'autres Guyanais, avant de rentrer au pays pour exercer le métier de professeur d'espagnol au lycée Félix Eboué à Cayenne. Actuellement, il est proviseur du lycée Monnerville à Kourou.
Patient a milité au sein de l'U.P.G (Union du Peuple Guyanais) et a été conseiller général de la Guyane et maire-adjoint de la municipalité de Kourou jusqu'en 1995.
Dans son roman réédité, Le Nègre du gouverneur, de facture assez classique, Serge Patient recrée l'ambiance coloniale, avec des clins d'œil à Une Tempête («le devoir de Caliban» face à son maître, Prospéro) et à Othello de Shakespeare (l'amour impossible puisque interdit entre la blanche Virginie et son «ténébreux», D'Chimbo). Cette constellation intertextuelle se ramifie pour devenir le nœud de l'intrigue, le germe de rébellion et du déséquilibre dans «l'ordre colonial» (voir les extraits qui accompagne ce dossier d'«île en île»). Patient, comme des auteurs de la diaspora caribéenne (Caryl Phillips dans The Nature of Blood, 1997, la Surinamienne Cynthia McLeod dans De Vrije Negerin Elisabeth, Gevangene van kleur («La Négresse affranchie Elisabeth, prisonnière de couleur», 2000) renvoient de manière explicite à Desdémone et Othello, tant l'amour défendu entre l'esclave et la maîtresse fut l'objet d'opprobre et mina le pouvoir du Blanc.
Georges Mauvois est né le 28 janvier 1922 à Fort-de-France (Martinique), d’un père policier municipal et d’une mère petite commerçante. Il reçoit une éducation stricte, est un élève brillant au lycée Schœlcher, où il étudie le grec, le latin, les lettres et la philosophie.
Sa carrière d’activiste politique précède sa carrière littéraire. Dans les années 1960, il est nommé membre du Comité Central, dirigeant du P.C.M. (Parti Communiste Martiniquais). Syndicaliste et militant politique engagé, Mauvois est déplacé d’office en France en 1962 par les autorités politiques françaises, mais il refuse de quitter la Martinique et se voit révoqué des P.T.T. où il était cadre supérieur. Cette période d’inemploi lui offre le loisir de se mettre à l’écriture.
Il commence sa carrière de dramaturge par la pièce Agénor Cacoul (1966). Largement influencée par le théâtre de Molière, Agénor Cacoul aborde le sujet de la corruption du pouvoir politique. Mauvois se reconvertit ensuite dans l’apiculture avant de reprendre des études de droit et de rentrer au barreau. Ce n’est que dans les années 1980 qu’il revient au théâtre, un théâtre critique vis-à-vis du pouvoir français et de l’aliénation de ses compatriotes dont il se moque assez souvent de façon comique, voire farcesque. Mauvois fait la satire de la société coloniale, et souhaite réveiller les consciences.
Il joue habilement des deux langues (créole et français) soit séparément (certaines pièces sont uniquement créolophones ou francophones), le plus souvent en alternance. Défenseur invétéré du créole, Georges Mauvois a traduit en créole l’Antigone de Sophocle et le Dom Juan de Molière, pièces qui n’ont pas été mises en scène. Son théâtre a été principalement joué en Martinique par des troupes locales ; Bérard Bourdon et sa troupe « Pouki pa téat », ainsi que Élie Pennont du C.D.R. (Centre Dramatique Régional) sont les principaux metteurs en scène des pièces de Mauvois.
Dans une pièce historique (en français), Ovando, Georges Mauvois revisite de manière originale le passé de la conquête espagnole de Saint-Domingue, en tentant de renverser le cours de l’histoire. Mauvois est également l’auteur de recueils de contes, de sketches et d’une biographie romancée.
Jean Juraver est né le 4 mai 1945 à Pointe-à-Pitre (Guadeloupe). Écrivain, poète, historien, journaliste et enseignant, Jean Juraver est titulaire d'un bac littéraire et d'une maîtrise d'anglais. Il a enseigné dans un lycée en France, deux collèges en Espagne et plusieurs collèges et écoles primaires de la Guadeloupe.
Musicien, il a joué de la guitare basse dans un groupe de free jazz. Il enseigne la flûte à bec depuis une vingtaine d'années dans des écoles primaires de la Guadeloupe. Grand voyageur, il a séjourné dans de nombreux pays: Angleterre, Canada, Côte-d'Ivoire, Cuba, Espagne, États-Unis, Ghana, Maroc, Portugal, Togo, Vénézuela...
Animateur socio-culturel, Juraver est membre de l'Union des Écrivains, Clan, Alliage et Cime.
Mireille Jean-Gilles est née à Cayenne le 28 novembre 1962. Après des études d'agronomie tropicale à Montpellier, elle travaille notamment au Tchad et à Madagascar. Épouse du poète Monchoachi, elle vit aujourd'hui en Martinique.
Allez comprendre la quête de celle qui s'est mise en tête de partager aussi... l'absolu. Tout commence par cette tentation exclusivement féminine : saisir, pour annihiler les doutes, l'essence du beau dans le perpétuel bouillonnement que sont les désirs, les craintes, les plaisirs et les désillusions. La poésie de Mireille Jean-Gilles ne peut être lue comme une succession d'états d'âme, mais plutôt comme l'état d'une âme, par nature plus que par hasard : « Le quotidien étant ce qu'il est, un matin le réveil fut cruel que je décidai, une fois pour toutes, qu'il valait mieux écrire la vie que de la vivre. Je pris mon coupe-papier, me tranchai une veine, y trempai une plume, l'enduisis d'encre rouge, et voilà... ». Le fruit de cette rupture d'avec la vie, glisse sur l'immaculé « cahier » et par le pouvoir du vers, soudain, l'être devient libre enfin. Toute aspiration s'exprime, toute sensation s'accomplit totalement.
Les nouvelles, pages – pourtant très travaillées – sont écrites comme on se ronge les ongles, comme on arrache des écorces. Elles relèvent presque de l'indiscrétion, d'une pudeur violée. Certains lecteurs pourraient y trouver de la complaisance, comme un retour coquet sur soi, là où il y a un acharnement à trouver les mots justes et une bouleversante sincérité. Il serait vain de jauger ces nouvelles à l'aune du modèle classique, c'est-à-dire en termes d'action, de progression, d'introduction et de chute. Ce sont des « textes » au sens barthien du terme, où la magie de l'écriture sorcière conduit le lecteur dans une galerie de miroirs. Les phrases narratives sont parfois des incantations parfois un balayage quasi cinématographique des plans de la réalité, ou encore un lent questionnement. Mireille Jean-Gilles, de sa traversée avide des mondes les plus hétérogènes, ramène avec elle une essence de liberté, écriture sinueuse, répétitive, bouclée sur ce qu'elle raconte ; ses « voyages » ne se lisent pas sans éprouver le joug d'un charme troublant.
Pierre Wakaw Gope naît le 31 janvier 1966 en Nouvelle-Calédonie, à Maré, l'une des îles de l'archipel des Loyauté, dans l'un des clans de la tribu de Pénélo. Il grandit entre l'école et la vie à la tribu, à l'écoute de son grand-père et de la terre.
Jeune stagiaire au développement, il accomplit en 1990 un long périple autour de la Grande Terre calédonienne pour enquêter sur les origines du peuple kanak.
Un an plus tard, il découvre le théâtre en assistant à une répétition du groupe Koteba, compagnie africaine que dirige le metteur en scène Suleiman Koly. Et il a l'immédiate conscience qu'existe là une forme rendant possible une parole nouvelle.
Il quitte alors pour la première fois sa terre natale en direction d'Abidjan où il travaille avec Suleiman Koly. Puis il rejoint Peter Walker au Vanuatu, suit une formation avec Peter Brook à Rennes et fonde au début des années 1990 sa propre troupe, la Compagnie Cebue (Cebue signifie « mémoire » en nengone, la langue de l'île de Maré).
Dès 1992, la création par celle-ci de Wamirat, le fils du chef de Pénélo révèle toute l'originalité d'une voix qui s'attache à tisser les ressources formelles et symboliques de la langue française et de la langue maternelle de l'auteur, le nengone. Et qui sait s'appuyer sur la théâtralité des cultures océaniennes, où l'humour et la poésie, la malice et la solennité font étonnamment bon ménage.
Cette voix n'a pas cessé depuis d'interpeller la société qui est la sienne. Celle de la Nouvelle-Calédonie qui entend se projeter dans un destin commun à toutes ses communautés. Celle de la société kanak à laquelle Pierre Gope renvoie un miroir qui sait se faire sans concessions, sur des thèmes aussi difficiles que le viol, l'inceste, le suicide, l'alcoolisme, la compromission sous toutes ses formes, la violence. Mais en l'appelant à aller chercher en elle-même, en ses valeurs profondes d'accueil et d'ouverture aux apports de l'extérieur, la force de dire non à l'exclusion et de maîtriser son développement.
Du 24 septembre au 25 novembre 2001, en compagnie d'auteurs de théâtre de l'Outre-mer français, Pierre Gope a participé à la résidence d'écriture « D'un océan à l'autre » à Villeneuve-lès-Avignon - la Chartreuse. De cette résidence est née, avec l'auteur calédonien Nicolas Kurtovitch, la pièce Les Dieux sont borgnes. L'écriture de La Parenthèse s'est amorcée à cette occasion.
Pierre Gope est par ailleurs membre de l'Association des écrivains de la Nouvelle-Calédonie.
Jean-Claude Fignolé naît le 24 mai 1941 à Jérémie (Haïti). Tour à tour critique d'art (au Centre d'art de Port-au-Prince), journaliste (Petit samedi soir, années 1970) et enseignant, Jean-Claude Fignolé s'est créé une place de choix dans les milieux intellectuels haïtiens.
Critique littéraire, il explore l'univers romanesque de Jacques Roumain, tout en montrant les tendances et même les fondements thématiques des romans liés à l'époque de cet auteur. Avec René Philoctète et Frankétienne, il fonde le Mouvement Littéraire « Spiralisme » qui marque un tournant décisif dans la littérature haïtienne. Les premiers romans de Fignolé, publiés chez Seuil, s'inscrivent parmi les meilleures œuvres fictionnelles de la fin du 20ème siècle, tant en Haïti que dans les Antilles françaises.
Jean-Claude (qui a fait des études de droit, d'agronomie et d'économie) prend une part active aux premiers États-Généraux de la Francophonie. Il donne des conférences dans différents forums internationaux, explorant des sujets tels la littérature, l'environnement, le développement intégré et cetera.
L'auteur se lance aussi dans les affaires. Passionné de bateaux de plaisance, il investit dans le tourisme. Il fait découvrir à des Haïtiens comme à des étrangers les sites magnifiques du Golfe de la Gonâve de même que les points d'intérêts de la Presqu'île du Sud. Il monte alors une petite compagnie, Haiti Boat Charter, qui travaille d'abord sous contrat avec le groupe suisse Hôtel Plan et ensuite, avec le Club Med. En 1990, il fonde, avec des amis, la compagnie Freda Sea Line qui assure un service de cabotage Inter-Iles.
Dans les années 1980, Jean-Claude Fignolé apporte un support essentiel aux habitants du petit village Les Abricots dans la Grande Anse. Il les assiste dans un travail de développement de toute nécessité (reboisement, éducation, santé, constructions routières, agriculture et cetera).
On le retrouve observateur de première loge, tenant, dans Le Nouvelliste, de 1990 à 2000, la rubrique «Rompre le silence» dont les analyses politiques font découvrir la laideur d'un pays cloué dans son échec.
Fignolé s'est depuis tantôt retiré des affaires. À la direction du Collège Jean-Price Mars (qu'il avait fondé avec René Philoctète et Victor Benoît), il se consacre à l'écriture, prononce des conférences et continue d'explorer, en fin de semaine, les routes de la mer qui mènent aux plus belles plages de Haïti et à l'évasion.