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THE WINNER IS.........BARACK OBAMA !!!!!

THE WINNER IS.........BARACK OBAMA !!!!!

Posté le 29.05.2008 par feobus
THE WINNER IS.........BARACK OBAMA !!!!!


Pour la sénatrice Clinton, si tout se passe comme prévu cette nuit, c'est la fin d'un rêve. Son calvaire devrait s'arrêter dans quelques heures, ce qui sera un moindre mal. Pour Barack Obama, une nouvelle ère devrait commencer, celle qui devrait lui permettre d'envoyer le père Mc Cain contempler le coucher du soleit dans son bourg de la " profonde Amérique". Que les mauvaises langues se rassurent, le Sénateur Barack Obama n'a pas gagné sur un coup de chance. S'il a térassé Mme Clinton, c'est parce qu'il était bien meilleur qu'elle. C'est ce que confirme encore l'article de Thomas Cantaloube, ci-dessous.

A2N


Il y a un peu plus de deux mois, lorsque la campagne des primaires démocrates aux Etats-Unis menaçait de virer dans l'abject, une porte-flingue du camp Clinton avait laissé échapper : « Si Barack Obama n'était pas noir, il ne serait pas là où il en est... » Outre que cette assertion était une ânerie – il y a moins de cinquante ans, Obama aurait dû s'asseoir dans le fond des bus et s'installer à une table à part dans les restaurants –, elle ignorait le fait que le véritable népotisme, la vraie « discrimination positive », se trouve du côté d'Hillary Clinton. Si elle n'avait pas été l'épouse de Bill, qu'elle a supporté et soutenu, bon gré mal gré, on peut sérieusement douter qu'elle serait parvenue à l'avant-dernière étape de la course à la Maison-Blanche, en dépit de son intelligence et de sa compétence avérées.

Juste retour de bâton ? Aujourd'hui, alors que s'écrivent les nécrologies de la campagne d'Hillary Clinton (que Mediapart annonçait déjà il y a un mois), tout le monde se focalise sur ses erreurs de stratégie, de tactique et de management, sans regarder la success story autrement plus remarquable que constitue le sans-faute de la campagne de Barack Obama. Défaut des journalistes qui préfèrent observer les trains qui arrivent en retard plutôt que ceux qui pointent à l'heure... Mais quand, d'ici quelques mois, un reporter américain écrira un livre sur les rouages parfaitement huilés de l'équipe qui a conduit son candidat à la tête du ticket démocrate et, peut être à la Maison-Blanche, il faudra rendre à Barack ce qui lui est dû.

Beaucoup de commentateurs politiques américains ont mis sur le compte de son orgueil l'implication acharnée de Bill Clinton dans la campagne de sa femme. Pas seulement parce que faire élire sa moitié lui aurait assuré un troisième, voire un quatrième mandat officieux, mais parce que vaincre Obama lui aurait permis de préserver sa légende intacte : le seul président démocrate élu deux fois d'affilée depuis Franklin Delano Roosevelt en 1936. Ce que Bill Clinton craint aujourd'hui, c'est d'être supplanté dans les manuels d'Histoire et les cœurs de gauche par un rival de calibre supérieur. Tout ou presque a déjà été écrit sur le charisme, le talent oratoire, le parcours et l'inspiration du sénateur de l'Illinois qui accumule tant de comparaisons avec John Fitzgerald Kennedy qu'il ne lui manque qu'un voilier et un chandail blanc pour devenir membre honoraire du clan Kennedy. Mais, selon la formule proverbiale, une campagne électorale victorieuse, c'est 5% d'inspiration et 95% de transpiration. Barack Obama a su, dès le départ, choisir un message, développer une stratégie et sélectionner une équipe qui lui a permis de surmonter la rivale que tout le monde avait déjà couronnée. Obama incarne son message

Le message

Lorsque Obama fut projeté sur le devant de la scène nationale le 27 juillet 2004 à l'occasion de la convention démocrate chargée d'investir John Kerry, il n'était qu'un obscur candidat au poste de sénateur de l'Illinois. Dix-sept minutes après avoir entamé son discours, il était devenu une star, dans la salle, mais aussi chez les téléspectateurs. Son message était relativement simple et, pour des non-Américains, légèrement naïf : comment lui, le fils d'un immigré kenyan et d'une mère née au Kansas, était un pur produit de l'histoire des Etats-Unis. Ce faisant il venait de présenter aux Américains le récit de sa vie, argument fondateur de la plupart des campagnes présidentielles outre-Atlantique. Pas une biographie proprement dite, mais une saga facilement mémorisable. Une fois cette base posée – avec une éloquence remarquable apprise dans les églises et en écoutant les sermons de Martin Luther King –, Obama n'a plus eu qu'à broder par-dessus : justice sociale, volonté du dialogue et du rassemblement, lutte contre les discriminations, ouverture sur l'extérieur... Plus que d'autres politiciens, Obama incarne, au sens propre, son message.

Lors de la Convention de 2004, la jeune étoile en devenir avait juste laissé de côté, à la demande du staff de John Kerry, un élément ô combien important : son opposition initiale à la guerre en Irak. Alors que le ban et l'arrière-ban des élus démocrates s'étaient alignés, presque comme un seul homme, derrière George W. Bush (certains par conviction, d'autres par peur, beaucoup par opportunisme), Obama avait dénoncé cette aventure dès octobre 2002 : « Je ne m'oppose pas à toutes les guerres, (...) je m'oppose à une guerre stupide. » En 2004, le parti démocrate, comme la majorité des Américains, ne s'était pas encore résolu à demander une fin au conflit. Le basculement de l'opinion publique s'est produit en 2005 et, donc, en 2006, cette conviction initiale s'est transformée en atout face à Hillary Clinton qui a passé les premiers mois de sa campagne à justifier son soutien originel à la guerre, puis, les mois suivants, à expliquer en quoi son revirement n'était pas le fruit d'un calcul politique.

De la même manière, quand, lors d'un des premiers débats télévisés des primaires, Obama a annoncé qu'il n'était pas opposé à rencontrer personnellement, durant la première année de son mandat putatif à la Maison-Blanche, les leaders iranien, syrien, vénézuélien, cubain et nord-coréen, il reçut une volée de bois vert de la part d'Hillary Clinton et de la bulle washingtonienne. Malgré le brouhaha causé par cette volonté d'ouverture, non seulement Obama n'a pas reculé, mais surtout, quelques sondages plus tard, il s'est avéré que cette attitude était partagée par une majorité de ses concitoyens échaudés par sept années de « cow-boy diplomacy ».

Dernier exemple en date : Hillary Clinton, imitée par le candidat républicain John McCain, a proposé de suspendre les taxes sur l'essence pendant les trois mois d'été « afin d'aider les Américains en difficulté ». Alors qu'il aurait facilement pu surenchérir dans ce débat populiste, Obama a choisi de moquer cette manœuvre opportuniste. Les électeurs démocrates l'ont approuvé et ont majoritairement considéré que l'offre de Clinton ressemblait surtout aux promesses qui n'engagent que ceux qui y croient.

Un statut d'outsider

S'il ne faut pas prendre Obama pour un ange, il est clair qu'il a nettement perçu, surtout chez les jeunes générations, le malaise face au discours politique traditionnel et qu'il tente d'y répondre par des propositions et une attitude qui ne sentent pas les vieilles ficelles ni le coup de peinture fraîche. Durant ces primaires qui durent depuis un an et demi, il n'a quasiment jamais joué au jeu des petites phrases pour disqualifier son adversaire, il est rarement revenu en arrière sur ses positions, et il a parfaitement intégré le besoin de changement auquel aspirent les Américains après une présidence catastrophique (Bush), et la précédente qui n'avait pas été à la hauteur des espérances (Clinton).

Il n'a pas eu à se forcer pour décrocher le statut d'outsider, tellement désirable dans l'élection présidentielle (cf. Sarkozy, Nicolas, qui aurait, semble-t-il, été dans l'opposition entre 1995 et 2007), aidé en cela par Hillary Clinton qui, elle, a proposé une vraie Restauration et la poursuite du cycle monarchique Bush-Clinton-Bush-Clinton. Le fait qu'il incarne, jusque dans la couleur de sa peau, le changement, a permis à Obama d'échapper à l'examen trop approfondi de ses programmes. Ce qui ne signifie pas qu'ils soient superficiels ou inapplicables, au contraire, ils sont surtout identiques à ceux de ses (ex-)rivaux démocrates, voire un poil en retrait s'agissant de l'assurance-santé universelle. « Je me moque de ses propositions pour équilibrer le budget ou réformer le mode de calcul des retraites », expliquait Matt Reeves, un jeune militant démocrate lors des primaires du New Hampshire en janvier, « après Bush n'importe lequel des démocrates fera l'affaire. » A fortiori celui qui, par son âge, ses origines, son parcours et sa parole, en est l'emblème.

La stratégie

Barack Obama a commencé son ascension nationale par le silence. Une fois entré au Sénat des Etats-Unis en janvier 2005 (au 99e rang sur 100 dans l'ordre protocolaire), le nouveau venu s'est tu pendant neuf mois. Pas d'interview, pas de prise de parole télévisée, pas de matraquage médiatique. Ce, alors que tout le monde voulait le rencontrer pour le faire parler de son avenir et de ses projets présidentiels. Le «new kid on the block» savait que la rareté vaut cher. Du coup, lorsqu'il a recommencé à s'exprimer au compte-gouttes dans la presse, fin 2005, il a décroché les couvertures des magazines et les entretiens télévisés les plus prestigieux. Pas mal pour démarrer une campagne...

Depuis l'échec de John Kerry en 2004, même l'Américain le plus mal informé du continent prévoyait que la candidate incontournable serait Hillary Clinton. D'autant que les Clinton, grâce à leurs affidés au sein du parti démocrate, avaient bâti un calendrier des primaires taillé sur mesure pour une blitzkrieg. Une succession d'élections tellement resserrée entre janvier et début février qu'elle privilégiait un candidat institutionnel avec beaucoup d'argent. Hillary, donc. L'équipe d'Obama, se sachant clairement dans le rôle des seconds couteaux, a donc déterminé que son salut passait par un travail de résistance à long terme. Il fallait tenir le plus longtemps possible face à l'assaut Clinton pour avoir une chance de commencer à écorcher sa carapace.

Une organisation de terrain remarquable

Premier élément : bâtir une organisation de «ground troops», la piétaille qui diffuse le message du candidat. Très tôt, Obama a investi les réseaux étudiants, militants et Internet. Sa tâche lui fut grandement facilitée par l'émergence spontanée de mouvements locaux pro-Obama dans les lycées et sur les campus. En janvier 2007, alors qu'il n'était pas officiellement candidat, il était déjà invité sur les campus pour parler devant des foules de milliers de jeunes électeurs. Ensuite, il a compris très vite l'importance de la mobilisation lors des caucus (les électeurs se rassemblent dans une salle pendant deux heures et votent à main levée) par opposition aux primaires (vote dans une urne tout au long de la journée). L'Iowa comprend ainsi 1781 bureaux de vote. Dans chacun d'entre eux, Obama possédait un « capitaine » chargé de motiver ses voisins afin d'obtenir leur voix. La plupart d'entre eux lui avaient parlé au moins une fois au téléphone ou l'avaient rencontré personnellement dans les mois précédents. C'est ainsi qu'un État rural, à 95% blanc, âgé, plutôt conservateur, a donné huit points d'avance à un jeune avocat noir de Chicago.

Deuxième élément, qui est le nerf de la guerre de toute campagne américaine : l'argent. Hillary Clinton avait un plan très simple : taper tous les amis de la famille, ceux qui la soutiennent et lui sont redevables depuis des décennies, pour le montant maximum autorisé par la loi, soit 4.600 dollars. Les contributions ont afflué très vite, pulvérisant rapidement les records des élections précédentes. Obama, qui a moins d'amis riches, a entrepris au contraire de solliciter tous ceux qui voulaient bien l'aider, en leur demandant, généralement via Internet, 10, 20 ou 50 dollars. L'enthousiasme autour de son message aidant, beaucoup ont versé leur obole, ce qui a permis à sa campagne de se constituer une gigantesque base de données de gens qui avaient déjà donné et pouvaient contribuer encore, et encore, et encore, jusqu'à ce que la limite soit atteinte. Hillary Clinton a démarré très fort en matière de « fundraising », récoltant 36 millions de dollars lors du premier trimestre 2007 contre 26 à Obama. Cinq trimestres plus tard, il a amassé 45 millions de dollars de plus qu'elle et ne possède aucune dette, alors que la campagne Clinton est dans le rouge à hauteur de 15 millions de dollars.

Dernier élément, qui va avec l'anticipation d'une campagne longue : la préparation. Après chaque primaire, la «Team Obama» possédait déjà des équipes dans les trois ou quatre États suivants. Les conseillers de Clinton, eux, dans une anecdote souvent rapportée, étaient encore en train de déchiffrer les règles, éminemment subtiles, du mélange caucus-primaires du Texas deux jours avant le vote.

L'équipe

Il existe à Washington une coterie de conseillers politiques des deux bords qui participent à toutes les campagnes de leur camp. Le plus emblématique, jusqu'ici, était Bob Shrum, qui a conclu sa carrière par une huitième défaite en huit campagnes présidentielles en étant le principal gourou de John Kerry en 2004. Hillary Clinton s'est entourée de ce genre d'intrigants qui ont, pour la plupart, gagné leurs galons lors du double mandat de Bill Clinton dans les années 90 et qui, aujourd'hui, offrent leurs services à pléthore de candidats démocrates ainsi qu'à Tony Blair, Ehud Barak ou Vicente Fox. Son principal conseiller jusqu'à récemment était Mark Penn, expert en marketing dont la firme travaille également pour des casseurs de syndicats, le gouvernement colombien ou l'entreprise de mercenaires Blackwater.

Le poids des discours

Obama, de son côté, s'est entouré, certes de spécialistes de ce genre de combat politique, mais surtout de gens provenant, comme lui, de Chicago. Son bras droit, David Axelrod, est un ancien journaliste qu'il a rencontré alors qu'il était militant associatif dans les quartiers pauvres de la ville. Le reste de l'équipe est à l'avenant et, contrairement à ce qui s'observe dans d'autres campagnes, relativement accessible. Axelrod traîne régulièrement à l'entrée des salles de meetings, prêt à discuter avec les journalistes et les militants. « Lors des réunions stratégiques, chacun donne son avis et Barack écoute tout le monde, sollicitant surtout l'avis de ceux qui parlent peu », raconte une des participantes, interrogée par email.

À chaque coup dur, Obama et son équipe ont réagi non seulement de manière rapide – contrairement à John Kerry, par exemple, qui avait laissé enfler la polémique factice autour de ses états de service au Vietnam – mais de manière classique, sans chercher à noyer le poisson. Principal vecteur d'intervention : les discours, écrits par un jeune homme de 26 ans, Jon Favreau. Quand de nombreux candidats choisissent l'interview télévisée confession au coin du feu pour désamorcer leurs difficultés, ou alors la photo opportunity mise en scène, le sénateur de l'Illinois opte pour la parole publique. C'est ainsi que, confronté à des interrogations sur son expérience, il a livré des discours de politique internationale très pointus et, surtout, attaqué sur ses liens avec son pasteur un peu illuminé, il a prononcé un discours majeur sur l'état de relations raciales aux Etats-Unis.

Sans idéaliser une équipe qui sait aussi montrer les dents et jouer des coudes, il est remarquable qu'aucun changement ne soit intervenu dans la douzaine de responsables qui mènent la campagne depuis plus de 18 mois. Les seuls faux pas ont été commis par des conseillers de second plan qui ont, à l'occasion, eu la langue un peu trop pendue ou fourchue, et qui ont été écartés illico. Ceux qui aiment prédire l'avenir au regard du passé imaginent déjà ce que serait une Maison-Blanche recrutée par Obama : « disciplinée, organisée, mais aussi à l'écoute et ne cherchant pas forcément à dire au Président ce qu'il souhaite entendre », écrit Time.

Au final, la campagne d'Obama durant ces primaires acharnées est la meilleure réponse à tous ceux qui s'inquiètent de son âge (plus si jeune, à 46 ans) et de son manque d'expérience. Il a réussi un parcours sans faute et très digne, face à une candidate soi-disant nourrie de décennies de pratique politique, et face à d'autres qui ont déjà mené ce genre d'opérations (John Edwards ou Joe Biden). La seconde partie de la course à la Maison-Blanche, face à John McCain, un politicien lui aussi sorti d'un moule peu conventionnel, permettra de vérifier si Obama a véritablement l'étoffe de ses héros, JFK, RFK et MLK, ou s'il risque de retomber sur Terre.

publié dans : Politique



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